lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202112 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GENIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 avril 2022 et 22 décembre 2022, le préfet du Finistère, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, et en application de l'article L. 911-7 du code de justice administrative :
1°) de condamner M. B et Mme C à verser à l'Etat, à titre d'astreinte provisoire, en application du jugement du 21 décembre 2010 et au taux journalier de 500 euros fixé par le jugement du 1er octobre 2018, pour la période du période du 1er avril 2021 au 31 octobre 2021 inclus et au taux journalier de 500 euros, soit une somme de 107 000 euros
2°) de réviser le taux journalier de l'astreinte provisoire fixé par le jugement n° 1903511, 2100372 du 17 décembre 2021 en le portant à 3 000 euros par jour de retard au terme d'un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge M. B et Mme C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet soutient que :
- les contrevenants n'ont toujours pas exécuté le jugement du 21 décembre 2010 les ayant condamnés à la remise en état du domaine public maritime ainsi que cela ressort d'un procès-verbal établi le 27 décembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, Mme D C et M. E B demandent au tribunal :
1°) d'ordonner la révision du jugement du 21 décembre 2010 du tribunal administratif de Rennes rendu sur les affaires nos 1003315 et 1003319 ;
2°) de rejeter la requête de liquidation d'astreinte du préfet du Finistère comme étant irrecevable ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner le sursis à statuer sur les demandes de liquidation de l'astreinte dans l'attente de la délimitation du domaine public maritime par rapport à leur propriété et de rejeter la demande de liquidation d'astreinte présentée par le préfet du Finistère ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable car l'administration pouvait prononcer par elle-même la liquidation de l'astreinte sans avoir à saisir le juge administratif ;
- il doit être sursis à l'exécution dans l'attente de la délimitation du domaine public ;
- ils ont effectué plusieurs démarches en vue de la démolition du mur de soutènement, mais se heurtent à des difficultés techniques, compte tenu de l'impact que la démolition devrait avoir sur les arbres que le mur soutient et de la nécessité de préserver l'espace remarquable et protégé sur lequel est situé le mur à démolir ; les autorisations administratives nécessaires pour procéder aux travaux d'arrachage des arbres leur ont été refusées ; la démolition du mur se heurte à des impératifs de protection de la nature, d'espèces protégées et de préservation du paysage, qui rendent impossible l'exécution du jugement du 21 décembre 2010 ;
- ils ont commencé à exécuter le jugement du 21 décembre 2010 en procédant à l'enlèvement manuel des parpaings à partir du mois d'avril 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de révision du jugement du 21 décembre 2010.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'arrêt du conseil d'Etat n° 254 089 du 10 octobre 2012 ;
- les arrêts n° 11NT00874, 11NT00948 de la cour administrative de Nantes du 15 juillet 2011 ;
- les arrêts n° 19NT03680, 19NT03685 de la cour administrative de Nantes du 24 novembre 2020 ;
- le jugement n° 1003315, 1003319 du 21 décembre 2010 de ce tribunal ;
- le jugement n° 1401195 du 3 juillet 2015 de ce tribunal ;
- le jugement n° 1600391 du 6 juillet 2016 de ce tribunal ;
- le jugement n° 1701473 du 15 décembre 2017 de ce tribunal ;
- le jugement n° 1801683 du 1er octobre 2018 de ce tribunal ;
- le jugement n° 1903511, 2100372 du 17 décembre 2021 de ce tribunal.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Genies, représentant M. B et Mme C, et de M. A, représentant le préfet du Finistère.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1003315 et 1003319 du 21 décembre 2010, ce tribunal a, sur la requête du préfet du Finistère, condamné M. B et Mme C à une amende de 750 euros chacun et à procéder à la remise en état du domaine public maritime en démolissant le mur édifié par eux sur ledit domaine au droit de leur propriété au lieu-dit " Pen Ar C'hoat ", île Chevalier, à Pont-l'Abbé, dans le délai de 6 mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai. M. B et Mme C se sont vu notifier, en la forme prescrite par les dispositions de l'article L. 774-6 du code de justice administrative, ce jugement respectivement les 27 janvier 2011 et 24 juin 2011. Par deux jugements no 1401195 du 3 juillet 2015 et no 1600391 du 6 juillet 2016, le tribunal administratif de Rennes a condamné M. et Mme B à verser à l'État, à titre d'astreinte provisoire en application du jugement du 21 décembre 2010, les sommes respectives de 42 800 euros et 40 900 euros pour différentes périodes comprises entre le 1er avril 2012 et le 31 octobre 2015. Par son jugement du 6 juillet 2016, le même tribunal a en outre porté le taux de l'astreinte, initialement fixé à 100 euros par jour de retard, à 200 euros par jour de retard. L'appel dirigé contre ce dernier jugement a été rejeté par un arrêt no 17NT00583 du 10 juillet 2017 de la cour administrative d'appel de Nantes. Par un jugement no 1701473 du 15 décembre 2017, le tribunal administratif de Rennes a, d'une part, condamné M. B et Mme C à verser à l'État, à titre d'astreinte provisoire, en application du jugement du 21 décembre 2010, une somme de 23 300 euros au titre des périodes du 13 au 31 octobre 2015 et du 1er avril au 31 octobre 2016, et a, d'autre part, porté à 400 euros par jour de retard le taux de l'astreinte prononcée par l'article 2 du jugement du 21 décembre 2010, à défaut pour M. B et Mme C de justifier avoir exécuté l'obligation de démolition impartie par ce dernier jugement dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement du 15 décembre 2017. Par un jugement no 1801683 du 1er octobre 2018, le tribunal administratif de Rennes a, d'une part, condamné M. B et Mme C à verser à l'État, à titre d'astreinte provisoire, en application du jugement du 21 décembre 2010, une somme de 42 800 euros au titre de la période du 1er avril au 31 octobre 2017, et a, d'autre part, porté à 500 euros par jour de retard le taux de l'astreinte prononcée par l'article 2 du jugement du 21 décembre 2010. L'appel dirigé contre les jugements du 15 décembre 2017 et du 1er octobre 2018, a été rejeté par les arrêts nos 19NT03680 et 19NT03685 rendus le 24 novembre 2020 par la cour administrative d'appel de Nantes. Par la présente requête, le préfet du Finistère demande au tribunal de condamner M. B et Mme C à verser en application du jugement du 1er octobre 2018, et pour la période du période du 1er avril 2021 au 31 octobre 2021 inclus, une somme de 107 000 euros à titre d'astreinte provisoire.
Sur les conclusions aux fins de révision du jugement rendu par le tribunal le 21 décembre 2010 sur les instances n° 1003315, 1003319 :
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / Toutefois, en cas d'inexécution d'un jugement frappé d'appel, la demande d'exécution est adressée à la juridiction d'appel. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
3. Il appartient aux parties, si elles estiment qu'un jugement est entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur matérielle, de recourir aux voies de réformation du jugement ouvertes par le code de justice administrative, et précédemment par le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel. Elles peuvent également, en cas d'erreur matérielle, s'adresser au président du tribunal pour lui signaler l'existence d'une erreur matérielle dans ce jugement. En dehors de ces voies de réformation et de la possibilité pour le président du tribunal de rectifier l'erreur matérielle affectant un jugement, l'autorité de la chose jugée fait obstacle à ce que le juge, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 911-4 d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle, puisse rectifier les erreurs de droit ou purement matérielles dont elle serait entachée. Par suite, en tout état de cause, les conclusions présentées par M. B et Mme C tendant à ce que le tribunal révise son jugement du 21 décembre 2010 par lequel ils ont été condamnés à procéder à la remise en état du domaine public maritime par démolition du mur édifié sur ledit domaine au droit de leur propriété au lieu-dit " Pen Ar C'hoat ", sont irrecevables en ce que l'autorité de la chose jugée et l'office du juge de l'exécution s'opposent à une telle modification. Les conclusions présentées par M. B et Mme C tendant à ce que le dispositif du jugement du 21 décembre 2010 soit révisé doivent ainsi être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir opposée par M. B et Mme C aux conclusions aux fins de liquidation provisoire de l'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée (). / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 911-7 du code de justice administrative qu'il relève du seul pouvoir de la juridiction administrative, en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive d'un jugement, de procéder à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. Par suite, M. B et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que l'administration pouvait prononcer par elle-même la liquidation de l'astreinte sans avoir à saisir le juge administratif. La fin de non-recevoir doit ainsi être écartée.
Sur la liquidation de l'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts. ". Aux termes de l'article L. 911-7 du même code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée (). / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ". Aux termes de l'article R. 921-7 du même code: " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée, même à l'encontre d'une personne privée, par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte. / Lorsqu'il est procédé à la liquidation de l'astreinte, copie du jugement ou de l'arrêt prononçant l'astreinte et de la décision qui la liquide est adressée au ministère public près la Cour des comptes. "
7. Par un procès-verbal dressé le 27 décembre 2021 par un agent assermenté de la direction départementale des territoires et de la mer du Finistère, il a été constaté que M. B et Mme C n'avaient pas, à cette date, procédé à la démolition du mur édifié par eux sur le domaine public au droit de leur propriété au lieu-dit " Pen Ar C'hoat ", île Chevalier, à Pont-l'Abbé alors que le délai d'exécution de six mois prévu à l'article 2 du jugement du 21 décembre 2010 était expiré. Par la présente requête, le préfet du Finistère sollicite la liquidation provisoire de l'astreinte prévue par l'article 2 du jugement du 21 décembre 2010 portée à 500 euros par l'article 2 du jugement no 1801683 du 1er octobre 2018 pour la période du 1er avril 2021 au 31 octobre 2021 inclus.
8. Si le juge de l'exécution saisi aux fins de liquidation provisoire de l'astreinte qu'il a prononcée peut la modérer ou la supprimer, même en cas d'inexécution constatée, il n'a pas le pouvoir de remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution est demandée. Par le jugement n° 1003315, 1003319 du 21 décembre 2010, le tribunal administratif de Rennes a reconnu les limites du domaine public concerné par l'infraction et jugé que l'ensemble du linéaire du mur visé par les procès-verbaux des agents verbalisateurs, dressés respectivement les 1er et 3 mars 2010, relevait du domaine public maritime naturel et du domaine public des ports maritimes. Dans son arrêt du 15 juillet 2011 devenu irrévocable, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel de M. B et de Mme C dirigé contre le jugement du 21 décembre 2010 du tribunal administratif de Rennes en considérant que l'ouvrage litigieux avait été construit sur le domaine public maritime naturel. Il résulte des motifs de cet arrêt, revêtus de l'autorité de la chose jugée, que l'ensemble du linéaire du mur des époux B visé par les procès-verbaux des agents verbalisateurs relève du domaine public maritime naturel de l'État et doit être démoli. Par ailleurs, dans ses arrêts nos 19NT03680, 19NT03685 rendus le 24 novembre 2020 la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel dirigé notamment contre le jugement du 1er octobre 2018 n° 1801683 par lequel le taux d'astreinte a été fixé à 500 euros par jour de retard.
9. Ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, M. B et Mme C ne sont pas fondés à soutenir, alors que le jugement du 21 décembre 2010 les condamnant à démolir le mur situé sur le domaine public maritime est devenu définitif, qu'il est nécessaire, pour l'exécution de ce jugement, de procéder à une mesure de délimitation du domaine public maritime afin de confirmer la bonne implantation de la restauration du mur de soutènement.
10. Par ailleurs, si M. B et Mme C font valoir qu'ils ont initié des travaux de démolition de la partie " parpaings " du mur en avril 2022, cette circonstance est sans incidence sur la liquidation provisoire de l'astreinte pour la période 2018 courant du 1er avril 2021 au 31 octobre 2021 inclus.
