mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103680 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
| Avocat requérant | GARET |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021, sous le n° 2103680 Mme C A, représentée par Me Garet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Finistère a rejeté son recours et confirmé l'amende administrative d'un montant de 1 105 euros prononcé à son encontre par la décision du 16 février 2021 ;
2°) d'annuler, par la voie de l'exception d'illégalité, la décision du 16 janvier 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Finistère lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) et d'allocation de soutien familial (ASF) pour un montant total de
4 450 euros ;
3°) d'enjoindre, au département du Finistère, de réexaminer sa situation en vue de la rétablir dans ses droits au RSA à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département du Finistère la somme de 2 500 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;
- l'agent ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'une délégation et d'une habilitation ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le rapport d'enquête est incomplet ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2021 le département du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
II- Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2021, sous le n° 2105387, M. F B, représenté par Me Garet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Finistère a rejeté son recours gracieux tendant à contester le regroupement de son dossier à celui de Mme A ;
2°) d'annuler, par la voie de l'exception d'illégalité, la décision du 16 janvier 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Finistère lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RS) et d'allocation de soutien familial (ASL) pour un montant total de
4 450 euros ;
3°) d'enjoindre, au département du Finistère, de réexaminer sa situation en vue de la rétablir dans ses droits au RSA à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département du Finistère la somme de 2 500 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions ont été signées par une autorité compétente ;
- l'agent ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'une délégation et d'une habilitation ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le rapport d'enquête est incomplet ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2021 le département du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A et M. B bénéficiaient d'un droit au revenu de solidarité active depuis une demande de 2014 pour la première et de 2017 pour le second. Un contrôle de situation est diligenté par les services de la CAF du Finistère en août 2019. Lors de ce contrôle, l'agent assermenté constate que les requérants se déclarent célibataires alors qu'ils mènent une vie de couple depuis le 15 août 2018. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre de ce contrôle sur leur situation, ils se sont tous les deux vu réclamer conjointement la somme de 3 988,80 euros au titre d'un indu de RSA pour la période allant du 1er novembre 2018 au
31 décembre 2019. Par un courrier en date du 30 janvier 2020, Mme A a formé un recours administratif en vue de contester la décision de la CAF en date du 16 janvier 2020. Par la décision du 31 mars 2020, le président du conseil départemental a rejeté son recours. Par une lettre en date du 16 mars 2021, Mme A a formé un recours gracieux tendant à contester l'amende administrative que lui a infligé le département du Finistère. Par une décision en date du 25 mai 2021 le président du conseil départemental du Finistère a rejeté son recours. Par une lettre en date du 16 juillet 2021, M. B a formé un recours gracieux afin de contester le regroupement de son dossier à celui de Mme A à compter du 15 août 2018. Par une décision du 26 août 2021 le président du conseil départemental du Finistère a rejeté son recours. M. B et Mme A demandent l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2103680 et 2105387, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, il résulte de l'arrêté du 26 octobre 2018 que le président du conseil départemental du Finistère a donné délégation à M. D E, premier vice-président du conseil départemental du Finistère, à l'effet de signer, dans les limites de ses attributions, tous les actes relatifs à l'exercice des compétences confiées au président du conseil départemental par le code de l'action sociale et des familles dans le cadre du revenu de solidarité active. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions des 31 mars 2020 et 25 mai 2021, signée par M. D E, ont été prises par une personne qui ne justifie pas d'une délégation de compétence ou de signature.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'agent de la CAF du Finistère ayant procédé au contrôle de la situation des requérants le 14 octobre 2016, le 15 mars 2018 et le 30 août 2019, a prêté serment le 3 juillet 2009 et a été agréée par une décision de la Caisse nationale des allocations familiales du 10 juillet suivant. Par ailleurs, cet agent était en conséquence habilitée à effectuer ledit contrôle, sans qu'il ait eu besoin de bénéficier, en outre, d'une délégation du directeur de la CAF du Finistère, bénéficiait d'une délégation de l'agent comptable de la CAF du Finistère pour : " *mener toutes les investigations nécessaires à l'exercice de son métier dans le respect des textes en vigueur " et " signer les rapports de contrôle ". Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle résultant du défaut d'assermentation et d'agrément de l'agent de la CAF, qui priverait de caractère probant le rapport établi par cet agent, manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les décisions se fondent sur les articles R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, elles se réfèrent aux conclusions du contrôle effectué par la CAF au domicile des allocataires constatant la vie de couple et la dissimulation de ressources. S'agissant spécifiquement de la décision du 25 mai 2021 du département, elle se fonde également sur la décision du 16 février 2021 et sur l'avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale du
19 janvier 2021, qui a pris en considération les éléments d'observations formulés par les requérants, par laquelle la CAF a qualifié de frauduleux les agissements du couple. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit, dès lors, être écarté. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le rapport de contrôle de la CAF ne leur a pas été communiqué, ils ne justifient du dépôt d'aucune demande en ce sens.
