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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2102404

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2102404

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2102404
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 mai 2021 et le 15 juin 2021,

Mme A G doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner la commune de Le Faou à lui verser la somme de 68 886,52 euros en réparation des préjudices

qu'elle estime avoir subis.

Elle soutient que :

- elle verse à sa requête, la demande indemnitaire préalable du 18 janvier 2021, par laquelle elle a demandé au maire de la commune de Le Faou de l'indemniser à hauteur de 20 075 euros au titre de sa perte locative, de 12 500 euros en réparation de son préjudice consécutif à l'insalubrité de la propriété, de 5 000 euros au titre de la perte de jouissance consécutive à l'inaccessibilité de son jardin, de 25 000 euros au titre du préjudice moral subi par " E C et les enfants ", de 1 957,70 euros au titre des honoraires versés à l'expert désigné par le tribunal, de 567,04 euros au titre des frais d'huissier de justice exposés et de 3 786,78' euros au titre des frais d'avocat ;

- la commune de Le Faou a tenté de se soustraire à l'expertise sollicitée par

M. B G dans sa requête du 28 janvier 2014 ;

- il a été fait droit à sa demande par une ordonnance du 16 mai 2014, l'expertise sollicitée ayant été considérée comme utile ;

- la commune de Le Faou a été assignée par erreur devant le tribunal de grande instance de Quimper suivant acte du 29 juin 2016 ;

- il n'est pas possible à ce jour de chiffrer en totalité le préjudice consécutif aux pertes de loyers.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, la commune de Le Faou, représentée par la société d'avocats Le Roy - Gourvennec - Prieur, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que soit mise à la charge de Mme G la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut de représentation ;

- les créances dont Mme G sollicite le paiement sont prescrites, dès lors, d'une part, que ses droits ont été acquis à la date de remise du rapport d'expertise du 20 novembre 2015, que la prescription de ces créances est acquise depuis le 31 décembre 2019 et que la demande indemnitaire a été reçue le 27 janvier 2021, et, d'autre part, que l'assignation de la commune de Le Faou le 29 juin 2016 ne peut être considérée comme une demande indemnitaire préalable susceptible d'interrompre le cours de la prescription quadriennale ;

- le maire de la commune de Le Faou n'a pas commis de carence fautive dans la mise en œuvre de ses pouvoirs de police, au motif qu'il appartient au propriétaire d'une parcelle bénéficiant d'un système d'assainissement autonome de s'assurer de la conformité de celui-ci aux prescriptions et d'en assurer le bon entretien, qu'aucun élément n'était de nature, à la date d'acquisition du terrain par M. G le 5 juin 2009, à alerter la collectivité sur les dysfonctionnements futurs qu'allait présenter le système d'assainissement, que la commune de

Le Faou a réalisé des travaux à la fin de l'année 2011 et au début 2012 sur le chemin communal situé entre les propriétés de M. G et de son voisin pour l'installation d'un regard provisoire de collecte des eaux usées, a installé une grille avaloir afin de capter les eaux de surface de ruissellement et commandité un diagnostic des installations d'assainissement non-collectif par la société Véolia, que le maire de la commune de Le Faou a mis en demeure M. G de réhabiliter son système d'assainissement dans un délai de deux mois par arrêté du 24 avril 2013 et qu'il a interdit l'occupation de la maison située sur la propriété de M. G jusqu'à la mise en conformité des installations d'assainissement par un arrêté du 19 novembre 2014 ;

- aucune obligation d'entretien du chemin rural ne pèse sur la commune, l'entretien d'un chemin rural ne figurant pas au nombre des dépenses obligatoires en application de l'article

