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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2304752

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2304752

mercredi 10 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2304752
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationVice-président Contentieux sociaux
Avocat requérantTRANSITION TERRITORIALE AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme A... B... contestant un indu de RSA, prime d'activité et allocation de rentrée scolaire de 17 264,32 euros pour la période d'avril 2021 à mars 2023. La juridiction a examiné les moyens soulevés, notamment l'absence de signature sur l'avis de contrôle, le défaut d'assermentation de l'agent, l'insuffisance de motivation de la décision de rejet, et la violation des droits de la défense. Le tribunal a considéré que la procédure de contrôle était régulière et que la décision de la CAF, confirmée par le département, était fondée sur l'existence d'une communauté de vie avec M. ..., justifiant le calcul de l'indu. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2023, Mme A... B..., représentée par Me Duffit-Menard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 mai 2023 par laquelle le département d’Ille-et-Vilaine a rejeté son recours préalable obligatoire tendant à contester le bien-fondé de l’indu de Revenu de solidarité active (RSA), de prime d’activité (PPA) et d’allocation de rentrée scolaire (ARS) d’un montant de 17 264,32 euros au titre de la période d’avril 2021 à mars 2023 ;

2°) de mettre à la charge du département d’Ille-et-Vilaine la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
l’avis de passage fixant le contrôle sur place de la caisse d’allocations familiales (CAF) est une décision administrative, dès lors elle aurait dû comporter le prénom, le nom et la signature de l’agent ;
la CAF n’établit pas que l’agent ayant procédé au contrôle de sa situation aurait été assermenté, ni agréé, ni qu’il aurait bénéficié d’une délégation de pouvoir ou de signature ;
les décisions notifiant la dette ne comporte pas le nom, le prénom et la qualité de la personne chargée de son dossier, ni de délégation de pouvoir ou de signature, en violation des articles L.111-2 et L.212-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
l’auteur de la décision de rejet du recours préalable ne fait pas état d’une délégation du président du département, en violation de l’article L. 3123-3 du code général des collectivités territoriales ;
la décision du rejet fait état d’une situation de concubinage alors que l’allocataire était en instance de divorce, partant, la décision est insuffisamment motivée au regard de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration ;
la procédure de contrôle sur place a méconnu les droits de la défense, l’allocataire n’a pas été informée des griefs à son encontre, ni de la possibilité d’être représentée par un avocat ou assistée par un interprète ;
faute d’interprète la requérante n’a pas pu présenter ses observations de façon claire et certaine ;
la décision l’informant du contrôle sur place mentionnait les modalités d’accès numérique à la charte du contrôle, or, le chemin indiqué était incorrect ;
la décision en litige, prise sur le fondement d’un traitement algorithmique, ne comporte pas les informations requises par les dispositions de l’article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l’administration et du règlement général sur la protection des données (RGPD) ;
Mme A... a fait l’objet d’un refus de naturalisation au motif qu’elle ne relevait pas d’une communauté de vie, or le département a retenu l’inverse, dès lors il a méconnu le principe du non bis in idem ;
l’agent ayant procédé au contrôle n’a pas recueilli l’autorisation préalable de l’intéressée pour accéder à son domicile ;
au fond, Madame n’avait pas de communauté de vie sur la période de l’indu litigieux, il est donc infondé.


Par un mémoire, enregistré le 3 janvier 2024, le département d’Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
le recours est tardif ;
le département est incompétent s’agissant des contestations d’indus de complément de mode de garde, de prime exceptionnelle de fin d’année et des modalités de contrôle mis en place par la CAF ;
les moyens de la requérante ne sont pas fondés.


Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2023.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n’étant présente.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :
Suivant une demande du 15 février 2021, Mme A... bénéficie du revenu de solidarité active (RSA), versé par le département d’Ille-et-Vilaine. Au titre de ses déclarations de situation et de ressources, elle a indiqué être séparée et auto-entrepreneuse de février 2021 à avril 2023. Suite à cela, par un courrier du 17 février 2023, la caisse d’allocations familiales (CAF) d’Ille-et-Vilaine lui a indiqué qu’elle fera l’objet d’un contrôle de sa situation. Puis, le 22 février 2023, elle a indiqué être divorcée depuis le 25 janvier 2023. Au cours du mois de mars 2023, la CAF a procédé à une enquête sur la situation de Madame, une procédure contradictoire a été effectuée le 9 mars 2023, et, un rapport d’enquête a été dressé le 17 mars 2023. La CAF a ensuite procédé à la régularisation du dossier de Madame, en tenant compte de sa communauté de vie avec M. ., sur la période allant d’avril 2021 à mars 2023. Par une décision du 3 avril 2023, la CAF a notifié la mise à sa charge d’un indu total de 17 264,32 euros comprenant notamment un indu de RSA majoré d’un montant de 8 671,31 euros, pour la période allant d’avril 2021 à janvier 2022, ainsi, qu’un indu de RSA de 8 911,11 euros, sur la période de février 2022 à mars 2023. Par un recours préalable reçu le 16 mai 2023, l’allocataire conteste l’existence d’une vie commune avec M. .. Par une décision du 29 mai 2023, l’autorité administrative a rejeté sa requête.

Aux termes de l’article R.421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. »

Il suit de là que Mme A... disposait d’un délai de deux mois courant à compter de la décision de rejet du 29 mai 2023 pour saisir le tribunal administratif. Il résulte toutefois de l’instruction qu’elle n’a saisi le tribunal d’un recours contentieux que par requête du 3 septembre 2023, soit après l’expiration du délai de deux mois. Par suite, ce recours était tardif. Sa demande tendant à l’annulation de la décision par laquelle le département d’Ille-et-Vilaine l’a rejeté est, dès lors, irrecevable.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département d’Ille-et-Vilaine, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A... la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.


DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au département d’Ille-et-Vilaine.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2025.


Le président-rapporteur,


signé


G. DescombesLa greffière,


signé


E. Le Magoariec




La République mande et ordonne au Préfet d’Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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