6. En troisième lieu, les requérants soutiennent que le rapport de contrôle n'a pas été effectué chez M. B mais uniquement chez Mme A ce qui aurait privé le département d'éléments permettant de constater que M. B ne résidait pas en couple chez Mme A. Toutefois, dès lors que le rapport d'enquête établit que la situation de couple des requérants chez Mme A est effective, cette circonstance suffisait à caractériser une situation irrégulière pour fonder l'indu en litige, quand bien même, ce rapport n'aurait pas été effectué aux deux adresses. Le moyen tiré du vice de procédure ne peut être qu'écarté.
7. En quatrième lieu, les requérants soutiennent qu'ils n'ont pas été destinataires des documents ayant fondé la pénalité administrative prise à leur encontre. Toutefois, d'une part, la décision du 16 janvier 2020 informant les requérants d'un indu de revenu de solidarité active et d'allocation de soutien familial leur a été notifiée le 20 janvier 2020. D'autre part, il résulte de l'instruction que par une lettre recommandée avec accusé de réception en date du 30 août 2019 ils ont été informé des conclusions du contrôle et de la possibilité de formuler des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 132-1 du code de l'action sociale et des familles : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 262-5 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente () ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 262-52 de ce code : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale () ".
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'amende notifiée aux intéressés par la décision en litige du 25 mai 2021 a été prise à leur encontre à la suite d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 4 450 euros pour la période comprise entre les mois de novembre 2018 et décembre 2019 inclus résultant de ce que Mme A et M. B, connus de la CAF du Finistère comme étant célibataires, étaient en réalité tous les deux en situation de couple, parents d'un enfant et n'ont pas déclaré l'ensemble de leurs ressources. Il est à cet égard constant que Mme A a déclaré être séparée de fait avec son ex-conjoint depuis 2014 et sans activité depuis 2018 et, concernant M. B, il a déclaré être célibataire depuis 1973, ne pas détenir de capitaux placés et n'avoir aucune ressource au cours de ses déclarations concernant la période d'indu en litige. Si les requérants, présents dans le même domicile lors du contrôle, produisent des attestations de leurs proches et des membres de leur association, ces dernières, compte tenu des incohérences qu'elles manifestent ne sauraient suffire à contredire les éléments du rapport d'enquête de l'agent assermenté qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Par ailleurs, les pièces produites à l'instruction, si elles permettent d'établir que M. B a bien une adresse distincte de celle retenue par les services de la CAF, elles ne permettent pas d'attester de la présence effective de M. B dans ces locaux d'habitation dont la présence est constatée comme ponctuelle tel qu'il est précisé dans le rapport d'enquête et compte tenu de sa consommation en eau et en électricité. De plus, les requérants n'apportent aucun élément tel qu'un jugement du juge des affaires familiales prononçant la garde alternée de leur enfant afin de démontrer une absence effective de vie commune. En outre, et en tout état de cause, d'une part, l'agent assermenté a pu retenir, sans être sérieusement contesté, que Mme A n'a pas déclaré des indemnités de congés et des indemnités de congés maternité perçus respectivement en un seul versement en 2018 et en 2019, et d'autre part, M. B n'a pas déclaré qu'il possédait 24 191 euros en février 2018 sur son compte bancaire qui était assimilé à de l'argent placé. Il s'ensuit que, dans ces conditions, Mme A et M. B ne sont pas fondés à contester le bien-fondé de l'amende mise à leur charge et à demander l'annulation des décisions en litige.
10. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme A et de M. B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2103680 et 2105387 de Mme A et de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à M. F B et au président du conseil départemental du Finistère.
Copie en sera transmise au directeur de la caisse d'allocations familiales du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2103680,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026