L. 2321-2 du code général des collectivités territoriales ;

- la commune n'a qu'une part résiduelle dans les désagréments invoqués par

Mme G. la cause principale des désordres sur les filières sud et nord étant les défauts inhérents au système d'assainissement non collectif, l'intervention de la commune pour tenter de résoudre les problèmes n'ayant qu'aggravé les désordres sur la période où le regard a été actif, lequel a été supprimé dès avril 2013, la commune n'étant par ailleurs tenue responsable s'agissant de la filière sud qu'à hauteur de cinquante pour cent en ce qui concerne les désordres relatifs aux eaux pluviales et seulement à compter de la pose de la grille-avaloir à la fin de l'année 2011 ;

- il n'existe pas de lien de causalité entre la faute de la commune dans le dimensionnement de la grille-avaloir et les dommages dont se prévaut la requérante quant aux travaux de reprise pour les eaux pluviales, qui ne sont pas à sa charge ;

- le préjudice allégué résultant de la perte locative, laquelle n'est due qu'à l'inertie de

M. G à mettre ses installations en conformité avec les exigences légales et réglementaires, n'ouvre pas droit à réparation ;

- le préjudice consécutif à l'insalubrité de la propriété, qui provient originairement et principalement des dysfonctionnements du propre système d'assainissement de M. G, ne sera pas réparé ;

- la requérante invoque les préjudices subis par des personnes qui ne sont pas parties à l'instance ;

- le préjudice tenant à la perte de jouissance consécutive à l'inaccessibilité du jardin ne sera pas réparé, la requérante ne produisant aucun élément de nature à justifier le chiffrage de 5 000 retenu et la commune n'étant pas tenue de créer des places de stationnement ni de procéder à l'entretien du chemin rural ;

- s'agissant des honoraires d'expertise, l'expertise sollicitée par M. G auprès du tribunal administratif de Rennes ne portait pas seulement sur l'incidence des travaux réalisés par la commune en 2011 et 2012 ;

- s'agissant des honoraires d'huissier pour les constats réalisés en avril 2011 et en 2012, la requérante ne produit pas de facture, le constat d'avril 2011 a été dressé avant que les travaux ne soient réalisés par la commune et celui-ci ne présente pas de lien avec la demande indemnitaire ;

- s'agissant des honoraires d'avocats, d'une part, les factures d'honoraires de provision du cabinet BGLG ne précisent pas les missions réalisées, il appartenait à M. G de solliciter l'allocation des frais irrépétibles à l'occasion du référé instruction devant le tribunal administratif de Rennes et le délai de prescription à l'encontre de cette créance supposée est échu. l'expertise sollicitée présentait un intérêt plus vaste que la seule question de la responsabilité communale dans l'apparition des désordres, la commune ne peut être tenue de rembourser la présence des avocats de M. G aux réunions d'expertise et il n'est pas fait la démonstration de ce que les factures ont été effectivement acquittées, les factures d'honoraires du cabinet Valadou - Josselin et Associés, sont adressées à M. D G, qui n'est pas partie à l'instance et n'a pas formé de demande indemnitaire préalable en ce sens et preuve n'est pas rapportée que ces honoraires ont été effectivement acquittés et les missions du cabinet Valadou - Josselin portent également sur le recours que M. G entendait introduire à l'encontre des vendeurs, du notaire et de la société d'aménagement urbain et rural et le remboursement des honoraires pour la procédure introduite en vue de la désignation d'un expert judiciaire par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de procédure civile ;

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;

- l'arrêté du 7 septembre 2009 relatif aux modalités de l'exécution de la mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes,

- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,

- et les observations de Me Voisin pour la commune de Le Faou.

