mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105375 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-président de la 2 ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GROLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 26 octobre 2021 et 19 mai 2022, la société civile immobilière (SCI) des Corneilles, prise en la personne de son gérant, M. A C demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction et le remboursement de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties qui lui a été assignée au titre de l'année 2021 dans les rôles de la commune de Lorient ;
2°) de condamner l'État à lui payer une indemnité de 2 828 euros en réparation des préjudices subis.
Elle soutient que :
- une partie des locaux est vacante ;
- elle doit ainsi bénéficier du dégrèvement prévu à l'article 1389 du code général des impôts.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 février et 7 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la réclamation n'était pas recevable dès lors qu'elle portait sur six années consécutives ;
- cette réclamation était tardive ;
- les conclusions indemnitaires ne sont pas recevables en l'absence de demande préalable et faute d'être présentées par avocat et par requête distincte ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un nouveau mémoire, enregistré le 1er décembre 2022, la SCI des Corneilles, représentée par Me Groleau, demande, en outre, au tribunal,
1°) de lui accorder le sursis de paiement ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de Me Groleau, représentant la SCI des Corneilles.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de réduction et de remboursement :
1. Aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas () d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel () l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible () d'exploitation séparée () ".
2 La société civile immobilière (SCI) des Corneilles demande à bénéficier du dégrèvement prévu à l'article 1389 au motif qu'une partie des locaux de l'immeuble dont elle est propriétaire (premier étage du bâtiment J de l'ensemble immobilier situé 2 rue de l'Enclos du Port à Lorient dénommé " Groupe de l'Arsenal de la mer ") est vacante depuis le départ du locataire le 27 juin 2014, la société GDF Suez Énergie Service.
3. Toutefois, comme il vient d'être indiqué, la partie des locaux en cause a été donnée en location et n'a jamais fait l'objet d'une exploitation commerciale par la société requérante elle-même. Si la SCI des Corneilles fait valoir qu'une autre partie des locaux (second étage) est toujours louée et indique qu'elle a son siège dans l'immeuble concerné, ces circonstances demeurent cependant sans incidence sur l'absence d'exploitation commerciale des locaux situés au premier étage du bâtiment J. De même, demeure sans influence, d'une part, le fait que la SCI des Corneilles n'a pas d'intérêt financier à ce que les locaux continuent de demeurer vacants et, d'autre part, le fait que les travaux de rénovation dont les locaux ont besoin " sont rendus impossibles par une copropriété et un syndic négligents ". La société requérante n'est, par suite, pas fondée à demander la réduction et le remboursement de la cotisation de taxe foncière qui lui a été assignée au titre de l'année 2021.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R. 772-1 du code de justice administrative : " Les requêtes en matière d'impôts directs et de taxe sur le chiffre d'affaires ou de taxes assimilées dont l'assiette ou le recouvrement est confié à la direction générale des impôts sont présentées, instruites et jugées dans les formes prévues par le livre des procédures fiscales () ".
5. Ces dispositions s'opposent à ce que des demandes de dommages et intérêts puissent être jointes aux demandes de décharge ou réduction d'impôts, du fait qu'elles sont jugées selon des règles de procédure différentes. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par la société requérante tendant à la condamnation de l'État à lui verser la somme de 2 828 euros au titre des préjudices qu'elle allègue avoir subi sont, en tout état de cause, irrecevables et doivent ainsi être rejetées.
Sur la demande de sursis de paiement :
6. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions tendant au sursis de paiement de l'imposition contestée se trouvent privées d'objet.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI des Corneilles est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI des Corneilles et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
F. B
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026