mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300836 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2023, M. A D demande au tribunal (dans le dernier état de ses écritures) :
1°) d'annuler la décision du 24 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Finistère ne lui accordé qu'une remise partielle de sa dette d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 176 euros en la ramenant à une somme de
132 euros ;
2°) et de lui accorder une remise totale de sa dette.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge et que son loyer a encore augmenté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, la caisse d'allocations familiales du Finistère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Descombes, président-rapporteur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D bénéficiait d'un droit à l'aide personnalisée au logement depuis sa demande de janvier 2000. Il s'est déclaré comme vivant maritalement avec Mme C dont le chômage est indemnisé depuis le 24 août 2021. A la suite d'un contrôle de la situation de chômage de Mme C B a constaté que son chômage était indemnisé depuis le
7 décembre 2021. La prise en compte de cette information a engendré un nouveau calcul de droit et a entraîné un trop-perçu d'aide personnalisée au logement sans application de l'abattement de 30 % sur les revenus d'activité à compter de décembre 2021. M. D s'est alors vu réclamer la somme de 176 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement. Par une lettre en date du 1er décembre 2022, il a sollicité de B une remise de sa dette. Par une décision en date du 24 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales ne lui a accordé qu'une remise partielle de cette dette en la ramenant à un montant de 132 euros. M. D demande l'annulation de cette décision et de lui accorder la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation au recouvrement des sommes indument versées au titre de l'aide personnalisée au logement : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. S'il résulte de l'instruction que la bonne foi de M. D doit être reconnue en défense, les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale précité ne créent aucun droit à remise de dette au profit des attributaires de ces aides qui sont débiteurs des sommes qui leur ont été indûment versées, alors même que l'indu résulterait d'une erreur du service. Il y a donc lieu d'étudier l'éligibilité de l'allocataire à une remise supplémentaire au regard de la condition citée au paragraphe précédent tenant à la précarité du débiteur.
5. En l'espèce, en se bornant à soutenir que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge, alors que, d'une part, cela ne résulte pas de l'instruction et que, d'autre part, il n'apporte aucun élément sur le montant de ses revenus et de ses charges à compter de l'année 2024 en dépit de la demande en ce sens du tribunal, M. D ne justifie pas être dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'indu mis à sa charge. Par suite, il n'est pas fondé à solliciter du tribunal qu'il lui accorde une remise supplémentaire de sa dette d'aide personnalisée au logement.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la caisse d'allocations familiales du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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