vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022, M. A B, représenté par la SELARL Saout et Galia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier de Cornouaille a rejeté sa demande tendant à ce qu'il ne soit plus réquisitionné pour des astreintes qu'il estime dépasser en nombre et en fréquence celles autorisées ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Cornouaille à lui verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 24 décembre 2021 avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 24 décembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Cornouaille, d'une part, de ne plus le réquisitionner dans le cadre d'astreintes pérennes dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, d'autre part, de liquider toutes indemnités auxquelles il a droit, assorties des intérêts au taux légal à compter du 24 décembre 2021 avec capitalisation annuelle de ces intérêts à compter du 24 décembre 2022 ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cornouaille la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en lui imposant des astreintes depuis 2010 sur le fondement d'une décision révélée par un courrier du directeur du centre hospitalier de Cornouaille du 22 novembre 2010 de rendre obligatoire et pérenne la pratique des astreintes au sein de cet établissement, en ne comptabilisant pas en temps de travail les interventions qu'il a réalisées et en ne lui accordant pas le repos auquel il avait droit, le centre hospitalier de Cornouaille a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité ;
- en n'indemnisant pas les astreintes réalisées sur réquisition depuis 2010, ni les interventions et déplacements effectués au cours de ces astreintes, le centre hospitalier de Cornouaille a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité ;
- les agissements du centre hospitalier de Cornouaille en lien avec ces astreintes sont constitutifs d'un harcèlement moral de nature à engager la responsabilité de cet établissement ;
- l'absence de rémunération de l'ensemble des astreintes, interventions et déplacements réalisés entre le 22 décembre 2010 et le mois de février 2020 est de nature à engager la responsabilité de cet établissement et lui a causé un préjudice financier de 20 000 euros ;
- les agissements fautifs du centre hospitalier de Cornouaille lui ont causé un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence évalués à un montant de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, le centre hospitalier de Cornouaille, représenté par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les demandes indemnitaires de M. B sont prescrites en tant qu'elles portent sur les années 2010 à 2016 par application de la prescription quadriennale ;
- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé ;
- il n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la matérialité des préjudices invoqués par le requérant n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2010-30 du 8 janvier 2010 ;
- le décret n° 2018-255 du 9 avril 2018 ;
- l'arrêté du 30 avril 2003 relatif à l'organisation et à l'indemnisation de la continuité des soins et de la permanence pharmaceutique dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations Me Le Baron, substituant la SELARL Saout et Galia et représentant M. B, ainsi que celles de Me Moreau-Verger, représentant le centre hospitalier de Cornouaille.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été employé au sein du centre hospitalier de Cornouaille en qualité de praticien hospitalier à compter du 1er janvier 1991. Il a été placé en disponibilité à compter de février 2020. Par courrier du 23 décembre 2021 reçu le lendemain, il a demandé au centre hospitalier de Cornouaille à ne plus être réquisitionné pour des astreintes qu'il estime dépasser en nombre et en fréquence celles autorisées et à être indemnisé de ses préjudices subis depuis 2010 en raison des agissements fautifs de cet établissement. Ses demandes ont été rejetées par des décisions implicites. Par la présente requête, M. B demande d'annuler la décision implicite du directeur du centre hospitalier de Cornouaille rejetant sa demande tendant à ne plus être réquisitionné pour des astreintes et de condamner cet établissement à l'indemniser de la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur l'exception de prescription quadriennale concernant la période de 2010 à 2016 :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; / Toute communication écrite d'une administration intéressée, même si cette communication n'a pas été faite directement au créancier qui s'en prévaut, dès lors que cette communication a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance ; / () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée. ".
3. Lorsqu'un litige oppose un agent public à son administration sur le montant des rémunérations auxquelles il a droit, le fait générateur de la créance se trouve en principe dans les services accomplis par l'intéressé. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à ces services court, sous réserve des cas prévus à l'article 3 précité de la loi du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle ils auraient dû être rémunérés, y compris lorsque le litige porte sur un prélèvement indu, à la condition qu'à cette date l'étendue de cette créance puisse être mesurée. Lorsque le préjudice allégué résulte non des règles relatives à la rémunération ou de leur application mais d'une décision individuelle explicite illégale, le fait générateur de la créance doit alors être rattaché, sous les mêmes réserves, non à l'exercice au cours duquel la décision a été prise, mais à celui au cours duquel elle a été valablement notifiée.
4. Le fait générateur des créances dont se prévaut M. B est constitué par les astreintes qu'il aurait effectuées dans le cadre de son service au sein du centre hospitalier de Cornouaille entre 2010 et 2020. La demande indemnitaire préalable de M. B relative à ces astreintes ayant été reçue par le centre hospitalier de Cornouaille le 24 décembre 2021, cette demande n'a eu pour effet d'interrompre le cours de la prescription quadriennale que pour les créances afférentes aux années 2017 et suivantes. Par suite, les créances afférentes aux années antérieures étaient prescrites à la date de présentation de cette réclamation et l'exception de prescription quadriennale doit, dès lors, être accueillie en ce qui concerne les créances afférentes aux années 2010 à 2016.
