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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301540

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301540

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301540
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a examiné les requêtes de Mme A contestant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année (640,28 euros) et un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle (16 626,07 euros), notifiés par la CAF du Finistère et le département du Finistère. La requérante invoquait notamment le non-respect des dispositions du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) relatives aux traitements algorithmiques, l'absence de procédure contradictoire, et une erreur de fait sur sa résidence en France. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, considérant que les décisions attaquées étaient régulières et fondées sur les textes applicables, notamment les articles L. 262-2 et L. 262-5 du code de l'action sociale et des familles. En conséquence, il a rejeté les demandes d'annulation, de décharge et de remise des dettes, ainsi que les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2023, sous le n° 2301540, Mme E A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Finistère lui a notifié un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 640,28 euros ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme.

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Finistère la somme de 2 000 euros à payer à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision du 18 novembre 2022 ne respecte pas les dispositions des articles

L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) dès lors qu'elle a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique de ses données personnelles et ne comportait pas les informations prévues par l'article R. 311-1-2 du CRPA ;

- la décision en litige méconnaît l'article L. 114-1 du code de la sécurité sociale en tant qu'elle ne l'a pas informé de l'usage du droit de communication des informations la concernant ;

- la décision méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne permet à la CAF de compenser les indus de prime de noël ;

- son droit de la défense a été méconnu en ce qu'elle n'a pas eu le bénéfice d'une procédure contradictoire préalablement à la décision litigieuse contrairement à ce que prévoient les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision d'indu est basée sur une erreur de fait en ce qu'elle n'a jamais perdu sa résidence stable et effective en France.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 25 mars 2024 et le 29 mars 2024, la caisse d'allocations familiales du Finistère conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2023, sous le n° 2301541, Mme E A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 13 décembre 2022 par laquelle le département du Finistère a rejeté son recours préalable obligatoire tendant à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active (RSA) socle d'un montant de 16 626,07 euros au titre de la période du 1er septembre 2020 au 30 juin 2022 ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme en lui accordant une remise totale de sa dette ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la CAF du Finistère de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jour à compter de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département du Finistère la somme de 2 000 euros à payer à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision du 18 novembre 2022 ne respecte pas les dispositions des articles

L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) dès lors qu'elle a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique de ses données personnelles et ne comportait pas les informations prévues par l'article R. 311-1-2 du CRPA ;

- la décision en litige est insuffisamment motivée ;

- la décision en litige méconnaît l'article L. 114-1 du code de la sécurité sociale en tant qu'elle ne l'a pas informé de l'usage du droit de communication des informations la concernant ;

- la décision méconnaît les articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été saisie pour avis ;

- la décision méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, son droit de la défense a été méconnu en ce qu'elle n'a pas eu le bénéfice d'une procédure contradictoire préalablement à la décision litigieuse et n'a pu avoir accès au conclusion du contrôleur ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle applique mal les dispositions des articles L. 262-2 et L. 262-5 du code de l'action sociale et des familles ;

- la décision d'indu est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle n'a jamais perdu sa résidence stable et effective en France ;

- elle est de bonne foi ;

- sa situation est précaire, elle ne peut rembourser l'indu en tant que tel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, le département du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.

III. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2023, sous le n° 2303408, Mme E A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 13 mars 2023 par laquelle le département du Finistère a rejeté son recours préalable obligatoire tendant à contester le bien-fondé de ses indus notifiés par la décision du 18 novembre 2022 ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme en lui accordant une remise totale de sa dette ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Finistère la somme de 2 000 euros à payer à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision du 18 novembre 2022 ne respecte pas les dispositions des articles

L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration (CRPA) dès lors qu'elle a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique de ses données personnelles et ne comportait pas les informations prévues par l'article R. 311-1-2 du CRPA ;

- la décision en litige est insuffisamment motivée ;

- la décision litigieuse n'est pas signée et ne comporte pas l'identité de son auteur ;

