mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103511 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
| Avocat requérant | DELEURME TANNOURY |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et six mémoires, enregistrés sous le n° 2103511 les 7 juillet 2021, 5 juillet 2022, 5 septembre 2022, 19 septembre 2022, 21 décembre 2022, 16 novembre 2023 et 9 septembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 5 septembre 2024, non communiqué, Mme C B, représentée par Me Deleurme-Tannoury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine a confirmé la créance de prime d'activité mise à sa charge pour un montant rectifié de 1 778,62 euros pour la période comprise entre le 1er mai 2018 et le 31 octobre 2019 ;
2°) d'enjoindre à la CAF d'Ille-et-Vilaine de la rétablir dans ses droits à la prime d'activité et de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement de cette créance ;
3°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros, à verser à Me Deleurme-Tannoury, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le montant de la créance totale réclamée par la CAF a évolué, dans des proportions considérables, passant de 32 692,04 euros le 20 avril 2021 à 20 163,64 euros le 29 juin 2021 ;
- la période de cette créance de prime d'activité ne correspond pas à la période litigieuse comprise entre le 1er janvier 2017 et le 12 janvier 2021 durant laquelle elle est supposée avoir été en situation de concubinage avec M. A ;
- cette créance n'est pas fondée et résulte d'une erreur de droit et une d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation familiale dès lors que :
* l'administration ne démontre pas la réalité d'une vie maritale notoire et permanente au sens des trois conditions cumulatives constitutives du concubinage que sont la communauté de vie, la stabilité et la continuité de la relation, et la vie de couple (double communauté d'intérêts affectifs et matériels) ;
* en tout état de cause, elle n'était pas en situation de vie maritale durant cette période et ne vivait pas avec M. A, la naissance de leurs deux enfants n'impliquant aucunement une vie commune ;
* si elle a toutefois accepté qu'il soit domicilié chez elle, c'est uniquement pour qu'il puisse justifier d'une adresse fixe dans le cadre de ses démarches (ouverture d'un compte bancaire et recherche d'un emploi notamment) ;
* elle ne l'a par ailleurs hébergé que des mois de mars 2020 à juillet 2020 et des mois d'octobre 2020 à janvier 2021, périodes correspondant peu ou prou aux périodes de confinement liées à la crise sanitaire, M. A s'étant alors retrouvé sans ressources ni solution de logement ;
- la créance en litige ne saurait en tout état de cause lui être réclamée dès lors que :
* par un jugement du 18 mai 2021, confirmé par un arrêt de la cour d'appel de Rennes du 16 septembre 2022, le tribunal judiciaire de Rennes a confirmé son rétablissement personnel sans liquidation judiciaire emportant effacement de toutes ses dettes, y compris celles non déclarées à la date de ce jugement ; par un jugement du 15 novembre 2022, le pôle social du tribunal judiciaire de Rennes a d'ailleurs annulé en conséquence l'indu d'allocation de logement sociale que lui avait notifié par la CAF d'Ille-et-Vilaine ;
* la décision du 2 novembre 2022 de la CAF portant notification d'une pénalité pour fraude n'est pas définitive dès lors qu'elle a contestée cette décision devant le tribunal judiciaire de Rennes ; elle est en outre postérieure au jugement du 18 mai 2021 et à l'arrêt du 16 septembre 2022 ;
* la CAF ne démontre ainsi pas l'origine frauduleuse de sa dette ;
* en tout état de cause, en application d'un arrêt du Conseil d'État n° 461606 du 12 mai 2023, les éventuelles manœuvres frauduleuses qui lui sont reprochées, mais cependant nullement démontrées par la CAF, ne sauraient être regardées comme ayant été commises au préjudice des organismes de protection sociales et donc exclues de l'effacement qu'entraîne son rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ; par suite, l'article L. 711-4 du code de la consommation ne trouvent pas à s'appliquer à sa situation et l'ensemble des décisions portant récupération des indus en litige doivent être annulées ;
- la CAF continue pourtant d'opérer plusieurs retenues sur ses prestations, d'un montant supérieur de surcroît à la somme annoncée de 150 euros ;
- l'action en recouvrement est partiellement prescrite en application des dispositions de l'article L.5 53-1 du Code de la sécurité sociale dès lors qu'elle n'a commis aucune fraude.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 16 août 2021, 8 septembre 2022, 9 novembre 2023 et 24 mai 2024, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu est fondé et résulte des fausses déclarations de la requérante ;
- elle n'a opéré aucune retenue sur les prestations de Mme B ;
- ni le jugement du tribunal judiciaire de Rennes en date du 18 mai 2021, ni la prescription biennale prévue à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale ne sauraient trouver à s'appliquer aux créances de la requérante dès lors que celles-ci revêtent un caractère frauduleux ainsi qu'en a décidé la directrice de la CAF par une décision du 2 novembre 2022 ;
- la requérante ne justifie pas des frais qu'elle aurait exposés pour l'instance.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2021.
