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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301681

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301681

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301681
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme A contestant la décision de la CAF du Morbihan de ne lui accorder qu’une remise partielle de 64,80 euros sur un indu d’aide personnelle au logement de 259,18 euros. Statuant en plein contentieux, le tribunal a examiné si une remise complémentaire était justifiée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi de la requérante, conformément aux articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation. Il a estimé que, malgré sa bonne foi non contestée, Mme A disposait d’un reste à vivre mensuel de 1 308 euros pour son foyer, ce qui ne caractérisait pas une incapacité à rembourser le solde de 194,38 euros. En conséquence, le tribunal a jugé que la remise partielle accordée était suffisante et a rejeté la demande d’annulation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 mars 2023 et 20 avril 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 9 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Morbihan ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 64,80 euros, d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 259,18 euros.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et n'est pas en mesure de rembourser sa dette.

La requête a été communiquée à la CAF du Morbihan qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Descombes, président-rapporteur.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande l'annulation de la décision du 9 mars 2023 par laquelle la CAF du Morbihan ne lui a accordé qu'une remise partielle, à hauteur de 64,80 euros, d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 259,18 euros

2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise complémentaire est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une telle remise.

4. En l'espèce, Mme A, dont la bonne foi n'est pas mise en cause, justifie d'un niveau de ressources et de charges mensuelles d'un montant moyen respectif de 2 532 euros (salaire, pensions alimentaires, prestations CAF) et 1 224 euros (loyer, internet et téléphonie, crédits, frais scolaires, eau, énergie, mutuelle, assurance), soit un reste à vivre mensuel pour le foyer qu'elle forme avec ses deux filles d'un montant mensuel de 1 308 euros. Dès lors, Mme A ne saurait être regardée comme n'étant pas en mesure de rembourser le solde de sa dette d'un montant de 194,38 euros à la date d'enregistrement de sa requête. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 mars 2023.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Morbihan.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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