- la décision est fondée sur un contrôle irrégulier dès lors qu'il n'est pas établi que l'agent était assermenté conformément à l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale ;

- la décision en litige méconnaît l'article L. 114-1 du code de la sécurité sociale en tant qu'elle ne l'a pas informé de l'usage du droit de communication des informations la concernant ;

- la décision méconnaît les articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été saisie pour avis ;

- la CAF n'a pas communiqué le décompte de l'indu en litige ;

- la décision méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, son droit de la défense a été méconnu en ce qu'elle n'a pas eu le bénéfice d'une procédure contradictoire préalablement à la décision litigieuse et n'a pu avoir accès au conclusion du contrôleur ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle applique mal les dispositions des articles L. 841-1 et R. 842-1-5 du code de la sécurité sociale ;

- la décision d'indu est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle n'a jamais perdu sa résidence stable et effective en France ;

- la CAF n'a pas respecté son obligation d'information ;

- elle est de bonne foi ;

- sa situation est précaire, elle ne peut rembourser l'indu en tant que tel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, la caisse d'allocations familiales du Finistère conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.

IV. Par une requête, enregistrée le 20 mars 2023, sous le n°2306399, Mme E A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'amende administrative en date du 23 novembre 2023 que lui a infligé le département du Finistère d'un montant de 4 988 euros ;

3°) de la décharger du paiement de cette somme en lui accordant une remise totale de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Finistère la somme de 2 000 euros à payer à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'amende est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission ne lui a pas été communiqué ;

- la CAF a manqué à son devoir d'information ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation en ce que l'intention frauduleuse n'est pas établie ;

- elle est de bonne foi ;

- sa situation est précaire, elle ne peut rembourser l'indu en tant que tel.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 21 mars 2024, le département du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- décret n°2021-1657 du 15 décembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. " Par une décision du 23 février 2023, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale si bien que ses conclusions tendant à ce qu'elle soit admise provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.

Sur la jonction :

2. Les requêtes, enregistrés sous les nos 2301540, 2301541, 2303408 et 2306399, concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Mme A bénéficiait d'un droit au RSA, à la prime d'activité et, au titre de ces aides elle a aussi bénéficié de la prime de noël. A la suite d'un contrôle de sa situation personnelle, il a été relevé qu'elle ne résidait plus en France depuis le 1er septembre 2020. Mme A s'est vue réclamer la somme totale de 22 448,28 euros au titre d'un indu de RSA du 1er septembre 2020 au 20 juin 2022 d'un montant de 16 626,07 euros, d'un indu de prime d'activité pour la période du 1er avril au 30 juin 2022 d'un montant de 2 131,11 euros, d'un indu de prime de noël versée au titre des années 2020 et 2021 d'un montant de 640,28 euros et d'un indu d'allocations familiales d'un montant de 3 051,82 euros. Par une lettre en date du 26 novembre 2022, Mme A a contesté les indus ainsi notifiés et sollicité de la CAF une remise de sa dette. S'agissant du RSA le département du Finistère a rejeté son recours par une décision du 13 décembre 2022. Le recours contre les indus de primes exceptionnelles a également été rejeté. S'agissant de la prime d'activité la CAF du Finistère a rejeté son recours par une décision du 13 mars 2023. Une amende administrative a été émise à son encontre le 23 novembre 2023. Mme A demande l'annulation de toutes ces décisions et de lui accorder une remise totale de sa dette et de la décharger du paiement de l'amende administrative.

S'agissant de l'office du juge saisi d'une contestation de bien-fondé d'une décision

d'indu :

4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

S'agissant de la requête n° 2301541 :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-13 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. / Le conseil départemental peut déléguer l'exercice de tout ou partie des compétences du président du conseil départemental en matière de décisions individuelles relatives à l'allocation aux organismes chargés du service du revenu de solidarité active mentionnés à l'article L. 262-16. ".