II. Par une requête et cinq mémoires, enregistrés sous le n° 2103512 les 7 juillet 2021, 5 juillet 2022, 5 septembre 2022, 19 septembre 2022, 21 décembre 2022 et 9 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Deleurme-Tannoury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle la commission " Prime de Noël " de la CAF d'Ille-et-Vilaine a confirmé la créance d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018 mise à sa charge pour un montant de 274,41 euros ;
2°) d'enjoindre à la CAF d'Ille-et-Vilaine de la rétablir dans ses droits à l'aide exceptionnelle de fin d'année et de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement de cette créance ;
3°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros, à verser à Me Deleurme-Tannoury, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soulève, s'agissant de cette créance, les mêmes moyens que ceux exposés dans l'instance n° 2103511.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 16 août 2021, 8 septembre 2022 et 24 mai 2024, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle oppose les mêmes moyens et arguments que ceux exposés dans la requête n° 2103511.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2021.
III. Par une requête et cinq mémoires, enregistrés sous le n° 2103513 les 7 juillet 2021, 5 juillet 2022, 5 septembre 2022, 19 septembre 2022, 21 décembre 2022 et 9 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Deleurme-Tannoury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle la directrice de la CAF d'Ille-et-Vilaine a confirmé la créance d'aide personnalisée au logement (APL) mise à sa charge pour un montant rectifié de 2 833,08 euros pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 30 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre à la CAF d'Ille-et-Vilaine de la rétablir dans ses droits à l'APL et de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement de cette créance ;
3°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros, à verser à Me Deleurme-Tannoury, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soulève, s'agissant de cette créance, les mêmes moyens que ceux exposés dans l'instance n° 2103511.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 16 août 2021, 8 septembre 2022 et 24 mai 2024, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que cet indu a été ramené à la somme de 2 487,21 euros après annulation de la créance portant sur la période comprise entre les mois de janvier 2021 et avril 2021 inclus, et oppose les mêmes moyens et arguments que ceux exposés dans la requête n° 2103511.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2021.
IV. Par une requête et cinq mémoires, enregistrés sous le n° 2103514 les 7 juillet 2021, 5 juillet 2022, 5 septembre 2022, 19 septembre 2022, 21 décembre 2022 et 9 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Deleurme-Tannoury, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine a confirmé la créance de revenu de solidarité active (RSA) mise à sa charge pour un montant initial total de 9 137,78 euros pour la période comprise entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au département d'Ille-et-Vilaine de la rétablir dans ses droits au RSA et de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement de cette créance ;
3°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros, à verser à Me Deleurme-Tannoury, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soulève, s'agissant de cette créance, les mêmes moyens que ceux exposés dans l'instance n° 2103511 et fait de surcroît valoir qu'à défaut pour l'administration de justifier d'une délégation de compétence régulièrement publiée, la décision en litige devra être considérée comme émanant d'une autorité incompétente.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 3 février 2022 et 14 septembre 2022, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'est pas compétent pour connaître de conclusions relatives au recouvrement par la CAF d'un indu de RSA, de la compétence exclusive de celle-ci ;
- l'auteur de la décision du 16 juin 2021 était compétent en vertu d'un arrêté du 22 avril 2015 ;
- l'indu est fondé et résulte de la prise en compte de la situation de concubinage de la requérante ;
- ni le jugement du tribunal judiciaire de Rennes en date du 18 mai 2021, ni la prescription biennale prévue à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale ne sauraient trouver à s'appliquer aux créances dont est redevable Mme B dès lors qu'elles revêtent un caractère frauduleux.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la consommation ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- les observations de Me Deleurme-Tannoury, représentant Mme B,
- et les observations de Mme D, représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Deux notes en délibéré, présentées pour Mme B dans l'affaire n° 2103511, ont été enregistrées les 12 septembre 2024 et 26 septembre 2024.
