mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203150 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 28 avril 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Finistère a rejeté sa demande tendant au renouvellement du bénéfice de la carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement pour les personnes handicapées.
Elle soutient que :
- elle a fait une erreur en remplissant le dossier médical du 10 mai 2021, elle a omis de noter son opération du pied gauche du 25 janvier 2018 qui n'a pas eu l'effet escompté. C'est pour cela qu'elle a fait un recours administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, le président du conseil départemental du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Descombes, président-rapporteur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme vérité bénéficiait de la CMI mention stationnement pour les personnes handicapées. Elle a le 22 décembre 2021 déposé une demande de renouvellement de CMI mention stationnement qui a été rejetée une première fois par une décision du 22 novembre 2021 puis une seconde fois par une décision du 29 avril 2022. Mme A demande l'annulation de cette dernière décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. D'une part, en vertu des dispositions combinées de l'article L. 241-6, de l'article L. 146-9 et du 3° du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, le président du conseil départemental, au vu de l'appréciation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, attribue, à titre définitif ou pour une durée déterminée, la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " à toute personne physique atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements.
4. D'autre part, Aux termes du IV de l'article R.241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements extérieurs ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R.241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité [] Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ()3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ".
5. Pour contester le bien-fondé de la décision en litige, la requérante soutient qu'elle a subi une opération sur son pied gauche qui n'a pas été concluante.
6. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A remplisse les conditions précitées pour le bénéfice de la CMI mention stationnement pour les personnes handicapées. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le périmètre de marche de Mme A soit inférieur à 200 mètres, et aucune pièce du dossier n'atteste que cette dernière n'est pas en mesure même avec difficulté, de marcher, de se déplacer en intérieur et en extérieur ni même que sa situation nécessite le recours à une aide humaine ou à un appareillage. Si Mme A soutient que son état de santé n'a pas évolué avec le temps et qu'elle souffre de douleurs, elle n'établit pas que sa situation actuelle conduirait à ce qu'elle bénéficie de la CMI mention stationnement pour les personnes handicapées. Si la requérante produit des attestations de médecins, ces dernières ne présentent pas une fiabilité équivalente à celle d'un certificat médical dont est assorti une évaluation précise de l'état de santé des personnes étudiées. Par suite, Mme A n'est pas fondée à solliciter du tribunal l'annulation du rejet de sa demande par le président du conseil départemental du Finistère.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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