jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201397 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GROLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 mars 2022 et le 29 décembre 2022, la commune de Brec'h, représentée par Me Vincent Lahalle (Selarl Lexcap), demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum la société Gory et Associés et la société Rault Maurice à lui verser la somme de 76 452,60 euros toutes taxes comprises (TTC), majorée des intérêts capitalisés au taux légal, au titre du coût des travaux de remise en état de sa salle de sports ;
2°) de condamner in solidum la société Gory et Associés et la société Rault Maurice à lui verser la somme de 10 000 euros, majorée des intérêts capitalisés au taux légal, en réparation de préjudices subis pendant les travaux de remise en état ;
3°) de condamner in solidum la société Gory et Associés et la société Rault Maurice à lui verser la somme de 7 016,70 euros, majorée des intérêts capitalisés au taux légal, au titre des frais d'expertise judiciaire ;
4°) de mettre à la charge in solidum de la société Gory et Associés et de la société Rault Maurice une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- des fissures au niveau des joints des plaques tapissant les murs intérieurs de la grande salle de sports sont apparues postérieurement à la réception de l'ouvrage ;
- les désordres constatés par l'expert judiciaire relèvent de la garantie décennale des constructeurs ;
- la société Gory et Associés, maître d'œuvre de l'opération, et la société Rault Maurice, attributaire du lot n° 9 " Cloisons Plâtrerie " du marché de travaux, sont responsables des désordres apparus, à hauteur respectivement de 30 % et de 70 % et devront donc l'indemniser in solidum des préjudices en résultant ;
- aucune responsabilité ne saurait lui être imputée, susceptible d'atténuer la responsabilité des intervenants dans l'opération de construction ;
- le coût de réfection de l'ouvrage s'élève à 76 452,60 euros TTC, incluant les frais de maîtrise d'œuvre ;
- la salle de sports sera indisponible pendant la durée des travaux, évaluée à quatre semaines, ce qui occasionne un préjudice d'un montant de 10 000 euros dont elle devra être indemnisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, la société Gory et Associés, représentée par Me Etienne Groleau, conclut :
1°) à ce qu'il soit fait une juste appréciation des sommes auxquelles elle devra être condamnée au titre du coût des travaux de reprise, des frais d'expertise et des frais irrépétibles ;
2°) au rejet des conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice de jouissance de la commune de Brec'h pendant la durée des travaux de reprise des désordres affectant la salle de sports ;
3°) à ce que sa part de responsabilité dans les désordres dénoncés soit limitée à 10 % ;
4°) à ce que la société Rault Maurice soit condamnée à la garantir à hauteur de 90 % de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité quant aux désordres dénoncés devra être limitée à 10 %, puisqu'elle n'était plus en mesure de relever, lors de la réception de l'ouvrage, le défaut de largeur de l'entraxe, devenu invisible après avoir été recouvert par les plaques et la peinture ;
- la somme demandée par la commune au titre du coût des travaux réparatoires est conforme aux termes du rapport d'expertise ;
- la demande d'indemnisation à hauteur de 10 000 euros au titre du préjudice de jouissance est excessive, seule la grande salle étant impactée par les travaux ;
- elle est bien fondée à demander à être garantie à hauteur de 90 % par la société Rault Maurice chargée de l'exécution des travaux litigieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, la société Rault Maurice, représentée par le cabinet d'avocats Depasse, Daugan, Quesnel, Demay, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions de la requête ainsi que des conclusions présentées par la société Gory et Associés à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le coût des travaux de reprise de la salle de sport soit fixé à 64 855,55 euros TTC et sa part de responsabilité limitée à 70 % et à ce que le montant de l'indemnité due au titre du préjudice de jouissance soit notablement réduit ;
3°) à ce que la société Gory et Associés soit condamnée à la garantir à hauteur de 30 % de l'ensemble des condamnations susceptibles d'être prononcées à son égard.
Elle fait valoir que :
- elle n'entend pas contester la nature des désordres de fissuration dénoncés et la part de responsabilité dans leur survenance qui lui a été imputée par l'expert judiciaire ;
- la responsabilité du maître d'œuvre ne saurait être limitée à 10 %, ainsi qu'il le réclame, faute pour lui d'avoir exigé un entraxe de 0,470 mètres tel que préconisé par le Cahier des clauses administratives particulières (CCTP), d'avoir contrôlé la mise en œuvre des travaux et d'avoir émis des réserves lors de la réception des travaux ;
- le coût des travaux peut être limité, conformément au rapport de vérification n° 1 établi par le cabinet B2M, économiste de la construction, à la somme de 64 855,55 euros TTC ;
- la demande de la commune de Brec'h d'être indemnisée à hauteur de 10 000 euros en réparation du préjudice subi pendant les travaux n'est pas justifiée et présente un caractère forfaitaire et arbitraire.
Vu :
- l'ordonnance n° 2001987 rendue le 29 novembre 2021 par le président du tribunal administratif de Rennes portant taxation des frais d'expertise judiciaire ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thalabard,
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,
- et les observations de Me Oueslati, représentant la commune de Brec'h et de Me Douguet, représentant la société Rault Maurice.