Deux notes en délibéré, présentées pour Mme B dans l'affaire n° 2103512, ont été enregistrées les 12 septembre 2024 et 26 septembre 2024.
Deux notes en délibéré, présentées pour Mme B dans l'affaire n° 2103513, ont été enregistrées les 12 septembre 2024 et 26 septembre 2024.
Deux notes en délibéré, présentées pour Mme B dans l'affaire n° 2103514, ont été enregistrées les 12 septembre 2024 et 26 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2103511, 2103512, 2103513, 2103514 ont été introduites pas la même requérante, présentent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu donc de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. À la suite d'un contrôle de la situation de Mme B, allocataire en tant que personne isolée avec quatre enfants à charge, intervenu à la fin du mois de décembre 2020 ainsi que dans ses locaux le 11 janvier 2021, la CAF d'Ille-et-Vilaine a considéré que la requérante était en réalité en situation de concubinage avec M. A depuis le mois de janvier 2017. Par suite, la CAF a modifié les droits des intéressés en conséquence et a mis à leur charge un trop-perçu global d'un montant total de 34 637,59 euros dont, après notamment les compensations opérées sur les prestations de Mme B et les annulations partielles intervenues consécutivement à la leur séparation le 11 janvier 2021, une créance de RSA d'un montant initial de 9 137,78 euros pour la période comprise entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2021, une créance de prime d'activité d'un montant 1 778,62 euros pour la période comprise entre le 1er mai 2018 et le 31 octobre 2019, une créance d'APL d'un montant initial de 2 833,08 euros pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 30 avril 2021, ramené à la somme de 2 487,21 euros pour la période comprise entre le 31 août 2018 et le 31 décembre 2020, et une créance d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018 d'un montant de 274,41 euros. Mme B demande l'annulation des deux décisions du 5 mai 2021 par lesquelles la CAF a confirmé les créances d'APL et de prime d'activité, l'annulation de la décision du 17 mai 2021 par laquelle la CAF a confirmé la créance d'aide exceptionnelle de fin d'année, et l'annulation enfin de la décision du 16 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine a confirmé la créance de RSA.
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide exceptionnelle de fin d'année, de prime d'activité ou d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le montant des créances :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () / (), l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de prime d'activité par retenues sur les montants à échoir. À défaut, l'organisme mentionné au même premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir (). Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir (). À défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / À défaut, l'organisme mentionné au premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir () ". Aux termes enfin de l'article 6 du décret du 14 décembre 2018 : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue ".
5. En l'espèce, la requérante ne peut utilement faire valoir que le montant total de sa créance a évolué dans des proportions considérables, passant de 32 692,04 euros le 20 avril 2021 à 20 163,64 euros le 29 juin 2021, dès lors qu'elle n'établit, ni même ne soutient, que cette circonstance lui aurait été préjudiciable et que ce dernier montant serait erroné, la CAF d'Ille-et-Vilaine produisant quant à elle le détail des créances initiales, des compensations, des rappels d'allocation et des annulations résultant de la prise en compte d'une situation de vie maritale et d'une séparation à compter du 11 janvier 2021.
En ce qui concerne la période des créances :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale : " I.-Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.-Pour chacun des trois mois mentionnés au I, la composition du foyer et la situation d'isolement mentionnée à l'article L. 842-7 retenues pour la détermination du montant forfaitaire sont celles du foyer au dernier jour du mois considéré (). / III.- Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré () ".
7. En l'espèce, la créance de prime d'activité en litige d'un montant de 1 778,62 euros pour la période comprise entre les mois de mai 2018 et octobre 2019 inclus résulte, conformément aux dispositions précitées du code de la sécurité sociale, de la régularisation des droits de la requérante pour la période de référence comprise entre les mois de février 2018 et juillet 2019. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la période de cette créance ne correspondrait pas à la période litigieuse comprise entre le 1er janvier 2017 et le 11 janvier 2021 durant laquelle elle est supposée avoir été en situation de concubinage avec M. A.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles : " Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.-Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : / 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; / 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; / 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception ".