Considérant ce qui suit :

1. M. B G a acquis, suivant acte notarié du 5 juin 2009, une longère non raccordée au réseau public de collecte des eaux usées, située sur la commune de Le Faou au lieudit Touloudu et cadastrée section C, n° 1421 et 1422. En 2011 et 2012, la commune de Le Faou a réalisé des travaux sur le chemin communal situé entre les propriétés de M. G et de son voisin, M. F, pour l'installation d'un regard de collecte des eaux usées et d'une grille-avaloir afin de capter les eaux de surface de ruissellement avant qu'elles ne parviennent sur le terrain de M. G. La commune a également commandé un diagnostic des installations d'assainissement non-collectif auprès de la société Véolia, rendu le 10 décembre 2012, qui conclut à l'existence de dégradations constitutives de risques environnementaux, de nuisances ou de risques sanitaires. Par un arrêté du 24 avril 2013, le maire de la commune de Le Faou a mis en demeure M. G de procéder, dans un délai de deux mois, à des travaux afin de faire cesser les nuisances provoquées par le système d'assainissement non collectif de sa propriété.

Par une ordonnance du 24 juillet 2013, le juge des référés du tribunal de grande instance de Quimper a fait droit à la demande de M. G tendant à ce que soit désigné un expert

aux fins d'examiner la filière d'assainissement de l'immeuble, lequel a rendu son rapport le

20 novembre 2015 et a conclu à la non-conformité de celle-ci aux dispositions réglementaires en vigueur. Par une ordonnance n° 1400500 du 16 mai 2014, la présidente du tribunal administratif de Rennes a ordonné la réalisation d'une expertise afin de décrire les désordres, de déterminer leurs causes et de fournir au tribunal les éléments propres à déterminer les responsabilités encourues et à évaluer les préjudices subis par M. G. Par un arrêté du

19 novembre 2014, le maire de la commune de Le Faou a interdit l'occupation de la maison de

M. G jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité de ses installations d'assainissement. Suivant acte du 28 juin 2016, M. G a assigné la commune de Le Faou ainsi que les vendeurs de sa propriété, leur notaire et la société d'aménagement urbain et rural (SAUR) devant le tribunal de grande instance de Quimper afin de voir prononcée la nullité de la vente, de se voir restituée la somme correspondant au prix payé pour l'acquisition du bien

et d'obtenir la réparation des préjudices qu'il estimait avoir subis. Par une ordonnance du

16 juin 2017, le juge de la mise en état du tribunal de grande instance de Quimper a déclaré incompétent ce tribunal pour connaître des prétentions dirigées contre la commune de Le Faou. Par un courrier du 18 janvier 2021, Mme A G, fille et légataire universelle de

M. B G qui est décédé le 3 avril 2019, a demandé au maire de la commune de

Le Faou de l'indemniser du préjudice résultant de la perte locative, du préjudice consécutif à l'insalubrité de la propriété, de la perte de jouissance en raison de l'inaccessibilité du jardin et du préjudice moral subi, et a sollicité le remboursement des honoraires d'expertise, d'huissier et d'avocats exposés. M. A G, par un mémoire régularisé le 15 juin 2021, doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner la commune de Le Faou à lui verser les sommes dont elle a préalablement sollicité le paiement auprès du maire de cette commune.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Le Faou :

2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat ". Aux termes de l'article R. 431-3 du même code : " Toutefois, les dispositions du premier alinéa de l'article

R. 431-2 ne sont pas applicables : [] 5° Aux litiges dans lesquels le défendeur est une collectivité territoriale, un établissement public en relevant ou un établissement public de santé ". La commune de Le Faou soutient que la requête est irrecevable faute d'avoir été présentée par un avocat alors qu'elle tend au paiement d'une somme d'argent. Toutefois, l'obligation faite par l'article R. 431-2 du code de justice administrative ne s'appliquant pas aux litiges dans lesquels le défendeur est une collectivité territoriale, la requête, dont les conclusions sont dirigées contre la commune de Le Faou, n'est pas irrecevable faute d'avoir été présentée par un avocat. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Le Faou doit être écartée.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la faute de la commune de Le Faou dans sa mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif :

3. Aux termes de l'article L. 1331-1-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les immeubles non raccordés au réseau public de collecte des eaux usées sont équipés d'une installation d'assainissement non collectif dont le propriétaire fait régulièrement assurer l'entretien et la vidange par une personne agréée par le représentant de l'Etat dans le département, afin d'en garantir le bon fonctionnement. [] II. - La commune délivre au propriétaire de l'installation d'assainissement non collectif le document résultant du contrôle prévu au III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales. / En cas de non-conformité de son installation d'assainissement non collectif à la réglementation en vigueur, le propriétaire fait procéder aux travaux prescrits par le document établi à l'issue du contrôle, dans un délai de quatre ans suivant sa réalisation. / Les modalités d'agrément des personnes qui réalisent les vidanges et prennent en charge le transport et l'élimination des matières extraites, les modalités d'entretien des installations d'assainissement non collectif et les modalités de vérification de la conformité et de réalisation des diagnostics sont définies par un arrêté des ministres chargés de l'intérieur, de la santé, de l'environnement et du logement ". Aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales : " I. Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. [] III.-Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, les communes assurent le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission de contrôle est effectuée soit par une vérification de la conception et de l'exécution des installations réalisées ou réhabilitées depuis moins de huit ans, soit par un diagnostic de bon fonctionnement et d'entretien pour les autres installations, établissant, si nécessaire, une liste des travaux à effectuer. / Les communes déterminent la date à laquelle elles procèdent au contrôle des installations d'assainissement non collectif ; elles effectuent ce contrôle au plus tard le 31 décembre 2012, puis selon une périodicité qui ne peut pas excéder huit ans ".

4. L'arrêté du 7 septembre 2009 relatif aux modalités de l'exécution de la mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif, qui définit les modalités de l'exécution

de la mission de contrôle exercée par la commune en application des articles L. 2224-8 et

R. 2224-17 du code général des collectivités territoriales sur les installations d'assainissement non collectif mentionnées à l'article L. 1331-1-1 du code de la santé publique, prévoit en son article 2 que : " La mission de contrôle vise à vérifier que les installations d'assainissement non collectif ne portent pas atteinte à la salubrité publique, ni à la sécurité des personnes, et permettent la préservation de la qualité des eaux superficielles et souterraines, en identifiant d'éventuels risques environnementaux ou sanitaires liés à la conception, à l'exécution, au fonctionnement, à l'état ou à l'entretien des installations. / Cette mission comprend : / 1. Pour les installations ayant déjà fait l'objet d'un contrôle : un contrôle périodique selon les modalités fixées à l'article 3 ; / 2. Pour les installations n'ayant jamais fait l'objet d'un contrôle : / a) Pour celles réalisées ou réhabilitées avant le 31 décembre 1998 : un diagnostic de bon fonctionnement et d'entretien selon les modalités fixées à l'article 4 ; / b) Pour celles réalisées ou réhabilitées après le 31 décembre 1998 : une vérification de conception et d'exécution selon les modalités fixées à l'article 5. / Les points à contrôler a minima sont mentionnés dans le tableau de l'annexe 1 et s'agissant des toilettes sèches à l'annexe 2 ".

5. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 7 septembre 2009 mentionné ci-dessus : " Le contrôle périodique consiste, sur la base des documents fournis par le propriétaire de l'immeuble, et lors d'une visite sur place, à : / a) Vérifier les modifications intervenues depuis le précédent contrôle effectué par la commune ; / b) Repérer l'accessibilité et les défauts d'entretien et d'usure éventuels ; / c) Constater que le fonctionnement de l'installation n'engendre pas de risques environnementaux, de risques sanitaires ou de nuisances. / La commune définit une fréquence de contrôle périodique n'excédant pas huit ans, en application de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales. Cette fréquence peut varier selon le type d'installation et ses conditions d'utilisation ". L'article 4 du même arrêté prévoit que : " Le diagnostic de bon fonctionnement et d'entretien consiste, sur la base des documents fournis par le propriétaire de l'immeuble, et lors d'une visite sur place, à : / a) Identifier, localiser et caractériser les dispositifs constituant l'installation ; / b) Repérer l'accessibilité et les défauts d'entretien et d'usure éventuels ; / c) Vérifier le respect des prescriptions techniques réglementaires en vigueur lors de la réalisation ou la réhabilitation de l'installation ; / d) Constater que le fonctionnement de l'installation ne crée pas de risques environnementaux, de risques sanitaires ou de nuisances ". Aux termes de son article 5 : " La vérification de conception et d'exécution consiste, sur la base des documents fournis par le propriétaire de l'immeuble, et lors d'une visite sur place, à : / a) Identifier, localiser et caractériser les dispositifs constituant l'installation ; / b) Repérer l'accessibilité et les défauts d'entretien et d'usure éventuels ; / c) Vérifier l'adaptation de la filière réalisée ou réhabilitée au type d'usage, aux contraintes sanitaires et environnementales, aux exigences et à la sensibilité du milieu, aux caractéristiques du terrain et à l'immeuble desservi ; / d) Vérifier le respect des prescriptions techniques réglementaires en vigueur lors de la réalisation ou réhabilitation de l'installation ; / e) Constater que le fonctionnement de l'installation n'engendre pas de risques environnementaux, de risques sanitaires ou de nuisances ". Enfin, aux termes de l'article 9 de cet arrêté : " Toute opération de contrôle ou de vérification technique de la conception, de l'implantation et de la bonne exécution ou de vérification périodique de bon fonctionnement des installations d'assainissement non collectif, réalisée par la commune avant la publication du présent arrêté, est considérée comme répondant à la mission de contrôle au sens de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales ".

6. Il résulte de l'instruction que le conseil municipal de la commune de Le Faou a

autorisé son maire à conclure une convention d'assistance technique avec la SAUR afin de confier à cette dernière une mission d'assistance technique incluant le contrôle des installations d'assainissement non collectif situées sur la commune. Si la commune se prévaut d'un

diagnostic réalisé par la SAUR le 14 octobre 2008, il résulte de l'instruction que la convention d'assistance technique a trouvé son terme le 5 octobre 2007. Le diagnostic réalisé par la société Véolia le 10 décembre 2012 doit, dans ces circonstances, être regardé comme le diagnostic

de bon fonctionnement et d'entretien prescrit par l'arrêté du 7 septembre 2009 précité pour les installations n'ayant jamais fait l'objet d'un contrôle. Ce diagnostic étant intervenu avant la date du 31 décembre 2012 fixée par l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, la commune de Le Faou ne peut être regardée comme ayant commis une faute dans sa mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif.

En ce qui concerne la carence fautive du maire de la commune de Le Faou dans l'exercice de ses pouvoirs de police :

7. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; [] / 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure ; [] ".

8. Si Mme G soutient que le maire aurait commis une faute dans l'exécution de ses pouvoirs de police, il résulte de l'instruction que celui-ci, sur la base du

rapport établi par la société Véolia le 10 décembre 2012, a mis en demeure M. G de procéder à la mise en conformité de son système d'assainissement non collectif par un arrêté du 24 avril 2013 et a ensuite adopté un nouvel arrêté le 19 novembre 2014 portant interdiction d'occuper la propriété de M. G en raison des risques pour la salubrité publique que représentait son installation. Dans ces conditions, Mme G n'est pas fondée à soutenir que le maire aurait commis une carence fautive dans l'exercice de ses pouvoirs de police.

En ce qui concerne la faute de la commune de Le Faou résultant du défaut d'entretien du chemin rural :

9. Il résulte des dispositions combinées de l'article L. 141-8 du code de la voirie routière, de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime et de l'article L. 2321-2 du code général des collectivités territoriales que les dépenses obligatoires pour les communes incluent les dépenses d'entretien des seules voies communales, dont ne font pas partie les chemins ruraux. Les communes ne peuvent être tenues à l'entretien des chemins ruraux, sauf dans le cas où, postérieurement à leur incorporation dans la voirie rurale, elles auraient exécuté des travaux destinés à en assurer ou à en améliorer la viabilité et ainsi accepté d'en assumer, en fait, l'entretien. En outre, le principe du libre accès des riverains à la voie publique est sans incidence sur les obligations d'entretien auxquelles la commune pourrait être soumise.

