Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2306397
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MONAMY |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 novembre 2023, 14 juin 2024, 25 août et 20 octobre 2025, M. et Mme B... D..., représentés par Me Monamy, demandent au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 2 juin 2023 par lequel le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire pour la réalisation de trois bâtiments comportant au total cinquante-huit logements sur un terrain situé rue Gilles Tézé ainsi que la décision du 25 septembre 2023 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dol-de-Bretagne et de la SNC 2A la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice de procédure et méconnaît, ainsi, les articles R. 423-50 et R. 425-1 du code de l’urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, d’une part, il ne précise pas la date approximative de construction des bâtiments qui feront l’objet d’une démolition et, d’autre part, il ne comprend pas de plan des toitures ;
- le pétitionnaire du projet n’atteste pas remplir les conditions définies à l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme pour déposer une demande de permis de construire ;
- l’arrêté attaqué est entaché d’une fraude ;
- les prescriptions sont entachées d’illégalité ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme ;
- il méconnaît l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article R. 111-27 du même code ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2025, la commune de Dol-de-Bretagne, représentée par Me Donias du cabinet Martin Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu’il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L.600-5-1 du code de l’urbanisme et, en outre, à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 avril 2024, 2 avril, 10 et 22 octobre 2025, la SNC 2A, représentée par Me Le Derf-Daniel de la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 500 soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lacoste substituant Me Monamy pour M. et Mme D..., A... C... pour la commune de Dol-de-Bretagne et Me Cadic pour la société SNC 2A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 juin 2023, modifié par un arrêté du 28 mai 2024, le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire pour la réalisation de trois bâtiments comportant au total cinquante-huit logements sur un terrain situé rue Gilles Tézé. M. et Mme D... ont formé un recours gracieux contre l’arrêté du 2 juin 2023, qui a été rejeté par une décision du 25 septembre 2023. Par la présente requête, M. et Mme D... demandent au tribunal d’annuler les arrêtés des 2 juin 2023 et 28 mai 2024 ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne le vice de procédure :
2. Aux termes de l’article R. 423-50 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ». Aux termes de l’article R. 425-1 du même code : « Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ».
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l’architecte des Bâtiments de France a, le 3 avril 2023, rendu un avis favorable au projet litigieux, assorti de prescriptions, dans le cadre de l’instruction de la demande de permis de construire initial, puis un second avis, le 19 avril 2024, également favorable et assorti de prescriptions, préalablement au permis de construire modificatif délivré le 28 mai 2024. Ainsi, l’architecte des Bâtiments de France a eu connaissance de toutes les informations utiles relatives au projet pour rendre ses avis. En second lieu, le service départemental d’incendie et de secours a rendu un avis le 10 février 2023 sur le projet querellé et il ne ressort d’aucune pièce du dossier que sa pertinence aurait été remise en cause par les pièces complémentaires produites postérieurement par le pétitionnaire. Par conséquent, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté dans ses deux branches.
En ce qui concerne l’incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
4. Aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; (…). ». Aux termes de l’article R. 451-1 du même code : « La demande de permis de démolir précise : (…) c) La date approximative à laquelle le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée ont été construits ; (…). ».
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Tout d’abord, le dossier de demande de permis de construire comporte bien un plan des façades et des toitures, numéroté en tant que pièce n° 5. Ensuite, s’il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne précise pas la date approximative de construction de l’aile de l’ancienne école, dont la démolition est envisagée, il comporte toutefois plusieurs photographies permettant d’apprécier l’intérêt historique du bâtiment et, plus spécifiquement, le projet par rapport à l’autre partie de l’école qui sera conservée. Ces éléments ont permis à l’autorité administrative d’apprécier de manière suffisante la demande de démolition déposée dans le cadre de l’autorisation de construire délivrée à la SNC 2A. Par conséquent, le moyen tiré de l’incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
Sur l’existence d’une fraude et la méconnaissance de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme :
7. Aux termes de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme : « Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; (…). ».
8. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l’administration sur la réalité du projet dans le but d’échapper à l’application d’une règle d’urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s’étant livré à l’occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l’administration.
