mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201065 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-Président 6 ème chambre |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2022, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de point (s) au capital de son permis de conduire prises à la suite des infractions relevées les 2 mai 2017 (six points), 1er janvier 2018 (un point), 5 avril 2019 (un point), 17 avril 2019 (un point), 26 avril 2019 (un point), 3 avril 2021 (un point), 14 mai 2021 (un point), 15 mai 2021 (un point) et 20 mai 2021 (un point) ;
2°) d'annuler la décision référencée 48SI du 3 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié la perte de validité de son titre de conduite pour solde de points nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer sous huitaine son permis de conduire au capital de points reconstitué ;
4°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été communiquées ;
- il a contesté auprès de l'officier du ministère public certains avis de contravention portant retrait de point (s) ; dès lors, en cas de réponses attendues de classement sans suite ou de poursuite devant les tribunaux compétents, la réalité des infractions contestées ne saurait être regardée comme établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité ; en tout état de cause les décisions portant retrait de point (s) ont systématiquement été portées à la connaissance du requérant et de surcroît notifiées par la décision 48SI en litige ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait d'un point prise à la suite de l'infraction relevée le 1er janvier 2018 sont sans objet dès lors que ce point a été restitué au requérant le 8 novembre 2018 ;
- s'agissant des infractions restant en litige, les informations requises par le code de la route ont bien été délivrées à l'intéressé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande, d'une part, l'annulation des décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de point (s) au capital de son permis de conduire prises à la suite des infractions relevées les 2 mai 2017 (six points), 1er janvier 2018 (un point), 5 avril 2019 (un point), 17 avril 2019 (un point), 26 avril 2019 (un point), 3 avril 2021 (un point), 14 mai 2021 (un point), 15 mai 2021 (un point) et 20 mai 2021 (un point) et, d'autre part, l'annulation de la décision référencée 48SI du 3 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié la perte de validité de son titre de conduite pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions portant retrait de point (s) :
En ce qui concerne la réalité des infractions :
2. Il résulte des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale qu'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, lorsqu'elle est formée dans les délais et dans les formes prévues par cet article et par l'article 529-10 du même code, entraîne l'annulation du titre exécutoire. En vertu de l'article R. 49-8 du même code, l'officier du ministère public saisi d'une réclamation recevable porte sans délai cette annulation à la connaissance du comptable de la direction générale des finances publiques. Il appartient ensuite à l'officier du ministère public soit de diligenter des poursuites devant la juridiction pénale au titre de l'infraction contestée, soit de classer l'affaire sans suite. Eu égard aux dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, l'annulation du titre exécutoire a pour conséquence que la réalité de l'infraction ne peut plus être regardée comme établie. L'autorité administrative doit, par suite, rétablir sur le permis de conduire les points qui avaient pu être retirés, sans préjudice d'un nouveau retrait si le juge pénal est saisi et prononce une condamnation.
3. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment intitulé "bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration
4. En l'espèce, le requérant, qui se borne à produire la décision 48SI en litige, n'établit nullement qu'il aurait formé réclamations contre les infractions relevées à son encontre et que ses réclamations auraient été regardées comme recevables. Par suite, M. A n'est pas fondé à contester la réalité de ces infractions.
En ce qui concerne la délivrance des informations requises par le code de la route :
5. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1,2 et 4 de l'article L. 223-6. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que la délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant de l'infraction commise le 1er janvier 2018 (un point) :
7. Aux termes de l'article L 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. / Le délai de deux ans mentionné au premier alinéa est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entraîné un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe. / Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. () ".
8. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral de M. A que le point retiré de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 1er janvier 2018 lui a été restitué en application de l'article L. 223-6 du code de la route le 8 novembre 2018. Dès lors que le requérant n'allègue pas que ce retrait de point aurait fait obstacle à la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route, M. A ayant commis en tout état de cause une nouvelle infraction le 5 avril 2019, les conclusions dirigées contre la décision de retrait d'un point consécutive à cette infraction sont devenues sans objet.
S'agissant de l'infraction commise le 2 mai 2017 (six points) :
9. L'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.
11. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral du requérant que l'infraction commise le 2 mai 2017 a fait l'objet d'un procès-verbal électronique du même jour que le ministre de l'intérieur produit en défense et qui comporte la signature du contrevenant ainsi que l'ensemble des informations requises par les dispositions précitées des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait de six points de son permis de conduire prise à la suite de cette infraction.
