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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2105357

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2105357

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2105357
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationVice-président Contentieux sociaux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 21 octobre 2021, 17 novembre 2021 et 13 avril 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 296,81 euros, d'un indu de prime d'activité d'un montant de 1 187,22 euros.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi dès lors qu'elle n'a jamais perçu " en numéraire " la pension alimentaire qui figure sur la déclaration de revenus de sa mère ;

- elle n'est pas en mesure de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, la CAF des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- l'indu en litige est fondé ;

- la situation de la requérante ne justifiait pas qu'une remise plus importante lui soit accordée, Mme B n'établissant par ailleurs pas, dans la cadre de la présente instance, être dans l'incapacité de rembourser la somme restant à sa charge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,

- et les observations de Mme C représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la CAF des Côtes-d'Armor ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 296,81 euros, d'un indu de prime d'activité d'un montant de 1 187,22 euros.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. En l'espèce, la requérante, dont la bonne foi n'est pas mise en cause, fait valoir un niveau moyen de ressources et de charges mensuelles d'un montant respectif de 1 422 euros (salaire, prime d'activité, APL) et 1 131 euros (loyer, crédit, frais de formation, électricité et eau, taxe, assurances et mutuelle, frais de tenue de compte, frais de suivi psychologique, Internet et téléphonie). Toutefois, Mme B ne justifie ses charges qu'à hauteur de 777 euros dès lors que, s'agissant du " remboursement prêt étudiant " d'un montant mensuel de 263,99 euros et du " suivi psychologique (2 fois par mois) d'un montant total de 90 euros mensuel dont elle se prévaut, Mme B se borne à produire respectivement " une offre de contrat de crédit : études - étude formation () valable jusqu'au 02/09/2015 " et qui ne saurait dès lors attester de la souscription d'une telle offre et des charges de remboursement en découlant, et d'une facture de consultation du 7 novembre 2022 d'un montant de 45 euros qui ne saurait quant à elle établir un suivi psychologique bimensuel. Par suite, Mme B, dont le reste à vivre mensuel peut ainsi être évalué à la somme de 644 euros, n'établit pas qu'elle ne serait pas en mesure de rembourser le solde de l'indu restant à sa charge pour un montant de 890,41 euros, alors qu'il lui est au surplus loisible, si elle s'y croit fondée, de solliciter de la CAF un échelonnement du paiement de sa dette.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 et que sa requête doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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