Sur les conclusions indemnitaires concernant la période de 2017 à 2020 :
5. Aux termes de l'article 20 du décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors en vigueur : " Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle l'agent, qui n'est pas sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'établissement. La durée de chaque intervention, temps de trajet inclus, est considérée comme temps de travail effectif. / Le recours aux astreintes a pour objet, pour des corps, des grades ou des emplois dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé de faire face au caractère exceptionnel de certaines interventions incombant aux établissements dans le cadre de leurs missions de soins, d'accueil et de prise en charge des personnes. / Les astreintes visent également à permettre toute intervention touchant à la sécurité et au fonctionnement des installations et des équipements y concourant, lorsqu'il apparaît que ces prises en charge, soins et interventions ne peuvent être effectués par les seuls personnels en situation de travail effectif dans l'établissement. / Le chef d'établissement établit, après avis du comité technique d'établissement ou comité technique, la liste des activités, des services et des catégories de personnels concernés par les astreintes, ainsi que le mode d'organisation retenu, compte tenu de l'évaluation des besoins, notamment du degré de réponse à l'urgence, des délais de route et de la périodicité des appels. / () ". Aux termes de l'article 21 de ce décret du 4 janvier 2002 : " Les astreintes sont organisées en faisant prioritairement appel à des agents volontaires. Toutefois, ce service ne peut être confié aux agents autorisés à accomplir un service à mi-temps pour raisons thérapeutiques ou aux agents exerçant un service à temps partiel selon les modalités prévues à l'article 46-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ". L'article 23 du même décret dispose que : " Un même agent ne peut participer au fonctionnement du service d'astreinte que dans la limite d'un samedi, d'un dimanche et d'un jour férié par mois. / La durée de l'astreinte ne peut excéder 72 heures pour 15 jours. Cette limite est portée à 120 heures pour les services organisant les activités de prélèvement et de transplantation d'organes ". Aux termes de l'article 25 du même décret, dans sa version applicable : " Le temps passé en astreinte donne lieu soit à compensation horaire, soit à indemnisation. / () ". Son article 25, dans sa version applicable, prévoit enfin que : " Le temps passé en astreinte donne lieu soit à compensation horaire, soit à indemnisation. / () ".
6. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 30 avril 2003 relatif à l'organisation et à l'indemnisation de la continuité des soins et de la permanence pharmaceutique dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d'hébergement pour personnes âgées dépendantes : " La permanence sur place ou en astreinte à domicile : / A. - Elle a pour objet d'assurer la sécurité des malades hospitalisés ou admis d'urgence et la continuité des soins excédant la compétence des auxiliaires médicaux ou des internes en dehors du service quotidien, pendant chaque nuit, samedi après-midi, dimanche ou jour férié. / Elle est organisée soit pour l'ensemble de l'établissement, soit par secteurs communs à une ou plusieurs activités. / Elle est organisée soit sur place, soit par astreinte à domicile qui peut donner lieu à déplacement ; dans ce dernier cas, le praticien est tenu de répondre à tout appel dans les plus brefs délais. L'astreinte s'effectue soit à domicile, soit dans tout autre lieu au choix du praticien, à condition qu'il soit joignable en permanence et qu'il puisse intervenir dans les plus brefs délais. / () ". Aux termes de l'article 9 du même arrêté, dans sa version alors applicable : " La participation des praticiens à la permanence des soins : / A. - Dans le cadre d'un service quotidien de jour suivi d'une permanence sur place, la participation des praticiens se fait de la manière suivante : / 1. Les praticiens hospitaliers, les praticiens à temps partiel, les assistants et les assistants associés, les praticiens attachés, les praticiens attachés associés, les praticiens contractuels et les praticiens adjoints contractuels effectuent leurs obligations de service conformément aux dispositions respectives de l'article 30 du décret n° 84-131 du 24 février 1984 susvisé, de l'article 22 du décret du 29 mars 1985 susvisé, de l'article 3 du décret du 28 septembre 1987 susvisé, de l'article 7 du décret du 1er août 2003 visé ci-dessus, de l'article 4-1 du décret du 27 mars 1993 susvisé et de l'article 11 du décret du 6 mai 1995 susvisé. / Les périodes de travail accomplies au titre des obligations de service la nuit, le samedi après-midi, le dimanche ou jour férié donnent lieu au versement d'une indemnité ou d'une demi-indemnité de sujétion. / Un praticien doit justifier, en moyenne sur quatre mois, d'avoir accompli l'ensemble de ses obligations de service, de jour et de nuit. / Le cas échéant, sur la base du volontariat, ces personnels peuvent effectuer des périodes de temps de travail additionnel, le jour ou la nuit, en sus de leurs obligations de service hebdomadaires. Ces périodes donnent lieu au versement d'une indemnité forfaitaire lorsqu'elles ne font pas l'objet d'une récupération ou d'un versement au compte épargne-temps. / 2. Les personnels enseignants et hospitaliers effectuent des demi-journées au titre des obligations de service et des périodes de temps de travail accomplies la nuit, le samedi après-midi, les dimanches et les jours fériés au titre de la permanence sur place. Ces périodes de travail donnent lieu au versement d'une indemnité de garde ou de demi-garde. / B. - Dans le cadre du temps médical continu, la participation des praticiens et son indemnisation se font de manière identique aux dispositions du A du présent article. / () ".
