jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202922 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GOSSELIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 juin et 30 décembre 2022,
M. et Mme I et K D, M. B D, Mme G D, M. E D, M. H D et la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles C Pays de la Loire (J C), représentés par Me Lahalle (société d'avocats Lexcap), demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Louvigné-du-Désert à verser à M. I D la somme de 175 739,17 euros, à Mme K D la somme de 10 000 euros, à
M. B D, à Mme G D, à M. E D et à M. H D les sommes de 5 000 euros chacun et à J C la somme de 75 000 euros, ces sommes étant assorties des intérêts à compter du 16 mars 2022, date de la demande préalable d'indemnisation, avec capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Les requérants soutiennent que :
- la responsabilité de la commune est engagée à l'égard des collaborateurs occasionnels du service public, dès lors qu'il est tombé pendant qu'il participait à l'installation des décorations de Noël pour le compte de la commune ; la nacelle utilisée n'était pas adaptée au travail en cours ; la commune n'avait pas pris les mesures de sécurité nécessaires ;
- les dommages subis sont en relation directe et certaine avec l'accident du
29 octobre 2018 ;
- il subit des préjudices patrimoniaux temporaires avant consolidation et des préjudices patrimoniaux définitifs ;
- il subit des préjudices extra patrimoniaux temporaires et définitifs ;
- son épouse et ses enfants ont également subi des préjudices propres ;
- les organismes sociaux, subrogés dans les droits A D, ont exposés des frais qui doivent leur être remboursés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre 2022 et 18 septembre 2023,
la commune de Louvigné-du-Désert et la société MMA Iard, représentées par Me F
(SCP F), concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des consorts D une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- les conclusions présentées en faveur de la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de C Pays de Loire sont irrecevables ;
- le requérant a fait preuve d'imprudence fautive alors qu'il possède un certificat d'aptitude pour l'utilisation des plates-formes élévatrices et avait des équipements individuels de sécurité à sa disposition ; la responsabilité de la commune n'est pas engagée ;
- à titre subsidiaire, en cas de partage de responsabilité, M. D a contribué à la réalisation de son dommage à hauteur de 80 % ;
- les dépenses de santé ne sont pas justifiées ;
- l'assistance temporaire d'une tierce personne doit être évaluée au taux horaire de
12,91 euros ;
- les dépenses de santé futures et les frais d'adaptation du véhicule ne sont pas justifiés ;
- le déficit fonctionnel temporaire doit être évalué à la somme de 20 euros par jour ;
- les autres préjudices doivent être ramenés à de plus justes évaluations ;
- le préjudice de l'épouse et des enfants A D est injustifié.
Par un mémoire, enregistré le 20 octobre 2022, la Mutuelle sociale agricole des Portes de C, représentée par Me Cartron, demande au tribunal la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser la somme de 292 396,72 euros, outre l'indemnité forfaitaire de gestion de 1 114 euros, avec intérêts et capitalisation à compter du présent mémoire et en outre à ce que soit mise à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune est engagée ;
- elle a engagé des frais médicaux et d'hospitalisation ;
- elle a droit au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion.
La procédure a été communiquée aux Mutuelles du Mans assurances, à la société Pacifica Blois et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l' ordonnance n° 1901994 du président du tribunal administratif de Rennes du 13 janvier 2020 taxant et liquidant les frais d'expertise du Dr. Bernard à la somme de 1 254 euros toutes taxes comprises ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. F, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport A F,
- les conclusions de Mme Thalabard, rapporteure publique,
- les observations de Me Oueslati, représentant M. D et autres, et de Me Goven, représentant la commune de Louvigné-du-Désert.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a été victime d'un accident, le 29 octobre 2018, alors qu'il installait les décorations de Noël à environ sept mètres de hauteur, pour le compte de la commune de Louvigné-du-Désert. La consolidation de l'état A D est intervenue le 18 juillet 2019. M. D, son épouse et ses enfants et J C demandent la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à indemniser les conséquences dommageables pour eux de cet accident. La Mutuelle sociale agricole des Portes de C demande, pour sa part, la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui rembourser les frais et débours qu'elle a engagés à la suite de cet accident.
Sur la recevabilité de la caisse d'assurances mutuelles agricole J C :
2. Il résulte de l'instruction que, par procès-verbaux de transaction des 5 mars et
14 octobre 2020, M. D a subrogé J C dans ses droits et actions à hauteur des sommes que cet assureur lui a versées au titre de la garantie accident de la vie à la suite de l'accident du 29 octobre 2018. La fin de non-recevoir opposée par la commune doit donc être écartée.
