mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106224 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BUFFETEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. et Mme B A, représentés par Me Buffeteau, demandent au tribunal :
1°) de les décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que c'est à tort que l'administration a remis en cause l'application des dispositions de l'article 81 A du code général des impôts et la qualité de salarié de M. A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. et Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de Me Peters, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, résident fiscal français, a travaillé, à Pointe-Noire en République du Congo, durant les années 2015 et 2016, en qualité d'ingénieur instrumentation, sur des chantiers d'extraction d'hydrocarbures exploités par la société Total EetP Congo et a déclaré les revenus tirés de cette activité dans la catégorie des traitements et salaires en présentant la société Anotech Energy UK Limited, domiciliée à Londres, comme étant son employeur. Il a ainsi bénéficié, au titre de ces deux années, et sur les revenus tirés de cette activité, de l'exonération d'impôt sur le revenu prévue par le I de l'article 81 A du code général des impôts. À la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration a adressé à M. et Mme A, le 7 novembre 2018, une proposition de rectification les informant, selon la procédure de rectification contradictoire, de la remise en cause de cette exonération au motif que les revenus perçus de cette activité devaient, en raison des modalités d'exercice de celle-ci, être rattachés à la catégorie des bénéfices non commerciaux et non à celle des traitements et salaires. Le 13 décembre 2018, M. et Mme A ont présenté des observations contestant ces rectifications que l'administration a confirmées dans sa réponse du 11 février 2020. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales procédant de ces rectifications ont été mises en recouvrement les 30 septembre et 31 octobre 2020. M. et Mme A ont formé deux réclamations les 29 octobre et 16 novembre 2020 qui ont été rejetées implicitement par l'administration. Dans le cadre de la présente instance, ils font valoir que M. A a exercé les fonctions en cause en qualité de salarié.
2. Aux termes de l'article 81 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " I. - Les personnes domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui exercent une activité salariée et sont envoyées par un employeur dans un État autre que la France et que celui du lieu d'établissement de cet employeur peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu à raison des salaires perçus en rémunération de l'activité exercée dans l'État où elles sont envoyées. / L'employeur doit être établi en France ou dans un autre État membre de l'Union européenne, ou dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. / L'exonération d'impôt sur le revenu mentionnée au premier alinéa est accordée si les personnes justifient remplir l'une des conditions suivantes : / () / 2° Avoir exercé l'activité salariée dans les conditions mentionnées aux premier et deuxième alinéas : / - soit pendant une durée supérieure à cent quatre-vingt-trois jours au cours d'une période de douze mois consécutifs lorsqu'elle se rapporte aux domaines suivants :/ () / b) Recherche ou extraction de ressources naturelles ; / () ". Pour l'application du I de l'article 81 A du code général des impôts, l'existence d'une activité salariée implique, hors l'hypothèse du travail temporaire, l'existence d'un lien de subordination caractérisé par l'exécution d'un travail sous l'autorité de l'employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le contrat conclu entre Anotech Energy UK Ltd et M. A est, au vu de l'exemplaire produit par les requérants, un contrat-type ne comportant que des stipulations de portée générale et réservant à une lettre de nomination le soin de préciser les stipulations devant définir et encadrer la fonction de M. A. La lettre de nomination signée par le représentant d'Anotech Energy UK Ltd le 27 mai 2015 et par M. A le 28 mai 2015, laquelle se présente comme une partie intégrante du contrat de travail régi par la législation du Royaume-Uni, prévoit que le lieu de travail est au Congo à Pointe-Noire dans les installations à terre du client final, la société Total EetP Congo. Elle précise, s'agissant de la durée d'emploi, qu'elle correspond à " la durée du projet, ou jusqu'à ce que le client de la société demande d'interrompre les services " et présente M. A comme l'exécutant d'une prestation de service et sa rémunération comme le coût de cette prestation de service. Cette lettre de nomination, si elle régit les conditions administratives et financières dans lesquelles le requérant devait exécuter cette prestation de service au bénéfice du client final, la société Total EetP Congo, et précise également la répartition entre Anotech Energy UK Ltd et le client final du coût des déplacements et ainsi que de l'hébergement de M. A au Congo, ne comporte aucune stipulation faisant ressortir que M. A aurait exercé ses fonctions sous les ordres et directives de la société Anotech Energy UK Ltd et que celle-ci aurait disposé du pouvoir d'en contrôler l'exécution et éventuellement de sanctionner les manquements constatés. Le lien entre M. A et la société Anotech Energy UK Ltd tient principalement à l'établissement des bulletins de paie, conformément aux feuilles de présence signées par la société Total EetP, et au versement de la paie. Or, ce lien financier n'est aucunement assimilable à un lien de subordination dès lors que le site de travail, la durée de la mission, le calendrier de travail sont déterminés par la société Total EetP Congo. Par suite, M. A, qui n'établit ni ne soutient que la société Anotech Energy UK Ltd aurait été assimilable à une entreprise de travail temporaire, ne peut être regardé comme ayant été salarié de cette société de droit britannique durant les deux années en litige.
4. En deuxième lieu, la fiche de poste établie par le groupe Total et décrivant les fonctions qui ont dû être assurées par M. A en tant qu'ingénieur systèmes de contrôle sénior, la circonstance que ses congés donnaient lieu à des autorisations d'absence délivrées par la société Total EetP Congo, et l'intégration du requérant dans un organigramme du département maintenance - instrumentation de la société Total EetP Congo, lequel au demeurant n'est pas daté, ne suffisent pas à établir l'existence d'une relation contractuelle entre M. A et la société Total EetP Congo, qui pourrait être analysée comme révélatrice de l'existence d'un contrat de travail. Les prestations de services réalisées par le requérant étaient d'ailleurs commandées par cette société auprès de la société Anotech Energy UK Ltd et facturées par cette dernière. Par suite, M. A ne peut être regardé comme ayant été salarié de la société Total EetP Congo.
5. En troisième lieu, M. A qui n'était pas salarié durant les deux années en litige ne saurait, en tout état de cause, utilement invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, la réponse ministérielle à la députée Mme D C, publiée au Journal officiel de l'Assemblée Nationale du 28 juin 2005, page 6471 sous le n° 59886, laquelle ne comporte aucune interprétation des dispositions de l'article 81 A du code général des impôts en étendant le champ d'application aux contribuables ne relevant pas de la catégorie des salariés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. L'État n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026