9. En l’espèce, l’acte de vente signé entre la SNC 2A et la société ayant acquis le lot détaché, le 20 janvier 2023, fait état d’un accord entre les parties s’agissant de la démolition de l’aile ouest de l’ancienne école. Par conséquent, il ne peut être affirmé que la SNC 2A a obtenu le permis de construire querellé à la suite d’une manœuvre de nature à tromper l’administration dans le but d’échapper à une règle d’urbanisme, même si, à la date de l’obtention de l’autorisation, elle n’était plus propriétaire de cette partie du bâti. Le moyen tiré de la fraude doit donc être écarté.
En ce qui concerne l’illégalité des prescriptions :
10. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ».
11. En l’espèce, l’arrêté du 2 juin 2023 comporte plusieurs prescriptions, dont deux portent, plus précisément, sur la forme des ouvertures en dehors des balcons et loggias ainsi que sur le nombre de châssis de toits. Elles présentent, par leur rédaction, un caractère précis et limité et n’affectent pas, de manière substantielle, le projet. Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le pétitionnaire aurait dû déposer une nouvelle demande de permis de construire en raison de ces prescriptions.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
12. Aux termes de l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « (…). 5.2. Stationnement des véhicules à quatre roues. Prescriptions générales : 5.2.1. Le nombre de places doit être en rapport avec l’utilisation envisagée, sauf en cas d’impossibilité avérée. (…) ». Aux termes de l’article L. 151-36 du code de l’urbanisme, dans sa version applicable au litige : « Pour les constructions destinées à l'habitation, autres que celles mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34, situées à moins de cinq cents mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre et dès lors que la qualité de la desserte le permet, il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. ».
13.
Le projet attaqué prévoit la création de soixante-dix-neuf places de stationnement pour cinquante-huit logements. Si M. et Mme D... soutiennent que ce nombre de places serait insuffisant, ils n’assortissent cette allégation d’aucun élément probant. Au demeurant, les dispositions précitées du règlement du PLU n’imposent pas de nombre précis de places de stationnement, mais seulement un rapport avec l’utilisation envisagée du projet. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le projet, situé à moins de 500 mètres d’une gare ferroviaire, entre dans le champ d’application des dispositions précitées de l'article L. 151-6 du code de l’urbanisme, qui limitent à une place par logement le nombre d’aires de stationnement pouvant être exigé, soit cinquante-huit places en l’espèce. Le nombre de soixante-dix-neuf places, prévu par le projet, excède ainsi largement cette exigence. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
14. Aux termes de l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques. (…). 6.2. Dans le sous-secteur UCf et en l’absence de prescription portée au règlement graphique ou dans les OAP du PLU, un point des constructions doit être implanté à l’alignement des voies et emprises publiques existantes, à modifier ou à créer, avec une tolérance de 0 à 3 m en retrait de l’alignement, sans parallélisme obligé. Règles alternatives : 6.3. Des implantations différentes peuvent être autorisées dans les cas suivants : (…). Pour les parcelles situées en retrait ou n’offrant qu’un accès carrossable sur l’alignement (P. ex. parcelle en drapeau, cœur d’îlot, etc.), un élément de construction ou de corps de bâtiment (P. ex. mur, portail, auvent, carport, etc.) doit assurer la continuité du tissu bâti sur rue, dans le prolongement des constructions avoisinantes, s’il y a. (…) ». Dans la définition des termes utilisés pour l’application des règles, le règlement du PLU de Dol-de-Bretagne précise que l’alignement « définit la limite séparative entre les emprises publiques et fonds privés ».
15. En l’espèce, le terrain d’assiette du projet, qui n’offre qu’un accès carrossable sur l’alignement de la rue Gilles Tézé, relève de la règle alternative prévue au point 6.3 précité. Il ressort du plan de masse et du règlement graphique qu’un muret sera implanté entre la construction projetée et la construction voisine, assurant ainsi la continuité du tissu bâti sur rue. Les conditions prévues par le point 6.3 étant ainsi satisfaites, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
16. Aux termes de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « : « Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. Prescriptions générales : (…). 7.3. Lorsque les constructions ne jouxtent pas une des limites séparatives latérales, la distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative doit être au moins égale à la demi-hauteur du bâtiment mesurée à l’égout du toit (L ≥ H/2), sans être inférieure à 1,90 m. (…). Prescriptions particulières : (…). 7.5. Les prescriptions générales peuvent ne pas s’appliquer : (…) – en raison d’impératifs architecturaux ou urbanistiques, comme la création d’une venelle, d’une cour ou la mise en valeur d’une façade patrimoniale, il peut être autorisé ou imposé une implantation à 1 m minimum de la limite séparative. (…) ».
17. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet présente une configuration particulière, tenant à sa forme, à l’existence de murs de pierres qui le ceinturent, à la présence d’un bâtiment existant datant du XVIIIe siècle formant un « L », ainsi qu’à sa situation en cœur d’îlot qui le rend presque enclavé. Afin de tenir compte de cette configuration, le pétitionnaire a indiqué, dans la notice du projet architectural, que les constructions seraient implantées en peigne, et non en limite séparative. Cette implantation à distance des limites séparatives vise notamment à éviter un effet de masse sur les constructions avoisinantes et à permettre la création de venelles assurant la desserte des différents bâtiments ainsi que leur liaison avec les rues Gilles Tézé et Pierre Flaux. Ces éléments caractérisent, eu égard à la configuration du site et aux caractéristiques du projet, des impératifs architecturaux et urbanistiques de nature à justifier l’application des prescriptions particulières prévues par l’article 7.5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne, permettant une implantation à distance des limites séparatives. Les requérants se bornent, pour leur part, à soutenir qu’aucune des constructions projetées ne sera implantée en limite séparative, sans contester les éléments particuliers du site et du projet justifiant le recours à ces prescriptions. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 précité doit être écarté.
18. En second lieu, eu égard à la finalité du paragraphe 7.3, qui porte sur la hauteur des façades des constructions qui ne jouxtent pas la limite séparative, il y a lieu, pour apprécier la distance horizontale entre le bâtiment A sur sa façade Ouest et la limite séparative, de retenir comme le point le plus élevé celui qui se situe à l’égout du toit en prenant en considération les éléments en saillie. Ainsi, en l’espèce, la distance minimale à respecter est de 4,71 mètres. Or, les pièces du dossier révèlent que la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative est de 4,62 mètres. Il s’ensuit que la règle n’est pas respectée et que le moyen doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme :
19. Aux termes du deuxième alinéa de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de démolir peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti ou non bâti, du patrimoine archéologique, des quartiers, des monuments et des sites. ».
20. En l’espèce, le projet litigieux autorise la démolition de l’aile de l’ancienne école dont la construction, postérieure au bâtiment principal, date manifestement du XXème siècle. A cet égard, l’intérêt architectural de ce bâtiment n’apparaît pas comme étant tel que l’autorité administrative aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en autorisant sa démolition sans prescription spéciale. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U et de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme :
21. Aux termes de l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère. 11.1. Tout type de constructions : Prescriptions générales : 11.1.3. La qualité recherchée vise aussi bien les volumes, y compris la forme de la toiture, que les percements, les couleurs, la nature des matériaux apparents et les détails architecturaux, propre au caractère patrimonial de Dol-de-Bretagne. Il doit être tenu le plus grand compte de la morphologie urbaine et paysagère ainsi que de la configuration des constructions avoisinantes et de la topographie du terrain. (…). Ouvertures et lucarnes : 11.1.13. Pour les pignons, ne percer que si nécessaire, sans perturber les répétitions de charges. (…). Façades, pignons et murs : (…). Les bardages bois peuvent être autorisés, sous réserve de ne pas dénaturer ou d’améliorer l’aspect de la construction existante. (…). ».
22. Selon l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ».
23. Pour rechercher l’existence d’une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder le refus opposé à une demande d’autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l’autorité administrative, sous le contrôle du juge, d’apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d’évaluer, dans un second temps, l’impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.
24. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet se situe dans un quartier majoritairement pavillonnaire de la commune de Dol-de-Bretagne. Plusieurs maisons individuelles d’époques et d’architectures variées se trouvent à proximité du site ainsi qu’une ancienne école, datée de 1728, qui sera en partie conservée ou encore des bâtiments et immeubles en R+1+Combles. Le projet litigieux qui prévoit la construction de trois bâtiments et de cinquante-huit logements en R+2+Combles présente une hauteur légèrement supérieure au bâti existant mais qui est justifiée par le caractère étendu de la parcelle. De même, les matériaux et teintes utilisés tendent à rappeler la présence de la pierre dans le quartier. Ainsi, l’utilisation du bardage bois sur des façades, qui n’est pas interdite par les dispositions du PLU, tend à favoriser l’insertion de la nouvelle construction dans le paysage urbain environnant du fait de son caractère sobre et naturel. S’agissant, plus spécifiquement, des percements sur les pignons, il résulte des différents documents produits à l’instance que ces ouvertures visent à éviter un effet de masse des bâtiments par rapport aux constructions environnantes et, en tout état de cause, si les percements sur les pignons doivent être éviter, ils ne sont pas formellement interdits. De manière générale, la morphologie urbaine et paysagère a bien été respectée et l’intégration du projet dans son environnement a bien été recherchée. Par conséquent, l’autorisation de construire délivrée à la SNC 2A n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et les moyens tirés de la méconnaissance des articles 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U et R. 111-27 du code de l’urbanisme doivent être écartés.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
25. Aux termes de l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Desserte par les réseaux. (…). 14. 3. Eaux Pluviales. Prescriptions générales : (…). 14.3.2. Lorsque le réseau correspondant existe et présente des caractéristiques suffisantes, l’exutoire des eaux pluviales recueillies sur le terrain doit y être dirigé par les dispositifs appropriés. Toutefois, toute disposition doit être prise en amont de cet exutoire pour limiter le flux et le débit, en favorisant la gestion des eaux pluviales à la parcelle (ex : par infiltration ou récupération). 14.3.3. En l’absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales et éventuellement ceux visant à la limitation des débits évacués par la propriété doivent être réalisés par des dispositifs adaptés à l’opération et au terrain (…) ».
26. Si les requérants soutiennent que l’évacuation des eaux pluviales ne sera pas possible sur le terrain d’assiette du projet, il ressort toutefois des pièces du dossier qu’un raccordement au réseau unitaire, situé au niveau de la rue Gilles Tézé, est prévu. Or, aucune pièce du dossier ne révèle ni ne laisse penser que ce raccordement serait insuffisant pour desservir l’ensemble des bâtiments projetés. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
27. Il résulte de ce qui précède que le permis de construire litigieux est entaché d’un vice tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Sur les conséquences juridiques du vice retenu dans le présent jugement :
28. Aux termes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme : « (…) le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (…), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux (…) ».
29. Il résulte de tout ce qui précède, en particulier de ce qui a été dit au point 18, que les requérants sont fondés à soutenir que la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative méconnaît le paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U. Ce vice n’affecte qu’une partie identifiable du projet et peut être régularisé sans que cela affecte la nature même du projet. Dans ces conditions, il y a lieu, en application de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme, d’annuler l’arrêté attaqué du 2 juin 2023 en tant seulement qu’il autorise la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative, et de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la SNC 2A pourra demander la régularisation de son permis de construire et de rejeter le surplus des conclusions à fin d’annulation de la requête.
Sur les frais liés à l’instance :
30. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les requérants, qui n’ont pas la qualité de partie perdante, versent à la commune de Dol-de-Bretagne et à la SNC 2A les sommes que celles-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
31. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Dol-de-Bretagne et de la SNC 2A une somme à verser aux requérants au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 2 juin 2023, par lequel le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire, est annulé en tant seulement qu’il autorise la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative, en méconnaissance du paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Article 2 : Le délai dans lequel la SNC 2A devra demander, en application de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme, la régularisation du vice retenu dans le présent jugement, est fixé à trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Dol-de-Bretagne et par la SNC 2A au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B... D..., à la SNC 2A ainsi qu’à la commune de Dol-de-Bretagne.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet de la région Bretagne.