Considérant ce qui suit :
1. En 2012, la commune de Brec'h (Morbihan) a décidé d'entreprendre la construction d'une salle de sports. La maîtrise d'œuvre de cette opération a été confiée, par acte d'engagement du 16 juillet 2012, à un groupement de trois entreprises cotraitantes, dont Mme A, architecte et cogérante de la société Gory et Associés, a été désignée comme mandataire. Les travaux, divisés en seize lots, ont été réceptionnés le 18 janvier 2016, avec des réserves qui ont été levées, concernant le lot n° 9 " Cloisons Plâtrerie " attribué à la société Rault Maurice, le 19 avril 2016. Des fissures étant apparues au niveau des joints des plaques tapissant les murs de la grande salle de sports, la commune a sollicité du président du tribunal administratif de Rennes la désignation d'un expert. Ce dernier a remis son rapport sur les désordres affectant l'ouvrage le 18 octobre 2021. Par la présente requête, la commune de Brec'h demande la condamnation in solidum de la société Gory et Associés et de la société Rault Maurice à lui verser la somme de 76 452,60 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du coût des travaux de reprise des désordres affectant la salle de sports et la somme de 10 000 euros au titre du préjudice résultant de ces désordres. Les sociétés défenderesses présentent, pour leur part, des appels en garantie croisés.
Sur la responsabilité des constructeurs :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
3. Il résulte de l'instruction qu'après mise en service du complexe sportif, des fissures sont apparues sur les joints des plaques tapissant les murs intérieurs de la grande salle de sports, qui se sont aggravées malgré les conseils prodigués par l'entreprise chargée des travaux pour y remédier. Si l'assureur dommages ouvrage de la commune a refusé de mettre en œuvre sa garantie, au motif que ces désordres ne présentaient qu'un défaut d'ordre esthétique, l'expert judiciaire a relevé que les fissurations dénoncées résultaient d'un défaut dans la mise en œuvre des bandes de jointement liant les plaques et étaient aggravées par le manque d'inertie de l'ossature métallique et l'entraxe trop important de celle-ci. Par conséquent, l'ossature métallique ne répond pas aux exigences de résistance aux chocs. L'expert souligne que " les joueurs en dynamique engendrent des contraintes bien supérieures, qui peuvent constituer un risque avec la structure endommagée ". Il en déduit que " l'ouvrage mis en œuvre ne répond pas aux caractéristiques spécifiques des locaux, ce qui en perturbe la jouissance ", constituant une impropriété à destination, d'autant qu'il n'exclut pas " qu'à terme, l'ouvrage puisse présenter un danger pour les personnes ". Le caractère décennal du désordre ainsi décrit n'étant pas contesté, la commune de Brec'h est fondée à soutenir qu'il est de nature à engager la responsabilité des participants à l'opération de travaux sur le fondement de leur garantie décennale.
Sur l'imputabilité des désordres :
4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que les désordres résultent d'un défaut dans la mise en œuvre des bandes de jointement des parois de la salle de sports, l'entraxe des montants verticaux ne respectant pas la distance de 40 centimètres prévue dans les stipulations du cahier des clauses administratives particulières (CCTP), ainsi que les règles de l'art.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la commune de Brec'h a confié une mission complète de maîtrise d'œuvre au groupement d'entreprises dont la société Gory et Associés, architecte, était mandataire. L'expert judiciaire a constaté que le maître d'œuvre n'avait pas exigé que l'entraxe des montants verticaux des parois soit de 40 centimètres, ainsi que préconisé par le CCTP et qu'il n'avait pas contrôlé que leur mise en œuvre était conforme aux prescriptions de l'avis technique. Il a, en outre, relevé qu'il n'avait émis aucune réserve à ce sujet lors de la réception des travaux. Ainsi, eu égard aux missions qui incombaient à la société Gory et Associés, les désordres lui sont imputables.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la société Rault Maurice, attributaire du lot n° 9 " Cloisons Plâtrerie ", a réalisé les parois de la salle de sports affectée de désordres.
7. Il résulte de ce qui précède que les désordres tenant aux fissurations affectant les murs intérieurs de la salle de sports sont imputables à la société Gory et Associés et à la société Rault Maurice. Par suite, la commune de Brec'h est fondée à demander leur condamnation in solidum sur le fondement des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs.