6. La décision litigieuse du 13 mars 2022 a été signée par Mme C D. Il résulte de l'instruction que Mme C D, directrice de l'économie, de l'insertion et du logement, a reçu délégation de M. B, directeur général et lui-même ayant eu délégation de la part du président du conseil départemental par arrêté du 7 janvier 2022 pour : " l'exécution () des programmes entrant dans la compétence de la direction ". Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation :

7. En l'espèce, la décision en litige indique les motifs de fait et de droit sur lesquels elle se fonde. La décision indique ainsi le montant de l'indu en litige ainsi que la période y afférente et le motif de rejet du recours. Par suite, la décision comporte les considérations de fait et de droit permettant à Mme A de comprendre les faits qui lui sont reprochés ainsi que les motifs de droit de la décision. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du traitement algorithmique du dossier administratif de Mme A :

8. Aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. () " .

9. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions qu'elles ne s'appliquent que lorsqu'un traitement algorithmique a fondé, en tout ou partie, une décision individuelle. Ainsi, à supposer même qu'un traitement algorithmique de données ait eu une incidence sur le déclenchement du contrôle de la situation de Mme A, il résulte de l'instruction que le contrôle a été effectué par un agent assermenté, sur pièces et après échanges avec la coopération de l'intéressée, de sorte que la décision notifiant l'indu ne résulte pas elle-même d'un traitement algorithmique de données. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311 3 1-2 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant.

En ce qui concerne le défaut d'information concernant le droit de communication de la CAF :

10. Aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande. ".

11. Mme A soutient qu'elle n'a pas été informée de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus par la caisse d'allocations familiales dans le cadre du droit de communication qu'elle a exercé auprès de tiers. Toutefois, il résulte de l'instruction que

Mme A a été informée de ce droit par un courrier en date du 5 octobre 2022 ainsi que de la possibilité qui lui est octroyée de consulter les documents ayant servi à l'enquête. A la suite d'une demande d'information par Mme A, la CAF lui a communiqué les documents qu'elle a souhaité consulter par son courrier du 7 décembre 2022. Par suite, le moyen tiré du manque de garantie dans la procédure d'enquête manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de consultation de la commission amiable :

12. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". L'article R. 262-89 du même code prévoit : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

13. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.

14. En l'espèce, il n'est pas établi par le département que la saisine de la commission de recours amiable n'ait pas un caractère obligatoire au cas d'espèce faute d'avoir produit la convention de gestion avec la CAF. Il résulte de l'instruction que le département ne conteste pas ne pas avoir saisi la commission de recours amiable par suite la décision en litige a été prise selon une procédure irrégulière.

15. Toutefois, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.

16. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'origine des indus en litige résultent du fait que Mme A a effectué des séjours prolongés à l'étranger. Mme A a saisi la commission de recours amiable à plusieurs reprises afin de contester le bien-fondé des indus, laquelle a rejeté à chaque reprise ses recours et confirmé les indus et en particulier l'absence de droit aux prestations fournies par la CAF compte tenu de ses séjours à l'étranger. Par suite et dans les circonstances de l'espèce, s'il est vrai que la commission de recours amiable ne semble pas avoir été saisie dans le cas d'espèce il ne résulte pas de l'instruction qu'une éventuelle saisine de ladite commission aurait eu une influence sur le sens de la décision attaquée, et aurait eu une garantie pour la requérante dès lors que cette dernière a déjà rejeté ses recours au même motif tiré de l'absence de situation stable et effective de la requérante en France. Par ailleurs, si la commission est saisie pour avis c'est au président du conseil départemental que revient de prendre la décision finale suite au recours administratif préalable obligatoire. Ainsi il n'apparaît pas que l'absence de saisine de la commission aurait pour effet de priver le président du conseil départemental de sa compétence. Par suite, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission de recours amiable doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du non-respect du droit de la défense :

17. Mme A soutient que son droit à la défense n'a pas été respecté dans la prise de la décision en litige. Toutefois, d'une part, ni la CAF ni le département ne sont des juridictions au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, la décision querellée de récupération d'un indu de RSA n'est pas une sanction. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait intervenue au terme d'une procédure de contrôle par la CAF méconnaissant les droits de la défense dont le respect est garanti par les stipulations de cet article au-delà de manquer en fait est en tout état de cause inopérant.

En ce qui concerne les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur de fait :

18. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et de familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-5 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-35 du même code : " Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 262-40 du même code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / 1° Dans les délais fixés à l'article R. 262-35 lorsque les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies () ".

19. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ".

20. Il résulte de ces dispositions qu'il peut être mis fin au bénéfice du revenu de solidarité active lorsque l'allocataire cesse de remplir les conditions d'ouverture du droit, notamment s'il ne justifie plus résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier cette condition de résidence, il y a lieu de tenir compte du logement de l'intéressé, de ses activités ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée des éventuels séjours à l'étranger qu'il aurait effectués dans un passé récent ainsi que de ses liens personnels et familiaux. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

21. En l'espèce, il résulte de l'instruction et tout particulièrement du rapport d'enquête du 25 octobre 2022 établi par un agent assermenté de la CAF que Mme A ne résidait plus sur le territoire français depuis le 1er septembre 2020. Ce rapport d'enquête s'appuie notamment sur les passeports de l'ensemble de la famille de la requérante au sein desquels figurent les cachets d'entrées et de sorties des pays et lesquels indiquent qu'ils sont entrés au Mexique le 1er septembre 2020 et ne sont pas revenus en France depuis cette date. Les réseaux sociaux de la requérante indique qu'elle produit des services de " coatching " par internet et déclare elle-même vivre au Costa-Rica. En outre, le contrôle fait état de dépense d'argent à l'étranger et de l'enseignement de leur enfant au sein de leur famille. Enfin, il résulte de ce même rapport d'enquête que Mme A a reconnu la véracité des constatations du rapport d'enquête. Les éléments du rapport d'enquête ne sont pas sérieusement contestés. Par suite Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision d'indu de RSA est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête

n° 2301541 doivent être rejetées.

S'agissant de la requête n° 2303408 :

Sur la régularité de la décision attaquée :

En ce qui concerne la compétence, l'identité et la signature de l'auteur de la décision du 13 mars 2023 :

23. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales a, par sa délibération en date du 24 mars 2022, délégué à la commission de recours amiable son pouvoir en matière de décision et de réclamation formées contre les décisions de la CAF notamment en matière de prime d'activité en application du troisième alinéa de l'article R. 142-4 du code de la sécurité sociale. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 13 mars 2023 doit être écarté.

24. En second lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

25. En l'espèce, la décision contestée du 13 mars 2023 contient en caractère lisible, le nom, le prénom et la qualité ainsi que la signature de son auteur. La circonstance qu'elle soit composée de deux actes : l'un contenant les motifs de la décision et l'autre comprenant l'identité de son auteur ainsi que les voies et les délais de recours contentieux sont sans incidence sur la légalité de la décision que ces deux actes représentent. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation :

26. En l'espèce, la décision en litige indique les motifs de fait et de droit sur lesquels elle se fonde. La décision indique ainsi le montant de l'indu en litige ainsi que la période y afférente et le motif de rejet du recours. Par suite, la décision comporte les considérations de fait et de droit permettant à Mme A de comprendre les faits qui lui sont reprochés ainsi que les motifs de droit de la décision. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne l'agrément et l'assermentation de l'agent ayant procédé au contrôle de Mme A :

27. En l'espèce, Il résulte de l'instruction que l'agent de la CAF du Morbihan ayant procédé au contrôle de la situation de Mme A a été assermenté le 24 octobre 2014 et agréé par la décision du 24 juillet 2014 ainsi que le prouve la CAF en défense. Cet agent était en conséquence habilité à effectuer ledit contrôle et ses constatations font foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale. Par suite, le moyen tiré de ce que la preuve de cette assermentation ne serait pas apportée doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information quant au droit à communication de la CAF :

28. Il résulte de ce qui a été dit aux points 10 et 11 du présent jugement que ce droit n'a pas été irrégulièrement exercé et son utilisation par les services de la CAF n'a pas privé

Mme A d'une garantie. Ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen portant sur le traitement algorithmique du dossier administratif de Mme A :

29. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 et 9 du présent jugement qu'un tel moyen ne saurait prospérer en l'espèce.