10. En l'espèce, la circonstance que la commune de Le Faou a réalisé un regard de collecte des eaux usées sur le chemin rural attenant à la propriété de M. G ainsi qu'une grille-avaloir en 2011 et 2012 en bordure de ce chemin, qui relève de l'exercice des pouvoirs de police exercés sur le fondement du 5° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales précité, ne permet pas de regarder la commune comme ayant effectué des travaux sur ce chemin de sorte qu'elle aurait accepté d'en assumer, en fait, l'entretien. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune aurait commis une faute en ne satisfaisant pas à son obligation d'entretien de ce chemin.

En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Le Faou pour les dommages résultant de la pose d'un regard de collecte et d'une grille-avaloir :

11. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'il a subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, l'usager de cet ouvrage doit démontrer devant le juge, d'une part, la réalité de son préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

12. En l'espèce, le rapport rendu par l'expert désigné par la présidente du tribunal administratif de Rennes le 20 novembre 2015 conclut que : " Les dysfonctionnements constatés sur la filière sud (difficultés d'écoulements intérieurs, débordements extérieurs), aujourd'hui neutralisée et partiellement comblée, ont incontestablement été aggravés par la pose d'un regard de collecte sommaire et mal configuré, qui a conforté l'acheminement d'effluents provenant des propriétés Bargain et Soubigou vers la filière sud de la propriété G. / La mauvaise configuration de ce regard a entraîné son engorgement et des débordements non seulement sur le chemin, mais également par ruissellement vers le sud de la propriété G, située en contrebas ". S'agissant de la grille-avaloir, l'expert relève que celle-ci ainsi que sa canalisation d'évacuation vers l'aval de la propriété G " sont inadaptées et sous-dimensionnées : / -colmatage rapide du radier de la grille avaloir par transport solide des eaux de ruissellement, / - saturation et débordement de l'ouvrage et ruissellement sur le chemin rural entre la propriété Soubigou et G, puis partiellement vers le jardin de la propriété G ". Dans ces conditions, la commune de Le Faou n'établit pas l'entretien normal des ouvrages publics que constituent le regard de collecte et la grille-avaloir. Par ailleurs, s'il résulte du rapport d'expertise du 20 novembre 2015 que les désordres constatés sur la partie sud de la propriété de M. G sont imputables seulement pour moitié aux travaux réalisés par la commune de Le Faou, cette dernière n'établit pas que ceux-ci résulteraient, même partiellement, de la faute de la victime, les défauts inhérents du système d'assainissement non collectif dont se prévaut la commune de Le Faou étant antérieurs à l'acquisition du bien par M. B G et n'ayant erronément pas été relevés par le diagnostic effectué par la SAUR le 14 octobre 2008. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas même allégué par la commune de Le Faou que les désordres résulteraient d'un cas de force majeure.

13. Il résulte de ce qui précède que Mme G est fondée à rechercher la responsabilité de la commune de Le Faou pour les dommages résultant de la pose du regard de collecte et de la grille-avaloir.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne l'exception de prescription opposée par la commune de Le Faou :

