mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204667 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
| Avocat requérant | BLEVIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 septembre 2022, 1er novembre 2023 et 5 novembre 2023, Mme C A, représentée par Me Blevin, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine lui a confirmé la créance de revenu de solidarité active (RSA) majoré, d'un montant initial de 2 939,88 euros, qui lui a été notifiée à hauteur de 1 828,31 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine lui a confirmé la créance de prime d'activité d'un montant de 495,84 euros ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle cet organisme lui a confirmé le prélèvement sur ses prestations de la somme de 1 828,31 euros en compensation de la créance de RSA ;
4°) d'enjoindre en conséquence à la CAF de lui restituer les sommes prélevées à tort sur ses prestations ;
5°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle la CAF
d'Ille-et-Vilaine ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 195,94 euros, de la créance de prime d'activité ;
6°) d'annuler la décision du 11 juillet 2022 par laquelle cet organisme ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 914,16 euros, de la créance de RSA ;
7°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine et de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- le calcul de sa dette n'est ni justifié ni expliqué ;
- la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine ont commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ne doit pas être prise en compte dans le calcul du RSA et de la prime d'activité en application respectivement des dispositions des articles R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles et R. 844-5 du code de la sécurité sociale ;
- l'AAH est de surcroît cumulable avec la prime d'activité ;
- le président du conseil départemental est compétent en matière d'attribution du RSA et ne perd pas sa compétence pour ce qui est des créances qui en découlent ;
- les quotients familiaux figurant dans les décisions des 29 juin et 11 juillet 2022 sont différents de ceux édités sur le site Internet de la CAF pour la période comprise entre les mois de janvier 2022 et août 2022 qui varient entre 313 euros et 734 euros ;
- la CAF a prélevé davantage sur ses prestations en remboursement de sa dette que le montant total de celle-ci et n'a par ailleurs pas respecté le plan personnalisé de remboursement qu'elle lui a elle-même imposé ;
- la date de création de son activité professionnelle ainsi que la nature de cette activité sont erronées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'est pas compétent pour connaître de conclusions relatives à un indu de prime d'activité et au plan de recouvrement d'un indu de RSA qui ne lui a pas été transféré ;
- le moyen tiré de ce que les informations renseignées sur le compte CAF de la requérante seraient erronées est inopérant à l'encontre des décisions en litige dès lors que ces informations n'ont aucune incidence sur le principe et le montant des indus dont elle est redevable ;
- les conclusions à fin de remise gracieuse de l'indu de RSA sont sans objet dès lors que ce trop-perçu est soldé ;
- la requérante ne conteste pas le bien-fondé de sa dette mais en sollicite exclusivement la remise gracieuse et n'invoque en tout état de cause aucun moyen juridique lui permettant de reconsidérer sa situation et sa dette ;
- l'indu de RSA en litige est au surplus fondé, tant dans son principe que dans son montant, et résulte de ce que la fille de la requérante ne pouvait être considérée comme étant à sa charge dès lors qu'elle perçoit l'AAH depuis le 1er décembre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la CAF n'a pas effectué des retenues pour un montant total supérieur à la dette de Mme A dès lors que celle-ci s'élevait initialement à la somme totale de 4 961,61 euros correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant initial de 495,84 euros pour la période comprise entre les mois de janvier 2022 et mars 2022 inclus, un indu de RSA majoré d'un montant initial de 2 939,88 euros pour la période comprise entre les mois de janvier 2021 à mars 2021 inclus et d'un indu de RSA " socle " d'un montant initial de 1 525,89 euros pour la période comprise entre les mois d'avril 2021 et décembre 2021 inclus ; ces montants ont par ailleurs bien été notifiés à l'intéressée sur son compte en ligne CAF, dans l'onglet " mes dettes " ;
- ces retenues ont été effectuées antérieurement à l'enregistrement de sa requête ;
- l'indu de prime d'activité en litige est fondé, tant dans son principe que dans son montant, et résulte de ce que la fille de la requérante ne pouvait être considérée comme étant à sa charge dès lors qu'elle perçoit l'AAH depuis le 1er décembre 2019 ;
- la situation de la requérante ne justifiait pas qu'une remise complémentaire lui soit accordée, Mme A ne justifiant pas davantage à l'appui de sa requête être dans une situation de précarité ; la dette de la requérante est en tout état de cause soldée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme B, représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Allocataire du RSA et de la prime d'activité en tant que mère isolée avec deux enfants à charge, Mme A s'est vu notifier, par une décision de la CAF d'Ille-et-Vilaine du 11 avril 2022, un trop-perçu d'un montant total de 2 324,15 euros composé d'une créance de RSA, d'un montant de 1 828,31 euros, et d'une créance de prime d'activité, d'un montant de 495,84 euros, résultant de ce que sa fille, elle-même allocataire de la CAF, ne pouvait dès lors plus être considérée comme étant à sa charge. Mme A, qui a contesté ce trop-perçu par une lettre du 20 mai 2022 ainsi que la retenue de la somme de 1 828,31 euros opérée sur ses prestations en remboursement de sa dette, et qui en a par ailleurs sollicité la remise gracieuse, demande, à titre principal, l'annulation des deux décisions par lesquelles la CAF et le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine ont implicitement confirmé, d'une part et respectivement, les créances de prime d'activité et de RSA, l'annulation d'autre part de la décision par laquelle la CAF a implicitement confirmé le prélèvement opéré sur ses prestations en compensation de ce trop-perçu et, à titre subsidiaire, l'annulation des deux décisions en dates des 29 juin 2022 et 11 juillet 2022 par lesquelles la CAF d'Ille-et-Vilaine ne lui a accordé que des remises partielles de ces créances.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions implicites portant confirmation des créances en litige :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige
3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ".
4. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ".
6. En l'espèce, si Mme A soutient que calcul de sa dette n'est ni justifié ni expliqué et peut en conséquence être regardée comme soulevant le moyen tiré du défaut de motivation des décisions implicites en litige, elle n'établit pas, ni même ne soutient, avoir saisi la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine d'une demande de communication des motifs de ces décisions. Par suite, et alors, au surplus, que le détail précis et exhaustif du calcul de sa dette lui a été communiqué dans le cadre de la présente instance, le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit être écarté.
7. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-1 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 262-3 du même code : " Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, sont considérés comme à charge : / 1° Les enfants ouvrant droit aux prestations familiales ; / 2° Les autres enfants et personnes de moins de vingt-cinq ans qui sont à la charge effective et permanente du bénéficiaire à condition, lorsqu'ils sont arrivés au foyer après leur dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus. / Toutefois, ne sont considérées comme à charge ni les personnes bénéficiaires de l'allocation de revenu de solidarité active au titre de l'article L. 262-7-1, ni les personnes qui perçoivent des ressources égales ou supérieures à la majoration du revenu garanti à laquelle elles ouvrent droit ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ".
9. Enfin, aux termes de l'article L. 512-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne française ou étrangère résidant en France, au sens de l'article L. 111-2-3, ayant à sa charge un ou plusieurs enfants résidant en France, bénéficie pour ces enfants des prestations familiales dans les conditions prévues par le présent livre sous réserve que ce ou ces derniers ne soient pas bénéficiaires, à titre personnel, d'une ou plusieurs prestations familiales, de l'allocation de logement sociale ou de l'aide personnalisée au logement () ". Aux termes de l'article L. 821-5 du même code : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale () ".
10. En l'espèce, Mme A ne peut tout d'abord utilement soutenir que la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine ne pouvaient tenir compte, pour la détermination de ses droits au RSA et à la prime d'activité, des sommes perçues par sa fille au titre de l'AAH et que cette allocation serait de surcroît cumulable avec la prime d'activité, les indus en litige résultant, non des sommes ainsi perçues, mais de la circonstance que sa fille perçoit cette allocation depuis le 1er décembre 2019, en vertu d'une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées d'Ille-et-Vilaine du 5 décembre 2019, et de ce qu'elle n'a, par suite, plus été considérée comme étant à la charge de sa mère. À cet égard, il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles et du code de la sécurité sociale qu'un enfant n'est plus à la charge d'un allocataire dès lors qu'il perçoit au moins une prestation familiale, l'AAH étant servie comme telle en vertu de l'article L. 821-5 précité. Il suit de là que c'est par une juste application de ces dispositions que la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine ont tenu compte de ce changement de situation familiale et procédé à la régularisation des droits de la requérante, laquelle n'est dès lors pas fondée à contester les indus résultant de cette régularisation et à demander l'annulation des décisions implicites en litige portant confirmation de sa dette, la circonstance que la date de création de l'activité professionnelle de Mme A ainsi que la nature de cette activité soient erronées, ou que l'AAH soit cumulable avec la prime d'activité, étant sans incidence sur le principe même et le montant de ces indus.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de la CAF portant confirmation du plan de recouvrement :
11. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / À défaut, l'organisme mentionné au premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues au titre de l'allocation mentionnée à l'article L. 168-8 du code de la sécurité sociale, des prestations familiales et de la prime d'activité mentionnées, respectivement, aux articles L. 511-1 et L. 841-1 du code de la sécurité sociale, au titre des prestations mentionnées au titre II du livre VIII du même code ainsi qu'au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation. () / Les retenues mentionnées aux troisième et quatrième alinéas du présent article sont déterminées en application des règles prévues au troisième alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale () ".
12. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif. / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de prime d'activité par retenues sur les montants à échoir. À défaut, l'organisme mentionné au même premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues au titre des prestations familiales et des prestations, autres que l'allocation de logement, mentionnées, respectivement, aux articles L. 168-8 et L. 511-1 ainsi qu'au titre II du livre VIII du présent code, au titre de l'aide personnalisée au logement et des allocations de logement régies par le livre VIII du code de la construction et de l'habitation, ainsi qu'au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles () / Les retenues mentionnées aux troisième et quatrième alinéas du présent article sont déterminées en application des règles prévues au troisième alinéa de l'article L. 553-2 du présent code () ".
13. Enfin, aux termes du troisième alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Dans des conditions définies par décret, les retenues mentionnées au premier alinéa, ainsi que celles mentionnées aux articles L. 821-5-1 et L. 845-3 du présent code, L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, sont déterminées en fonction de la composition de la famille, de ses ressources, des charges de logement, des prestations servies par les organismes débiteurs de prestations familiales, à l'exception de celles précisées par décret () ".
14. En l'espèce, d'une part, si la requérante soutient que la CAF aurait prélevé sur ses prestations davantage que la somme dont elle est redevable pour un montant total de 2 324,15 euros, qui lui a été notifié par la décision précitée du 11 avril 2022, l'instruction révèle que la dette initiale de Mme A s'élevait en réalité à la somme totale de 4 961,61 euros, et se composait d'un indu de RSA majoré d'un montant initial de 2 939,88 euros pour la période comprise entre les mois de janvier et mars 2021 inclus, d'un indu de RSA socle d'un montant de 1 525,89 euros pour la période comprise entre les mois d'avril et décembre 2021 inclus, et d'un indu de prime d'activité d'un montant de 495,84 euros pour la période comprise entre les mois de janvier et mars 2022 inclus, trop-perçu qui ne lui a cependant été notifié qu'à hauteur de 2 324,15 euros en raison d'un rappel de RSA socle d'un montant de 1 855,14 euros pour la période comprise entre les mois de janvier et mars 2021 inclus et d'un rappel d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 782,32 euros pour la période comprise entre les mois de janvier 2021 et mars 2022 inclus (4 961,61 euros - 1 855,14 euros - 782,32 euros). Par suite, la requérante n'est pas fondée à contester le montant total des sommes prélevées sur ses prestations en remboursement de la créance mise à sa charge.
15. D'autre part, si la requérante soutient que le plan personnalisé de remboursement fixé à la somme mensuelle de 771,70 euros n'aurait pas été respecté par la CAF, l'instruction révèle, d'une part, que ce plan ne concernait que l'indu de RSA majoré d'un montant initial de 2 939,88 euros, diminué à la somme de 1 828,31 euros après compensation des rappel de RSA socle et d'APL pour des montants respectifs de 329,25 euros et 782,32 euros, et que les retenues effectivement opérées ensuite par la CAF sur les prestations de Mme A se sont élevées aux sommes de 118,20 euros au mois de juillet 2022, 658,23 euros au mois d'août suivant (4,73 euros + 337,56 euros + 315,94 euros) et 137,72 euros au mois de septembre 2022 (97,45 euros + 40,27 euros), soit un solde nul après la remise gracieuse accordée à l'intéressée pour un montant de 914,16 euros. Par suite, la CAF ayant respecté le plan personnalisé précité, le moyen invoqué doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui a été dit des points 11 à 15 que doivent être rejetées les conclusions de la requête tendant, d'une part, à l'annulation de la décision implicite par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine a confirmé à la requérante le prélèvement sur ses prestations de la somme de 1 828,31 euros et, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint à la CAF de lui restituer les sommes prélevées à tort.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de la CAF en dates des 29 juin 2022 et 11 juillet 2022 :
17. D'une part, aux termes de l'article L.262-46 du Code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
18. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
19. D'une part, en l'espèce, il résulte de l'instruction que les indus en litige sont soldés et qu'il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions en dates des 29 juin 2022 et 11 juillet 2022, sans que la requérante puisse, par ailleurs, faire valoir que les quotients familiaux figurant dans ces décisions sont différents de ceux édités sur le site Internet de la CAF.
20. D'autre part, il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non recevoir opposées en défense, que le surplus des conclusions de la requête de Mme A doit être rejetée, y compris celles présentés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant au paiement des dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions en dates des 29 juin 2022 et 11 juillet 2022.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la ministre des solidarités et des familles et au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026