mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105445 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BRETLIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Bozec, représentée par la Selarl Bretlim Fortuny, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 ainsi que des intérêts de retard mis à sa charge.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière du fait de l'absence d'entretien avec le supérieur hiérarchique ;
- c'est à tort que l'administration a procédé à la reprise de la provision constituée pour dépréciation de la valeur de son fonds de commerce au regard de la perte de clientèle particulière.
Par mémoire, enregistré le 31 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Á l'issue d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a informé la SAS Bozec, par proposition de rectification du 29 avril 2019, qu'elle envisageait de remettre en cause la déduction au titre de l'exercice clos en 2016, premier exercice non prescrit, de la provision pour dépréciation du fonds de commerce qu'elle exploite 88 rue Jean Jaurès à Brest comptabilisée depuis l'exercice 2011. La société a présenté ses observations le 18 juin 2019 auxquelles le service a répondu le 3 juillet 2019. Par courriers des 17 juin et 17 juillet 2019, la société a sollicité un entretien hiérarchique. Le 30 juillet 2019, le chef de service de la 1ère brigade de vérification de Brest a maintenu la rectification envisagée. La cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés en résultant a été mise en recouvrement le 15 mars 2021. Elle a été assortie d'intérêts de retard. Sa réclamation ayant été rejetée, la SAS Bozec demande au tribunal de prononcer la décharge de cette cotisation et de ces intérêts de retard.
Sur la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 54 C du livre des procédures fiscales issu de la loi du 10 août 2018 visée ci-dessus : " Hormis lorsqu'elle est adressée dans le cadre des procédures mentionnées aux articles L. 12, L. 13 et L. 13 G et aux I et II de la section V du présent chapitre, la proposition de rectification peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours hiérarchique qui suspend le cours de ce délai. ". Ces dispositions visent à ouvrir une voie de recours hiérarchique aux propositions de rectification dans le cadre d'un contrôle sur pièces.
3. La société requérante se plaint de ce qu'en réponse à sa demande d'entretien hiérarchique, le supérieur hiérarchique du vérificateur s'est borné à lui répondre par écrit sans lui accorder l'entretien qu'elle avait pourtant expressément sollicité.
4. Toutefois, les dispositions de l'article L. 54 C du livre des procédures fiscales, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 10 août 2018, ont seulement pour objet d'imposer au supérieur hiérarchique du vérificateur d'engager, après l'envoi d'une proposition de rectification, un débat avec le contribuable et non, dans le cadre de ce débat, de nécessairement recevoir ce contribuable en entretien. Par suite, la SAS Bozec n'est pas fondée à soutenir qu'en l'absence d'un tel entretien, elle a été privée d'un débat oral et contradictoire et que la procédure d'imposition est irrégulière.
Sur le bien-fondé de l'impôt :
5. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / () / 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () ". Aux termes de l'article 38 sexies de l'annexe III au code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " La dépréciation des immobilisations qui ne se déprécient pas de manière irréversible, notamment les terrains, les fonds de commerce, les titres de participation, donnent lieu à la constitution de provisions dans les conditions prévues au 5° du 1. de l'article 39 du code général des impôts ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par l'entreprise, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent en outre comme probables eu égard aux circonstances de fait constatées à la date de clôture de l'exercice, et qu'enfin, elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise. Lorsqu'elle remet en cause une écriture portant sur une charge, telle celle qui constate une provision pour dépréciation d'un élément de l'actif immobilisé, l'administration doit être réputée apporter la preuve de son caractère non fondé si le contribuable n'est pas, lui-même, en mesure de justifier non seulement dans son principe mais aussi dans son montant de l'exactitude de l'écriture en cause.
7. Si la société requérante, qui exploite depuis le 1er janvier 1980, une activité de torréfacteur et de vente de café, thé, chocolat, sucre et vaisselle, à Brest, au 88 rue Jean Jaurès a connu des désagréments importants consécutivement aux travaux menés par la ville de Brest pour la réalisation d'un tramway et a été notamment contrainte de déplacer vers la rue Graveran l'entrée de son local dès lors qu'une station a été implantée devant le 88 rue Jean Jaurès, il résulte néanmoins de l'instruction et, en particulier, des données chiffrées communiquées par la société, que le chiffre d'affaires du magasin situé rue Jean Jaurès s'est élevé à 143 653 euros pour l'exercice clos en 2009, à 145 089 euros pour l'exercice clos en 2010, 145 382 euros pour l'exercice clos en 2011 et que ce chiffre d'affaires a continué d'augmenter régulièrement pour s'élever à 205 728 euros pour l'exercice clos en 2016. La SAS Bozec soutient toutefois que cette augmentation de chiffre d'affaires est due à l'arrivée, en dehors de sa zone de chalandise, de nouveaux clients professionnels. Cependant, elle n'en justifie pas en se prévalant, d'une part, de ce que de nombreux locaux commerciaux sont restés vacants après le départ de plusieurs enseignes et, d'autre part, de ce qu'elle a perçu de la part de Brest Métropole Océane une indemnité forfaitaire de 45 000 euros en compensation de la perte de valeur du fonds de commerce. Il s'ensuit que la SAS Bozec n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause la déductibilité de sa provision.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Bozec doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Bozec est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Bozec et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. AL'assesseur le plus ancien,
signé
E. Albouy
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026