lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205010 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 octobre et 15 décembre 2022, Mme A B demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Agence de services et de paiement à lui verser une provision de 146 euros au titre du chèque énergie de l'année 2022 ainsi qu'une provision de 100 euros au titre chèque énergie exceptionnel de l'année 2022.
Elle soutient qu'elle remplit toutes les conditions pour bénéficier de ces prestations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête de Mme B.
Elle fait valoir que la requérante n'établit pas qu'elle est éligible au versement de ces prestations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2023, l'Agence de services et de paiement conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme B.
Elle fait valoir que Mme B a obtenu satisfaction puisqu'un chèque énergie d'un montant de 146 euros et un chèque énergie exceptionnel lui ont été accordés.
Par un mémoire, enregistré le 21 janvier 2023, Mme B soutient qu'elle n'a pas obtenu satisfaction.
Mme B a produit une pièce complémentaire le 26 janvier 2023 qui n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête présentée directement devant le juge administratif et tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.
4. Alors que Mme B aurait pu solliciter l'annulation auprès du juge de l'excès de pouvoir, de la décision du 4 août 2022 par laquelle l'Agence de services et de paiement a rejeté son recours gracieux tendant au réexamen de sa demande d'attribution du chèque énergie au titre de l'année 2022, elle a préféré saisir le juge des référés qui, en vertu des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, ne peut toutefois statuer que dans le cadre d'un contentieux indemnitaire. La demande de Mme B doit donc être regardée comme tendant au versement d'une indemnité d'un montant total de 246 euros correspondant aux sommes dont elle estime avoir été privée au titre du chèque énergie sur l'ensemble de l'année 2022.
5. Or, Mme B n'a produit aucune décision par laquelle l'Agence de services et de paiement aurait préalablement rejeté une demande indemnitaire. A la suite de la demande de régularisation qui lui a été adressée, à peine d'irrecevabilité, par le greffe, le 6 janvier 2023, par le biais de l'application " Télérecours ", Mme B a produit de nouvelles pièces complémentaires mais n'a pas justifié, avant l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, du dépôt d'une demande préalable. En l'absence, au jour de la présente ordonnance, de toute décision explicite ou implicite statuant sur une telle demande indemnitaire, la requête de Mme B est manifestement irrecevable et ne peut, dès lors, qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Agence de services et de paiement.
Fait à Rennes, le 30 janvier 2023.
Le président,
signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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