Délibéré après l’audience du 10 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Martin, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Le Berre, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
signé
A. Le Berre
Le premier conseiller faisant fonction
de président,
signé
F. Martin
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne à la préfète d’Ille-et-Vilaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 novembre 2023, 14 juin 2024, 25 août et 20 octobre 2025, M. et Mme B... D..., représentés par Me Monamy, demandent au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 2 juin 2023 par lequel le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire pour la réalisation de trois bâtiments comportant au total cinquante-huit logements sur un terrain situé rue Gilles Tézé ainsi que la décision du 25 septembre 2023 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dol-de-Bretagne et de la SNC 2A la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice de procédure et méconnaît, ainsi, les articles R. 423-50 et R. 425-1 du code de l’urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, d’une part, il ne précise pas la date approximative de construction des bâtiments qui feront l’objet d’une démolition et, d’autre part, il ne comprend pas de plan des toitures ;
- le pétitionnaire du projet n’atteste pas remplir les conditions définies à l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme pour déposer une demande de permis de construire ;
- l’arrêté attaqué est entaché d’une fraude ;
- les prescriptions sont entachées d’illégalité ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme ;
- il méconnaît l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du même règlement applicable à la zone U ;
- il méconnaît l’article R. 111-27 du même code ;
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2025, la commune de Dol-de-Bretagne, représentée par Me Donias du cabinet Martin Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu’il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L.600-5-1 du code de l’urbanisme et, en outre, à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 avril 2024, 2 avril, 10 et 22 octobre 2025, la SNC 2A, représentée par Me Le Derf-Daniel de la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 500 soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lacoste substituant Me Monamy pour M. et Mme D..., A... C... pour la commune de Dol-de-Bretagne et Me Cadic pour la société SNC 2A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 juin 2023, modifié par un arrêté du 28 mai 2024, le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire pour la réalisation de trois bâtiments comportant au total cinquante-huit logements sur un terrain situé rue Gilles Tézé. M. et Mme D... ont formé un recours gracieux contre l’arrêté du 2 juin 2023, qui a été rejeté par une décision du 25 septembre 2023. Par la présente requête, M. et Mme D... demandent au tribunal d’annuler les arrêtés des 2 juin 2023 et 28 mai 2024 ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne le vice de procédure :
2. Aux termes de l’article R. 423-50 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ». Aux termes de l’article R. 425-1 du même code : « Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ».
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l’architecte des Bâtiments de France a, le 3 avril 2023, rendu un avis favorable au projet litigieux, assorti de prescriptions, dans le cadre de l’instruction de la demande de permis de construire initial, puis un second avis, le 19 avril 2024, également favorable et assorti de prescriptions, préalablement au permis de construire modificatif délivré le 28 mai 2024. Ainsi, l’architecte des Bâtiments de France a eu connaissance de toutes les informations utiles relatives au projet pour rendre ses avis. En second lieu, le service départemental d’incendie et de secours a rendu un avis le 10 février 2023 sur le projet querellé et il ne ressort d’aucune pièce du dossier que sa pertinence aurait été remise en cause par les pièces complémentaires produites postérieurement par le pétitionnaire. Par conséquent, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté dans ses deux branches.
En ce qui concerne l’incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
4. Aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; (…). ». Aux termes de l’article R. 451-1 du même code : « La demande de permis de démolir précise : (…) c) La date approximative à laquelle le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée ont été construits ; (…). ».
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Tout d’abord, le dossier de demande de permis de construire comporte bien un plan des façades et des toitures, numéroté en tant que pièce n° 5. Ensuite, s’il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne précise pas la date approximative de construction de l’aile de l’ancienne école, dont la démolition est envisagée, il comporte toutefois plusieurs photographies permettant d’apprécier l’intérêt historique du bâtiment et, plus spécifiquement, le projet par rapport à l’autre partie de l’école qui sera conservée. Ces éléments ont permis à l’autorité administrative d’apprécier de manière suffisante la demande de démolition déposée dans le cadre de l’autorisation de construire délivrée à la SNC 2A. Par conséquent, le moyen tiré de l’incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
Sur l’existence d’une fraude et la méconnaissance de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme :
7. Aux termes de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme : « Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; (…). ».
8. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l’administration sur la réalité du projet dans le but d’échapper à l’application d’une règle d’urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s’étant livré à l’occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l’administration.
9. En l’espèce, l’acte de vente signé entre la SNC 2A et la société ayant acquis le lot détaché, le 20 janvier 2023, fait état d’un accord entre les parties s’agissant de la démolition de l’aile ouest de l’ancienne école. Par conséquent, il ne peut être affirmé que la SNC 2A a obtenu le permis de construire querellé à la suite d’une manœuvre de nature à tromper l’administration dans le but d’échapper à une règle d’urbanisme, même si, à la date de l’obtention de l’autorisation, elle n’était plus propriétaire de cette partie du bâti. Le moyen tiré de la fraude doit donc être écarté.
En ce qui concerne l’illégalité des prescriptions :
10. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ».
11. En l’espèce, l’arrêté du 2 juin 2023 comporte plusieurs prescriptions, dont deux portent, plus précisément, sur la forme des ouvertures en dehors des balcons et loggias ainsi que sur le nombre de châssis de toits. Elles présentent, par leur rédaction, un caractère précis et limité et n’affectent pas, de manière substantielle, le projet. Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le pétitionnaire aurait dû déposer une nouvelle demande de permis de construire en raison de ces prescriptions.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
12. Aux termes de l’article 5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « (…). 5.2. Stationnement des véhicules à quatre roues. Prescriptions générales : 5.2.1. Le nombre de places doit être en rapport avec l’utilisation envisagée, sauf en cas d’impossibilité avérée. (…) ». Aux termes de l’article L. 151-36 du code de l’urbanisme, dans sa version applicable au litige : « Pour les constructions destinées à l'habitation, autres que celles mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34, situées à moins de cinq cents mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre et dès lors que la qualité de la desserte le permet, il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. ».
13.
Le projet attaqué prévoit la création de soixante-dix-neuf places de stationnement pour cinquante-huit logements. Si M. et Mme D... soutiennent que ce nombre de places serait insuffisant, ils n’assortissent cette allégation d’aucun élément probant. Au demeurant, les dispositions précitées du règlement du PLU n’imposent pas de nombre précis de places de stationnement, mais seulement un rapport avec l’utilisation envisagée du projet. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le projet, situé à moins de 500 mètres d’une gare ferroviaire, entre dans le champ d’application des dispositions précitées de l'article L. 151-6 du code de l’urbanisme, qui limitent à une place par logement le nombre d’aires de stationnement pouvant être exigé, soit cinquante-huit places en l’espèce. Le nombre de soixante-dix-neuf places, prévu par le projet, excède ainsi largement cette exigence. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
14. Aux termes de l’article 6 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques. (…). 6.2. Dans le sous-secteur UCf et en l’absence de prescription portée au règlement graphique ou dans les OAP du PLU, un point des constructions doit être implanté à l’alignement des voies et emprises publiques existantes, à modifier ou à créer, avec une tolérance de 0 à 3 m en retrait de l’alignement, sans parallélisme obligé. Règles alternatives : 6.3. Des implantations différentes peuvent être autorisées dans les cas suivants : (…). Pour les parcelles situées en retrait ou n’offrant qu’un accès carrossable sur l’alignement (P. ex. parcelle en drapeau, cœur d’îlot, etc.), un élément de construction ou de corps de bâtiment (P. ex. mur, portail, auvent, carport, etc.) doit assurer la continuité du tissu bâti sur rue, dans le prolongement des constructions avoisinantes, s’il y a. (…) ». Dans la définition des termes utilisés pour l’application des règles, le règlement du PLU de Dol-de-Bretagne précise que l’alignement « définit la limite séparative entre les emprises publiques et fonds privés ».
15. En l’espèce, le terrain d’assiette du projet, qui n’offre qu’un accès carrossable sur l’alignement de la rue Gilles Tézé, relève de la règle alternative prévue au point 6.3 précité. Il ressort du plan de masse et du règlement graphique qu’un muret sera implanté entre la construction projetée et la construction voisine, assurant ainsi la continuité du tissu bâti sur rue. Les conditions prévues par le point 6.3 étant ainsi satisfaites, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
16. Aux termes de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « : « Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. Prescriptions générales : (…). 7.3. Lorsque les constructions ne jouxtent pas une des limites séparatives latérales, la distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative doit être au moins égale à la demi-hauteur du bâtiment mesurée à l’égout du toit (L ≥ H/2), sans être inférieure à 1,90 m. (…). Prescriptions particulières : (…). 7.5. Les prescriptions générales peuvent ne pas s’appliquer : (…) – en raison d’impératifs architecturaux ou urbanistiques, comme la création d’une venelle, d’une cour ou la mise en valeur d’une façade patrimoniale, il peut être autorisé ou imposé une implantation à 1 m minimum de la limite séparative. (…) ».
17. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet présente une configuration particulière, tenant à sa forme, à l’existence de murs de pierres qui le ceinturent, à la présence d’un bâtiment existant datant du XVIIIe siècle formant un « L », ainsi qu’à sa situation en cœur d’îlot qui le rend presque enclavé. Afin de tenir compte de cette configuration, le pétitionnaire a indiqué, dans la notice du projet architectural, que les constructions seraient implantées en peigne, et non en limite séparative. Cette implantation à distance des limites séparatives vise notamment à éviter un effet de masse sur les constructions avoisinantes et à permettre la création de venelles assurant la desserte des différents bâtiments ainsi que leur liaison avec les rues Gilles Tézé et Pierre Flaux. Ces éléments caractérisent, eu égard à la configuration du site et aux caractéristiques du projet, des impératifs architecturaux et urbanistiques de nature à justifier l’application des prescriptions particulières prévues par l’article 7.5 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne, permettant une implantation à distance des limites séparatives. Les requérants se bornent, pour leur part, à soutenir qu’aucune des constructions projetées ne sera implantée en limite séparative, sans contester les éléments particuliers du site et du projet justifiant le recours à ces prescriptions. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 7 précité doit être écarté.
18. En second lieu, eu égard à la finalité du paragraphe 7.3, qui porte sur la hauteur des façades des constructions qui ne jouxtent pas la limite séparative, il y a lieu, pour apprécier la distance horizontale entre le bâtiment A sur sa façade Ouest et la limite séparative, de retenir comme le point le plus élevé celui qui se situe à l’égout du toit en prenant en considération les éléments en saillie. Ainsi, en l’espèce, la distance minimale à respecter est de 4,71 mètres. Or, les pièces du dossier révèlent que la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative est de 4,62 mètres. Il s’ensuit que la règle n’est pas respectée et que le moyen doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme :
19. Aux termes du deuxième alinéa de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de démolir peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti ou non bâti, du patrimoine archéologique, des quartiers, des monuments et des sites. ».
20. En l’espèce, le projet litigieux autorise la démolition de l’aile de l’ancienne école dont la construction, postérieure au bâtiment principal, date manifestement du XXème siècle. A cet égard, l’intérêt architectural de ce bâtiment n’apparaît pas comme étant tel que l’autorité administrative aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en autorisant sa démolition sans prescription spéciale. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U et de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme :
21. Aux termes de l’article 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère. 11.1. Tout type de constructions : Prescriptions générales : 11.1.3. La qualité recherchée vise aussi bien les volumes, y compris la forme de la toiture, que les percements, les couleurs, la nature des matériaux apparents et les détails architecturaux, propre au caractère patrimonial de Dol-de-Bretagne. Il doit être tenu le plus grand compte de la morphologie urbaine et paysagère ainsi que de la configuration des constructions avoisinantes et de la topographie du terrain. (…). Ouvertures et lucarnes : 11.1.13. Pour les pignons, ne percer que si nécessaire, sans perturber les répétitions de charges. (…). Façades, pignons et murs : (…). Les bardages bois peuvent être autorisés, sous réserve de ne pas dénaturer ou d’améliorer l’aspect de la construction existante. (…). ».
22. Selon l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ».
23. Pour rechercher l’existence d’une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder le refus opposé à une demande d’autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l’autorité administrative, sous le contrôle du juge, d’apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d’évaluer, dans un second temps, l’impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.
24. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet se situe dans un quartier majoritairement pavillonnaire de la commune de Dol-de-Bretagne. Plusieurs maisons individuelles d’époques et d’architectures variées se trouvent à proximité du site ainsi qu’une ancienne école, datée de 1728, qui sera en partie conservée ou encore des bâtiments et immeubles en R+1+Combles. Le projet litigieux qui prévoit la construction de trois bâtiments et de cinquante-huit logements en R+2+Combles présente une hauteur légèrement supérieure au bâti existant mais qui est justifiée par le caractère étendu de la parcelle. De même, les matériaux et teintes utilisés tendent à rappeler la présence de la pierre dans le quartier. Ainsi, l’utilisation du bardage bois sur des façades, qui n’est pas interdite par les dispositions du PLU, tend à favoriser l’insertion de la nouvelle construction dans le paysage urbain environnant du fait de son caractère sobre et naturel. S’agissant, plus spécifiquement, des percements sur les pignons, il résulte des différents documents produits à l’instance que ces ouvertures visent à éviter un effet de masse des bâtiments par rapport aux constructions environnantes et, en tout état de cause, si les percements sur les pignons doivent être éviter, ils ne sont pas formellement interdits. De manière générale, la morphologie urbaine et paysagère a bien été respectée et l’intégration du projet dans son environnement a bien été recherchée. Par conséquent, l’autorisation de construire délivrée à la SNC 2A n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et les moyens tirés de la méconnaissance des articles 11 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U et R. 111-27 du code de l’urbanisme doivent être écartés.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U :
25. Aux termes de l’article 14 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U : « Desserte par les réseaux. (…). 14. 3. Eaux Pluviales. Prescriptions générales : (…). 14.3.2. Lorsque le réseau correspondant existe et présente des caractéristiques suffisantes, l’exutoire des eaux pluviales recueillies sur le terrain doit y être dirigé par les dispositifs appropriés. Toutefois, toute disposition doit être prise en amont de cet exutoire pour limiter le flux et le débit, en favorisant la gestion des eaux pluviales à la parcelle (ex : par infiltration ou récupération). 14.3.3. En l’absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales et éventuellement ceux visant à la limitation des débits évacués par la propriété doivent être réalisés par des dispositifs adaptés à l’opération et au terrain (…) ».
26. Si les requérants soutiennent que l’évacuation des eaux pluviales ne sera pas possible sur le terrain d’assiette du projet, il ressort toutefois des pièces du dossier qu’un raccordement au réseau unitaire, situé au niveau de la rue Gilles Tézé, est prévu. Or, aucune pièce du dossier ne révèle ni ne laisse penser que ce raccordement serait insuffisant pour desservir l’ensemble des bâtiments projetés. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
27. Il résulte de ce qui précède que le permis de construire litigieux est entaché d’un vice tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Sur les conséquences juridiques du vice retenu dans le présent jugement :
28. Aux termes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme : « (…) le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (…), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux (…) ».
29. Il résulte de tout ce qui précède, en particulier de ce qui a été dit au point 18, que les requérants sont fondés à soutenir que la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative méconnaît le paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U. Ce vice n’affecte qu’une partie identifiable du projet et peut être régularisé sans que cela affecte la nature même du projet. Dans ces conditions, il y a lieu, en application de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme, d’annuler l’arrêté attaqué du 2 juin 2023 en tant seulement qu’il autorise la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative, et de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la SNC 2A pourra demander la régularisation de son permis de construire et de rejeter le surplus des conclusions à fin d’annulation de la requête.
Sur les frais liés à l’instance :
30. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les requérants, qui n’ont pas la qualité de partie perdante, versent à la commune de Dol-de-Bretagne et à la SNC 2A les sommes que celles-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
31. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Dol-de-Bretagne et de la SNC 2A une somme à verser aux requérants au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 2 juin 2023, par lequel le maire de Dol-de-Bretagne a délivré à la SNC 2A un permis de construire, est annulé en tant seulement qu’il autorise la distance entre le bâtiment A, sur sa façade Ouest, et la limite séparative, en méconnaissance du paragraphe 7.3. de l’article 7 du chapitre I.1 du titre B du règlement du PLU de la commune de Dol-de-Bretagne applicable à la zone U.
Article 2 : Le délai dans lequel la SNC 2A devra demander, en application de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme, la régularisation du vice retenu dans le présent jugement, est fixé à trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Dol-de-Bretagne et par la SNC 2A au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B... D..., à la SNC 2A ainsi qu’à la commune de Dol-de-Bretagne.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet de la région Bretagne.
Délibéré après l’audience du 10 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Martin, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Le Berre, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
La rapporteure,
signé
A. Le Berre
Le premier conseiller faisant fonction
de président,
signé
F. Martin
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne à la préfète d’Ille-et-Vilaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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