LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2203853

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2203853

mardi 9 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2203853
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, le syndicat intercommunal à vocations multiples , représenté par la SELARL Valadou-Josselin et associés, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à Cde quitter le logement qu'il occupe au (Finistère) dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de l'autoriser, à défaut pour Bde déférer à cette injonction, à faire procéder à son expulsion à ses frais, risques et périls, au besoin en sollicitant le concours de la force publique ;

3°) de mettre à la charge de B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le maintien irrégulier de B dans son logement temporaire fait obstacle à la possibilité pour d'autres personnes d'y être logées ; cinquante-neuf personnes sont en attente d'un tel logement dans le sud du département du Finistère, dont vingt-sept dans le bassin de Quimper dans un contexte d'augmentation significative des demandes d'insertion sur ce territoire ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, le maintien irrégulier de B portant atteinte au fonctionnement normal et à la continuité du service public d'accueil, d'accompagnement et d'insertion sociale de personnes ou de familles en difficulté ;

- elle n'est pas sérieusement contestable dès lors que B a méconnu les stipulations de l'article 10 de sa convention d'hébergement, n'étant pas à jour de ses indemnités d'occupation de son logement, restant redevable d'une somme de 1 446,63 euros, ne se présentant pas aux rendez-vous proposés par son assistante sociale et ne remplissant plus la condition de régularité de son séjour sur le territoire français inscrite à l'article L. 851-1 du code de la sécurité sociale ; B est sans droit ni titre d'occupation de son logement ; il ne respecte pas la décision de fin de prise en charge prise par les services de la préfecture en application de l'article L. 851-1 du code de la sécurité sociale ;

- aucun obstacle ne s'oppose à sa demande d'expulsion.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Desbourdes, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 août 2022 :

- le rapport de M. A ;

- et les observations de Me Clairay, représentant le syndicat intercommunal à vocations multiples qui a, pour l'essentiel rappelé ses écritures, insisté sur la circonstance que, malgré les tentatives de dialogue de l'établissement, B est resté dans une posture silencieuse et indiqué qu'il n'existait aucune circonstance particulière à la situation de B justifiant qu'il ne soit pas expulsé, celui-ci étant célibataire et sans charge de famille.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Le juge des référés, saisi sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. Aux termes de l'article L. 345-1 du code de l'action sociale et des familles : " Bénéficient, sur leur demande, de l'aide sociale pour être accueillies dans des centres d'hébergement et de réinsertion sociale publics ou privés les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment économiques, familiales, de logement, de santé ou d'insertion, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale. () / Les centres d'hébergement et de réinsertion sociale, dont les conditions de fonctionnement et de financement sont prévues par voie réglementaire, assurent tout ou partie des missions définies au 8° du I de l'article L. 312-1, en vue de faire accéder les personnes qu'ils prennent en charge à l'autonomie sociale. Les centres remplissent chaque année une enquête nationale de coûts relative au secteur de l'accueil, de l'hébergement et de l'insertion, pour le recueil des données relatives à l'année précédente. () Le contenu et les modalités de recueil des données sont définis par voie réglementaire. / Ce règlement précise, d'une part, les modalités selon lesquelles les personnes accueillies participent à proportion de leurs ressources à leurs frais d'hébergement et d'entretien () ".

3. Aux termes de l'article L. 851-1 du code de la sécurité sociale : " I.-() les centres communaux ou intercommunaux d'action sociale, qui ont conclu une convention avec l'Etat, bénéficient d'une aide pour loger, à titre transitoire, des personnes défavorisées ; lorsque celles-ci sont étrangères, elles doivent justifier de la régularité de leur séjour en France. () ". Aux termes de l'article R. 851-4 du même code : " L'organisme doit s'assurer que les étrangers hébergés au titre de l'aide prévue au I de l'article L. 851-1 sont en possession d'un titre de séjour en cours de validité d'une durée supérieure à trois mois ou d'un récépissé de demande de renouvellement de ce titre. () ".