En ce qui concerne le défaut de saisine de la commission de recours amiable :

30. En l'espèce un tel moyen manque en fait dès lors que la décision du 13 mars 2023 a été prise par ladite commission au titre de la délégation de compétence que lui a octroyée la CAF.

Sur le non-respect du droit de la défense :

31. Mme A soutient que son droit à la défense n'a pas été respecté dans la prise de la décision en litige en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, d'une part, ni la CAF ni le département ne sont des juridictions au sens de ces stipulations, et, d'autre part, la décision querellée de récupération d'un indu de prime d'activité n'est pas une sanction. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait intervenue au terme d'une procédure de contrôle par la CAF méconnaissant les droits de la défense dont le respect est garanti par les stipulations de cet article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est en tout état de cause inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de décompte de la décision du 13 mars 2023 :

32. Le moyen tiré de ce que la décision du 13 mars 2023 ne comporte pas les mentions définies au I de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale est inopérant dès lors que cette décision n'a pas le caractère de la " notification " d'un indu au sens de ces dispositions. Le vice de forme allégué à ce titre doit dès lors être écarté.

Sur le bien-fondé de l'indu de prime d'activité :

33. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 842-1 du même code : " Pour l'application de l'article L. 842-1, est considérée comme résidant en France de manière stable et effective la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. / () ".

34. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21, la caisse d'allocations familiales a pu à bon droit réclamer à Mme A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 131,11 euros pour la période du 1er avril 2021 au 31 juin 2022.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information de la CAF :

35. En l'espèce, Mme A ne saurait se prévaloir d'un défaut d'information de la CAF dans la mesure ou toutes les informations relatives aux conditions d'attribution de la prime d'activité sont facilement accessibles sur le site de la CAF. Par ailleurs, et en tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait demandé aux services de la CAF de l'informer des conséquences de son départ à l'étranger sur ses droits à la prime d'activité. Un tel moyen doit dès lors être écarté.

36. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête n°2303408 doivent être rejetées.

S'agissant de la requête n° 2301540 :

Sur la régularité de la décision attaquée :

37. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 7 et 8 que le moyen tiré du traitement algorithmique du dossier administratif de Mme A par la CAF en méconnaissance des dispositions de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant.

38. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le moyen tiré du défaut de communication manque en fait et doit être écarté.

39. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A ne bénéficie plus de la prime de noël depuis l'apparition des indus litigieux et par conséquent elle ne peut reprocher à la CAF de faire des retenues sur des prestations dont elle n'a plus droit depuis le 18 novembre 2022. Ainsi ce moyen est inopérant et doit être écarté.

40. En dernier lieu, Mme A soutient que son droit à la défense n'a pas été respecté dans la prise de la décision en litige. Toutefois, d'une part, la CAF n'est pas une juridiction au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, la décision querellée de récupération d'un indu de prime de noël n'est pas une sanction. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait intervenue au terme d'une procédure de contrôle par la CAF méconnaissant les droits de la défense dont le respect est garanti par les stipulations de cet article est en tout état de cause inopérant.

Sur le bien-fondé de l'indu de prime de noël :

41. Aux termes de l'article 3 décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul ". Et aux termes de l'article 1er et du décret n°2021-1657 du 15 décembre 2021, l'aide exceptionnelle de fin d'année est versée aux personnes qui perçoivent le RSA au titre du mois de novembre ou à défaut au mois de décembre 2021, sous réserve que le montant dû au titre des périodes ne soit pas nul.

42. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 21 que Mme A n'avait plus droit au RSA depuis son départ à l'étranger et qu'elle n'avait à ce titre pas droit au bénéfice de la prime de noël. Par suite, c'est à bon droit que la CAF a pu prendre la décision en litige.

43. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête

n° 2301540 doivent être rejetées.

S'agissant de la requête n° 2306399 :

44. En premier lieu, Mme A soutient que la commission des pénalités administratives n'a pas été saisie en méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-17 et

L. 114-17-2 du code de la sécurité sociale. Toutefois, Mme A a fait l'objet d'une amende administrative par conséquent le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission des pénalités est inopérant.

45. En deuxième lieu, d'une part, Mme A soutient qu'elle n'avait pas été informée par la CAF, de l'obligation de déclarer ses déplacements à l'étranger, pour soutenir qu'ainsi, la CAF avait manqué à son devoir d'information, en méconnaissance des dispositions du code de la sécurité sociale.

46. Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

47. En application des dispositions précitées, c'est à l'allocataire d'informer la CAF de toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois. Le moyen invoqué doit donc être écarté comme inopérant.

48. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit au point 21 que Mme A a effectué plusieurs séjours à l'étranger sans en informer la CAF et qu'elle a plusieurs fois effectué des déclarations erronées ou incomplète sur la réalité de sa situation personnelle. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A ignorait ses obligations déclaratives et les risques encourues en cas de fausses déclarations dès lors que l'ensemble de ces informations figurent sur le site internet de la CAF du Finistère et est mentionné sur les récépissés de déclaration de changement de situation. Par suite, compte tenu du caractère répété des fausses déclarations alors même que Mme A ne justifie pas avoir des difficultés a effectué des démarches en ligne, elle n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'amende administrative qui lui a été infligée.

49. Enfin, la circonstance qu'elle ne dispose pas de ressources suffisantes est sans incidence sur la régularité ou le bien-fondé de l'amende administrative à défaut de demander une remise gracieuse.

50. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2306399 doivent être rejetées.

Sur les demandes de remises gracieuses :

S'agissant du RSA :

51. Aux termes du neuvième alinéa l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

52. Il résulte de l'instruction que l'indu de RSA résulte d'un comportement frauduleux faisant obstacle à l'octroi d'une remise gracieuse au bénéfice de Mme A. Par suite de telles conclusions ne peuvent être que rejetées.

S'agissant de la prime d'activité :

53. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'acticité est récupéré par l'organisme chargé de son service " et aux termes du septième alinéa de cet article : " La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

54. Ces dispositions font obstacle à ce que Mme A bénéficie d'une remise de sa dette compte tenu du caractère frauduleux de l'origine de son indu de prime d'activité. Ses conclusions à fin de remise gracieuse ne peuvent être que rejetées.

S'agissant de l'amende administrative :

55. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. () ". Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " () Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active. ".

56. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.

57. Ainsi qu'il a été dit au point 20 du présent jugement et ainsi qu'il résulte notamment de l'instruction que Mme A n'a pas déclaré à la caisse d'allocations familiales ses séjours à l'étranger à plusieurs reprises dans ses déclarations trimestrielles, ce faisant la caisse d'allocations familiales a octroyé à tort le bénéfice du RSA à Mme A pour un montant non négligeable. De tels manquements aux obligations déclaratives s'apparentent à de fausses déclarations passibles d'une telle sanction. En application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Le montant de l'amende de 4 988 euros retenu par le département du Finistère est justifié et proportionné à la gravité des faits commis par Mme A.

58. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'amende administrative doivent être rejetées.

Sur les demandes d'injonction :

59. Les motifs du présent jugement n'impliquent aucune mesure d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

60. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que le département du Finistère qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A et son conseil la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

61. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la caisse d'allocations familiales du Finistère présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

62. Il résulte de ce qui précède que les quatre requêtes de Mme A doivent être rejetées en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Les requêtes nos 2301540, 2301541, 2303408 et 2306399 de Mme A sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales du Finistère présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au département du Finistère.

Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet du Finistère en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2301540,

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