mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204483 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 31 août 2022, 22 novembre 2022 et 29 septembre 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 89 euros, d'un indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 178 euros au titre des mois de février et mars 2021 ;
2°) de lui accorder une remise gracieuse totale de sa dette ;
3°) d'enjoindre à la CAF de lui restituer la somme de 28 euros prélevée sur ses prestations du mois d'octobre 2022 en remboursement de cet indu ;
4°) de condamner la CAF à lui verser des dommages et intérêts au titre du retard de paiement de la somme de 155,13 euros dont cet organisme lui est redevable à la suite d'un précédent contentieux.
Elle soutient que :
- cette décision n'est pas motivée quant au caractère partiel de la remise accordée ;
- elle est de bonne foi dans toutes ses démarches auprès de la CAF et souhaite en connaître la raison ;
- elle n'a pas perçue l'APL au mois de juin 2023 contrairement à ce que prétend la CAF ;
- à la suite des nombreuses erreurs de cet organisme, elle a dû acquitter à son agence de location la réduction du loyer de solidarité (RLS) du mois de juillet 2022, soit 44,46 euros, alors qu'elle n'a perçu aucune APL en 2022 ;
- à la suite d'un précédent litige jugé par le tribunal, la CAF lui est toujours redevable de la somme de 155,13 euros ;
- retraitée depuis le début de l'année 2022, elle est dans une situation précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la situation de la requérante ne justifiait pas qu'une remise complémentaire lui soit accordée ;
- l'indu en litige est en tout état de cause soldé depuis le mois de janvier 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que la CAF d'Ille-et-Vilaine soit condamnée à verser à la requérante des dommages et intérêts en raison du retard de paiement de la somme de 155,13 euros dont cet organisme lui serait redevable à la suite d'un précédent contentieux au motif que ces conclusions relèvent d'un litige distinct.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme C, représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la directrice de la CAF d'Ille-et-Vilaine ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 89 euros, d'un indu d'APL d'un montant de 178 euros, et de condamner cet organisme à lui verser des dommages et intérêts au titre du retard de paiement de la somme de 155,13 euros dont cet organisme lui est redevable à la suite d'un précédent contentieux.
2. En premier lieu, les conclusions de la requérante, présentées dans son mémoire du 29 septembre 2023, tendant à ce que le tribunal condamne la CAF d'Ille-et-Vilaine à lui verser des dommages et intérêts au titre du retard de paiement de la somme dont cet organisme lui serait redevable à la suite d'un précédent contentieux, relèvent d'un litige distinct à celui introduit par sa requête du 31 août 2022 et sont par suite irrecevables.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation au recouvrement des sommes indument versées au titre de l'APL : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".
4. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'APL, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou complémentaire est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Il résulte de qui précède que Mme B ne peut utilement soutenir que la décision du 12 juillet 2022 en litige ne serait pas motivée quant au caractère partiel de la remise accordée.
6. D'autre part, une demande de remise gracieuse présentée devant le tribunal a pour seul objet de solliciter, en cas de précarité, la remise d'une dette dont le bien-fondé n'est pas contesté. Une telle demande perd toutefois son objet lorsque cette dette est soldée.
7. En l'espèce, la CAF fait valoir en défense, sans être contredite par la requérante, que l'indu en litige est soldé depuis le mois de janvier 2023. Par suite, la requête de Mme B est devenue sans objet et il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer, sans que l'intéressée ne puisse utilement s'étonner de ce que la CAF aurait remboursé sa dette par prélèvement sur ses prestations, le recours contentieux introduit à l'encontre d'une décision relative à un indu d'APL étant dépourvu, en tout état de cause, et au surplus, de caractère suspensif en application des dispositions combinées des articles L. 825-1 et suivants et R. 825-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et sans que l'intéressée puisse par ailleurs utilement soutenir, à l'encontre d'une décision relative à indu d'APL dont elle est redevable au titre des mois de février et mars 2021, qu'elle n'aurait pas perçue cette allocation au mois de juin 2023, et qu'à la suite des nombreuses erreurs de cet organisme elle aurait acquitté à son agence de location la RLS du mois de juillet 2022.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 juillet 2022 et à la remise gracieuse du solde de l'indu d'APL restant à la charge de Mme B à la date d'introduction de sa requête.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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