4. Il résulte de l'instruction que B a conclu le 6 mars 2020, avec le syndicat intercommunal à vocations multiples , une convention de mise à disposition d'un logement de type T1 situé dans le cadre du dispositif des logements " Allocation Logement Temporaire ", à titre temporaire pour une durée de six mois. Il résulte des stipulations des articles 7 et 10 de cette convention que B s'est engagé à acquitter mensuellement une indemnité d'occupation représentant 10 % de ses ressources mensuelles, à mettre en œuvre les procédures nécessaires à son insertion sociale et à maintenir en conséquence un contact avec la personne chargée du suivi social. Après que cette convention a été prolongée, à titre dérogatoire, au-delà de sa durée de validité initiale, le préfet du Finistère a néanmoins mis fin à cette prise en charge par une décision du 15 octobre 2020 aux motifs que le titre de séjour de l'intéressé était périmé depuis le 25 août 2020 sans démarche de renouvellement ou de nouvelle demande de titre de séjour et qu'il ne respecte pas les engagements qu'il a acceptés à l'entrée dans son logement à défaut de régler son indemnité d'occupation et d'adhérer à l'accompagnement social.

5. Le syndicat intercommunal à vocations multiples soutient sans être contesté avoir tenté en vain, depuis cette décision du 15 octobre 2020, de dialoguer avec B afin, éventuellement de régulariser sa situation et de reprendre un parcours d'insertion sociale. Le syndicat requérant fait également valoir, sans être contredit, que le maintien de l'intéressé dans le logement qu'il occupe n'a pas cessé depuis cette décision que la dette de l'intéressé s'élèverait à la fin du mois de juin 2022 à un total de 1 446,63 euros. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de B au titre du séjour en France serait régularisée à la date de la présente ordonnance.

6. Dans ces conditions, notamment à défaut pour l'intéressé de suivre le parcours de réinsertion sociale qui justifie l'attribution du logement considéré et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que celui-ci présenterait une situation de vulnérabilité particulière, la mesure d'injonction sollicitée par le syndicat intercommunal à vocations multiples ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

7. Le maintien de B dans ce logement fait obstacle à la continuité du service public de l'hébergement des personnes en vue de leur réinsertion sociale et à la possibilité, pour d'autres personnes ayant besoin d'une telle réinsertion, de bénéficier de l'aide à laquelle ils ont pourtant droit. À cet égard, le syndicat intercommunal à vocations multiples indique sans être contesté que cinquante-neuf personnes sont en attente d'un hébergement en vue d'une réinsertion sociale dans le sud du département du Finistère, dont vingt-sept dans le seul bassin de Quimper dans un contexte d'augmentation récente des demandes d'insertion sur ce territoire. Par conséquent, la mesure d'injonction sollicitée par le syndicat requérant présente également un caractère d'utilité et d'urgence.

8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par le syndicat intercommunal à vocations multiples tendant à ce que B quitte son logement dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la présente ordonnance. Faute pour l'intéressé de libérer les lieux dans ce délai, il y a lieu d'autoriser ce syndicat à procéder d'office à son expulsion en sollicitant, s'il le souhaite et en cas de besoin, le concours de la force publique. Cette autorité est également autorisée, à l'expiration de ce délai, à débarrasser les lieux des biens meubles qui s'y trouvent, aux frais et risques de B.

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le syndicat intercommunal à vocations multiples au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il est enjoint à C de quitter le logement qu'il occupe au , dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : À défaut pour B de déférer à l'injonction prononcée à l'article 1er, le syndicat intercommunal à vocations multiples pourra faire procéder d'office à son expulsion en sollicitant, s'il le souhaite et en cas de besoin, le concours de la force publique.

Article 3 : À défaut pour B d'avoir emporté ses effets personnels, le syndicat intercommunal à vocations multiples est autorisé à débarrasser les lieux des biens meubles qui s'y trouvent.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat intercommunal à vocations multiples et à C.

Fait à Rennes le 9 août 2022.

Le juge des référés,

signé

W. ALa greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions