mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202272 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-Président 6 ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022, M. B A, représenté par Me Iosca, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du ministre de l'intérieur portant retrait d'un point chacune au capital de son permis de conduire prises à la suite des infractions relevées les 15 novembre 2019, 26 décembre 2019, 19 janvier 2020, 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 7 mars 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020 ;
2°) d'annuler la décision implicite du ministre de l'intérieur portant rejet de son recours gracieux introduit 12 janvier 2022 à l'encontre de ces décisions ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la réalité de ces infractions n'est pas établie ;
- les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de M. A est irrecevable dès lors que :
* conformément à une décision du Conseil d'État n° 388926 du 7 décembre 2015, les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant retrait de point(s) au permis de conduire d'un contrevenant sont dépourvues d'objet lorsque la décision 48SI, régulièrement notifiée, qui récapitule l'ensemble des infractions relevées à son encontre ainsi que les décisions de retrait de point(s) en résultant, et qui lui notifie par ailleurs l'invalidation de son titre de conduite, est devenue définitive ; en l'espèce une décision 48 SI, devenue définitive, ayant régulièrement été notifiée à M. A le 17 septembre 2021, les conclusions à fin d'annulation des décisions en litige sont dépourvues d'objet ;
* si le requérant entend par ailleurs contester cette décision 48 SI, sa requête est donc tardive.
- en tout état de cause, dès lors que ces décisions de retrait de point ont systématiquement été portées à sa connaissance et lui ont de surcroît été notifiées par cette décision 48SI, elles lui sont opposables ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision portant retrait d'un point prise à la suite de l'infraction commise le 7 mars 2020 sont sans objet dès lors qu'en stricte application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, ce point lui a été restitué le 1er mai 2021 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande l'annulation des décisions du ministre de l'intérieur portant retrait d'un point chacune au capital de son permis de conduire prises à la suite des infractions relevées les 15 novembre 2019, 26 décembre 2019, 19 janvier 2020, 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 7 mars 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020.
Sur les exceptions de non-lieu à statuer :
2. En premier lieu, d'une part, des conclusions tendant à l'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur portant retrait de points d'un permis de conduire sont dépourvues d'objet si la décision par laquelle ce ministre a constaté la perte de validité de ce permis pour solde de points nul est devenue définitive. Il en est de même, dans cette hypothèse, des conclusions tendant à l'annulation de la décision rejetant le recours gracieux exercé contre une décision portant retrait de points.
3. Il incombe d'autre part à l'administration lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant la juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, cette preuve doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée au domicile du destinataire. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.
4. En l'espèce, le ministre de l'intérieur soutient qu'il a régulièrement notifié le 17 septembre 2021 à M. A une décision 48 SI récapitulant l'ensemble des décisions portant retrait de point de son permis de conduire et portant invalidation de celui-ci. Pour preuve de cette notification, le ministre se borne toutefois à produire un extrait de tableau d'origine inconnu ainsi que le relevé d'information intégral de l'intéressé sur lequel est indiqué les mentions " 4I ACCUSE DE RECEPTION D'UNE LETTRE 48SI
ACCUSE DE RECEPTION NO 2C 1554 1883 029 DU 17/09/2021 (A/R) ". Toutefois, ces seuls éléments ne sauraient établir à eux seuls que le requérant aurait bien été destinataire de cette décision ainsi que de l'ensemble des décisions portant retrait de point. Dans ces conditions, la décision 48SI précitée ne saurait être regardée dès lors comme étant devenue définitive. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. / Le délai de deux ans mentionné au premier alinéa est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entraîné un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe. / Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. ".
6. En l'espèce, si le ministre de l'intérieur fait valoir que le point retiré du permis de conduire du requérant à la suite de l'infraction commise le 7 mars 2020 lui a été restitué le 1er mai 2021 en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, cette circonstance n'a pas, contrairement à ce qu'il soutient, rendu sans objet les conclusions dirigées contre la décision portant retrait d'un point prise en conséquence de cette infraction dès lors que la restitution ainsi accordée n'a pas eu pour effet de retirer cette décision, laquelle figure toujours au relevé d'information intégral de M. A et fait obstacle le cas échéant à la mise en œuvre des disposions précitées de l'article L. 223-6. Par suite, il y a lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions portant retrait de point (s) :
En ce qui concerne la réalité des infractions :
7. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
8. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral du requérant que les infractions en litige ont toutes donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. L'intéressé n'établissant ni même alléguant avoir contesté ces infractions, les avis de contravention ou les titres exécutoire correspondants, conformément aux dispositions citées au point précédent, le moyen tiré ce que la réalité de ces infractions ne serait pas établi doit être écarté.
En ce qui concerne la délivrance des informations requises par le code de la route :
9. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1,2 et 4 de l'article L. 223-6. () ".
