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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2303171

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2303171

mercredi 13 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2303171
TypeDécision
PublicationC
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 juin et 7 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet du Morbihan a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui restituer ses documents de voyage et de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur le refus de titre de séjour :

- il est entaché d'un vice d'incompétence ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'une erreur de fait ;

- l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration est entaché d'irrégularité ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'erreur de droit tirée de l'interprétation de l'article L.611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant cru en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 611-3-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant obligation de remise de passeport et de présentation :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- cette décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Pottier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant albanais né le 7 mars 2004, est entré en France le 29 juillet 2016 accompagné de ses parents et de ses frères. Par des décisions du 6 septembre 2016, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 30 octobre 2017, les demandes d'asile des parents de M. B ont été rejetées. Le 8 janvier 2018, ses parents ont sollicité, une carte " vie privée et familiale " en raison de l'état de santé de leur fils. Par deux arrêtés du 16 octobre 2019, le préfet du Morbihan a rejeté leur demande et les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Les parents de M. B ayant sollicité la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé, leur demande a été rejetée et ils ont fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 8 juin 2021. Le 12 janvier 2022, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé. Le préfet du Morbihan, par arrêté du 25 avril 2023, a rejeté sa demande et a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine, assortie d'une obligation de remettre son passeport et de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Theix-Noyalo.

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D C, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité à la préfecture du Morbihan, en vertu d'une délégation qui lui a régulièrement été donnée par un arrêté du préfet du 29 août 2022, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, après avoir rappelé les textes applicables, mentionne les conditions d'entrée en France en 2016 de M. B, alors mineur, avec sa famille, les précédentes demandes de titre de séjour présentées par ses parents notamment au titre de son handicap, les différents avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration rendus sur sa situation, ainsi que la situation administrative des membres de la famille de M. B et de ce dernier, y compris au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui contient les motifs de droit et de fait en constituant le fondement, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

4. Il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier que le préfet du Morbihan n'aurait pas procédé à un examen suffisamment complet de la situation de M. B. En particulier, la circonstance que la décision mentionne que M. B dépend du service de premier accueil des étrangers, alors qu'il est pris en charge par sa famille et par un institut médico-éducatif, n'est pas de nature à démontrer que la décision serait entachée d'un défaut d'examen. Ce moyen doit par suite être écarté.

5. Si la décision mentionne à tort que M. B dépend du service de premier accueil des étrangers alors qu'il est pris en charge par sa famille ainsi que par un institut médico-éducatif, cette erreur de fait qui est sans incidence sur l'appréciation du droit au séjour de M. B au titre de son état de santé, n'est pas de nature à entrainer l'illégalité de la décision attaquée. Le moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de titre de séjour :

6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. Chaque année, un rapport présente au Parlement l'activité réalisée au titre du présent article par le service médical de l'office ainsi que les données générales en matière de santé publique recueillies dans ce cadre. ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ".

7. Le préfet du Morbihan justifie, par les pièces qu'il produit, que l'avis du 8 mars 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été rendu au vu d'un rapport médical établi le 13 février 2022 par un médecin qui n'a pas siégé dans cette instance et que cet avis, qui comporte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " a été émis au terme d'une délibération collégiale. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait intervenue au terme d'une procédure irrégulière doit donc être écarté.

8. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Morbihan a retenu, à la suite de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 8 mars 2022, que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Pour contester cet avis, M. B produit un certificat médical du 12 juin 2023 d'un pédopsychiatre de l'institut médico-éducatif qui le suit ainsi qu'un bilan éducatif établi en décembre 2022 montrant qu'il est pris en charge par cet institut quatre jours par semaine, qu'il suit un traitement médicamenteux et qu'étant atteint d'un autisme sévère et d'une déficience intellectuelle, il n'a pu acquérir ni langage ni autonomie, et est ainsi entièrement dépendant de son entourage familial ainsi que des professionnels de l'institut où il est suivi. Toutefois, le requérant ne justifie pas, par ces seuls éléments, qu'il ne pourrait pas être accompagné et pris en charge en Albanie, et, s'il fait valoir qu'il n'avait jamais pu bénéficier d'accompagnement éducatif en Albanie, il n'établit pas ainsi que l'absence de suivi adapté par des spécialistes aurait des conséquences exceptionnellement graves sur sa santé. Par ailleurs, même si la décision mentionne à tort qu'il ne dispose pas de moyens de subsistance, cette circonstance est évoquée à l'appui de l'examen de la situation de M. B au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de sa demande de titre de séjour pour raisons de santé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Morbihan aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En outre, alors même que M. B vit depuis sept ans en France où il est pris en charge par ses parents et ses frères, il ressort toutefois des pièces du dossier que les parents de M. B ne disposent que de récépissés de demande de titre de séjour valables pour son père jusqu'au 19 juin 2023, et pour sa mère jusqu'au 22 septembre 2023, et que ses frères, notamment son frère Bledar, qui assure sa prise en charge constante quand il est à domicile, sont en situation irrégulière en France après avoir fait l'objet de refus de titre de séjour et d'obligations de quitter le territoire français. Par ailleurs, M. B n'apporte au tribunal aucun élément relatif à la situation de ses parents de nature à établir qu'ils ne pourraient pas repartir en Albanie. Dans ces conditions, M. B, qui n'établit pas que sa famille ne pourrait pas l'accompagner en Albanie, n'établit pas que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle aurait sur sa situation.

En ce qui concerne les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :

10. L'illégalité du refus de séjour opposé à M. B n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de ce refus, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée.

11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Morbihan se serait cru à tort en situation de compétence liée en obligeant M. B à quitter le territoire français. Le moyen tiré d'une erreur de droit doit donc être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

14. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

15. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de remise de passeport et de présentation une fois par semaine à gendarmerie de Theix-Noyalo:

16. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant des obligations de présentation et imposant la remise du passeport ne peut qu'être écartée.

17. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1. ". Aux termes de l'article R. 721-6 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".

18. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B souffre d'un handicap important qui le prive de toute autonomie, nécessite la présence de ses proches, et l'empêche de se déplacer seul et de parler. Dès lors, la décision imposant à M. B de se déplacer pour se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Theix-Noyalo aux fins " d'éviter un risque de fuite et de vérifier les diligences accomplies pour son départ ", alors qu'au demeurant, son handicap ne lui permet ni de se soustraire à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ni de préparer son départ, doit être regardée comme entachée d'erreur manifeste d'appréciation. En revanche, l'obligation faite à M. B de remettre son passeport, qui n'impose pas au requérant de multiples déplacements, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation ni d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, il y a lieu d'annuler la décision attaquée en tant qu'elle fait obligation à M. B de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Theix-Noyalo.

19. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 25 avril 2023 doit être annulé seulement en tant qu'il comporte une obligation de présentation une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Theix-Noyalo.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

20. Le présent jugement n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. B ne peuvent, dès lors, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que le requérant demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 avril 2023 est annulé en tant qu'il porte obligation de présentation une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Theix-Noyalo.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 30 août 2023 à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Pottier, première conseillère,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2023.

La rapporteure,

signé

F. PottierLe président,

signé

N. Tronel

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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