LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300614

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300614

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300614
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. et Mme C contestant la décision de la CAF d'Ille-et-Vilaine du 7 décembre 2022, qui leur accordait une remise partielle d'un indu de prime d'activité de 3 072,50 euros, ramené à 1 536,25 euros. Le tribunal a estimé que la décision attaquée était suffisamment motivée, la CAF n'étant pas tenue de détailler le solde de la dette. Il a également jugé que la situation de bonne foi et les difficultés financières invoquées par les requérants ne justifiaient pas une remise totale, la remise partielle accordée étant proportionnée. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de la sécurité sociale relatives à la prime d'activité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2023, M. B C et Mme A C demandent au tribunal d'annuler la décision du 7 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine ne lui accordé qu'une remise partielle d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de 3 072,50 euros en la ramenant à une somme de

1 536,25 euros.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation dès lors que la CAF n'explique pas l'écart de 845,37 euros qu'il y a entre le montant de la notification de dette et celui affiché dans leur espace personnel ;

- ils sont de bonne foi ;

- leur situation financière ne leur permet pas de rembourser l'indu mis à leur charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,

- et les observations de Mme D représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C bénéficiaient d'un droit à la prime d'activité depuis leur demande du 19 septembre 2021 où ils déclaraient être mariés depuis le 11 août 2014 et respectivement être salarié depuis le 1er juillet 2021 pour M. C et sans activité depuis le 19 juin 2021 pour Mme C. Le couple a également bénéficié de l'allocation de logement familiale à la suite de leur demande formulée en septembre 2021. A la suite d'une déclaration faite par M. C le 19 octobre 2022, dans laquelle il mentionne avoir perçu des revenus fonciers au titre de l'année 2020 pour un montant de 5 198 euros, la CAF d'Ille-et-Vilaine a procédé à la régularisation du dossier allocataire du couple en y intégrant les revenus fonciers dans le calcul de leur prime d'activité pour la période de décembre 2021 à septembre 2022. De cette régularisation a découlé trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 4 077,82 euros pour cette période, un rappel de droit d'allocations familiales d'un montant de 914,31 euros pour la période de janvier à septembre 2022 et un rappel de droits à l'allocation de rentrée scolaire d'un montant de 392,05 euros pour le mois d'août 2022. En conséquence, le 19 octobre 2022, Mme et

M. C se sont vus réclamer la somme de 2 771,46 euros. Une nouvelle régularisation du dossier de M. C a été faite à la suite de sa déclaration indiquant qu'il est au chômage. Un rappel de droits de prime d'activité de 91,01 euros au titre du mois de septembre 2022 a été affecté à son indu de prime d'activité. A la suite d'une transmission de demande d'aide au logement et d'une déclaration de situation la CAF a procédé à une nouvelle régularisation du dossier de M. et de Mme C et il en est ressorti un rappel de droit à l'allocation de logement familiale d'un montant de 695 euros pour la période de juin 2022 à octobre 2022, un trop-perçu de prime d'activité de 182,02 euros pour la période de septembre 2022 à octobre 2022 et un droit à l'aide personnalisée au logement d'un montant de 143 euros pour le mois de novembre 2022. Le

trop-perçu notifié le 19 octobre 2022 a été annulé et la somme de 182,02 euros a été affecté au trop-perçu de prime d'activité le soldant en totalité. M. et Mme C ont sollicité une remise gracieuse de la CAF concernant l'indu de prime d'activité IM3 002 d'un montant de

3 072,50 euros. Par une décision en date du 7 décembre 2022, la CAF d'Ille-et-Vilaine leur a accordé une remise partielle de leur dette en la ramenant à une somme de 1 536,25 euros.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur le défaut de motivation :

3. Il résulte de l'instruction que tant la décision de notification de l'indu que la décision contestée comportent l'ensemble des motifs de fait et de droit qui les fondent ainsi que l'origine des indus dont l'indu de prime d'activité permettant ainsi à M. et à Mme C de connaître le fondement de leur dette. Par ailleurs, la CAF n'était pas tenue d'indiquer le solde de l'indu, dès la notification d'indu et de refus de remise de dette mais uniquement le montant de cette dernière ainsi que son origine. Si M. et Mme C souhaitaient avoir plus de renseignement sur l'état de leur dette, il leur était loisible de solliciter ces précisions auprès des services de la CAF.

Sur le bienfondé de l'indu de prime d'activité :

4. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article L. 842-3 du même code dispose que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Selon l'article L. 842-4 de ce même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Enfin, aux termes de l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale : " () III. - Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte sont celles perçues au cours du mois considéré. Toutefois, les revenus imposables mentionnés au 5° de l'article L. 842-4 pris en compte sont égaux au douzième de ceux de l'avant-dernière année civile précédant celle du mois étudié ".

5. Il résulte de l'instruction que l'origine de l'indu résulte de l'absence d'indication des revenus fonciers du couple lors de leur première déclaration afin de permettre à la CAF de procéder à un calcul correspondant à leur situation effective. Ce n'est qu'en réponse à une demande de la CAF que le couple a déclaré 5 198 euros de bénéfices fonciers au titre de l'année 2020. Par suite, et compte tenu du calcul qu'impose le 5° de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale, la CAF a pu à bon droit réclamer la somme qui leur a été indûment versée. Par ailleurs contrairement à ce que soutiennent les requérants, le montant du solde de l'indu en litige correspond à la somme après l'affectation de tous les rappels de droit du couple compte tenu de l'évolution de leur situation personnelle tandis que la somme évoquée dans la requête correspond aux dernières régularisations effectuées le 20 octobre 2022 et le 24 novembre 2022. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que le solde de l'indu soit erroné.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à contester le bien-fondé de l'indu de prime d'activité en litige.

Sur la demande de remise de dette :

7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'acticité est récupéré par l'organisme chargé de son service " et aux termes du septième alinéa de cet article : " La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

8. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

9. S'il résulte de l'instruction que la bonne foi des requérants doit être reconnue, les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale précité ne créent aucun droit à remise de dette au profit des attributaires de ces aides qui sont débiteurs des sommes qui leur ont été indûment versées, alors même que l'indu résulterait d'une erreur du service. Il y a donc lieu d'étudier l'éligibilité de l'allocataire à une remise supplémentaire au regard de la condition citée au paragraphe précédent tenant à la précarité du débiteur.

10. En l'espèce, les requérants se bornent à soutenir qu'ils sont de bonne foi sans argumenter sur leur situation financière et n'apportent aucun élément probant sur le montant de leurs ressources et de leurs charges à compter de l'année 2024 afin de permettre au juge d'apprécier leur état d'impécuniosité en dépit de la demande du tribunal en ce sens. Ainsi, M. et

Mme C ne justifient pas être dans une situation de précarité telle qu'ils seraient dans l'incapacité de rembourser l'indu mis à leur charge. Par suite, ils ne sont pas fondés à solliciter du tribunal qu'il leur accorde une remise de leur dette.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à Mme A C et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions