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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301539

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301539

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301539
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président Contentieux sociaux
Avocat requérantDESFARGES PIERRE-HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 mars 2023, M. B A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine lui a confirmé la créance de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 2 033,49 euros pour la période comprise entre le 1er septembre 2021 et le 28 février 2022 ;

2°) de le décharger du paiement de cette somme ;

3°) d'enjoindre au département d'Ille-et-Vilaine de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 2 000 euros en application des articles 37 la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine lui a notifié la créance en litige est insuffisamment motivée et n'est de surcroît pas signée de son auteur ;

- la décision en litige, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, ne comporte pas les informations requises par les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le département d'Ille-et-Vilaine ne justifie pas que son auteur aurait reçu délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;

- ni la CAF ni le Département d'Ille-et-Vilaine ne l'ont informé de l'usage du droit de communication mis en œuvre préalablement à la mise en recouvrement de la créance de RSA mise à sa charge ;

- la décision querellée a été prise sans que l'avis de la commission de recours amiable de la CAF soit sollicité et encore moins obtenu ;

- la CAF a violé l'article L. 262-46 alinéa du code de l'action sociale et des familles dès lors que des sommes ont été retenues sur ses prestations dès la notification de sa dette, avant même la fin des délais de recours ;

- les droits de la défense n'ont de surcroît pas été respectés dès lors que :

* les décisions dans le présent litige ne sont pas motivées en droit, ni en fait ; la motivation de la décision querellée n'est pas satisfaisante dans la mesure où elle ne lui permet pas de comprendre les faits qui lui sont reprochés, ni la base du calcul retenue par l'autorité administrative ;

* il n'a pas eu l'occasion de comparaître devant le signataire de la décision pour défendre sa thèse ;

* il n'a pas reçu communication des conclusions du contrôleur, de son rapport, ni des pièces sur lesquelles l'administration fonde ses allégations, de sorte qu'il lui a été impossible de formuler des observations à leur sujet, le recours préalable obligatoire institué par l'article

L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles n'ayant pas permis de remédier à l'absence de procédure contradictoire ;

- en tout état de cause, le fait qu'il procède à un virement entre son compte de cryptomonnaie et son compte bancaire courant n'est pas à l'origine d'un enrichissement ;

- la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine ont manqué à leur devoir d'information à l'origine d'un préjudice financier certain ;

- en s'abstenant d'examiner la réalité de sa situation, le département d'Ille-et-Vilaine a commis une erreur de droit et d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le requérant ne peut utilement soulever des moyens de légalité externe à l'encontre de la décision de la CAF du 17 octobre 2022, dès lors que la décision du 12 décembre 2022 s'y est substituée et qu'elle est seule susceptible d'être contestée ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. À la suite d'un contrôle de sa situation intervenu dans le courant du mois de septembre 2022, la CAF d'Ille-et-Vilaine a constaté que M. A avait perçu des ressources tirées de cryptomonnaies que l'intéressé avait toutefois omis de déclarer au titre de son RSA. Par suite, la CAF a modifié ses droits en conséquence et lui a notifié, par une décision du 17 octobre 2022, une créance de RSA d'un montant de 2 033,49 euros pour la période comprise entre le 1er septembre 2021 et le 28 février 2022. Le requérant demande l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine la lui a confirmée.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.

4. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 que M. A ne peut utilement soutenir que la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine lui a notifié la créance en litige serait insuffisamment motivée et qu'elle ne serait par ailleurs pas signée.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. ". Aux termes de l'article R. 311-3-2-1 du même code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes : / 1° Le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; / 2° Les données traitées et leurs sources ; / 3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; / 4° Les opérations effectuées par le traitement ".

6. En l'espèce, la décision du 12 décembre 2022 ne résulte nullement d'un traitement automatisé du dossier de M. A mais trouve son origine dans le contrôle de sa situation au mois de septembre 2022 et du rapport d'enquête établi en conséquence le 11 octobre 2022. Par suite, l'intéressé ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions citées au point précédent.

7. En troisième lieu, la décision du 12 décembre 2022 a été signée par

Mme Roger-Moigneu, vice-présidente du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, qui avait reçu, par un arrêté du président de ce département du 15 juillet 2021, régulièrement publié, délégation de fonction en matière d'insertion et de lutte contre la pauvreté et délégation de signature s'appliquant aux actes, arrêtés, et décisions afférentes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

9. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales et les caisses de mutualité sociale agricole réalisent les contrôles selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale, pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'elles servent, ainsi que les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire,

celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

10. En l'espèce, il ressort du rapport d'enquête de la CAF précité, établi par un agent assermenté dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, que M. A a été oralement informé du droit de communication mis en œuvre par la CAF alors, en tout état de cause et au surplus, que l'intéressé ne pouvait méconnaître ni la nature ni le montant des ressources tirées de ses cryptomonnaies, cependant non déclarées au titre de son RSA et prises en compte par la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine pour la régularisation de sa situation. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'État. () ". Aux termes de l'article R. 262-89 de ce code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".

12. En l'espèce, il ressort de l'article 3.2 de la convention de gestion du revenu de solidarité active établie le 10 juillet 2017 entre le département et la CAF d'Ille-et-Vilaine que " l'examen des recours administratifs préalables obligatoires (Rapo) () reste de la compétence exclusive du Département ". Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.

13. En sixième lieu, le requérant invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense en raison notamment du défaut de communication des conclusions de l'agent de la CAF ayant procédé au contrôle de sa situation, des pièces sur lesquelles celle-ci et le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine fondent leurs décisions, ainsi que du rapport d'enquête de la CAF en date 11 octobre 2022. Toutefois, si le principe général des droits de la défense prévoit que les décisions individuelles défavorables n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales, le recours administratif préalable obligatoire institué par les articles L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles est destiné à remédier à l'absence de procédure contradictoire en permettant à l'administré de faire valoir ses observations sur la décision défavorable qui lui est opposée. À cet égard, il est constant que M. A a bien introduit un tel recours préalable à l'encontre de la décision initiale précitée de la CAF du 17 octobre 2022 par une lettre du 27 octobre suivant dans laquelle il soutient notamment que les sommes retenues par la CAF au titre de son RSA n'auraient pas à l'être, élément établissant que M. A a bien été informé des motifs de la régularisation de sa situation et de la créance dont il est redevable en conséquence. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à la CAF ni au conseil départemental de communiquer à l'allocataire le rapport d'enquête résultant du contrôle de sa situation, lequel lui a en tout état de cause, et au surplus, été transmis dans le cadre de la présente instance. Par suite, le requérant ne peut soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu.

14. En septième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. À ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

15. En l'espèce, la décision du 12 décembre 2022 indique qu'elle a été prise sur le fondement des articles L. 262-3, R. 262-6, R. 262-7, L. 262-46 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, applicables au cas d'espèce, et que la créance mise à la charge de M. A, d'un montant de 2 033,49 euros pour la période comprise entre les mois de septembre 2021 et février 2022, résulte de la prise en compte au titre des ressources tirées de ses cryptomonnaies pour un montant de 2 556 euros au mois de juillet 2021 et 541 euros au mois de novembre 2021. Cette décision rappelle en outre au requérant que le RSA est une allocation différentielle, versée durant un trimestre, dont le calcul, revu tous les trimestres, est déterminé en prenant en compte l'ensemble des ressources de quelque nature qu'elles soient perçues par le foyer durant le trimestre précédent et conformément aux dispositions des articles L. 262-3, R. 262-6 et R. 262-7 précités. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

16. En huitième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit que l'allocataire redevable d'une créance de RSA soit reçu par le signataire de la décision portant récupération ou confirmation de la créance mise à sa charge.

17. En neuvième lieu, Aux termes de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale : " Les organismes débiteurs des prestations familiales et leur personnel sont au service des allocataires. / Ils sont tenus en particulier : / 1°) d'assurer l'information des allocataires sur la nature et l'étendue de leurs droits ; / 2°) de leur prêter concours pour l'établissement des demandes dont la satisfaction leur incombe. / Ils peuvent également apporter leur concours à leurs allocataires en fin de droit pour l'établissement de dossiers formulés au titre d'autres régimes de protection sociale auprès d'autres organismes. " Aux termes de l'article R. 112-2 du même code : " Avec le concours des organismes de sécurité sociale, le ministre chargé de la sécurité sociale prend toutes mesures utiles afin d'assurer l'information générale des assurés sociaux. / Il établit annuellement dans le cadre des mesures générales de coordination déjà existantes les directives selon lesquelles s'exerce l'action des organismes de sécurité sociale en matière de prévention des accidents du travail. / Il contrôle la réalisation, par les organismes de sécurité sociale, du plan d'action sanitaire et sociale. / Il prend toutes mesures nécessaires à la mise en œuvre de l'action sociale en faveur des personnes âgées. ".

18. En l'espèce, M. A ne peut sérieusement soutenir que la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine auraient manqué à leur devoir d'information dès lors qu'il lui appartenait, en application des dispositions de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles " de faire connaître à l'organisme chargé du service [du RSA] toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ", le requérante n'établissant, ni même ne soutenant d'ailleurs, avoir saisi la CAF d'une demande d'information relative à son obligation de déclaration des ressources tirées de ses cryptomonnaies.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Enfin, l'article R. 262-11 du même dresse la liste des ressources exclues du calcul du RSA.

20. En l'espèce, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1, que la créance en litige résulte de la prise en compte des ressources tirés des cryptomonnaies détenues par M. A, pour un montant de 2 556 euros au mois de juillet 2021 et 541 euros au mois de novembre 2021. Ces ressources n'étant pas de celles exclues du calcul du RSA en application des dispositions de l'article R. 262-11 précité, M. A n'est pas fondé à soutenir que la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine aurait commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation en en tenant compte dans la détermination de ses droits.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans que l'intéressé puisse utilement faire valoir que des sommes ont été retenues sur ses prestations sociales dès la notification de l'indu en litige, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin de décharge, d'injonction et celles présentées au titre des articles 37 la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine et à Me Desfarges.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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