mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205630 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2022, Mme B E et M. C A demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor a rejeté sa demande de remise de dette d'un indu de prime d'activité d'un montant de 225,39 euros ;
2°) et de lui accorder une remise totale de sa dette.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ;
- leur situation financière ne leur permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens soulevés par Mme E et M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme D représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E et M. A sont respectivement allocataires de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor, depuis mai 2019 et janvier 2016.
Mme E a indiqué dans ses déclarations être célibataire depuis le 11 juillet 1999 et être hébergée gratuitement au 2 impasse Jacqueline Auriol à Trémuson (22440). M. A a déclaré, dans un premier temps, être célibataire depuis début juin 1987 puis, dans un second temps être en situation de vie maritale avec Mme E depuis le 1er mai 2021 à l'adresse précitée depuis le 16 mai 2020. Compte tenu de ces dernières informations, un nouveau calcul des droits a été opéré après fusion de leur dossier pour former un dossier unique pour le couple. Le résultat de ce calcul a révélé que le couple ne pouvait pas prétendre au bénéfice de la prime d'activité et que les paiements de cette prestation versés à chacun des membres isolés du couple l'ont été à tort.
M. A s'est donc vu notifier un indu de prime d'activité d'un montant de 113,67 euros au titre de la période d'octobre 2021 à mars 2022. Mme E, s'est quant à elle, vue notifier un indu de prime d'activité référencé IM2 001 d'un montant de 225,39 euros au titre du mois de juillet 2021 à avril 2022. M. A a sollicité une remise de sa dette qui a été rejetée par une décision du 6 juillet 2020 et il a remboursé l'indu en question le 11 août 2022. Par une lettre en date du 27 mai 2022 Mme E a sollicité une remise de sa dette, mais sa demande a été rejetée par une décision du 6 juillet 2022 de la CAF des Côtes-d'Armor. Par courriers des 6 septembre et
2 novembre 2022, Mme E a de nouveau réclamé une remise de sa dette. Une décision d'irrecevabilité de la demande lui a été notifiée le 19 septembre 2022. Mme E et M. A demandent l'annulation de cette décision et de leur d'accorder une remise totale de la dette en litige.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 dudit code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. Il résulte de l'instruction que la décision du 6 juillet 2022 par laquelle la directrice de la CAF des Côtes-d'Armor a rejeté le recours préalable obligatoire de Mme E lui a été notifiée le 9 juillet 2022 et que la notification de ce rejet mentionnait les voies et délais de recours. Mme E avait alors jusqu'au lundi 12 septembre 2022 pour contester cette décision devant le tribunal. En l'espèce, la requête de Mme E n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 7 novembre 2022 soit après l'expiration du délai de recours contentieux. Il résulte par ailleurs de l'instruction que Mme E n'a envoyé sa requête que le 4 novembre 2022 soit également postérieurement à l'échéance du délai de recours. Dans ces conditions, la CAF des Côtes-d'Armor est fondée à soutenir que la requête de Mme E est tardive et donc manifestement irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E et de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E et de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et M. C A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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