7. Il résulte des dispositions précitées des articles 20 du décret du 4 janvier 2002 et 3 de l'arrêté du 30 avril 2003 qu'à la différence d'une permanence sur place qui implique la présence de l'agent au sein de l'établissement pendant sa garde, une période d'astreinte doit s'entendre comme une période pendant laquelle l'agent, qui n'est pas sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation d'être en mesure d'intervenir, dans les plus brefs délais, pour effectuer une mission.
8. Par ailleurs, le directeur d'un établissement hospitalier tient de ses pouvoirs généraux d'organisation du service compétence pour organiser la permanence des soins et déterminer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, les formes selon lesquelles le service fait sera constaté, sans préjudice de la faculté pour les intéressés d'établir, par tout moyen de preuve approprié, qu'ils ont effectivement accompli les services ouvrant droit à rémunération.
9. En premier lieu, indépendamment des pratiques antérieures mises en œuvre lors de la participation de la SARL Scanner du Finistère sud à la permanence des soins organisée par une convention conclue le 11 juin 2007 dans le cadre d'un groupement d'intérêt économique dissous en 2014, il résulte de l'instruction, notamment du courrier adressé le 22 novembre 2010 par le directeur général du centre hospitalier de Cornouaille à M. B ainsi que des tableaux de garde et des plannings du requérant de 2017 à 2020 qui mentionnent des périodes régulières de gardes, que l'obligation faite à ce dernier de participer à la permanence des soins en imagerie par résonnance magnétique (IRM) au sein du service imagerie de cet établissement consiste non pas en la réalisation d'astreintes au sens des dispositions précitées du décret du 4 janvier 2002 et de l'arrêté du 30 avril 2003, mais en une permanence de soins assurée sur place. Dès lors que ces gardes ont vocation à s'exercer au sein du centre hospitalier de Cornouaille dans lequel exerçait le requérant et ne sauraient ainsi être assimilées à des astreintes, M. B ne peut utilement soutenir que le centre hospitalier de Cornouaille aurait méconnu en particulier, d'une part, les dispositions précitées des articles 20, 21 et 23 du décret du 4 janvier 2002 en lui imposant des astreintes depuis 2010, en ne comptabilisant pas en temps de travail les interventions réalisées au cours de ces astreintes et en ne lui accordant pas le repos auquel il avait droit et, d'autre part, les dispositions précitées de l'article 25 du décret du 4 janvier 2002 en n'indemnisant pas ces astreintes en tant que telles, ni les interventions et déplacements effectués au cours de ces astreintes.
10. Alors que la participation des praticiens hospitaliers à la permanence des soins est rendue en principe obligatoire par l'article 9 de l'arrêté du 30 avril 2003 précité, il résulte au contraire de l'instruction, notamment des plannings et fiches d'historique de paie concernant les années 2017 à 2020 versés au débat, que les périodes de garde en cause ont fait chaque mois l'objet du versement d'indemnités de sujétion et qu'elles étaient suivies d'un repos de garde, le requérant n'apportant aucun élément de nature à contredire les mentions figurant dans ces documents.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'établit pas que le centre hospitalier de Cornouaille aurait, dans la gestion de ces gardes, commis des fautes de nature à engager sa responsabilité.
12. En second lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit et en l'absence d'autres éléments avancés par le requérant pour justifier de la situation de harcèlement moral dont il allègue avoir été victime, il ne résulte pas de l'instruction que les agissements du centre hospitalier de Cornouaille en lien avec ces gardes seraient constitutifs d'un tel harcèlement moral de nature à engager la responsabilité de cet établissement.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
14. A l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier de Cornouaille a rejeté sa demande reçue le 24 décembre 2021 tendant à ce qu'il ne soit plus réquisitionné pour des astreintes, M. B se borne à se référer aux arguments qu'il a développés à l'appui de ses conclusions indemnitaires. Eu égard à ce qui a été dit précédemment et en l'absence de moyen propre soulevé à l'encontre de cette décision, le requérant ne démontre pas que la décision attaquée serait entachée d'une illégalité, de sorte que les conclusions de la requête à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et d'indemnisation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du centre hospitalier de Cornouaille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le versement au centre hospitalier de Cornouaille de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros au centre hospitalier de Cornouaille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier de Cornouaille.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Poujade, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
A. Poujade
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026