14. D'une part, aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Aux termes de l'article 2 de cette loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; [] / Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ". Aux termes de l'article 795 du code de procédure civile : " Les ordonnances du juge de la mise en état et les décisions rendues par la formation de jugement en application du neuvième alinéa de l'article 789 ne sont pas susceptibles d'opposition. / Elles ne peuvent être frappées d'appel ou de pourvoi en cassation qu'avec le jugement statuant sur le fond. / Toutefois, elles sont susceptibles d'appel dans les cas et conditions prévus en matière d'expertise ou de sursis à statuer. / Elles le sont également, dans les quinze jours à compter de leur signification, lorsque : / 1° Elles statuent sur un incident mettant fin à l'instance, elles ont pour effet de mettre fin à celle-ci ou elles en constatent l'extinction ; / 2° Elles statuent sur une exception de procédure ou une fin de non-recevoir ". Il résulte de ces dispositions que le point de départ de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la victime a acquis une connaissance suffisante de l'origine et de la gravité du dommage qu'elle a subi ou est susceptible de subir, fondant sa créance. L'exercice d'un recours devant une juridiction, même incompétente, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de cette créance, interrompt le cours de sa prescription. Le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision rendue est passée en force de chose jugée, les ordonnances du juge de la mise en état acquérant à cet égard un caractère définitif en l'absence d'appel dans les quinze jours à compter de leur signification lorsqu'elles statuent sur un incident mettant fin à l'instance, ont pour effet de mettre fin à celle-ci, en constatent l'extinction ou statuent sur une exception de procédure ou une fin de non-recevoir.

15. D'autre part, aux termes de l'article L. 112-13 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute personne tenue de respecter une date limite ou un délai pour présenter une demande, déposer une déclaration, exécuter un paiement ou produire un document auprès d'une administration peut satisfaire à cette obligation au plus tard à la date prescrite au moyen d'un envoi par voie électronique. Dans ce cas, fait foi la date figurant sur l'accusé de réception ou, le cas échéant, sur l'accusé d'enregistrement adressé à l'usager par la même voie conformément aux dispositions de l'article L. 112-11. / Ces dispositions ne sont pas applicables : / 1° Aux procédures d'attribution des contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation ; / 2° Aux procédures pour lesquelles la présence personnelle du demandeur est exigée en application d'une disposition particulière ". Une demande tendant à mettre en jeu la responsabilité d'une collectivité publique, à laquelle celle-ci peut le cas échéant opposer la prescription régie par les dispositions citées ci-dessus de la loi du 31 décembre 1968, est au nombre des demandes présentées à une autorité administrative auxquelles s'applique la règle posée par l'article L. 112-13 du code des relations entre le public et l'administration.

16. La commune de Le Faou soutient que les créances dont Mme G sollicite le paiement sont prescrites au motif que sa demande indemnitaire reçue en mairie le 27 janvier 2021 a été réceptionnée postérieurement au 31 décembre 2019, date à laquelle la créance née du rapport d'expertise du 20 novembre 2015 serait prescrite. Elle fait valoir en outre que l'acte par lequel M. G a assigné la commune de Le Faou le 28 juin 2016 devant le tribunal de grande instance de Quimper n'a pas interrompu le cours de la prescription, au motif qu'il ne constitue pas une demande indemnitaire préalable au sens de la loi du 31 décembre 1968 précitée. Toutefois, l'assignation du 28 juin 2016, qui porte sur la créance objet du présent litige, constitue un recours formé devant une juridiction au sens de ce texte et a dès lors interrompu le cours de la prescription. L'ordonnance du juge de la mise en état du tribunal de grande instance de Quimper déclarant incompétent ce tribunal le 16 juin 2017, passée en force de chose jugée le 1er juillet 2017, a fait de nouveau courir le délai de prescription à compter du 1er janvier 2018 et jusqu'au 18 janvier 2021, date d'envoi de la demande de paiement. La décision de rejet, née le 27 mars 2021 du silence gardé par la commune dans les deux mois suivant la réception de cette demande a de nouveau

fait courir le délai de prescription jusqu'à la saisine du tribunal par une requête enregistrée le

11 mai 2021. Par suite, la commune de Le Faou n'est pas fondée à soutenir que les créances dont Mme G demande le paiement sont prescrites. L'exception de prescription doit donc

être rejetée.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

S'agissant de la perte locative du 19 novembre 2014 au décembre 2020 :

17. Si Mme G sollicite l'indemnisation du préjudice résultant de la perte locative du 19 novembre 2014 au décembre 2020 à hauteur de 20 075 euros, elle n'apporte au tribunal aucun élément permettant d'en apprécier la réalité des locations effectives qui n'auraient pu être conclues. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.

