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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2305939

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2305939

mercredi 22 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2305939
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2023, M. B A, représenté par la Selarl Valadou-Josselin et associés, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite : il ne dispose d'aucun récépissé lui permettant de justifier de son droit à se maintenir sur le territoire et ne peut plus y travailler alors qu'il exerçait une activité rémunérée depuis décembre 2021 ayant bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en tant que demandeur d'asile valable jusqu'au 6 mai 2023 ; le couple ne dispose d'aucun revenu alors que lui et sa compagne sont parents d'une petite fille de quatre ans ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il n'a pu obtenir de récépissé depuis le début de ses démarches de régularisation ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative : le caractère complet de son dossier de demande de titre de séjour n'a pas été remis en cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la mesure sollicitée n'est pas utile dès lors que la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A est actuellement en cours d'instruction, une décision imminente devant être prise et que, dans l'attente, un récépissé valable trois mois lui a été délivré.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant congolais né le 6 février 1996, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 28 septembre 2019. De son union avec Mme C, arrivée en France peu de temps avant lui, est née le 10 août 2019 une petite fille qu'il a reconnue le 3 octobre 2019. Il a formé, le 4 mai 2023, une demande de titre de séjour " vie privée et familiale ", sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a adressé, par l'intermédiaire de son conseil, le 26 juin 2023, une demande de récépissé de demande de titre de séjour. En l'absence de réponse, il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Finistère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un tel récépissé.

Sur l'aide juridictionnelle

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. M. A justifiant avoir déposé le 3 novembre 2023 une demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, par suite, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.

5. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Finistère a délivré, le 9 novembre 2023, à M. A, un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 8 février 2024 l'autorisant à travailler et ce dans l'attente de l'examen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Dès lors, les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte tendant à ce que lui soit délivré un récépissé de demande de titre de séjour sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requête de M. A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Finistère.

Fait à Rennes, le 22 novembre 2023.

Le juge des référés,

signé

F. Plumerault

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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