jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103912 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BLUTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 28 juillet, 29 novembre et 17 décembre 2021, la commune de Rosporden, représentée par Me Bluteau (Oppidum avocats), demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 20 mai 2021 par lequel le préfet du Finistère a fixé le montant du prélèvement visé à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation au titre de l'année 2021 à 37 377 euros et l'a affecté à l'établissement public foncier de Bretagne ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été édicté au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été précédé de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions de l'article
L. 302-6 du code de la construction et de l'habitation ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la commune de Rosporden remplit les conditions d'exonération du prélèvement prévues à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation au titre de l'inventaire des logements locatifs sociaux établi au 1er janvier 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 octobre et 8 décembre 2021, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 ;
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 ;
- le décret n° 2013-670 du 24 juillet 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin,
- les conclusions de M. Blanchard, rapporteur public,
- et les observations de Me Karim-Zadeh substituant Me Bluteau, représentant la commune de Rosporden.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Rosporden fait partie de la communauté d'agglomération Concarneau Cornouaille. Dans le cadre de la mise en œuvre de l'article 55 de la loi du
13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, le préfet du Finistère a estimé que la commune de Rosporden devait disposer d'un taux minimum de 20 % de logements locatifs sociaux sur l'ensemble des résidences principales situées sur son territoire en application des dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation. Pour l'année 2020, un objectif de réalisation de 710 logements locatifs sociaux a été assigné à la commune de Rosporden. Cette dernière n'en ayant réalisé que 540, le préfet du Finistère, par un arrêté du
8 mars 2021, a fixé le montant du prélèvement prévu à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation au titre de l'année 2021 à 39 963 euros. Par un courrier du
19 mars 2021, le maire de la commune de Rosporden a formé un recours gracieux tendant au retrait de l'arrêté du 8 mars 2021 au motif notamment que la commune devait être exonérée de ce prélèvement selon les dispositions de l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation. Par un courrier du 20 mai 2021 et un arrêté du même jour, le maire a abrogé l'arrêté du 8 mars 2021 et a fixé le montant du prélèvement à 37 377 euros. Par la présente requête, la commune de Rosporden demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 mai 2021 en tant qu'il révèle une décision de refus du préfet du Finistère d'intégrer la commune de Rosporden dans le champ d'application de l'exonération du prélèvement prévu par les dispositions de l'article
L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 302-6 du code de la construction et de l'habitation : " Dans les communes dont la population est au moins égale () à 3 500 habitants sur le reste du territoire, situées dans les agglomérations ou les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre mentionnés au I de l'article L. 302-5, ainsi que dans les communes de plus de 15 000 habitants en forte croissance démographique mentionnées au dernier alinéa du II du même article L. 302-5, les personnes morales, propriétaires ou gestionnaires de logements sociaux au sens du IV de l'article L. 302-5, sont tenues de fournir au représentant de l'Etat dans le département, chaque année avant le 1er juillet, un inventaire par commune des logements sociaux dont elles sont propriétaires ou gestionnaires au 1er janvier de l'année en cours. / Elles fournissent également, dans les mêmes conditions que celles mentionnées au premier alinéa, un inventaire complémentaire qui établit le mode de financement des logements mis en service à partir du 1er janvier 2002. () / Le représentant de l'Etat dans le département communique chaque année à chaque commune susceptible d'être visée à l'article
L. 302-5, avant le 1er septembre, les inventaires la concernant assortis du nombre de logements sociaux décomptés en application de l'article L. 302-5 sur son territoire au 1er janvier de l'année en cours, lorsque le nombre de logements sociaux décomptés représente moins que le taux mentionné, selon le cas, aux I ou II dudit article L. 302-5. La commune dispose de deux mois pour présenter ses observations. / Après examen de ces observations, le représentant de l'Etat dans le département notifie avant le 31 décembre le nombre de logements sociaux retenus pour l'application de l'article L. 302-5. () ".