9. En l'espèce, le trop-perçu de RSA en litige, d'un montant initial de 9 137,78 euros pour la période comprise entre les mois d'avril 2018 et mars 2021 inclus résulte, conformément aux dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, de la régularisation des droits de la requérante pour la période de référence comprise entre le mois de janvier 2018 à décembre 2020. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la période de cet indu ne correspondrait pas à la période supposée de son concubinage.
10. En troisième lieu, s'agissant de la réglementation applicable jusqu'au 31 août 2019, aux termes de l'article L. 351-3 du code la construction et de l'habitation : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; () ". Aux termes de l'article R. 351-4 du même code : " L'aide personnalisée est calculée au 1er janvier de chaque année, sous réserve des cas prévus aux articles R. 351-10 à R. 351-16 bis et R. 351-17-1. / Elle est versée soit pendant une période de douze mois débutant le 1er janvier, soit à compter de l'ouverture du droit jusqu'au 31 décembre suivant. Dans ce dernier cas, elle est calculée et servie proportionnellement au nombre de mois pendant lesquels le droit est ouvert ". Aux termes de l'article R. 351-16 du même code : " Le montant de l'aide personnalisée est révisé en cours de période de paiement lors de la formation d'un couple (). Cette révision prend effet le premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel est intervenu l'événement. () ".
11. S'agissant de la réglementation applicable à compter du 1er septembre 2019, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () / Les aides personnelles au logement comprennent :1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; () ". Aux termes de l'article R. 823-6 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant mensuel de l'aide personnelle au logement est calculé pour une période de trois mois à compter de la date à laquelle les conditions d'ouverture du droit à cette aide sont réunies () Le droit à l'aide personnelle au logement et son montant mensuel sont réexaminés tous les trois mois sous réserve des cas prévus au premier alinéa () ". Aux termes de l'article R. 823-13 du même code : " () Lorsqu'une séparation, telle que mentionnée à l'article R. 821-3, intervient en cours de période de paiement, le droit à l'aide du bénéficiaire est réexaminé en fonction de la nouvelle situation et la révision du droit prend effet le premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel la séparation a eu lieu ".
12. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la créance d'APL en litige référencée IN5 004, d'un montant de 2 487,21 euros, s'élevait à la somme initiale de 3 870,69 euros, laquelle correspond à la totalité des sommes qui ont été versées à ce titre à la requérante pour la période comprise entre les mois d'août 2018 et avril 2021 inclus. L'instruction révèle toutefois, s'agissant de cette dernière date, qu'à la suite de la prise en compte de la séparation des intéressés intervenue le 11 janvier 2021, la CAF a, en application des dispositions de l'article R. 823-13 précités, annulé partiellement ce trop-perçu pour la période comprise entre les mois de janvier 2021 et avril 2021 pour un montant de 1 383,48 euros, le ramenant à la somme de 2 487,21 euros, ainsi qu'il ressort d'ailleurs de la décision du 5 mai 2021 en litige par laquelle cette créance lui été confirmée. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la période de ce trop-perçu d'APL ne correspondrait pas à la période supposée de son concubinage.
13. Enfin, aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018 () ".
14. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la créance en litige correspond à la somme versée au titre du mois décembre 2018. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de la décision du 16 juin 2021 :
15. Il résulte de l'instruction que Mme Catherine Debroise, vice-présidente déléguée à l'insertion du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine et signataire de cette décision, disposait alors d'une délégation en vertu de l'arrêté n° A-DG-AJ-2015-051 du 22 avril 2015 transmis en préfecture et affiché le 23 avril 2015, et régulièrement publié au recueil n° 479 des actes administratifs du département d'Ille-et-Vilaine en date du 22 mai 2015. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la situation de concubinage et les droits de la requérante au RSA, à l'APL et à la prime d'activité :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article L. 262-9 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : / 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; / () / Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. () ".
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint () ".
18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité () ".
19. Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. "
20. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, et notamment, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
21. En l'espèce, la requérante soutient qu'elle n'a jamais été en situation de concubinage avec M. A et que les créances en litige, résultant de la prise en compte d'une telle situation par la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine, seraient en conséquence infondées. Il est toutefois constant que Mme B et M. A, qui se sont rencontrés dans le courant de l'année 2014, ont eu ensemble deux enfants nés les 23 janvier 2019 et 21 novembre 2020, les déclarations de grossesse de la requérante des 11 juillet 2018 et 29 avril 2020 que la CAF verse au débat indiquant à cet égard les 22 avril 2018 et 18 février 2020 comme dates présumées de grossesse. Mme B fait néanmoins valoir qu'elle se serait bornée à n'entretenir que de bonnes relations avec M. A sans pour autant avoir eu une vie commune avec lui, et qu'ils se seraient vus et continueraient à se voir dans l'intérêt des enfants, leur naissance n'impliquant aucunement de leur part une volonté de partager une communauté de vie. L'instruction révèle cependant que M. A, alors allocataire de la CAF à titre personnel, a signalé le 12 janvier 2016 à cette dernière un changement d'adresse et a alors déclaré résider chez la requérante, l'intéressé ayant réitéré cette déclaration lors de l'ouverture à la Caisse d'Épargne de son compte bancaire et de son livret A, respectivement les 26 août 2016 et 21 janvier 2017, produisant alors une attestation d'hébergement du 7 juillet 2016 rédigée par Mme B elle-même, ainsi qu'un bulletin de salaire indiquant également l'adresse de celle-ci. Il résulte en outre de l'instruction que M. A a de nouveau déclaré l'adresse de Mme B le 4 juillet 2017 lors de l'ouverture d'un autre compte à la BNP, fournissant alors une nouvelle attestation d'hébergement de la requérante en date du 21 juin 2017, ainsi qu'une facture d'abonnement au service Internet éditée le 20 mai 2017 à son nom, mais pour le logement de Mme B, à l'instar d'ailleurs d'une autre facture d'abonnement au même service du 2 janvier 2020 que la CAF produit également en défense.
22. Il ressort en outre du rapport d'enquête de la CAF du 26 mars 2021 que M. A a déclaré l'adresse de Mme B " dès l'avis d'imposition 2015 ", que les taxes d'habitation du logement de cette dernière ont toutes été éditées, dès l'année 2017, aux noms des deux intéressés, et que M. A a déclaré résider à l'adresse de Mme B à l'occasion des différents emplois occupés à compter de 2016 et plus particulièrement aux mois d'août 2016 (Tessi Chèques Rennes), avril et mai 2017 (Actus Melesse), juin à novembre 2017 inclus (Oberthur Fiduciaire), avril et mai 2018, août à septembre 2018 (Manpower), novembre 2018 à juillet 2019 inclus (Synergie), novembre 2019 et décembre 2019 (Lactalis) et des mois de janvier 2020 à juin 2020 (Samsic Rennes), la requérante reconnaissant d'ailleurs elle-même que M. A a bien vécu chez elle des mois de mars à juillet 2020 inclus et des mois d'octobre 2020 à janvier 2021 inclus.
23. Si Mme B soutient néanmoins qu'en dehors de cette dernière période, M. A aurait en réalité été hébergé chez des amis ainsi qu'en foyers de jeunes travailleurs, qu'il n'aurait jamais eu d'adresse fixe durable, et qu'elle aurait accepté qu'il soit officiellement domicilié chez elle uniquement pour des raisons pratiques et administratives, elle ne produit aucun élément à l'appui de ces allégations à l'exception d'une attestation de l'intéressé lui-même et d'une attestation datée du 20 septembre 2021 rédigée par une personne se présentant comme " une grande amie d'enfance " entretenant avec Mme B " une relation fusionnelle de sœurs de cœur ", lesquelles ne sauraient dès lors être regardées comme constituant une preuve de ce que les intéressés n'auraient alors pas été en situation de concubinage et " qu'en réalité, leur relation n'était ni exclusive ni stable ou continue, Monsieur A n'étant que de passage occasionnel chez Madame B [les intéressés ayant ] tous deux () une vie libre, sans volonté d'être en couple ", ainsi que le soutient cette dernière à l'appui de sa requête. Par ailleurs, si Mme B fait valoir que M. a présenté une demande d'attribution de logement social le 28 mars 2017, il est toutefois constant, ainsi qu'il a été dit précédemment, que le premier enfant des intéressés a été conçu plus d'un an après cette demande, la circonstance que cette demande ait été renouvelée le 28 juin 2022 et que M. A ait obtenu le 19 février 2021 une attestation de domicile de la part de l'association Sauvegarde de l'Enfant à l'Adulte pour une durée d'un an étant sans incidence dès lors que les intéressés se sont séparés le 11 janvier 2021. Il ressort enfin du " Dossier familial de tarification " qu'elle a renseigné le 13 août 2020 à fin d'obtention d'une place en crèche pour l'un de ses enfants, que la requérante a alors déclaré M. comme " conjoint ou concubin " et cochée la case " Union libre ou concubinage " alors qu'il lui était pourtant loisible de choisir " Célibataire " ou " Séparé(e) ", M. A étant d'ailleurs présent lors du dépôt de cette demande. À cet égard, Mme B ne peut donc raisonnablement soutenir, ainsi qu'elle le fait à l'appui de sa requête, qu'elle n'aurait jamais présenté l'intéressé comme son conjoint.
