mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300794 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2023, Mme D A B forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 2 février 2023 par la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor tendant au recouvrement de la somme de 244,98 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement ;
Elle soutient que :
- elle n'a pas été en mesure de récupérer ses mises en demeure suite à son accident de travail survenu le 19 janvier 2022 qui lui occasionne des douleurs lombaires qui l'empêchent de se déplacer et donc de récupérer son courrier ;
- elle est de bonne foi ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle n'est pas motivée ;
- la demande de remise gracieuse est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un recours préalable obligatoire ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme C représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B bénéficiait d'un droit à l'aide personnalisée au logement. A la suite d'un constat d'incohérences relevé dans le cadre d'un contrôle de sa situation Mme A B s'est vue réclamer la somme de 244,98 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement. Plusieurs mises en demeure de payer l'indu lui ont été envoyées le 4 août 2022, le
10 octobre 2022 et le 12 décembre 2022, et à défaut de paiement de sa part, la CAF des
Côtes-d'Armor a émis à son encontre le 2 février 2023 une contrainte tendant au recouvrement de la somme de 244,98 euros au titre de l'indu d'aide personnalisée au logement. Mme A B forme opposition contre cette contrainte.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Selon l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine (). Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service (). L'article L. 161-1-5 du [code de la sécurité sociale] est applicable pour le recouvrement des sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active (). ".
3. D'autre part, l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation prévoit : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".
4. Dans le cadre d'une opposition à contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance.
5. En l'espèce, la requérante se borne à soutenir que les mises en demeure de la contrainte en litige ont dû être jeté avec les courriers publicitaires qu'elle a dû recevoir à son domicile dès lors qu'elle a été dans l'incapacité de se déplacer pour consulter son courrier en raison de ses douleurs lombaires. Une telle argumentation ne remet nullement en cause le principe, sur la quotité et l'exigibilité de la créance. Par suite Mme A B n'est pas fondée à former opposition contre la contrainte émise à son encontre.
Sur la demande de remise de dette :
6. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation au recouvrement des sommes indument versées au titre de l'aide personnalisée au logement : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".
7. A supposer qu'au travers des termes de sa requête, Mme A B ait entendu solliciter une demande de remise gracieuse, elle ne justifie pas avoir formé une telle demande à la CAF préalablement à la saisine du juge en dépit de la demande en ce sens faite par la juridiction.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B à la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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