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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2302304

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2302304

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2302304
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationVice-président Contentieux sociaux
Avocat requérantCALONNE DU TEILLEUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 avril et 28 juin 2023, M. B E, représenté par Me Calonne du Teilleul, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 13 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a refusé de le prendre en charge en qualité de jeune majeur ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Côtes-d'Armor de le faire bénéficier d'une prise en charge en qualité de jeune majeur jusqu'à ses 21 ans, dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir et subsidiairement d'enjoindre au conseil départemental des Côtes-d'Armor de réexaminer sa situation dans le même délai de 8 jours ;

4°) de mettre à la charge du département des Côtes-d'Armor le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la requête est recevable dès lors que la notification qui lui a été faite de l'ordonnance de référé effectuée par le tribunal administratif de Rennes par courrier du 16 février 2023 ne mentionne pas qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, il serait réputé s'être désisté ; par ailleurs à la date de la notification de l'ordonnance de référé

(10 février 2023), le délai de réponse au recours préalable obligatoire déposé par courrier du

17 janvier 2023 n'était pas terminé (2 mois) et le département n'a pas répondu (refus implicite) dans le délai de 2 mois ;

- la décision litigieuse est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de procédure pour non-respect des modalités de l'entretien visé aux dispositions de L. 222-5-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- elle est entachée d'une erreur de droit : il résulte des dispositions des articles

L. 111-2 et L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que les personnes de nationalité étrangère n'ont pas à justifier d'un titre de séjour pour bénéficier des prestations d'aide sociale à l'enfance, parmi lesquelles figure l'accompagnement jeune majeur ; de plus, le droit à une prise en charge posé par le 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles n'est pas limité aux majeurs ayant fait l'objet d'une décision de placement définitif mais s'étend également à ceux qui ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance par le biais d'ordonnances provisoires de placement ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et d'une erreur de fait : la faute d'orthographe sur son extrait d'acte de naissance ne permet pas de conclure qu'il est contrefait ; l'acte de naissance et l'extrait d'acte de naissance de février 2019 comme son passeport sont présumés authentiques en vertu des dispositions de l'article 47 du code civil ; la charge de la preuve de son identité ne saurait reposer sur le mineur ; le droit à l'identité d'un mineur est garanti conventionnellement par l'article 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il produit le jugement supplétif du 14 février 2019 et sa carte nationale d'identité établie le 21 mars 2019 à Bamako ; le non-respect des dispositions de l'article 126 du code des personnes et de la famille concernant la date de déclaration de naissance écrite en chiffres, ou la date d'établissement de l'acte en chiffres, n'est pas de nature à invalider l'acte de naissance contrairement à ce qu'indique la police aux frontières ; les dispositions de la loi du

11 août 2006, qui a institué au Mali, le numéro d'identification nationale des personnes physiques ou morales (NINA) n'étaient pas applicables lors de sa naissance ; s'agissant de l'acte de naissance, les officiers d'état civil qui ont utilisé ces imprimés, comportant cette

" coquille " (mention " Offier d'Etat Civil "), ont établi des actes de naissance avec les imprimés mis à leur disposition par l'administration de leur région et/ou pays ;

- le refus de contrat jeune majeur est uniquement fondé sur l'irrégularité des documents d'état civil empêchant toute régularisation administrative. Il ne répond donc pas aux deux critères posées par de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le

bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux des pièces d'état civil présentées ;

Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2023, le département des

Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable par exception de désistement d'office sur le fondement de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, faute de confirmation du maintien de la requête après rejet pour défaut de doute sérieux

- la requête est également irrecevable comme étant tardive ;

- les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et du défaut de motivation ne sont pas fondés ;

- il est de même des moyens tirés de l'irrégularité des modalités de l'entretien ;

- le requérant ne saurait se prévaloir d'un acte illégal pour se faire reconnaître un droit par le département et sa réelle identité n'est pas connue de telle sorte qu'il n'est pas possible d'établir que l'intéressé serait âgé de moins de vingt-et-un ans ; de ce fait il n'établit pas remplir la condition d'âge pour bénéficier de l'aide sociale à l'enfance qu'il revendique ;

