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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2205265

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2205265

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2205265
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du préfet d'Ille-et-Vilaine portant refus de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour mention étudiant ou refus de délivrance d'une nouvelle attestation de prolongation des droits attachés à son titre.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle : elle est dans une situation d'extrême précarité, dès lors qu'elle a perdu tous ses droits et ne peut plus travailler ; elle est arrivée en France en 2016 et y suit ses études tout en travaillant à temps partiel ;

- la décision de ne pas faire droit à sa demande de renouvellement de récépissé porte une atteinte grave et immédiate aux libertés fondamentales que constituent la liberté d'aller et venir, le droit au travail et le droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- la décision en litige est manifestement illégale, dès lors qu'elle remplit les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " ; elle a entamé les démarches en ligne sur le site de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) pour le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ", en janvier 2022, avant le 1er février 2022, date d'expiration de son titre de séjour ; faute d'avoir été complétée, sa demande a été clôturée ; elle a alors déposé, en juin, une nouvelle demande de renouvellement et a été munie d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande autorisant son séjour jusqu'au 7 octobre 2022 ; depuis cette date et faute de nouvelle attestation de prolongation d'instruction, que la préfecture d'Ille-et-Vilaine refuse de lui délivrer motif pris de la clôture de sa demande, elle est dépourvue de toute autorisation de séjour, alors que le site de l'ANEF indique que sa seconde demande est toujours en cours de traitement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite.

3. Au soutient de sa requête, Mme A soutient que la préfecture d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant, motif pris de la clôture de son dossier, alors même que le site de l'ANEF lui indique que sa demande est toujours en cours d'instruction, et qu'elle ne peut donc déposer de nouveau dossier. Elle expose également que ce refus opposé par la préfecture d'Ille-et-Vilaine porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir, au droit au travail et au droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'elle ne peut désormais plus travailler, qu'elle a perdu tous ses droits et qu'elle risque à tout moment d'être arrêtée sans pouvoir justifier de la régularité de sa présence en France. Par cette seule argumentation, Mme A n'établit toutefois pas que l'administration préfectorale aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux droits et libertés qu'elle invoque. Elle ne justifie pas davantage de l'existence d'une situation d'urgence qui rendrait nécessaire l'intervention du juge des référés à quarante-huit heures, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées par application de son article L. 522-3.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise pour information au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Fait à Rennes, le 19 octobre 2022.

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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