vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204263 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2022, M. A B, représenté par la Selarl Valadou - Josselin et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a épousé une ressortissante française le 5 juin 2021 et a vainement sollicité, à partir d'octobre 2021 et à de nombreuses reprises, par courriels et courriers recommandés, une date de rendez-vous afin de pouvoir déposer une demande de titre de séjour en préfecture ; il a saisi le juge des référés le 22 juillet 2022, et a finalement été convoqué en préfecture le 17 août 2022 ; un récépissé lui a été délivré à l'issue de ce rendez-vous, d'une durée de seulement trois mois, mentionnant, de manière erronée, qu'il est célibataire et ne l'autorisant pas à travailler ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la carence de la préfecture du Morbihan à lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler l'empêche de pouvoir subvenir à ses propres besoins et à ceux de son épouse, notamment d'accéder à un logement ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. B est entré sur le territoire français le 10 octobre 2018 et y a sollicité l'asile le 23 courant ; il a alors été placé en procédure Dublin pour être transféré en Allemagne, mais cette procédure n'a pas abouti ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : le requérant justifie avoir travaillé, sans autorisation, en 2018 et 2019 ; un récépissé d'une durée de trois mois lui a été remis ; une décision de refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire du 22 août 2022 lui a été adressée le 23 courant.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " le 28 mars 2022 et s'est vu délivrer, le 17 août 2022, un récépissé, valable trois mois et ne l'autorisant pas à travailler. En délivrant ledit récépissé, le préfet du Morbihan a implicitement mais nécessairement entendu rejeter la demande de délivrance de récépissé autorisant à travailler. Il s'ensuit que les conclusions de la requête de M. B, tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Morbihan de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, fait obstacle à l'exécution de cette décision du 17 août 2022, nonobstant la question de son éventuelle illégalité ou du caractère erroné de certaines de ses mentions. Au surplus, une décision de refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire du 22 août 2022 lui a été adressée le 23 courant, qu'il lui est loisible de contester par la voie contentieuse, s'il s'y croit fondé.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Morbihan.
Fait à Rennes, le 2 septembre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026