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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2206595

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2206595

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2206595
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B contestant le refus de la CAF des Côtes-d'Armor de lui accorder une remise gracieuse sur un indu de prime d'activité de 2 434,83 euros. Le juge a rappelé que, sur le fondement de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, une remise peut être accordée en cas de bonne foi ou de précarité. Si la bonne foi de M. B n'était pas contestée, il n'a pas démontré être dans l'incapacité de rembourser sa dette, faute de justifier de ses charges. Par conséquent, le tribunal a estimé que la situation ne justifiait pas une remise et a rejeté la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 décembre 2022 et 7 mai 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor a rejeté sa demande tendant à la remise gracieuse d'un indu de prime d'activité d'un montant de 2 434,83 euros.

Il soutient que cet indu résulte d'une erreur dont il n'est pas responsable et qu'il est donc de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, la CAF des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- l'indu en litige est fondé ;

- la situation du requérant ne justifiait pas qu'une remise lui soit accordée, M. B n'établissant pas davantage à l'appui de sa requête qu'il serait dans l'incapcité de rembourser sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,

- et les observations de Mme C représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 décembre 2022 par laquelle la CAF des Côtes-d'Armor a rejeté sa demande tendant à la remise gracieuse d'un indu de prime d'activité d'un montant de 2 434,83 euros.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. En l'espèce, d'une part, si le requérant fait valoir que l'indu dont il est redevable résulterait d'une erreur administrative doint il n'est pas responsable, cette circonstance, à la supposer établie, ne saurait lui conférer le droit de conserver les sommes indument perçues au titre de la pirme d'activité et de placer par ailleurs la CAF dans l'obligation de lui accorder une remise gracieuse, même partielle.

5. D'autre part, en dépit de la lettre du 18 avril 2024, dont il a accusé réception le 25 avril suivant, par laquelle le tribunal l'a invité à produire les justificatifs de ses ressources et de ses charges, M. B, dont la bonne foi n'est pas mise en cause, se borne à produire les justificatifs de ses seules ressources, composées de son salaire mensuel et des indemnités journalières perçues par sa conjointe, d'un montant total mensuel moyen de 2 558 euros, et n'établit dès lors pas qu'il ne serait pas en mesure de rembourser sa dette. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé, dans ces conditions, à demander l'annulation de la décision du 20 décembre 2022.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejeté

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du travail, des solidarités et de la santé.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne à la ministre du travail, des solidarités et de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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