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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300882

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300882

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300882
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme B qui contestait la décision de la CAF du Morbihan de ne lui accorder qu’une remise partielle d’un indu de prime d’activité de 474,30 euros, ramené à 237,15 euros. La requérante demandait une remise totale de sa dette en invoquant sa bonne foi et sa situation financière difficile. Le tribunal, statuant en plein contentieux, a estimé que si la bonne foi de Mme B était reconnue, elle ne justifiait pas d’une situation de précarité suffisante pour justifier une remise supplémentaire, faute d’éléments probants sur ses revenus et charges. La décision s’appuie sur l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable à la prime d’activité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 février 2023, Mme C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 Février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Morbihan ne lui accordé, avec son conjoint, qu'une remise partielle de leur dette d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de 474,30 euros en la ramenant à une somme de 237,15 euros ;

2°) et de lui accorder une remise totale de sa dette.

Elle soutient que

- elle est de bonne foi l'erreur à l'origine de l'indu ne provient pas de son fait ;

- la situation financière de son couple ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge et que son loyer a encore augmenté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Descombes, président-rapporteur.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B bénéficiait d'un droit à la prime d'activité depuis sa demande de 20 octobre 2022. Le regroupement par la CAF de son dossier avec celui de son conjoint, M. A a engendré un changement dans les droits de Mme B à compter du 1er septembre 2022, et a entraîné un trop-perçu de prime d'activité. Mme B a alors sollicité la remise de la somme de 474,30 euros correspondant à une dette de prime d'activité. Par une décision en date du 8 février 2023 la caisse d'allocations familiales n'a accordé au couple qu'une remise partielle de cette dette en la ramenant à un montant de 237,15 euros. Mme B demande l'annulation de cette décision et de lui accorder une remise totale de cette dette.

2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation au recouvrement des sommes indument versées au titre de l'aide personnalisée au logement : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. S'il résulte de l'instruction que la bonne foi de la requérante doit être reconnue en défense, les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale précité ne créent aucun droit à remise de dette au profit des attributaires de ces aides qui sont débiteurs des sommes qui leur ont été indûment versées, alors même que l'indu résulterait d'une erreur du service. Il y a donc lieu d'étudier l'éligibilité de l'allocataire à une remise supplémentaire au regard de la condition citée au paragraphe précédent tenant à la précarité du débiteur.

5. En l'espèce, en se bornant à soutenir que la situation financière de son couple ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge, alors que d'une part, cela ne résulte pas de l'instruction, et que, d'autre part, elle n'apporte aucun élément sur le montant de leurs revenus et de leurs charges à compter de l'année 2024 en dépit de la demande en ce sens du tribunal, Mme B ne justifie pas que son couple soit dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'indu mis à sa charge. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter du tribunal qu'il lui accorde une remise supplémentaire de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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