11. Par ailleurs, la circonstance que la commune de Pont-L'Abbé s'est opposée à la déclaration préalable de travaux portant sur la coupe d'arbres déposée en mairie le 29 juin 2021 par M. B et Mme C, que l'architecte des Bâtiments de France s'est opposé à l'abattage des arbres de haute tige dans son avis du 4 août 2021, et que l'Office national des forêts dans son avis du 7 octobre 2019, a indiqué que la démolition du mur pouvait provoquer une érosion des sols préjudiciable aux arbres situés près du mur, et qu'il conviendrait de remplacer le mur par un autre dispositif de protection, ne constitue pas un obstacle à l'exécution du jugement. De même, la circonstance que la préfecture du Finistère, qui n'en avait nullement l'obligation, n'ait pas fourni de préconisation ni de méthodologie pour l'exécution du jugement du 21 décembre 2010, ne constitue pas non plus un obstacle à l'exécution du jugement.
12. Il résulte de toute ce qui précède que M. B et Mme C ne sont pas fondés à faire valoir l'existence d'un cas de force majeure ou d'une faute de l'administration de nature à les exonérer de leur absence d'exécution du jugement du 21 décembre 2010.
13. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer pour procéder à une mesure de délimitation du domaine public maritime, de liquider l'astreinte sur la seule période du 1er avril 2021 au 31 octobre 2021 inclus. L'astreinte a été fixée pour cette période à 500 euros par jour de retard par le jugement du 1er octobre 2018. L'astreinte provisoire étant ainsi modulée dans le temps, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'en moduler en outre le montant journalier. L'astreinte provisoire doit ainsi être liquidée, pour les 214 jours sur laquelle elle porte, à la somme globale de 107 000 euros.
Sur la demande d'augmentation de l'astreinte :
14. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le taux de l'astreinte prononcée à l'encontre de
M. B et Mme C en vue d'assurer l'exécution du jugement du tribunal a été fixé, par jugement du 6 juillet 2016, à 200 euros par jour. Par jugement du 15 décembre 2017, il a été fixé à 400 euros par jour. Par jugement du 18 octobre 2018, il a été fixé à 500 euros par jour. Par jugement du 17 décembre 2021, il a été fixé à 1 000 euros par jour. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment de la particulière et persistante mauvaise volonté opposée par les intéressés à l'exécution du jugement susmentionné, il y a lieu de porter le taux de l'astreinte à 1 500 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution, à défaut pour M. B et Mme C de justifier de cette exécution dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
15. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B et Mme C doivent, dès lors, être rejetées.
16. Les conclusions présentées par le préfet du Finistère au même titre ne peuvent qu'être rejetées dès lors qu'il ne justifie pas avoir exposé des frais spécifiques permettant l'application des dispositions précitées.
D É C I D E :
Article 1er : M. B et Mme C sont condamnés à verser à l'Etat, à titre d'astreinte provisoire, en application du jugement susvisé n° 1801683 du 1er octobre 2018, une somme de 107 000 euros.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. B et Mme C tendant à la révision du jugement n° 1003315, 1003319 du 21 décembre 2010 de ce tribunal sont rejetées.
Article 3 : Le taux de l'astreinte prononcée à l'encontre de M. B et Mme C par l'article 2 du jugement du 21 décembre 2010 est porté à 1 500 euros par jour si M. B et Mme C ne justifient pas avoir, dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement du tribunal administratif de Rennes en date du 21 décembre 2010.
Article 4 : Les conclusions présentées par le préfet du Finistère en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par M. B et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera adressé au préfet du Finistère pour notification à M. E B et à Mme D C dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Copie de ce jugement sera adressée au ministère public près la Cour des comptes, au directeur régional des finances publiques de Bretagne et au directeur départemental des finances publiques du Finistère.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Gourmelon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. PottierLe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026