10. Il résulte de ces dispositions que la délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant de l'infraction commise le 15 novembre 2019 :
11. L'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.
12. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral du requérant que l'infraction commise le 15 novembre 2019 a fait l'objet d'un procès-verbal électronique du même jour que le ministre de l'intérieur produit en défense et qui comporte la signature du contrevenant ainsi que l'ensemble des informations requises par les dispositions précitées des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait d'un point de son permis de conduire prise à la suite de cette infraction.
S'agissant des infractions commises les 26 décembre 2019 et 19 janvier 2020 :
13. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
14. En l'espèce, le ministre de l'intérieur produit l'attestation de paiement par le requérant à la Trésorerie du contrôle automatisée, les 15 juillet 2021 et 12 août 2021, de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction commise le 19 janvier 2020. En l'absence d'élément susceptible d'établir qu'il aurait été alors destinataire d'un avis inexact ou incomplet, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
15. S'agissant en revanche de l'infraction commise le 26 décembre 2019, le document que produit le ministre en défense ne saurait établir que M. A se serait acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée en résultant dès lors que n'y figure pas le montant de cette amende ni d'ailleurs la mention certifiant l'encaissement de la somme correspondante et que ce document n'est de surcroît pas signé du comptable public. Par suite, le requérant est fondé à soutenir, s'agissant de cette seule infraction, qu'il n'a pas été destinataire des informations requises par le code de la route et à demander en conséquence l'annulation de la décision portant retrait d'un point de son permis de conduire.
S'agissant de l'infraction commise le 7 mars 2020 :
16. Le ministre n'établit ni même n'allègue en défense que les informations requises par le code de la route auraient bien été délivrées au requérant préalablement à la décision de retrait d'un point résultant de cette infraction. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation de cette décision.
S'agissant des infractions commises les 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020 :
17. La seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
18. Le ministre de l'intérieur fait valoir en défense que ces infractions ont été constatées par radar automatique et correspondent toutes à des excès de vitesse inférieurs de 20 kilomètres par heure (km/h) à une vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h, ou inférieure ou égale à 50 km/h, et qu'elles sont donc de même nature que les infractions commises les 26 décembre 2019 et 19 janvier 2020 à la suite desquelles les informations requises par le code de la route ont été délivrées à l'intéressé. Le ministre ajoute qu'en tout état de cause le défaut de délivrance de ces informations ne saurait être démonter dans la mesure où le titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule a nécessairement reçu, s'agissant d'infractions constatées par radar automatique, un avis de contravention puis, s'étant abstenu de s'acquitter de l'amende forfaitaire, d'un avis d'amende forfaitaire majorée comportant tous deux ces informations.
19. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 15 qu'il n'est pas établi que M. A s'est effectivement vu délivrer lesdites informations à la suite de l'infraction commise le 26 décembre 2019. Par ailleurs, l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction commise le 19 janvier 2020 n'a été acquittée par l'intéressé, en deux fois, que les 15 juillet 2021 et 12 août 2021 soit postérieurement à toutes les infractions visées ci-dessus. Par suite, M. A ne saurait être regardé, s'agissant de ces infractions, comme ayant reçu les informations rendues obligatoires par les dispositions précitées des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, la circonstance qu'elles aient toutes été relevées par radar automatique ne permettant pas davantage d'établir une quelconque notification de ces informations contrairement à ce que soutient le ministre en défense. Par suite, le requérant est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait d'un point prise à la suite des infractions commises les 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant rejet du recours gracieux du requérant :
20. Il résulte de ce qui a été dit des points15 à 20 que cette décision doit être annulée en tant qu'elle concerne les décisions portant toutes retrait d'un point du permis de conduire de M. A prises à la suite de infractions commises les 26 décembre 2019, 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 7 mars 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
22. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que le ministre de l'intérieur restitue les points illégalement retirés au permis de M. A à la suite des infractions commises les 26 décembre 2019, 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 7 mars 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020, dans la limite toutefois d'un maximum de douze points et sous réserve des infractions non prises en compte ainsi que des éléments de fait ou de droit nouveaux. Il y a lieu de l'y enjoindre dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D É C I D E :
Article 1 : Les décisions portant retrait d'un point au permis de conduire de M. A prises à la suite des infractions commise les 26 décembre 2019, 4 février 2020, 10 février 2020, 15 février 2020, 7 mars 2020, 1er août 2020, 20 août 2020, 20 septembre 2020 et 4 octobre 2020 sont annulées.
Article 2 : La décision portant rejet implicite du recours gracieux du requérant est annulée en tant qu'elle concerne les décisions de retrait d'un point prises à la suite des infractions visées à l'article 1.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite de ces infractions, dans la limite toutefois d'un maximum de douze points et sous réserve des infractions non prises en compte ainsi que des éléments de fait ou de droit nouveaux, dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le président-rapporteur
Signé
G. DescombesLa greffière,
Signé
V. Le Boëdec
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
V. Le Boëdec
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026