3. Il résulte de l'instruction que le préfet du Finistère ne justifie pas avoir transmis, avant le 1er septembre 2020, à la commune de Rosporden les inventaires provisoires et définitifs la concernant assortis du nombre de logements sociaux décomptés en application de l'article
L. 302-5 sur son territoire pour l'année 2020, préalablement à l'édiction de l'arrêté préfectoral du 8 mars 2021 fixant le montant du prélèvement prévu par les dispositions de l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation au titre de l'année 2021 à 39 963 euros. Le préfet du Finistère a ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 302-6 du code de la construction et de l'habitation citées au point précédent. Toutefois, le maire de la commune de Rosporden, par un courrier du 19 mars 2021, a formé un recours gracieux contre cet arrêté et a fait valoir que la commune devait être exonérée de ce prélèvement pour une période de trois années et qu'en outre, l'inventaire des logements locatifs sociaux, établi au titre de l'année 2020, comportait une erreur de calcul dans le nombre de logements recensés. Par un courrier du 20 mai 2021, le préfet du Finistère a fait partiellement droit à ce recours en informant la commune que les onze logements locatifs sociaux manquants à l'inventaire étaient comptabilisés et que le montant du prélèvement prévu à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation était ramené à la somme de 37 377 euros, la demande d'exonération étant toutefois rejetée. L'arrêté attaqué, édicté le même jour, a ainsi diminué le montant du prélèvement et abrogé l'arrêté du
8 mars 2021. Dans ces conditions, la commune de Rosporden doit être regardée comme ayant été en mesure de présenter des observations sur l'établissement de l'inventaire définitif des logements locatifs sociaux au titre de l'année 2020. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, elle n'a pas été effectivement privée de la garantie tenant à la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 302-6 du code de la construction et de l'habitation.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction issue de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable en vigueur entre le 6 mars 2007 et le 20 janvier 2013 : " Les dispositions de la présente section s'appliquent aux communes dont la population est au moins égale à ()
3 500 habitants dans les autres régions qui sont comprises, au sens du recensement général de la population, dans une agglomération de plus de 50 000 habitants comprenant au moins une commune de plus de 15 000 habitants, et dans lesquelles le nombre total de logements locatifs sociaux représente, au 1er janvier de l'année précédente, moins de 20 % des résidences principales. En sont exemptées les communes comprises dans une agglomération dont le nombre d'habitants a décru entre les deux derniers recensements de la population et qui appartiennent à une communauté urbaine, une communauté d'agglomération ou une communauté de communes compétentes en matière de programme local de l'habitat, dès lors que celui-ci a été adopté. / A compter du 1er janvier 2008, ces dispositions s'appliquent également, dans les conditions prévues au premier alinéa, aux communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre de plus de 50 000 habitants comprenant au moins une commune de plus de 15 000 habitants, dont la population est au moins égale () à
3 500 habitants dans les autres régions et dans lesquelles le nombre total de logements locatifs sociaux représente, au 1er janvier de l'année précédente, moins de 20 % des résidences principales. Le prélèvement prévu à l'article L. 302-7 est opéré à compter du 1er janvier 2014 () ". Aux termes de l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Il est effectué chaque année un prélèvement sur les ressources fiscales des communes visées à l'article L. 302-5 (). / A compter du
1er janvier 2015, toute commune soumise pour la première fois à l'application des I ou II de l'article L. 302-5 est exonérée de ce prélèvement pendant les trois premières années. () ".
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation citées au point précédent que l'application de ces dispositions est subordonnée notamment à la condition que l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre atteigne 50 000 habitants correspondant, selon les termes mêmes du premier alinéa de ces dispositions, à celui relevé lors du recensement général de la population effectué par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). La commune de Rosporden ne saurait, à cet égard, utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 302-14 du code de la construction et de l'habitation, issues du décret du 24 juillet 2013 pris pour l'application du
titre II de la loi n° 2013-61 du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public en faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social, entrées en vigueur le 27 juillet 2013, selon lequel la population à prendre en compte pour l'application de ces dispositions est la population municipale et non la population totale, pour contester les données relatives à la population de la communauté d'agglomération Concarneau Cornouaille entre le 6 mars 2007 et le 27 juillet 2013, période à laquelle ces dispositions n'étaient pas applicables.
6. Il résulte de l'instruction que la communauté d'agglomération Concarneau Cornouaille comptait 51 166 habitants en 2010 ainsi que cela résulte du tableau des communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) au 1er janvier 2010 et situées hors agglomération établi par l'INSEE et la direction générale des collectivités locales. En outre, le préfet du Finistère a notifié à la commune de Rosporden les inventaires des logements locatifs sociaux de 2010, 2011 et 2012 en application des dispositions de l'article
L. 302-6 du code de la construction et de l'habitation citées au point 2, sans qu'il ne résulte de l'instruction que la population totale de la communauté d'agglomération Concarneau Cornouaille aurait été inférieure à 50 000 habitants en 2011 et 2012. Ainsi, la commune de Rosporden, alors même qu'elle a alors bénéficié de l'exonération du prélèvement prévue par l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction en vigueur entre le 6 mars 2007 et le 20 janvier 2013, était soumise à l'obligation de réaliser 20 % de logements locatifs sociaux en 2011 et 2012. Dans ces conditions, à la date de l'arrêté attaqué, la commune requérante n'était pas soumise, pour la première fois, à l'obligation de réaliser des logements sociaux dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation citées au point 4 et n'entrait pas, en conséquence, dans le champ d'application de la dérogation au prélèvement prévue par les dispositions de l'article L. 302-7 à compter du 1er janvier 2015 pendant une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de droit au regard de ces dernières dispositions doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la commune de Rosporden tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 mai 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Rosporden est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Rosporden et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grenier, présidente,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
La présidente,
signé
C. GrenierLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026
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01/06/2026