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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201137

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201137

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201137
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme B, qui contestait ses cotisations d'impôt sur le revenu pour 2020 et demandait une remise gracieuse. La demande de remise gracieuse a été jugée irrecevable car elle n'avait pas été préalablement soumise à l'administration fiscale. Sur le fond, le tribunal a estimé que les revenus perçus en 2020, bien que correspondant à des régularisations de salaires des années 2018 et 2019, étaient imposables au titre de l'année 2020 en application de l'article 12 du code général des impôts. Les circonstances personnelles invoquées par la requérante ont été considérées comme inopérantes pour contester l'assiette de l'impôt.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mars 2022, Mme A B demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu restant à sa charge au titre de l'année 2020 ;

2°) de lui accorder une remise gracieuse à hauteur des sommes restant à sa charge, soit 8 098 euros.

Elle soutient que :

- elle n'avait jusqu'à présent jamais payé d'impôt sur le revenu étant mère de trois enfants et ayant dû rester, depuis juillet 2001, aux côtés de son fils placé sous tutelle ;

- l'application d'un taux marginal d'imposition de 30 % à ses revenus ne correspond pas à sa situation personnelle alors qu'elle ne dispose que d'un salaire mensuel de 1 752,46 euros ;

- sa situation justifie une remise gracieuse à hauteur des sommes restant à sa charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de remise gracieuse est irrecevable et que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ambert,

- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est aidante familiale depuis janvier 2018 auprès de son fils. Des cotisations primitives à l'impôt sur le revenu ont été mises à sa charge au titre des revenus perçus en 2020 incluant des régularisations de salaire afférentes aux années 2018 et 2019. Mme B a formé une réclamation préalable le 27 décembre 2021, laquelle a été admise partiellement le 3 janvier 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu restant à sa charge au titre de l'année 2020 et de lui accorder une remise gracieuse.

Sur la demande de remise gracieuse :

2. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ; / 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence () ".

3. Si la décision de l'administration refusant une remise gracieuse sur ce fondement peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, la requérante n'a formé aucune demande de remise gracieuse auprès de l'administration. Ses conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise gracieuse, formées sans que l'administration n'ait été préalablement saisie d'une demande en ce sens, ne peuvent ainsi qu'être rejetées.

Sur le bien-fondé des impositions :

4. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. ".

5. Il résulte de l'instruction que Mme B a perçu en 2020 une somme de 19 989 euros au titre des revenus de l'année 2018 et une somme de 21 801 euros au titre des revenus de l'année 2019. Par application de l'article 12 du code général des impôts, ces sommes, constitutives de revenus, bien que perçues de manière différée par suite de circonstances indépendantes de la volonté de Mme B, étaient donc imposables au titre de l'année 2020, nonobstant les circonstances invoquées par la requérante, sans incidence sur l'année d'imposition ou son quantum. D'ailleurs, si la requérante se prévaut du caractère dégradé de sa situation patrimoniale et souligne que le versement tardif, en 2020, de ses rémunérations des années 2018 et 2019 n'est pas de son fait, de tels moyens sont inopérants à l'appui de conclusions d'assiette.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu restant à sa charge au titre de l'année 2020, après application, par l'administration du système du quotient prévu par l'article 163-0 A du code général des impôts. Les conclusions de la requête à fin de décharge doivent ainsi être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jouno, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Ambert, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

A. AmbertLe président,

signé

T. Jouno

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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