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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2104728

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2104728

mercredi 3 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2104728
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationVice-président Contentieux sociaux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2021, M. A D, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 avril 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 422,16 euros ;

2°) d'annuler la décision du 2 juillet 2021 laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de

25,86 euros ;

3°) d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor ne lui accordé qu'une remise partielle de sa dette d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de 254,62 euros, en la ramenant à 190,96 euros.

4°) de lui accorder une remise totale de sa dette.

Elle soutient que :

- il est de bonne foi ;

- il a toujours effectué ses déclarations correctement ;

- il n'est pas responsable des indus en litige ;

- il aimerait comprendre sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023 la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor conclut d'une part, à l'irrecevabilité des contestations des indus formées par M. D et, d'autre part, au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête en tant qu'elle conteste le bien-fondé de la décision du 26 avril 2021 est irrecevable faute de recours préalable obligatoire ;

- la requête concernant la décision du 2 juillet 2021 est irrecevable faute de recours préalable obligatoire ;

- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,

- et les observations de Mme C représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D bénéficiait d'un droit à la prime d'activité depuis sa demande en date du 7 février 2019. Suite à un échange dématérialisé avec la direction générale des finances publiques (DGFIP), la CAF des Côtes-d'Armor a constaté une incohérence entre les ressources déclarées à la DGFIP et celles déclarée à la CAF. Le 26 avril 2021, la CAF des Côtes-d'Armor a mis à jour le dossier de l'intéressé en y intégrant la somme de 1 536 euros au titre des salaires de mai à décembre 2019. Suite à la régularisation de son dossier M. D s'est vu réclamer la somme de 422,16 euros. Lors de sa demande, la dette en litige présentait un solde de

254,62 euros après une retenue de 167,54 euros. Par un courrier en date du 2 juin 2021,

M. D a sollicité une remise de sa dette. Par décision du 4 août 2021, la directrice de la caisse d'allocations familiales ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette de 25 % ramenant celle-ci à une somme de 190,96 euros. Le 14 mai 2021, M. D télédéclare avoir perçu 1 400 euros de salaires pour chaque mois du trimestre de référence de février à avril 2021 ce qui lui ouvre un droit à la prime d'activité d'un montant de 167,54 euros. Le 2 juin 2021,

M. D déclare percevoir 1 400 euros de salaire par mois pour février et mars 2021 et 1 500 euros de salaire pour avril 2021 ce qui lui a ouvert un droit de 154,61 euros de prime d'activité pour mai à juillet 2021. Une mise à jour de son dossier a généré un indu de 25,86 euros portant sur le mois de mai 2021. Par la présente requête, M. D doit être regardé comme contestant la décision du 26 avril 2021, la décision du 2 juillet 2021 ainsi que la décision du 4 août 2021.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense concernant :

2. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme () ".

3. D'une part, il est soutenu en défense que M. D n'a pas, préalablement à la saisine du juge, exercé le recours préalable obligatoire prescrit par les dispositions précitées du code de la sécurité sociale devant la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales. L'intéressé ne le conteste pas. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie et les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 2 juillet 2021 tendant à la contestation du bien-fondé de cette décision de la caisse d'allocations familiales sont dès lors irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.

4. D'autre part, il résulte des termes de la requête de M. D que ce dernier entend contester le bien-fondé de la décision du 26 avril 2021. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce dernier, dans sa lettre de recours contre ladite décision se bornait à solliciter de la CAF une remise de dette voire une suppression de celle-ci. Ainsi, les conclusions de la requête de

M. D, en tant qu'elle concerne le bien-fondé de la décision du 26 avril 2021 sont irrecevables. Il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.

Sur la décision du 4 août 2021 portant remise partielle de dette :

5. Il résulte de l'instruction que le montant initial de cet indu s'élevait à 422,16 euros. Une première retenue sur prestation a été faite le 1er juin 2021 pour un montant de 167,54 euros. La CAF a, le 4 août 2021, accordé à M. D une remise partielle de sa dette d'un montant de 63,66 euros. Par plusieurs retenues sur prestations ultérieures, la CAF des Côtes-d'Armor a recouvré l'entièreté de sa dette. Ainsi, la dette étant soldée, les conclusions à fin de remise gracieuse n'ont plus d'objet. Il n'y a plus de statuer sur la demande de remise gracieuse.

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'acticité est récupéré par l'organisme chargé de son service " et aux termes du septième alinéa de cet article : " La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

8. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement des éléments de ressources et de charges communiqués par la défense concernant la situation de M. D, et qui ne sont pas contestés par ce dernier, que les derniers revenus de M. D allant de novembre 2022 à janvier 2023 sont constitués de 1 500 euros de salaire par mois. Le requérant ne produit aucune information permettant d'établir le montant actuel de ses ressources, alors qu'il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par l'intéressé que le montant de son loyer s'élève à 329 euros par mois. Par suite, M. D, ne justifie pas être dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à sa charge. Il n'y a donc pas lieu de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de remise gracieuse de M. D.

Article 2: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera transmise au directeur de la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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