mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2200960 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS DELPEYROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Courtois Automobiles Saint-Malo, représentée par Me Delpeyroux, demande au tribunal de lui accorder la décharge de la cotisation de taxe sur les surfaces commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019, ainsi que des pénalités correspondantes.
Elle soutient qu'elle a été soumise à la taxe sur la surfaces commerciales, sur la base d'une surface de 720 m² dont il convient de déduire 175 m² correspondant à un espace de stockage des véhicules non accessible au public, à l'emprise au sol au rez-de-chaussée d'un escalier de 10,68 m², à l'espace pièces détachées, d'une surface de 63 m², qui n'est pas accessible au public, et à une surface technique de 33 m² comprise dans le hall central ; ainsi, la surface réellement accessible et ouverte au public pour la vente n'est que de 446 m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Courtois Automobiles Saint-Malo, qui exerce l'activité de concessionnaire automobile de la marque Peugeot, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, au cours du second semestre de l'année 2019. L'administration a informé la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo des rectifications envisagées à l'issue de ce contrôle dans une proposition de rectification du 5 décembre 2019 portant à sa connaissance, notamment son assujettissement à la taxe sur les surfaces commerciales au titre des trois années comprises dans la période vérifiée. Le 24 juin 2020, l'administration a adressé à la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo une nouvelle proposition de rectification, à la suite d'un contrôle sur pièces de son dossier, afin de l'informer notamment de la mise à sa charge d'un rappel de taxe sur les surfaces commerciales au titre de l'année 2019, postérieure à la période vérifiée. L'administration a établi cette taxe sur la base d'une surface commerciale de 720 m² déterminée, à l'occasion de la vérification de comptabilité, par un technicien géomètre du pôle topographique de la direction régionale des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine. Par une réclamation du 28 juillet 2021 la société a contesté partiellement cette imposition en faisant valoir que la surface taxée devait être ramenée à 446 m². Cette demande a toutefois été rejetée par une décision du 4 janvier 2022, qui a conduit la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo à saisir le tribunal de ce litige.
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 instituant des mesures en faveur de certaines catégories de commerçants et artisans âgés, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite. Ne sont pas considérés comme magasins de commerce de détail les établissements de commerce de gros dont la clientèle est composée de professionnels pour les besoins de leur activité ou de collectivités. Lorsque ces établissements réalisent à titre accessoire des ventes à des consommateurs pour un usage domestique, ces ventes constituent des ventes au détail qui sont soumises à la taxe dans les conditions de droit commun. / () / La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. / La surface de vente des magasins de commerce de détail prise en compte pour le calcul de la taxe ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. / La surface de vente à retenir pour le calcul de la taxe est celle existant au 31 décembre de l'année précédant l'année d'imposition pour les établissements existant à cette date. / () / Si ces établissements, à l'exception de ceux dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, ont également une activité de vente au détail de carburants, l'assiette de la taxe comprend en outre une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de position de ravitaillement dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement. Le décret prévu à l'article 20 fixe la surface forfaitaire par emplacement à un montant compris entre 35 et 70 mètres carrés. / () ".
3. Il résulte de l'instruction que la surface commerciale retenue par l'administration correspond à un hall d'exposition d'une surface de 436,65 m² dont a été déduite une surface de 8,49 m² attribuée à l'emprise au sol d'un escalier, à un espace de 77,67 m² affecté à la vente de pièces détachées et à la détente de la clientèle puisque notamment équipé de fauteuils et d'un distributeur de café, à un espace de livraison des véhicules neufs d'une surface de 200,48 m² et à un bureau attenant destiné à recevoir les clients, d'une surface de 14,09 m². Si la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo soutient que l'espace livraison des véhicules neufs est essentiellement affecté au stockage de ces véhicules et n'est pas accessible à la clientèle à l'exception d'un emplacement de " mise en main des véhicules " de 25 m², elle ne produit aucun élément démontrant l'existence d'une délimitation au sein de cet espace, au 31 décembre 2018, limitant l'accès de la clientèle à un emplacement spécifique, alors qu'elle est la seule partie susceptible de le démontrer et que l'administration fait valoir qu'il s'agit d'un espace non cloisonné. La société requérante ne conteste pas plus utilement l'emprise au sol de l'escalier présent dans le hall d'exposition en se bornant à alléguer que sa surface serait de 10,68 m². De même, si elle soutient que l'espace " pièces détachées " d'une surface de 63 m² n'était pas accessible à la clientèle, elle ne l'établit pas et ne conteste pas qu'il s'agissait d'un espace affecté à la vente de pièces détachées et non à leur stockage. Par ailleurs, si elle fait valoir qu'il convient de déduire de la surface du hall d'exposition, une surface de 33 m² qu'elle présente, sans plus de précision, comme une " surface technique ", elle n'a pas répliqué à l'administration qui souligne qu'il s'agit de banques d'accueil des visiteurs non fermées et établit ainsi le bien-fondé de la prise en compte de cette surface dans la surface de vente de l'établissement.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en décharge de la cotisation de taxe sur les surfaces commerciales qui a été réclamée à la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo au titre de l'année 2019, ainsi que des pénalités correspondantes, doivent être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo est rejetée.
Article 2 : le présent jugement sera notifié à la SAS Courtois Automobiles Saint-Malo et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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