24. Par suite, il ressort du faisceau d'indices constitué par la CAF et résulte de ce qui a été dit du point 21 au point 23 que Mme B doit être regardée comme ayant effectivement mené avec M. A, du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021, une vie de couple stable et continue caractérisant une situation de concubinage au sens des dispositions précitées des points 16 à 19. La requérante ne saurait dès lors contester le bien-fondé des indus de prime d'activité, de RSA et d'APL mis à sa charge et résultant de la prise en compte de cette situation.
En ce qui concerne les droits de la requérante à l'aide exceptionnelle de fin d'année :
25. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018 () ".
26. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'à la suite de la prise en compte de sa situation de concubinage, Mme B ne disposait d'aucun droit au RSA pour les mois de novembre et décembre 2018. Par suite, la requérante ne pouvait bénéficier de l'aide exceptionnelle de fin d'année et n'est dès lors pas fondée à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision du 17 mai 2021 portant confirmation de l'indu en litige.
En ce qui concerne la prescription biennale :
27. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". Aux termes de l'article L. 821-7 du code de la construction et de l'habitation : " L'action pour le paiement de l'aide personnelle au logement et pour le recouvrement des sommes indûment payées se prescrit dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. / () ". Aux termes de l'article L. 845-4 du code de la sécurité sociale : " L'article L. 553-1 est applicable à la prime d'activité ". Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans () ".
28. Il résulte de ces dispositions que le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, seule l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations étant de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
29. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit des points 21 à 24 que Mme B doit être regardée comme ayant délibérément omis de déclarer sa situation de concubinage à la CAF afin de percevoir des prestations auxquelles elle ne pouvait prétendre. Par suite, la requérante ne saurait se prévaloir de la prescription biennale prévue par les dispositions précitées.
En ce qui concerne la situation de surendettement de la requérante :
30. D'une part, en vertu du premier alinéa du I de l'article L. 262-24 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active est, sous réserve des exceptions prévues par cet article, financé par les départements. L'article L. 262-13 de ce code dispose que : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. / Le conseil départemental peut déléguer l'exercice de tout ou partie des compétences du président du conseil départemental en matière de décisions individuelles relatives à l'allocation aux organismes chargés du service du revenu de solidarité active mentionnés à l'article L. 262-16 ". L'article L. 262-16 de ce code prévoit que : " Le service du revenu de solidarité active est assuré, dans chaque département, par les caisses d'allocations familiales et, pour leurs ressortissants, par les caisses de mutualité sociale agricole ". Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ".
31. En vertu de l'article L. 843-6 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité est financée par l'État et elle est, en application de l'article L. 843-1 du même code, attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole. Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () ".
32. Aux termes de l'article L. 811-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement et les primes de déménagement définies à l'article L. 821-1 sont financées par le fonds national d'aide au logement ". Aux termes de l'article L. 812-1 du même code : " Les aides personnelles au logement et les primes de déménagement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement et selon ses directives, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales ". Aux termes de l'article L. 812-2 du même code : " Pour l'exécution de la mission confiée à ces organismes par l'article L. 812-1, des conventions nationales sont conclues par l'État, représenté par le président du conseil de gestion du fonds national d'aide au logement, avec, d'une part, la Caisse nationale des allocations familiales et, d'autre part, la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole.
Ces conventions fixent, notamment, les obligations des organismes chargés de la liquidation et du paiement des aides personnelles au logement et des primes de déménagement, les conditions dans lesquelles les fonds correspondants sont mis à leur disposition, les modalités techniques d'application des articles L. 832-1 et L. 842-1 ainsi que les modalités de remboursement à ces organismes par le fonds national d'aide au logement des dépenses qui leur sont occasionnées par la gestion de ces aides. () ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation aux aides personnelles au logement, dont l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. À défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. () ".
33. Aux termes de l'article 1er du décret du 14 décembre 2018 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux bénéficiaires de l'une des allocations suivantes qui ont droit à son versement au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, au titre du mois de décembre 2018, sauf lorsque cette aide exceptionnelle leur a été versée au titre du revenu de solidarité active : / 1° Allocation de solidarité spécifique mentionnée à l'article L. 5423-1 du code du travail ; / 2° Prime forfaitaire mentionnée à l'article L. 5425-3 du même code dans sa rédaction antérieure à la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 susvisée ; / 3° Allocation équivalent retraite mentionnée au II de l'article 132 de la loi du 24 décembre 2007 de finances pour 2008, à l'article 1er du décret du 29 mai 2009 et à l'article 1er du décret du 6 mai 2010 susvisés ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018 () ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Les aides exceptionnelles régies par le présent décret sont à la charge de l'État. Elles sont versées par les organismes débiteurs des prestations mentionnées aux articles 1er et 3 ".
34. D'autre part, aux termes de l'article L. 741-1 du code de la consommation : " Si l'examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l'article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article L. 724-1, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ". Aux termes de l'article L. 741-2 du même code : " En l'absence de contestation dans les conditions prévues à l'article L. 741-4, le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l'effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l'exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 () ". Aux termes de l'article L. 741-4 du même code : " Une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire imposé par la commission ". Aux termes de l'article L. 741-6 du même code : " S'il constate que le débiteur se trouve dans la situation mentionnée au 1° de l'article L. 724-1, le juge prononce un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, qui emporte les mêmes effets que ceux mentionnés à l'article L. 741-2 () ".
35. Aux termes de l'article L. 711-4 de ce code : " Sauf accord du créancier, sont exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement : / () 3° Les dettes ayant pour origine des manœuvres frauduleuses commises au préjudice des organismes de protection sociale énumérés à l'article L. 114-12 du code de la sécurité sociale / () L'origine frauduleuse de la dette est établie soit par une décision de justice, soit par une sanction prononcée par un organisme de sécurité sociale dans les conditions prévues aux articles L. 114-17, L. 114-17-1 et L. 114-17-2 du code de la sécurité sociale ". Ces dernières dispositions définissent les conditions selon lesquelles le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales peut, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné, prononcer une pénalité, notamment en cas d'inexactitude ou de caractère incomplet des déclarations faites pour le service de ces prestations, d'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, d'exercice d'un travail dissimulé par le bénéficiaire de prestations versées sous conditions de ressources ou de cessation d'activité. L'article L. 114-12 du code de la sécurité sociale vise quant à lui les organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale, du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées à ce même code.
36. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires préalables à l'adoption de l'article 116 de la loi du 21 décembre 2011 de financement de la sécurité sociale pour 2012, dont est issue la réserve énoncée au 3° de l'article L. 711-4 du code de la consommation, que les dettes tenant à un versement indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement et d'aide exceptionnelle de fin d'année ne peuvent être regardées, quelle que puisse être leur éventuelle origine frauduleuse, comme relevant des dettes ayant pour origine des manœuvres frauduleuses commises au préjudice des organismes de protection sociale énumérés à l'article L. 114-12 du code de la sécurité sociale au sens du 3° de l'article L. 711-4 du code de la consommation et, à ce titre, exclues de l'effacement qu'entraîne le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire qu'impose la commission de surendettement des particuliers, ou le juge des contentieux de la protection saisi d'un recours, sur toutes les dettes non professionnelles du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission ou, en cas de recours, du tribunal.
