mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301535 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 mars 2023 et 2 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Côtes-d'Armor a rejeté sa demande tendant à la remise gracieuse du solde, d'un montant de 1 950,10 euros, d'un indu de prime d'activité d'un montant d'un montant initial de 4 257,06 euros.
Elle soutient que :
- cette créance ne lui a jamais été notifiée ;
- son fils n'était pas en apprentissage mais à sa charge exclusive ainsi que la conjointe de celui-ci et leur la fille née en 2015 ;
- elle n'a jamais perçu de pension vieillesse et a dû de surcroît rembourser la pension d'invalidité prise en compte par la CAF ;
- cette créance est en outre erronée dans son montant ;
- elle avait bien droit à la prime d'activité ;
- cette action en recouvrement est en tout état de cause prescrite ;
- elle est de bonne foi et n'est pas en mesure de rembourser sa dette.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 17 juin 2024 et 16 août 2024, la CAF des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu est fondé et résulte de la prise en compte de la pension d'invalidité et de la pension vieillesse que Mme B avait omis de déclarer ;
- les motifs de ce trop-perçu ont été portés à la connaissance de Mme B à l'occasion d'un précédent contentieux ;
- le recouvrement de cette créance n'est pas prescrit ;
- son origine et la situation de la requérante ne justifiait pas une remise complémentaire à celle qui lui a déjà été accordée, à hauteur de 25 % du montant initial de sa dette, par une décision du 13 juin 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme C, représentant la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La requérante demande au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la CAF des Côtes-d'Armor a rejeté sa demande tendant à la remise gracieuse du solde, d'un montant de 1 950,10 euros, d'un indu de prime d'activité d'un montant initial de
4 257,06 euros.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. En premier lieu, la requérante, qui se borne explicitement à solliciter dans sa requête la remise gracieuse de l'indu en litige, ne peut, par suite, utilement soutenir que cette créance ne lui aurait jamais été notifiée, ce qui en tout état de cause et au surplus est inexact dès lors qu'elle en a elle-même sollicité la remise gracieuse à la suite de la décision initiale d'indu en date du 19 avril 2018, que son fils n'aurait pas été en apprentissage mais à sa charge exclusive ainsi que sa conjointe et leur fille, ce moyen étant en tout état de cause et au surplus sans incidence sur le bien-fondé de cette créance qui résulte de la prise en compte des ressources non déclarées par Mme B, qu'elle n'aurait n'a jamais perçu de pension vieillesse et qu'elle aurait dû de surcroît rembourser la pension d'invalidité prise en compte par la CAF, ce qu'elle n'établit au demeurant nullement. La requérante ne peut davantage soutenir utilement que cette créance serait erronée dans son montant et que l'action en recouvrement serait prescrite.
5. En second lieu, Mme B soutient pour établir sa bonne foi qu'elle n'aurait jamais perçu de pension vieillesse mais une " pension complémentaire " et qu'en tout état de cause elle aurait dû ou devrait la rembourser ainsi que sa pension d'invalidité. Le requérante ne produit néanmoins aucun élément au soutien de ce qu'elle allègue, la créance en litige ayant été décomptée pour la période comprise entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017, et n'explique pas davantage les raisons ayant fait obstacle, ainsi que le fait valoir en défense la CAF, à ce qu'elle déclare ses pensions, alors même qu'elle aurait dû par la suite les restituer, et à ce qu'elle produise les documents que cette dernière lui a réclamés à fin de régularisation de sa situation. En tout état de cause, l'intéressée ne produit aucun justificatif de ses ressources actuelles en dépit de la lettre du 22 mai 2024 par laquelle le tribunal l'a pourtant invitée à justifier de sa situation financière. Il suit de là que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 janvier 2023.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Côtes-d'Armor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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