mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202279 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | WAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2022, M. A B, représenté par Me Oliel, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la majoration de 80 % appliquée, sur le fondement de l'article 1729-0 A du code général des impôts, aux contributions sociales mises à sa charge au titre de l'année 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il n'a pas manqué à ses obligations déclaratives dès lors que les comptes bancaires suisses qu'il détient ont été déclarés le 22 mai 2017, avant son décès, par la défunte à l'origine de la succession dont il est le légataire universel, et par ses ayants-droits, pour le compte de la défunte, le 18 décembre 2018 ;
- la majoration de 80 % prévue par l'article 1729-0 A du code général des impôts ne peut s'appliquer dès lors qu'il s'agit de cotisations primitives de contributions sociales résultant d'une déclaration spontanée de sa part et non de cotisations supplémentaires ;
- il ne pouvait pas déclarer les revenus de source suisse générés par les avoirs successoraux avant le mois de juillet 2020, mois au cours duquel il a réceptionné le détail de ces revenus envoyé par les établissements de crédit suisses qui tenaient les comptes bancaires de Mme C, dont il est un ayant-droit ;
- les autres ayants-droits de la succession ont obtenu de l'administration un dégrèvement des pénalités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, légataire universel d'un quart du patrimoine de Mme C, décédée le 31 décembre 2017, a transmis à l'administration fiscale, par un courrier du 30 juillet 2020, une déclaration rectificative de ses revenus de l'année 2018, une déclaration des revenus de source étrangère et des revenus encaissés à l'étranger au titre de cette même année et une déclaration d'un compte ouvert en Suisse. Dans ces déclarations étaient reportés les revenus générés en 2018 par des avoirs issus de la succession de Mme C, lesquels étaient déposés sur des comptes détenus en Suisse et antérieurement non déclarés. Par des courriers des 21 octobre 2020 et 8 décembre 2020, M. B a modifié sa déclaration rectificative. Par un courrier du 21 octobre 2021, l'administration a informé M. B des conséquences fiscales du dépôt de ses déclarations rectificatives. Des cotisations supplémentaires de contributions sociales ont été mises à sa charge et ont été assorties des intérêts de retard et de la majoration de 80 % prévue à l'article 1729-0 A du code général des impôts. M. B a formé une réclamation préalable le 1er mars 2022, laquelle a été rejetée le 18 mars 2022. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge de la majoration de 80 % ainsi mise à sa charge.
Sur les pénalités :
2. Aux termes de l'article 1729-0 A du code général des impôts : " I. - Une majoration de 80 % s'applique aux droits dus en cas de rectification du fait : / a) Des sommes figurant ou ayant figuré sur un ou plusieurs comptes qui auraient dû être déclarés en application du deuxième alinéa de l'article 1649 A. / Le montant de cette majoration ne peut être inférieur au montant de l'amende prévue au 2 du IV de l'article 1736 () ". Aux termes de l'article 1649 A du même code : " () Les personnes physiques (), domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. Les modalités d'application du présent alinéa sont fixées par décret. () ". Aux termes de l'article 344 A de l'annexe III au code général des impôts : " II. - Les personnes physiques joignent la déclaration de compte à la déclaration annuelle de leurs revenus. Chaque compte à usage privé, professionnel ou à usage privé et professionnel doit être mentionné distinctement. () ".
3. En premier lieu, si M. B a déclaré le 30 juillet 2020 les comptes bancaires détenus par lui en Suisse, à la suite de la succession dont il a été désigné comme légataire universel, une telle déclaration est intervenue au-delà du délai légal prévu pour la déclaration des revenus perçus en 2018. Elle était donc tardive et ne faisait pas obstacle à ce que l'administration applique la majoration de 80 % prévue par l'article 1729-0 A du code général des impôts au revenus tirés en 2018 par M. B des avoirs détenus sur ces comptes suisses.
4. En deuxième lieu, la circonstance que ces comptes bancaires suisses ont été déclarés le 22 mai 2017, avant son décès, par la défunte à l'origine de la succession dont il est le légataire universel, est sans incidence sur le bien-fondé de cette majoration, eu égard au caractère annuel et personnel de la déclaration prévue à l'article 1649 A du code général des impôts.
5. En troisième lieu, si M. B soutient que ces comptes ont été déclarés par les ayants-droits, pour le compte de la défunte, le 18 décembre 2018, le formulaire joint au dossier pour en attester est dépourvu de signature et ne comporte aucune référence au nom du requérant.
6. En quatrième lieu, M. B soutient qu'il n'était pas en mesure de déclarer les revenus issus des avoirs déposés sur des comptes tenus en Suisse avant le mois de juillet 2020, mois au cours duquel il a réceptionné le détail de ces revenus envoyé par les établissements bancaires suisses. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'une déclaration de succession a été déposée le 20 décembre 2018. Cette déclaration de succession indique que M. B est légataire universel ayant vocation, en l'absence d'héritiers réservataires, à recueillir un quart des biens et droits mobiliers et immobiliers dépendant de la succession. Parmi les actifs de la succession sont listés les comptes bancaires détenus dans deux établissements en Suisse. M. B ne pouvait ainsi pas ignorer, au plus tard à la date de la déclaration de succession, être en possession de comptes bancaires détenus à l'étranger, soumis à l'obligation déclarative mentionnée à l'article 1649 A du code général des impôts. La déclaration tardive du 30 juillet 2020 de M. B, au titre de l'année 2018, de ses comptes bancaires détenus à l'étranger constitue ainsi un manquement à cette obligation déclarative.
7. En cinquième lieu, la circonstance que d'autres ayants-droits de la même succession aient obtenu de l'administration un dégrèvement de la majoration dont il s'agit, laquelle ne saurait être regardée comme une prise de position formelle sur une situation de fait, est sans incidence sur son bien-fondé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'administration a pu, à bon droit, assortir les cotisations supplémentaires de contributions sociales mises à la charge de M. B au titre de l'année 2018 de la majoration de 80 % prévue à l'article 1729-0 A du code général des impôts. Les conclusions à fin de décharge doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
10. La présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens, la demande tendant à ce que les entiers dépens soient mis à la charge de l'Etat ne peut qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026