Sur le préjudice indemnisable :
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction que pour remédier aux désordres en litige, les travaux préconisés par l'expert supposent de procéder à la dépose et repose des équipements sportifs, puis d'entreprendre la déconstruction, l'évacuation, le tri du complexe de doublage avant le remplacement de l'ossature métallique sur une superficie de 360 m² et la mise en peinture. Compte tenu des devis qui lui ont été transmis, l'expert a estimé que le coût de tels travaux pouvait être évalué à 59 550 euros hors taxe. Il a, en outre, préconisé, eu égard à l'importance de ces travaux, l'intervention d'un maître d'œuvre dont la prestation a été valorisée à 7 % du montant des travaux. La commune de Brec'h sollicite, en conséquence, une indemnisation à hauteur de 76 452,60 euros TTC. La société Rault Maurice fait toutefois valoir que le coût estimatif des travaux retenu par l'expert mérite d'être réduit, compte tenu du rapport de vérification établi le 28 février 2022 par le cabinet B²M, économiste, à la demande de son assureur. En se fondant sur les devis émis, détaillant des travaux conformes aux préconisations de l'expert, le cabinet B²M a fixé le montant total des travaux, incluant la mission de maîtrise d'œuvre, à la somme de 62 096,11 euros HT, soit 64 855,55 euros TTC. En l'absence de contestation du coût des travaux ainsi fixé, il y a lieu de condamner in solidum la société Gory et Associés et la société Rault Maurice à verser à la commune de Brec'h la somme de 64 855,55 euros TTC.
9. En second lieu, la commune de Brec'h demande la réparation du préjudice de jouissance résultant de l'indisponibilité de la salle de sports pendant la durée des travaux, évaluée à quatre semaines. En réponse aux objections des constructeurs, elle soutient notamment ne pas être en mesure d'organiser les travaux pendant l'été, période pendant laquelle les entreprises étant en congés, ne sont pas en mesure de réaliser les travaux. Toutefois, par ces seules allégations, ainsi que par la production d'un tableau d'occupation de la salle de sports, la commune de Brec'h n'établit pas la réalité du préjudice dont elle demande à être indemnisée à hauteur de 10 000 euros. Ainsi, les prétentions de la commune au titre de ce préjudice consécutif aux désordres affectant les parois intérieures de la salle de sports doivent être écartées.
10. Il résulte de ce qui précède que la commune de Brec'h est seulement fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation in solidum de la société Gory et Associés et de la société Rault Maurice à lui verser une somme de 64 855,55 euros TTC.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
11. En premier lieu, la commune de Brec'h a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 64 855,55 euros TTC correspondant aux réparations des désordres affectant la salle de sports, à compter du 17 mars 2022, date d'enregistrement de sa requête jusqu'au paiement effectif de ces sommes.
12. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Les demandes de capitalisation d'intérêts formulées par la commune de Brec'h prennent, dès lors, effet à compter du 17 mars 2023, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les appels en garantie :
13. Il résulte du rapport d'expertise que les désordres affectant les murs intérieurs de la salle de sports résultent de manière prépondérante d'un défaut d'exécution de la société Rault Maurice qui ne s'est pas conformée aux prescriptions du CCTP et à l'avis technique qui avait été émis. Les désordres résultent également d'un défaut de surveillance des travaux par le maître d'œuvre. Toutefois, et ainsi que la société Gory et Associés le fait valoir, il ne peut lui être reproché un défaut de conseil du maître d'ouvrage lors de la réception des travaux dans la mesure où l'écartement entre les plaques n'était alors plus visible, étant recouvert par les plaques et la peinture. Il y a donc lieu d'imputer les désordres en litige à hauteur de 75 % à la société Rault Maurice et de 25 % à la société Gory et Associés. En conséquence, il y a lieu de faire droit aux conclusions d'appel en garantie formées mutuellement pas ces deux constructeurs, dans la limite de leurs parts de responsabilité respectives ainsi définies.
Sur les dépens :
14. Par une ordonnance du 29 novembre 2021, le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert désigné dans l'instance à la somme totale de 7 016,70 euros et les a mis à la charge de la commune de Brec'h. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner in solidum la société Gory et Associés et la société Rault Maurice à verser à la commune de Brec'h cette somme. Il y a lieu, eu égard aux responsabilités encourues par les constructeurs dans les désordres, de mettre ces dépens à leur charge définitive à raison de 75 % pour la société Rault Maurice et 25 % pour la société Gory et Associés et de régler en conséquence les appels en garantie que dirigent ces constructeurs l'un contre l'autre.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge in solidum de la société Gory et Associés et de la société Rault Maurice le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Brec'h et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La société Gory et Associés et la société Rault Maurice sont condamnées in solidum à verser à la commune de Brec'h la somme de 64 855,55 euros TTC au titre du coût des travaux réparatoires des désordres affectant les murs intérieurs de la salle de sports.
Article 2 : La somme mentionnée à l'article 1er du présent jugement portera intérêts à compter du 17 mars 2022. Les intérêts échus à la date du 17 mars 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés.
Article 3 : La société Gory et Associés et la société Rault Maurice sont condamnées in solidum à verser à la commune de Brec'h la somme de 7 016,70 euros au titre des frais d'expertise.
Article 4 : La société Gory et Associés et la société Rault Maurice verseront in solidum à la commune de Brec'h la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Brec'h est rejeté.
Article 6 : La société Gory et Associés garantira la société Rault Maurice à hauteur de 25 % des sommes mentionnées aux articles 1, 2, 3 et 4.
Article 7 : La société Rault Maurice garantira la société Gory et Associés à hauteur de 75 % des sommes mentionnées aux articles 1, 2, 3 et 4.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à la société Gory et Associés, à la société Rault Maurice et à la commune de Brec'h.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Thalabard
Le président,
signé
E. BerthonLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026