S'agissant des infractions commises le 17 avril 2019 (un point) et le 26 avril 2019 (un point) :
12. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
13. En l'espèce, le ministre de l'intérieur produit les attestations de paiement par le requérant des amendes forfaitaires majorées résultant des infractions commises les 17 avril 2019 et 26 avril 2019, établies le 10 septembre 2019 par le comptable public de la Trésorerie du contrôle automatisée. En l'absence d'élément susceptible d'établir qu'il aurait été alors destinataire d'avis inexacts ou incomplets, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu les informations rendues obligatoires par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions commises les 3 avril 2021 (un point), 14 mai 2021 (un point), 15 mai 2021 (un point) et 20 mai 2021 (un point) :
14. Il ressort du relevé d'information intégrale du requérant que ces infractions ont été constatées par radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'avis de contravention puis, en l'absence de paiement par le requérant, de titres exécutoires à fin de recouvrement des amendes forfaitaires majorées en résultant. Si ces mentions établissent la réalité de l'infraction en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code la route, elles ne permettent toutefois pas d'établir que M. A aurait bien reçu les informations requises par le code de la route, le ministre ne produisant aucun élément susceptible d'établir la réalité des notifications alléguées. Par ailleurs, s'il rappelle que le requérant a nécessairement reçu un avis de contravention et/ou de majoration de l'amende forfaitaire correspondante, le ministre ne produit aucun élément susceptible d'établir que l'intéressé aurait acquitté les amendes forfaitaires majorées mise à sa charge et aurait eu ainsi connaissance desdites informations.
15. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
16. En l'espèce, si les infractions commises les 17 avril 2019 et 26 avril 2019 et celles commises les 3 avril 2021, 14 mai 2021, 15 mai 2021 et 20 mai 2021 correspondent à un excès de vitesse inférieur de 20 kilomètres par heure à la vitesse maximale autorisée et sont toutes sanctionnées du retrait d'un point au permis de conduire du contrevenant, ces dernières infractions ne sauraient être regardées toutefois comme suffisamment récentes par rapport à celles commises en 2019 pour considérer que les informations requises par le code de la route auraient alors été portées à la connaissance du requérant. Dans ces conditions, ce dernier, qui dans les circonstances de l'espèce a été privé d'une garantie à défaut d'avoir reçu ces informations, est fondé à soutenir que les décisions de retrait d'un point prises consécutivement à ces infractions sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière et qu'elles sont, pour ce motif, illégales.
S'agissant de l'infraction commise le 5 avril 2019 (un point) :
17. Il ressort du relevé d'information intégrale du requérant que cette infraction a également été constatée par radar automatique et donné lieu à l'émission d'un avis de contravention puis, en l'absence de paiement par le requérant, d'un titre exécutoire à fin de recouvrement de l'amende forfaitaire majorée en résultant. Si ces mentions établissent la réalité de l'infraction en application des mêmes dispositions de l'article L. 223-1 du code la route, elles ne permettent toutefois pas d'établir que M. A aurait bien reçu les informations requises par le code de la route, le ministre ne produisant aucun élément susceptible d'établir la réalité des notifications alléguées. Par ailleurs, s'il rappelle qu'il appartient au titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule de déclarer tout changement de domicile, qu'un manquement à cette obligation constitue une contravention de 4ème classe et soutient que, compte tenu de l'ensemble des diligences mises en œuvre, le requérant a nécessairement reçu un avis de contravention et/ou de majoration de l'amende forfaitaire correspondante, le ministre ne précise toutefois pas la nature des démarches ainsi réalisées, et ne produit pas davantage de bordereau de situation ou d'attestation de paiement établie par le comptable public de la Trésorerie du contrôle automatisé de nature à établir qu'en l'espèce M. A aurait acquitté l'amende forfaitaire majorée mises à sa charge et aurait eu ainsi connaissance desdites informations. Il s'ensuit que, dans ces conditions, le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait d'un point prise consécutivement à l'infraction commise le 5 avril 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 3 février 2022 :
18. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Le présent jugement annulant les décisions prises consécutivement aux infractions commises les 5 avril 2019, 3 avril 2021, 14 mai 2021, 15 mai 2021 et 20 mai 2021 portant pour chacune d'entre elles retrait d'un point, et le point retiré consécutivement à l'infraction commise le 1er janvier 20108 ayant été restitué au permis de conduire de l'intéressé, ainsi qu'il a été dit au point 4, le solde rattaché au permis de conduire de M. A à la date du 3 février 2022 était positif. Il suit de là que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision 48SI du 3 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
20. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que le ministre de l'intérieur restitue, d'une part, les points illégalement retirés à M. A à la suite des infractions commises les 5 avril 2019, 3 avril 2021, 14 mai 2021, 15 mai 2021 et 20 mai 2021 ainsi, d'autre part, que le permis de conduire de l'intéressé, dans la limite toutefois d'un maximum de douze points et sous réserve des infractions non prises en compte ainsi que des éléments de fait ou de droit nouveaux. Il y a lieu de l'y enjoindre dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
21. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que M. A demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant retrait d'un point prise conséquemment à l'infraction commise le 1er janvier 2018.
Article 2 : Les décisions de retrait d'un point prises consécutivement aux infractions commises les 5 avril 2019, 3 avril 2021, 14 mai 2021, 15 mai 2021 et 20 mai 2021 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A, d'une part, les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite de ces infractions ainsi, d'autre part, que le permis de conduire de l'intéressé, dans la limite toutefois d'un maximum de douze points et sous réserve des infractions non prises en compte ainsi que des éléments de fait ou de droit nouveaux, dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le président-rapporteur
Signé
G. DescombesLa greffière,
Signé
V. Le Boëdec
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
V. Le Boëdec
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026