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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2103252

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2103252

mercredi 25 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2103252
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationVice-président Contentieux sociaux
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LAUDRAIN ET GICQUEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2021, Mme D A et M. C B, représentés par Me Gicquel, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 23 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Morbihan a rejeté leur recours préalable obligatoire et les a radiés du droit au revenu de solidarité active à compter du 31 août 2019, a décompté le trop-perçu correspondant et a refusé d'accorder une remise de dette d'un montant de 8 946,55 euros ensemble la décision du 24 septembre 2020 portant notification des indus précités ;

2°) à titre subsidiaire, de leur accorder le bénéfice d'une remise gracieuse en limitant le montant de l'indu de revenu de solidarité active socle à 2 274,98 euros ;

3°) à titre subsidiaire, de leur accorder le bénéfice d'une remise gracieuse de leur dette de prime d'activité d'un montant de 1 427,82 euros concernant la période de novembre 2019 à août 2020 en la limitant à une somme de 955,30 euros ;

4°) de dire qu'il n'est pas établi l'intention frauduleuse de leur part ;

5°) de mettre à la charge du département du Morbihan la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle n'est pas accompagnée de l'avis de la commission fraude de la CAF et dès lors qu'elle ne détaille pas les modifications qui ont été effectuées sur son dossier ;

- la décision d'attribution du revenu de solidarité socle ne pouvait être retirée au-delà d'un délai de quatre mois conformément aux articles L. 240-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

- il y a une erreur dans le calcul de l'indu : sur les revenus de l'allocation chômage de son conjoint, seule la somme de 1 155,60 euros devait être retenue ; sur les revenus fonciers elle est de bonne foi ; sur les autres revenus, pour les mois de mai et d'août 2019, les sommes classées dans " revenus autres " (199 euros et 797 euros) n'ont pas été perçues et doivent être écartées de l'indu ; s'agissant de l'argent placé, ils n'ont pas eu d'intention frauduleuse, il y a eu une confusion de leur part entre le montant d'un virement et le solde du compte pour le mois de mai 2019 ainsi la somme de 6 000 euros doit être écartée de l'argent placé car elle a été comptée deux fois dans les revenus du couple ; sur les salaires, il convient de faire application des revenus réellement perçus ; la prime de noël n'a jamais été versée et doit être écartée de l'indu ;

- ils sont de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022 le président du conseil départemental du département du Morbihan conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité partielle de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête ainsi qu'au rejet de la demande de limitation du montant de l'indu de revenu de solidarité socle à 2 274,98 euros.

Il fait valoir que :

- la requête est partiellement irrecevable dès lors que le département est incompétent en matière de prime de noël et de prime d'activité ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Morbihan conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité partielle de la requête et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la bonne foi des requérants ne saurait être reconnue dès lors que le jugement rendu le

4 juillet 2022 par le pôle social du tribunal judiciaire de Vannes est devenu définitif en l'absence de pourvoi en cassation ;

- la requête en tant qu'elle porte sur un indu de prime d'activité du 24 septembre 2020 est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas produit la décision du 3 mai 2021 issue du recours administratif préalable obligatoire se substituant à la décision initiale ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A et M. B bénéficiaient d'un droit au revenu de solidarité active et de prime d'activité depuis 2019. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre d'un contrôle de leurs ressources, ils se sont vu réclamer la somme de 8 946,55 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active " socle ", de prime de noël et de prime d'activité. L'indu de revenu de solidarité active " socle " référencé INK 001 s'élève à 7 140,06 euros au titre de la période de mai 2019 à avril 2020, l'indu de prime d'activité référencé IM3 001 s'élève à 1 427,82 euros pour la période allant de novembre 2019 à août 2020. Par une lettre en date du 1er novembre 2020 les requérants ont formé un recours gracieux préalable obligatoire devant le département du Morbihan en ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active et par une lettre en date du 13 novembre 2020 ils ont présenté un recours gracieux préalable obligatoire auprès de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales pour les autres indus. Par courrier du 20 avril 2021, la CAF du Morbihan a informé les requérants que leurs agissements avaient été qualifiés de frauduleux et par une décision du 7 juin 2021, la directrice de la CAF du Morbihan leur a notifié une pénalité administrative de 2 580 euros. Par une décision du 23 avril 2021 le président du conseil départemental du département du Morbihan a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire et a confirmé l'indu de revenu de solidarité active. Par une décision du 3 mai 2020 la directrice de la caisse d'allocations familiales du Morbihan a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire et a confirmé l'indu de revenu de prime d'activité.

Mme A et M. B demandent l'annulation de la décision du 23 avril 2020 et demandent à ce que leur dette de prime d'activité soit réduite à hauteur de 955,30 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 avril 2021 :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A et M. B, qui demandent au tribunal de leur accorder une remise gracieuse de leur dette de revenu de solidarité active et de prime d'activité, ne peuvent utilement soutenir que la décision du 23 avril 2021 serait entachée d'un vice de forme dès lors que ce moyen a trait à un vice propre de la décision.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".

5. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l'administration ne peut retirer une décision individuelle créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. Une décision administrative explicite accordant un avantage financier crée des droits au profit de son bénéficiaire alors même que l'administration avait l'obligation de refuser cet avantage.

6. Cependant, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, le département ou l'Etat en recouvrement des sommes indûment payées. ". Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / () ".

7. D'autre part, l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

8. Pour contester la décision litigieuse, les requérants soutiennent que les sommes qui leur ont été versées chaque mois s'analysent comme des décisions individuelles créatrices de droits que l'administration ne pouvait retirer au-delà du délai de quatre mois à compter de leur édiction, en vertu du principe dégagé par la jurisprudence du Conseil d'Etat et qui a été codifié depuis lors à l'article L. 242-1 précité du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il résulte des dispositions précitées des articles L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et L. 553-1 du code de la sécurité sociale qui instituent, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, une prescription biennale pour l'action en répétition d'un paiement indu de RSA, qu'un versement au titre de cette allocation ne peut s'analyser comme des décisions créatrices de droits. Par ailleurs, et en tout état de cause, les dispositions de l'article L. 242-46 du code de l'action sociale et des familles précité fait obstacle à l'application du régime de retrait des décisions créatrices de droit en ce qui concerne les paiements indus de revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de ce que, par la décision litigieuse, l'administration aurait illégalement procédé au retrait de telles décisions est inopérant.

Sur le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active :

9. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-11 du même code énumère de façon limitative les allocations ou ressources dont il n'est pas tenu compte pour l'application de l'article R. 262-6. Aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

10. Il résulte de l'instruction que d'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les revenus tirés de l'allocation chômage par les organismes de chômage belges à hauteur de 2 503 euros versés pour les mois de mars et d'avril 2019 ont bien été perçus sur le compte bancaire Belge de M. B tel que révélé par le relevé de versement de ces allocations et comme l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Morbihan a pu le relever lors du contrôle réalisé le 2 septembre 2020 et inscrit dans le rapport d'enquête dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire. D'autre part, s'agissant des revenus fonciers, les loyers perçus sont également à prendre en compte au titre des ressources. Si les requérants soutiennent être de bonne foi dans leur omission à déclaration en ce qu'ils les ont communiqués aux autres administrations, ils pouvaient, en cas de doute sur leurs obligations déclaratives, solliciter leur organisme gestionnaire, ce qu'ils n'allèguent ni n'établissent avoir fait durant les périodes de perception de cette aide financière, cette omission qui a de surcroît été révélée à la faveur d'un contrôle de leur situation. Par ailleurs, le département a pu à bon droit retenir les sommes provenant de leur placement de capitaux en tant qu'argent placé dont ils n'ont pas contesté la véracité lors de l'enquête de l'agent assermenté. Enfin, compte tenu de ce qui a été dit et de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, seuls les revenus de l'activité salariée de M. B qui s'élevaient à 1 326 euros par mois ne dépassaient pas le montant forfaitaire de l'allocation pour le revenu de solidarité active pour un couple. Dès lors, c'est à bon droit que le président du conseil départemental du Morbihan a confirmé le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active " socle " dans sa décision du

23 avril 2021.

Sur les demandes de remises gracieuses :

11. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

12. D'autre part, l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

13. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

14. Il résulte de l'instruction que les indus en litige ont pour origine l'absence de déclaration des revenus et placements de M. B et de Mme A. Par une décision en date du 13 août 2021 la commission des pénalités de la caisse d'allocations familiales du Morbihan a retenu le caractère frauduleux des omissions déclaratives des requérants et a été confirmée par un jugement du pôle social du tribunal judiciaire de Vannes en date du 22 juillet 2022 qui a estimé que : " la répétition des déclarations mensongères exclut la bonne foi alléguée par les intéressés. La fraude de M. B et Mme A est caractérisée ". Par conséquent, les omissions ainsi commises par les requérants dans l'exercice de leur obligation déclarative fait obstacle, en application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et de l'article

L. 845-3 du code de la sécurité sociale, au bénéfice d'une remise gracieuse. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à solliciter une remise des indus litigieux.

Sur les frais liés au litige :

15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme A et de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

16. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A et de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A et de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme D A et M. C B et au Président du conseil départemental du Morbihan.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

G. DescombesLa greffière,

Signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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