- le président du conseil départemental dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour accorder ou maintenir la prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un jeune de moins de vingt-et-un ans et peut, à ce titre, prendre en considération les perspectives d'insertion : en l'espèce, à la suite de la contrefaçon des documents d'état-civil, le département n'était pas en mesure d'accompagner M. E dans une démarche d'insertion et a fortiori dans le cadre d'une demande de titre de séjour ;

- il a procédé à un examen sérieux de la situation concrète de M. E ;

- le requérant n'apporte aucun élément sérieux pour remettre en cause les analyses effectuées par la police aux frontières, qui a conclu à la falsification de l'acte de naissance et de l'extrait d'acte de naissance produits ; le jugement supplétif produit dans le cadre de la présente instance n'est pas davantage conforme au code des personnes et de la famille malien ; la carte d'identité produite n'est pas un document d'état-civil et ne bénéficie pas de la présomption reconnue à l'article 47 du code civil ; le département n'est pas lié par l'évaluation, ni l'ordonnance de placement provisoire qui a reconnu la minorité de M. E avant toute expertise de la police aux frontières.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

- la décision par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Descombes, vice-président pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur ;

- les observations de Me Calonne du Teilleul, représentant M. E, présent,

- et les observations de Mme D représentant le département du Finistère.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, se disant M. B E, ressortissant malien, est entré en France, selon ses déclarations, au mois d'août 2022. Se déclarant mineur, né le 23 septembre 2004, il a été pris en charge à titre provisoire par les services de l'aide sociale à l'enfance et a été accueilli le 7 septembre 2022 dans le département des Côtes-d'Armor dans le cadre du dispositif d'orientation des mineurs non accompagnés. Un accompagnement éducatif a alors été mis en place jusqu'en janvier 2023. M. E a sollicité, par courrier du 25 octobre 2022, une poursuite d'accompagnement par la contractualisation d'un contrat jeune majeur. Par décision du 13 décembre 2022, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a refusé de poursuivre sa prise en charge après le 2 janvier 2023. M. E demande l'annulation de cette décision du 13 décembre 2022.

Sur l'office du juge :

2. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'aide sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Aux termes du sixième alinéa de l'article L. 222-5 du même code : " () Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants ". Enfin, l'article 47 du code civil dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

3. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de vingt-et-un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants.

4. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.

Sur les conclusions de la requête :

5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. E ne peut utilement faire valoir à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation les moyens tirés du défaut de motivation, du défaut d'examen particulier et de l'incompétence de l'auteur de la décision ayant rejeté sa demande d'admission au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance en qualité de jeune majeur, de même du vice de procédure s'agissant des modalités de l'entretien prévu par l'article L. 222-5-1 du code de l'aide sociale et des familles dès lors qu'ils sont relatifs à ses vices propres.

6. En second lieu, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a motivé notamment son refus de faire bénéficier M. E d'un contrat en qualité de jeune majeur par les doutes sur son état-civil, ce qu'il était fondé à faire dès lors que l'absence de certitude sur la date de naissance du demandeur peut l'exclure du bénéfice des dispositions du 6ème alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, lequel est réservé aux personnes de moins de vingt-et-un ans.

7. En l'espèce, pour justifier de son identité, le requérant a initialement produit un acte de naissance et un extrait d'acte de naissance, tous deux établis au regard d'un jugement supplétif d'acte de naissance n° 437 du 14 février 2019 produit dans le cadre de la présente instance. Il ressort du rapport d'analyse technique établi le 2 octobre 2022 pour rendre compte au département des Côtes-d'Armor des résultats de l'analyse documentaire des documents initialement produits, que le service, au terme d'un examen approfondi de l'acte de naissance qui lui était soumis, a relevé qu'alors que l'article 126 du code malien des personnes et de la famille impose que les dates mentionnées dans un tel acte le soient en toutes lettres, la date d'établissement figurant sur l'acte présenté par l'intéressé était mentionnée en chiffres. Le service a relevé, en outre, que l'acte analysé comporte une faute d'orthographe " Offier d'état civil " et que le numéro NINA, numéro d'identification nationale prévu par la réglementation malienne, n'est pas renseigné. S'agissant de l'extrait d'acte de naissance, tout comme pour l'acte de naissance, le service a relevé que sa date d'établissement est en lettres et non en chiffres et que le numéro NINA n'est pas mentionné. Il peut en outre être relevé que le texte pré-imprimé comporte lui aussi une faute d'orthographe, la mention " Officicer " y figurant. Ces irrégularités et anomalies sont, en l'espèce, de nature à remettre en cause la valeur probante de l'acte de naissance et de l'extrait d'acte de naissance présentés par le requérant et des informations y figurant et à accréditer l'utilisation frauduleuse de documents défectueux. La délivrance d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport, qui ne constituent pas des actes d'état civil et ont pu être délivrés sur la foi des mêmes extraits d'acte de naissance, regardés comme non probants, n'est pas non plus de nature à justifier de l'état civil et notamment de la date de naissance de l'intéressé. Le jugement supplétif n° 437 produit dans le cadre de la présente instance n'apparaît pas davantage recevable dès lors qu'il ne mentionne ni l'identité du magistrat, ni l'adresse précise des parents et est daté du 14 février 2019 alors que tant l'acte de naissance que l'extrait d'acte de naissance font état d'un jugement du 11 février 2019. Si le requérant soutient qu'il s'agit en réalité d'un extrait dudit jugement signé seulement par le greffier et non du jugement supplétif, il n'a pu expliquer à l'audience l'impossibilité pour lui d'obtenir ce jugement supplétif, ni encore les incohérences portant sur la date de ce jugement entre, d'une part, cet extrait de jugement et, d'autre part, l'acte de naissance et l'extrait d'acte de naissance.

8. Si le requérant soutient que les constatations précitées ne permettraient pas de remettre en cause son identité et son âge, et fait notamment valoir que la pratique de l'état-civil a consacré la rédaction des actes aussi bien en chiffres qu'en lettres, que le numéro NINA n'a été introduit qu'à compter de 2006 soit postérieurement à sa naissance, qu'une lettre du responsable de la section passeport et état civil du consulat du Mali à Lyon en date du 9 octobre 2020 indique que la mention du numéro NINA sur les états civils maliens était à cette date encore à l'étude et ne serait pas entrée en vigueur, que depuis il a produit l'original de sa fiche NINA et que son numéro figure sur son passeport, que les fautes susmentionnées constituent de simples erreurs matérielles qui ne peuvent lui être imputées, qu'un courrier daté du 15 avril 2022 du consul du Mali à Lyon explique que les erreurs ainsi constatées sur les volets concernant l'officier d'état civil ne saurait entacher les actes établis sur lesdits volets conformément aux procédures en vigueur et verse un nouvel extrait de naissance qui ne serait entaché d'aucune erreur, toutefois, ce dernier extrait de naissance est lui-même douteux dès lors qu'il ne mentionne pas que son père est décédé, et, outre que le numéro NINA était entré en vigueur à la date d'établissement des actes qu'il produit, les erreurs typographiques grossières précitées, l'absence de production du jugement supplétif, et les incohérences de dates entre l'extrait de jugement supplétif produits et l'acte de naissance et l'extrait d'acte de naissance produits antérieurement sont, ainsi qu'il a été dit, de nature à remettre en cause l'authenticité des actes d'état civil produits sans qu'il soit en conséquence nécessaire pour l'autorité administrative de saisir les autorités maliennes pour faire procéder à des vérifications.

9. Ces éléments, pris dans leur ensemble, permettent d'écarter la présomption d'authenticité posée à l'article 47 du code civil, de sorte que les mentions figurant sur les actes produits par M. E doivent être regardées comme n'étant pas établies. Ce dernier ne pouvant alors être regardé comme étant âgé de moins de vingt-et-un ans à la date de la décision attaquée, il ne relevait pas, par la suite, de la prise en charge obligatoire prévue par l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Il suit de là qu'en mettant fin, par la décision attaquée, à sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit.

10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées à la requête, M. E n'est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental des

Côtes-d'Armor a refusé de le prendre en charge en qualité de jeune majeur. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également les conclusions d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à Me Calonne du Teilleul et au département des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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