vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206534 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS BERTRAND MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 décembre 2022 et 18 avril 2023, Mme E D, Mme C D et M. B D, représentés par la SELARL Papin avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier Bretagne Sud à leur verser à chacun la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis par leur mère, Mme A D ;
2°) de condamner le centre hospitalier Bretagne Sud à leur verser à chacun la somme de 16 506,05 euros en réparation de leurs propres préjudices respectifs ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Bretagne Sud le versement à chacun d'eux de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité pour faute du centre hospitalier Bretagne Sud doit être engagée sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dans la mesure où, lors du séjour de leur mère dans cet établissement en janvier 2020, sa prise en charge a été effectuée avec retard, aucun traitement préventif de la maladie thrombo-embolitique n'a été administré et la prise en charge antalgique s'est avérée insuffisante ;
- Mme D a subi une perte de chance d'éviter son décès dont le taux doit être fixé à 99,3 % ou, a minima, à 97,8 % ;
- le montant global du préjudice au titre des souffrances endurées par leur mère en lien avec les fautes du centre hospitalier Bretagne Sud s'élève à 30 000 euros ;
- leurs propres préjudices s'évaluent, avant application du taux de perte de chance, respectivement à 4 263 euros au titre des frais funéraires, 15 000 euros chacun au titre de leur préjudice d'affection et 200 euros chacun au titre des frais d'honoraires de leur médecin conseil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, le centre hospitalier Bretagne Sud, représenté par Me Maillard, s'en remet à la sagesse du tribunal quant à son éventuelle responsabilité et conclut, si celle-ci venait à être retenue, à ce que la demande d'indemnisation des requérants au titre des frais d'obsèques et d'assistance par un médecin conseil soit rejetée, à ce qu'il ne soit condamné qu'au versement d'une indemnité globale limitée à 10 000 euros au titre du préjudice de Mme D et d'une indemnité d'un montant limité à 5 000 euros chacun au titre du préjudice d'affectation des requérants, à ce que la somme à mettre à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit réduite à de plus justes proportions et, enfin, à ce qu'il soit statué sur les dépens comme de droit.
Il soutient que :
- en cas d'engagement de sa responsabilité, le taux de perte de chance d'éviter le décès de Mme D doit être fixé à 50 % ;
- le montant de son préjudice au titre des souffrances qu'elle a endurées, qu'il ne remet pas en cause, se limite à 10 000 euros ;
- les préjudices des requérants au titre des frais d'obsèques et des frais d'assistance par un médecin conseil, qu'il ne remet pas en cause dans leur principe, ne peuvent toutefois être indemnisés en l'absence de production de justificatifs de leur règlement ;
- le préjudice d'affection, qu'il ne remet pas en cause dans son principe, s'évalue, pour chacun d'eux, à la somme de 5 000 euros.
Par une ordonnance du 29 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2023 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Les consorts D ont été invités, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.
Une lettre, produite par les consorts D, représentés par la SELARL Papin avocats, a été enregistrée le 30 septembre 2024 et communiquée.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Gasmi, représentant le centre hospitalier Bretagne Sud.
Considérant ce qui suit :
1. S'interrogeant sur les conditions de la prise en charge, par le centre hospitalier Bretagne Sud en janvier 2020, de leur mère, Mme A D, décédée le 31 janvier 2020 à la suite d'une opération consécutive à une fracture du col du fémur droit, les consorts D ont saisi le 2 avril 2021 la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bretagne. Cette autorité a confié une expertise à deux médecins spécialisés, l'un, en chirurgie orthopédique et traumatologique, et l'autre, en anesthésie réanimation, lesquels ont déposé leur rapport le 5 janvier 2022. Le 25 février 2022, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bretagne a retenu que la responsabilité du centre hospitalier Bretagne Sud était engagée. Elle a estimé que la réparation des préjudices incombait à cet établissement, en totalité pour ce qui concernait les souffrances endurées par Mme D, et à hauteur de 50 % pour ce qui concernait son décès. Mmes et M. D ont saisi en vain le centre hospitalier Bretagne Sud d'une demande tendant à ce que leur soit versée, à chacun d'eux, une indemnité d'un montant total de 18 310,50 euros. Par la présente requête, les consorts D, qui doivent être regardés comme agissant en leur nom personnel et en qualité d'ayants droit de Mme D, demandent la condamnation du centre hospitalier Bretagne Sud au versement, d'une part, d'une somme globale de 30 000 euros à ces ayants droits au titre des souffrances auxquelles leur mère a été exposée et, d'autre part, d'une somme de 16 506,05 euros à chacun d'eux au titre de leurs propres préjudices respectifs.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
S'agissant du principe de responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé (), ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que dans la nuit du 26 au 27 janvier 2020, Mme D, alors âgée de 83 ans, a fait une chute à son domicile et a été transportée par les pompiers au service des urgences du centre hospitalier Bretagne Sud le 27 janvier au matin. Admise dans ce service à 11h39, une radiographie a mis en évidence une fracture déplacée du col du fémur droit. Mme D ayant manifesté des douleurs, des antalgiques lui ont été administrés à 17h30 puis à 22h20. Le lendemain, se plaignant toujours de douleurs, elle a reçu d'autres antalgiques à 1h00 et à 15 heures. Elle a, le même jour, consulté un anesthésiste qui a choisi comme protocole anesthésique une rachianesthésie. A partir de 15 heures, il a été estimé qu'elle était désorientée. L'arthroplastie prévue plus tôt dans la journée pour traiter sa fracture a été repoussée à 15h30. Le 29 janvier 2020, l'intervention a été à nouveau reportée. Des antalgiques lui ont été administrés à 20 heures puis à 21 heures. L'intéressée a finalement été opérée le 30 janvier suivant au matin. Vers 13h30 sont apparus des troubles respiratoires, accompagnés d'une tachycardie et d'une désaturation. A la suite de la réalisation d'une radiographie pulmonaire à 14h45, un état de choc cardiogénique s'est installé à partir de 15 heures, conduisant à introduire un traitement vasopresseur vers 15h30, puis, à 16h15, de l'héparine, un anticoagulant. Un angioscanner a alors révélé une embolie pulmonaire massive à droite. Mme D est décédée le 31 janvier 2020 à 1h30.
4. En premier lieu, il résulte en particulier du rapport d'expertise qu'au cours de la fracture du col du fémur, l'incidence de l'embolie pulmonaire survenant dans les 72 premières heures post-traumatiques est évaluée à 2,20 % et que 57,10 % de ces embolies pulmonaires surviennent dans les 24 premières heures. Il résulte également de l'instruction, et notamment de ce même rapport d'expertise, que, si les recommandations préconisent une prophylaxie de la maladie thrombo-embolique au cours de la période préopératoire, aucun anticoagulant n'a été administré à Mme D pendant au moins 48 heures les 27 et 28 janvier 2020, de même probablement que le 29. Seul le compte rendu de l'opération pratiquée le 30 janvier 2020 évoque la prescription d'un traitement thrombotique pendant 35 jours. Si les experts précisent qu'il était possible d'administrer une dose prophylactique d'anticoagulant, de prévoir un intervalle de 12 heures entre l'heure de programmation de l'arthroplastie et la dernière injection d'anticoagulant sans gêner l'administration du traitement, il ne résulte pas de l'instruction qu'un anticoagulant aurait été administré dans ces conditions préalablement à l'opération pratiquée le 30 janvier 2020. Dans ces circonstances, la prescription des anticoagulants doit être regardée comme n'ayant pas été réalisée conformément aux règles de l'art, les conséquences de ce manquement sur l'état de santé de Mme D ayant été aggravées par les reports de l'arthroplastie qui devait être pratiquée sur l'intéressée. Il s'ensuit que le centre hospitalier Bretagne Sud a commis une faute, qu'il ne conteste d'ailleurs pas, de nature à engager sa responsabilité.
5. En second lieu, il résulte du rapport d'expertise qu'au regard des transmissions paramédicales dont les experts ont eu connaissance, les antalgiques délivrés à Mme D n'ont pas été suffisamment dosés, ni administrés en prévention de manière régulière. L'insuffisante qualité de la prise en charge de l'analgésie entre l'admission de l'intéressée au service des urgences du centre hospitalier Bretagne Sud le 27 janvier 2020 et son décès le 30 janvier suivant est également constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de ce centre hospitalier.
S'agissant de la perte de chance d'éviter l'embolie pulmonaire à l'origine du décès :
6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
7. Il résulte de l'instruction que les experts n'ont pas été en mesure de déterminer un taux de perte de chance d'éviter la survenance d'une embolie pulmonaire à l'origine du décès de Mme D eu égard à " la très grande hétérogénéité des études [et à] la grande variabilité du délai de survenue de l'embolie pulmonaire post-fracture et/ou post opératoire ". Le rapport d'expertise retient néanmoins, sur la base d'articles scientifiques, d'une part, que l'incidence de l'embolie pulmonaire survenant dans les 72 heures suivant la fracture du col du fémur est évalué à 2,20 %, et, d'autre part, qu'alors que le taux de thromboses veineuses post-opératoires proximales et distales est approximativement évalué à respectivement 50 % et 25 % sans thromboprophylaxie, le risque trombo-embolique en cas de thromboprophylaxie est seulement compris entre 1,18 % et 6 % pour les thromboses veineuses profondes et entre 0,25 % et 4,6 % pour les embolies pulmonaires. Ces données sont cependant à relativiser au regard de la situation particulière de Mme D et, notamment, des facteurs de risques qui l'exposaient particulièrement à des manifestations thrombo-emboliques, en particulier son âge, sa prise antérieure, pendant trois mois, de méthotrexate pour traiter une monoarthrite du genou droit, la survenue de sa fracture du col fémoral et l'arthroplastie qu'elle a subie consécutivement à cette fracture. Par ailleurs, si les requérants se prévalent de la circonstance, relevée par les experts, que les " embolies (pulmonaires post-traumatiques) ne sont pas habituellement mortelles ", le taux de mortalité globale étant de 0,70 %, cette donnée générale, qui ne concerne d'ailleurs pas la perte de chance d'éviter une embolie mais la perte de chance d'éviter le décès en raison de la survenue de cette embolie, a été déterminée sans qu'il soit tenu compte de cas particuliers, comme celui de Mme D, caractérisés par la fragilité de l'état de santé de certains patients. Dans ces conditions, et alors que ni la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bretagne dans son avis du 25 février 2022, ni le centre hospitalier Bretagne Sud dans ses écritures en défense ne justifient le taux de 50 % qu'ils proposent de retenir, il y a lieu de fixer à 94 % le taux de perte de chance pour l'intéressée d'éviter l'embolie pulmonaire massive à droite dont elle a été victime et qui a été à l'origine d'un choc cardiogénique secondaire causant son décès.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du préjudice de la victime directe :
8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise et de l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bretagne, que les antalgiques administrés à Mme D ont été sous-dosés alors que les douleurs qu'elle subissait en lien avec sa fracture du col du fémur étaient très importantes. Il résulte également de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas contesté par le centre hospitalier Bretagne Sud, que le niveau des souffrances endurées par cette patiente en lien avec l'insuffisante prise en charge de ses douleurs a été estimé à 5 sur une échelle de 1 à 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à un montant de 13 000 euros, sans qu'il y ait lieu d'appliquer à ce montant un taux de perte de chance.
9. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier Bretagne Sud doit être condamné à verser aux ayants droit de Mme D la somme globale de 13 000 euros au titre des souffrances endurées par cette dernière.
S'agissant des préjudices des victimes indirectes :
Quant aux frais d'honoraires du médecin conseil :
10. Il résulte de l'instruction que les consorts D ont eu recours à un médecin-conseil pour les assister lors des opérations de l'expertise ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bretagne. Si, selon l'état de frais produit, les honoraires de ce médecin-conseil s'établissent au montant de 600 euros, les requérants n'ont pas justifié du paiement de cette somme en dépit d'une mesure d'instruction en ce sens. Dans ces conditions, alors même qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'ils auraient bénéficié d'une assurance de protection juridique, les requérants ne sont pas fondés à être indemnisés de ce poste de préjudice.
Quant aux frais liés au décès de Mme D :
11. Il résulte de la facture produite par les consorts D que les frais d'obsèques de leur mère se sont élevés à un montant de 4 052 euros. Il ne résulte pas de l'instruction que ces dépenses auraient été remboursées en tout ou partie au titre d'un capital décès, une telle somme n'ayant au demeurant pas nécessairement vocation à prendre en charge les frais d'obsèques. Il s'ensuit qu'il y a lieu d'évaluer ce chef de préjudice à la somme de 4 052 euros, soit 3 808,88 euros après application du taux de perte de chance de 94 %. Il y a dès lors lieu d'allouer à chacun des requérants la somme de 1 269,63 euros.
12. En revanche, par la seule production, en dépit d'une mesure d'instruction, d'une lettre de relance émanant de la direction générale des finances publiques concernant une somme restant à payer de 210 euros pour le séjour de Mme D pendant trois jours en maison mortuaire et qui comporte la mention simplement manuscrite " réglé le 17/07/2020 ", les consorts D ne justifient pas du paiement de cette somme, de sorte qu'il n'y a pas lieu de leur allouer une somme à ce titre.
Quant au préjudice d'affection :
13. Si le décès de Mme A D est à l'origine, pour chacun des requérants, d'un préjudice d'affection, il ne résulte pas de l'instruction que Mmes E et C D et que M. D, qui ne résident pas au domicile de leur défunte mère, ni à proximité, entretenaient avec celle-ci des liens réguliers. En conséquence, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par les requérants en raison du décès de leur mère en l'évaluant à 5 000 euros pour chacun d'eux, soit, après application du taux de perte de chance de 94 %, à la somme de 4 700 euros chacun.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier Bretagne Sud doit être seulement condamné à verser à chacun des requérants la somme de 5 969,63 euros en réparation de leurs propres préjudices respectifs.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Bretagne Sud le versement à chacun des requérants de la somme 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
16. En revanche, en l'absence de dépens exposés par les parties dans la présente instance, leurs conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier Bretagne Sud versera aux ayants droit de Mme A D la somme globale de 13 000 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Le centre hospitalier Bretagne Sud versera à Mme E D, à Mme C D et à M. B D, la somme de 5 969,63 euros chacun en réparation de leurs préjudices respectifs.
Article 3 : Le centre hospitalier Bretagne Sud versera à Mme E D, à Mme C D et à M. B D, la somme de 500 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à Mme C D, à M. B D, au centre hospitalier Bretagne Sud et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Labouysse, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
D. Labouysse
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026