Sur la responsabilité :
3. Il résulte de l'instruction que M. D collaborait effectivement et bénévolement à l'activité d'intérêt général d'installation des décorations lumineuses pour la fête de Noël par la commune de Louvigné-du-Désert lorsqu'il a chuté depuis la nacelle dans laquelle il se trouvait pour réaliser cette tâche. La responsabilité sans faute de la commune de Louvigné-du-Désert est dès lors engagée à l'égard A D, en sa qualité de collaborateur occasionnel de la commune, sur le fondement du risque.
4. Il résulte de l'instruction que, lors de la survenue de l'accident, M. D travaillait à l'installation de décorations lumineuses sur un poteau proche du toit de l'église de la commune. La personne avec laquelle il intervenait est sortie de la nacelle pour faire passer un câble en laissant la barrière de sécurité de la nacelle relevée. M. D, qui passait du matériel à cette personne, a chuté, sans être retenu par un équipement de sécurité, en reculant dans la nacelle. Alors même que la personne avec laquelle M. D travaillait n'a pas rabaissé la barrière de sécurité après être sortie de la nacelle, il résulte de l'instruction que M. D n'a pas vérifié si les conditions de sécurité étaient satisfaites ni rabaissé lui-même la barrière de sécurité et ne s'est pas assuré avec un harnais alors que la barrière de sécurité de la nacelle était ouverte. Si les consorts D soutiennent qu'il n'est pas établi, par des attestations que la commune se délivre à elle-même, que les équipements de sécurité tels que des harnais auraient été à disposition des intervenants, il résulte de l'instruction que le loueur atteste de la présence des harnais sur le véhicule. Il s'ensuit que M. D, qui était titulaire d'un certificat d'aptitude à la conduite en sécurité pour l'utilisation des plates-formes élévatrices mobiles de personnes obtenu en novembre 2014, doit être regardé comme ayant manqué de vigilance et fait preuve d'imprudence dans l'exécution de la tâche assignée susceptible d'exonérer partiellement la commune de sa responsabilité. Il sera fait une juste appréciation des faits en retenant que cette faute a contribué à la survenue du dommage subi à hauteur de 10 %.
5. Par suite, la commune de Louvigné-du-Désert doit être regardée comme responsable du dommage à hauteur de 90 %.
Sur les préjudices subis par M. D :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux avant consolidation :
6. Au titre des dépenses de santé actuelles, les consorts D font état de restes à charge sur des frais médicaux pour une somme de 600,19 euros. Toutefois, alors que la commune conteste cette somme en l'absence de justificatifs, les consorts D n'apportent aucun élément relatif à cette dépense. Ce chef de préjudice, que l'expert qualifie de " sans objet " et dont la réalité n'est pas établie, doit donc être rejeté.
7. Au titre de l'aide par une tierce personne, il résulte de l'instruction que M. D a été assisté par son épouse pour une durée de 30 minutes par jour comme le précise l'expertise pendant 116 jours du 24 mars au 18 juillet 2019. Les consorts D chiffrent le coût de cette assistance au taux horaire de 14 euros, dont le montant n'est pas utilement contesté par la commune. Sur une base annuelle de 412 jours tenant compte des congés payés et des jours fériés, ce préjudice sera, en conséquence, évalué à la somme de 940 euros.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux après consolidation :
8. Au titre des dépenses de santé futures, l'expert indique que le matériel d'auto-sondage n'est pas entièrement pris en charge par la sécurité sociale, de même que les chaussures orthopédiques, le releveur et le repose baignoire. M. D demande l'indemnisation des frais restant à sa charge au titre des matériels de santé pour 7 730,85 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que la Mutuelle sociale agricole des Portes de C et le contrat santé Pacifica dont bénéficie M. D prennent en charge les frais de santé dans leur ensemble après remboursement par la sécurité sociale et la commune de Louvigné-du-Désert. Ce chef de préjudice doit donc être rejeté.
9. M. D demande également l'indemnisation des frais d'aménagement de son véhicule. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait repris la conduite ou envisagerait même de le faire, alors que l'expert relevait qu'une boîte automatique serait nécessaire " en cas de reprise de la conduite automobile ". Ce chef de préjudice sera également rejeté.
10. Alors même que M. D soutient qu'il a fait une demande de logement adapté, la réalité de cette demande n'est pas établie, pas davantage que son lien direct avec son accident, alors que l'expert n'a pas fait état de la nécessité d'adapter son logement. Ce chef de préjudice doit être rejeté.
11. Au titre des dépenses pour assistance d'une tierce personne depuis la consolidation, M. D demande, sur la base du barème de capitalisation pour un homme de 70 ans à la date de consolidation, la somme de 41 538,42 euros qui n'est pas utilement contestée par la commune de Louvigné-du-Désert qui se borne à demander un taux horaire moindre en se fondant sur une évaluation par une cour administrative d'appel en 2021 équivalente au chiffrage pouvant être retenu en 2024. Ce préjudice pourra, en conséquence, être évalué à la somme de 41 538,42 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux avant consolidation :
12. M. D demande également l'indemnisation de son déficit fonctionnel temporaire sur la base de 25 euros par jour. Il résulte de l'instruction que ce déficit a été total durant ses hospitalisations qui ont duré 146 jours. Il a été partiel de classe 4, soit 75 %, pendant
69 jours et de classe 3, soit 50 %, pendant 47 jours. L'incapacité temporaire totale peut être évaluée à la somme de 20 euros par jour, l'intéressé n'apportant aucun élément objectif justifiant de retenir une évaluation supérieure. Il en résulte que le déficit fonctionnel temporaire A D peut être évalué à la somme de 4 425 euros.
13. Au titre du préjudice de souffrances endurées avant consolidation, l'expert retient, en raison de l'importance des traumatismes, une évaluation de 4 sur 7. M. D demande la somme de 10 000 euros. Si la commune estime cette somme surévaluée, il résulte de l'instruction que l'intéressé a subi des traumatismes nombreux et des complications médicales à la suite de son accident. Il sera fait une juste évaluation de ce chef de préjudice en retenant une somme
8 000 euros.
14. M. D demande une somme de 1 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire. L'expertise retient un préjudice évalué à 4 sur 7. Si la commune indique que ce préjudice a été très bref, il résulte de l'instruction que l'altération de l'apparence physique a été majeure pendant une durée de près de neuf mois entrainant des conséquences personnelles fortement préjudiciables. Ce préjudice sera évalué à la somme de 1 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux après consolidation :
15. M. D demande l'indemnisation de son déficit fonctionnel permanent en fonction d'un taux d'invalidité de 45 %. Il résulte de l'instruction que M. D était âgé de soixante et onze ans à la date de la consolidation. Il en résulte que, sur la base du barème de capitalisation, le déficit fonctionnel permanent A D peut être évalué à la somme de
67 000 euros.
16. M. D demande l'indemnisation de son préjudice d'agrément. Il résulte de l'instruction que l'intéressé et son épouse aimaient voyager en camping-car, que M. D pratiquait le jardinage régulièrement et qu'il ne peut plus pratiquer ces activités. Le préjudice d'agrément A D sera évalué à la somme de 3 000 euros demandés.
17. Le préjudice esthétique permanent A D résulte des cicatrices qu'il conserve de ses opérations, d'une boiterie permanente et du port de chaussures orthopédiques et est chiffré à 2,5 sur 7 par l'expert. Ce préjudice pourra être évalué à la somme de 3 000 euros demandés en raison de l'importance des séquelles.
18. Le préjudice sexuel sera évalué, s'agissant d'un couple âgé de soixante et onze et soixante-neuf ans, à la somme de 1 000 euros.
19. La réalité des frais divers demeurés à la charge A D après n'est pas établie. Cette demande sera rejetée.
20. Il en résulte que les préjudices subis par M. D s'élèvent à la somme de
129 903,42 euros. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le contrat accident de la vie de J C au titre duquel M. D a obtenu la somme de 75 000 euros indemnise, au titre des accidents de la vie, l'invalidité permanente, les souffrances endurées, le préjudice esthétique et l'assistance d'une tierce personne. Il y a donc lieu de défalquer de l'évaluation des préjudices qui vient d'être mentionnée cette somme de 75 000 euros versée par Groupama et de fixer à la somme de 54 903,42 euros les préjudices subis par le requérant. En fonction du pro rata retenu aux points 4 et 5, la somme de 49 413euros sera mise à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert.
Sur les conclusions présentées par les consorts D :
21. S'agissant des préjudices subis par Mme D du fait de l'accident de son mari, il résulte de l'instruction que la vie de l'intéressée a été bouleversée depuis cet accident du fait de l'assistance quotidienne qu'elle apporte à son mari et de l'impossibilité de poursuivre le mode de vie qu'elle avait antérieurement avec son mari. Le préjudice moral subi par Mme D sera évalué à la somme de 10 000 euros.
22. S'agissant des préjudices subis par chacun des enfants A et Mme D du fait de l'accident subi par leur père, il résulte de l'instruction que leur relation avec leur père a évolué du fait de l'accident, suite à la perte de moral A D et à l'abandon des activités qu'ils pouvaient avoir avec lui. Le préjudice moral subi par chacun des enfants sera évalué à la somme de 2 500 euros.
23. Il s'ensuit que, par application du pourcentage de responsabilité de la commune retenu aux points 4 et 5, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert la somme de 9 000 euros à verser à Mme D et les sommes de 2 250 euros à verser à chacun des enfants A D.
Sur les conclusions présentées par J C :
24. Il résulte de l'instruction que J C a versé la somme de
75 000 euros à M. D au titre de la garantie accident de la vie. Par suite, il y a lieu de condamner la commune de Louvigné-du-Désert, en fonction du pourcentage de responsabilité retenu aux points 4 et 5, à verser à J C la somme de 67 500 euros.
Sur les conclusions présentées par la Mutuelle sociale agricole des Portes de C :
25. Il résulte de l'instruction que la Mutuelle sociale agricole des Portes de C a supporté des débours à hauteur de 292 396,72 euros pour les soins dont M. D a bénéficié à la suite de son accident, outre les frais de gestion de 1 114 euros. Il y a lieu de condamner la commune de Louvigné-du-Désert, en fonction du pourcentage de responsabilité retenu aux points 4 et 5, à verser à la Mutuelle sociale agricole des Portes de C la somme de 263 157,05 euros à laquelle s'ajoute la somme de 1 002,60 euros au titre des frais de gestion.
26. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est fondé à demander la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser la somme de 49 413 euros, que Mme D est fondée à demander la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser la somme de 9 000 euros, que chacun des enfants du couple est fondé à demander la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser la somme de 2 250 euros, que J C est fondé à demander la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser la somme de 67 500 euros, que la Mutuelle sociale agricole des Portes de C est fondée à demander la condamnation de la commune de Louvigné-du-Désert à lui verser les sommes de 263 157,05 euros et de 1 002,60 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les intérêts et les intérêts des intérêts :
27. M. D et autres ont droit aux intérêts au taux légal à compter du 16 mars 2022, date de réception de leur demande indemnitaire préalable par la commune de Louvigné-du-Désert. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 16 mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 16 mars 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
28. La Mutuelle sociale agricole des Portes de C a droit aux intérêts au taux légal à compter du 20 octobre 2022, date d'enregistrement de son mémoire devant le tribunal. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, elle a droit à la capitalisation des intérêts, demandée le 20 octobre 2022, à compter du 20 octobre 2023 date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais de l'expertise :
29. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties (). ".
30. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de la commune de Louvigné-du-Désert, les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 254 euros toutes taxes comprises par une ordonnance n° 1901994 du président du tribunal administratif de Rennes du 13 janvier 2020.
Sur les frais liés au litige :
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des consorts D et autres, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que la commune de Louvigné-du-Désert demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
32. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par les consorts D et J C et non compris dans les dépens.
31. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Louvigné-du-Désert une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la Mutuelle sociale agricole des Portes de C et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La commune de Louvigné-du-Désert est condamnée à verser la somme de 49 413 euros à M. I D, la somme de 9 000 euros à Mme K D, les sommes de 2 250 euros à chacun des enfants A D, la somme de 67 500 euros à J C. Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 16 mars 2022. Les intérêts échus à la date du 16 mars 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La commune de Louvigné-du-Désert est condamnée à verser à la Mutuelle sociale agricole des Portes de C les sommes de 263 157,05 euros au titre des débours versés et de 1 002,60 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 20 octobre 2022. Les intérêts échus à la date du 20 octobre 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : La somme de 1254 euros au titre des dépens est mise à la charge définitive de la commune de Louvigné-du-Désert.
Article 4 : La commune de Louvigné-du-Désert versera à M. D et autres la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La commune de Louvigné-du-Désert versera la somme de 1 500 euros à la Mutuelle sociale agricole des Portes de C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. I D, à Mme K D, à M. B D, à Mme G D, à M. E D, à M. H D, à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles C Pays de la Loire (J C), à la Mutuelle sociale agricole des Portes de C, à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine, à la commune de Louvigné-du-Désert, aux Mutuelles du Mans assurances, à la Mutualité sociale agricole des portes de C et à la société Pacifica Blois.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Grenier, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
M. F, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
O. F
La présidente,
signé
C. Grenier La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026