37. En l'espèce, la requérante fait valoir que par un jugement du 18 mai 2021, rendu sur la requête d'Archipel Habitat et confirmé par un arrêt de la Cour d'appel de Rennes du 16 septembre 2022 rendu sur la requête de la CAF d'Ille-et-Vilaine, le tribunal judiciaire de Rennes a confirmé la décision du 21 janvier 2021 par laquelle la commission de surendettement des particuliers d'Ille-et-Vilaine a prononcé son rétablissement personnel sans liquidation judiciaire emportant effacement de toutes ses dettes, y compris celles non déclarées à la date de ce jugement. La CAF d'Ille-et-Vilaine fait quant à elle valoir en défense qu'elle a, par une décision du 2 novembre 2022, prononcé une pénalité à l'encontre de Mme B résultant de ses fausses déclarations et que les indus en litige devraient, en application des dispositions précitées de l'article L 711-4 du code de la consommation, être exclus en conséquence de cette mesure d'effacement. Il résulte toutefois de ce qui a été dit notamment au point précédant que les dispositions de l'article L. 711-4 précité ne sauraient être regardées comme s'appliquant aux créances de RSA, de prime d'activité, d'APL et d'aide exceptionnelle de fin d'année en dépit même de leur origine frauduleuse. Par suite, Mme B est fondée à soutenir qu'en application du jugement du 18 mai 2021, ces créances sont éteintes et qu'elles ne peuvent plus lui être réclamées, et à demander en conséquence, et pour ce seul motif, l'annulation des deux décisions du 5 mai 2021 portant confirmation des indus de prime d'activité et d'APL, l'annulation de la décision du 17 mai 2021 portant confirmation de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, et l'annulation enfin de la décision du 16 juin 2021 portant confirmation de l'indu de RSA.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
38. L'exécution du présent jugement implique que les sommes susceptibles d'avoir été retenues sur les prestations de Mme B en remboursement des indus en litige, postérieurement au jugement du 18 mai 2021, lui soient restituées. Toutefois, la CAF soutient en défense qu'elle n'a procédé à aucune retenue depuis cette date, et Mme B ne produit quant à elle aucun élément de nature à pouvoir établir le contraire. Il résulte par ailleurs de ce qui a été dit des points 16 à 26 qu'à la suite de la prise en compte de sa situation de concubinage et de la régularisation de ses droits en résultant, Mme B ne disposait d'aucun des droits au RSA, à l'APL, à la prime d'activité et à l'aide exceptionnelle de fin d'année qui lui avait été accordés en considération de la situation d'isolement qu'elle avait mensongèrement déclarée. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre des frais d'instance :
39. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine et de la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine, à verser à Me Deleurme-Tannoury à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 2 000 euros chacun au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
40. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de ce que la décision du 2 novembre 2022 portant notification d'une fraude et de la pénalité en résultant serait postérieure au jugement du 18 mai 2021 et à l'arrêt du 16 septembre 2022, que les deux décisions du 5 mai 2021, la décision du 17 mai 2021 et la décision du 16 juin 2021 doivent être annulées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 5 mai 2021 de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine portant confirmation à Mme B de l'indu de prime d'activité d'un montant de 1 778,62 euros pour la période comprise entre les mois de mai 2018 et octobre 2019 inclus est annulée.
Article 2 : La décision du 5 mai 2021 de la directrice de la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine portant confirmation à Mme B de l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge pour un montant rectifié de 2 487,21 euros pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 décembre 2020 est annulée.
Article 3 : La décision du 17 mai 2021 de la commission " Prime de Noël " de la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine portant confirmation à Mme B de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2018 mis à sa charge pour un montant de 274,41 euros est annulée.
Article 4 : La décision du 16 juin 2021 du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine portant confirmation à Mme B de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge pour un montant de 9 137,78 euros pour la période comprise entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2021 est annulée.
Article 5 : Le département d'Ille-et-Vilaine et la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine verseront à Me Deleurme-Tannoury, à la condition que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 2 000 euros chacun en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine et à Me Deleurme-Tannoury.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne à la ministre du travail, des solidarités et des personnes handicapées, au ministre chargé du logement et au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2103511
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026