S'agissant du préjudice résultant de l'insalubrité de la propriété :

18. Mme G n'établit pas que l'insalubrité de l'immeuble résulterait de la pose du regard de collecte et de la grille-avaloir par la commune de Le Faou. Il résulte au contraire du rapport d'expertise du 20 novembre 2015 que celle-ci est la conséquence des dysfonctionnements survenus dès la prise de possession de l'immeuble par M. B G, à la suite de son acquisition. Les conclusions tendant au versement de 12 500 euros en réparation du préjudice résultant de l'insalubrité de la propriété doivent donc être rejetées.

S'agissant de la perte de jouissance du bien :

19. La requérante demande l'indemnisation du préjudice résultant de l'inaccessibilité du jardin de la propriété. Il résulte à cet égard du rapport d'expertise du 20 novembre 2015 que les nuisances olfactives et les risques sanitaires liés aux difficultés d'évacuation ainsi qu'aux débordements des eaux usées ont eu pour conséquence l'impossibilité d'utiliser normalement le jardin et le chemin rural desservant la propriété. Nonobstant la circonstance que la commune n'est pas tenue de créer des places de stationnement ni de procéder à l'entretien du chemin rural,

Mme G est fondée à solliciter le paiement de 10 000 euros en réparation de ce préjudice de jouissance, dont elle établit suffisamment la réalité.

S'agissant du préjudice moral :

20. Mme G sollicite le versement de 25 000 euros au titre du préjudice moral subi par Mme E C et les enfants. Toutefois, ce préjudice, qui ne lui est pas personnel, n'ouvre pas droit à réparation pour Mme G.

Sur les frais d'huissier :

21. La demande de remboursement des honoraires d'huissier versés à la suite des procès-verbaux de constat réalisés en 2011 et 2012 n'est pas assortie d'un document justifiant de leur paiement, en dépit d'une demande de pièces adressée à Mme G par le greffe du tribunal le 20 septembre 2023. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas la réalité de ce préjudice, la demande tendant à sa réparation devant dès lors être rejetée.

S'agissant des frais d'avocat :

22. Si Mme G demande le remboursement des frais versés à titre d'honoraires à la société d'avocats BGLG dans le cadre de l'expertise réalisée ainsi que

des honoraires versés au cabinet Valadou-Josselin-Varnoux, notamment afin d'obtenir la communication de documents administratifs et de former un recours gracieux contre l'arrêté portant mise en demeure en date du 24 avril 2013, elle n'établit pas la réalité des versements effectués à ce titre, qui sont d'ailleurs contestés par la commune. Ces demandes doivent, dès lors, être rejetées.

Sur les dépens :

23. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".

24. Mme G demande le paiement de la somme de 1 957,70 euros au titre des frais d'expertise taxés par l'ordonnance n° 1400500, rendue par la présidente du tribunal le

2 décembre 2015, et doit ainsi être regardée comme sollicitant la condamnation de la commune de Le Faou aux dépens sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

25. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de Mme G, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demande la commune de Le Faou au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Le Faou est condamnée à verser à Mme G la somme de

10 000 euros en réparation du préjudice résultant de la perte de jouissance du bien appartenant à M. B G situé au lieudit Touloudu et cadastré section C, n° 1421 et 1422.

Article 2 : La commune de Le Faou est condamnée à verser à Mme G la somme de 1 957,70 euros au titre des dépens.

Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Le Faou sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A G et à la commune de

Le Faou.

Copie sera adressée au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

G. Descombes L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. Le Roux

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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