jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203184 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | JACQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juin 2022 et 20 février 2024, la société Mecamax et M. B A, son gérant, représentés par Me Béatrice Jacquet, demandent au tribunal :
1°) d'ordonner avant-dire droit une mesure de conciliation judiciaire ;
2°) de condamner la ville de Brest à leur verser la somme de 37 500 euros, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la carence fautive du maire dans l'usage de ses pouvoirs de police ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Brest la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable, dès lors qu'elle satisfait aux conditions prévues à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige ;
- la responsabilité de la ville de Brest doit être engagée sur le fondement de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales et de l'article 16 du code de procédure pénale ;
- les préjudices subis doivent être évalués à hauteur de 11 600 euros hors taxes pour la perte du chiffre d'affaires, de 18 000 euros hors taxes pour la perte de clientèle, de 2 400 euros hors taxes pour les frais de nettoyage, de 500 euros pour le temps passé à effectuer les démarches requises et de 5 000 euros concernant le préjudice moral de M. A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2024, la ville de Brest, représentée par Me Hélène Santos Pires (SARL Martin Avocats) conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de la société Mecamax et de M. A, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants n'exposent aucun moyen de droit, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur les demandes des requérants fondées sur l'article 16 du code de procédure pénale ;
- la requête est mal dirigée, dès lors que les compétences exercées par le maire en qualité d'officier de police judiciaire le sont au nom de l'Etat ;
- le maire n'a commis aucune faute dans la mobilisation des pouvoirs qu'il détient des dispositions de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales ;
- les requérants ne démontrent pas l'étendue et la réalité des préjudices allégués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thalabard ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Laville Collomb, représentant la ville de Brest.
Considérant ce qui suit :
1. La société Mecamax exploite, sous l'enseigne " Ma Nouvelle Laverie ", une laverie automatique en libre-service située 38 Place Napoléon III à Brest. Au cours de l'été 2021, les locaux de la laverie ont été occupés par une personne qui les a détériorés, en déféquant et urinant sur place à plusieurs reprises. Par un courrier du 23 février 2022, dûment réceptionné le lendemain, la société Mecamax et son gérant ont adressé au maire de la ville de Brest une demande indemnitaire préalable portant sur la réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la carence fautive du maire dans l'usage de ses pouvoirs de police administrative et de police judiciaire. Par la présente requête, la société Mecamax et son gérant demandent la condamnation de la ville de Brest à indemniser leurs préjudices.
Sur les conclusions tendant à ce que soit ordonnée une mesure de conciliation judiciaire :
2. Aux termes de l'article L. 213-7 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif () est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci. ".
3. Il résulte de l'instruction que la ville de Brest s'oppose à la demande présentée par les requérants tendant à ce que le président de la formation de jugement ordonne une médiation. Par suite, cette demande de médiation ne peut qu'être rejetée.
Sur l'exception partielle d'incompétence de la juridiction administrative :
4. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique. () ".
5. Aux termes de l'article 12 du code de procédure pénale : " La police judiciaire est exercée, sous la direction du procureur de la République, par les officiers, fonctionnaires et agents désignés au présent titre. ". En vertu de l'article 13 de ce code : " La police judiciaire est placée, dans chaque ressort de cour d'appel, sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la chambre de l'instruction conformément aux articles 224 et suivants. ". Aux termes de l'article 16 du code de procédure pénale : " Ont la qualité d'officier de police judiciaire : 1° Les maires et leurs adjoints. () ".
6. Il résulte de l'instruction que les requérants entendent engager la responsabilité du maire de la ville de Brest sur le fondement de l'article 16 du code de procédure pénale et de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de statuer sur les manquements du maire commis en sa qualité d'officier de police judiciaire, un tel litige relevant de la compétence des juridictions judiciaires. La juridiction administrative est néanmoins compétente pour connaître des demandes tendant à la réparation des préjudices résultant de la carence fautive du maire dans la mise en oeuvre des pouvoirs de police administrative générale qu'il tient des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Par suite, l'exception partielle d'incompétence invoquée en défense doit être accueillie.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
7. Les requérants se plaignent de troubles récurrents résultant de la présence d'une personne dans leur commerce et soutiennent que le maire a, à tort, refusé de faire usage de ses pouvoirs de police pour mettre fin à ces agissements. Toutefois, il n'appartient pas au maire d'édicter des mesures de police administrative pour mettre fin aux dégradations, quand bien même répétées, causées par une personne occupant des locaux commerciaux privés. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la méconnaissance des exigences fixées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative, les conclusions indemnitaires présentées par M. A et la société Mecamax doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A et de la société Mecamax sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A et de la société Mecamax la somme de 1 000 euros à verser à la ville de Brest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A et de la société Mecamax est rejetée.
Article 2 : M. A et la société Mecamax verseront à la ville de Brest la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société Mecamax, et à la ville de Brest.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
signé
M. ThalabardLe président,
signé
E. Berthon
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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