mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400259 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) à titre principal, de prendre toutes mesures, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pour suspendre la mise à exécution effective de l'arrêté du préfet du Finistère du 4 septembre 2021 portant interdiction de retour durant deux ans et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocat contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il est arrivé en France en 2017 et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour durant deux ans, le 4 septembre 2021, qui a fait l'objet d'une exécution d'office le 23 septembre 2022 ; il a déposé une demande d'asile en Italie, le 8 novembre 2022, puis en Suisse, le 24 février 2023 ; il a de nouveau été placé en rétention le 26 décembre 2023, sur la base de l'interdiction de retour ; la consultation du fichier Eurodac confirme qu'il est demandeur d'asile et il est établi qu'aucune démarche n'est entreprise pour le faire réadmettre en Suisse ; il justifie de l'existence de circonstances de droit et de fait nouvelles et postérieures à l'arrêté préfectoral du 4 septembre 2021, de sorte que sa requête est recevable ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors que la mesure d'éloignement peut être mise à exécution à tout moment ;
- son éloignement vers son pays d'origine porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile et au principe de non-refoulement ;
- il méconnaît également les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; aucun élément ne permet au préfet de conclure qu'il ne risque pas sa vie en retournant en Tunisie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite, dans la mesure où M. A ne démontre pas que la mesure d'éloignement sera mise en œuvre à bref délai ;
- il appartient au requérant de produire des éléments susceptibles de démontrer que son éloignement vers son pays d'origine l'exposerait à des traitements inhumains ou dégradants ou menacerait sa vie ; en l'espèce, M. A ne produit aucun élément en ce sens, alors même qu'il a été éloigné vers la Tunisie en 2022 ;
- son éloignement ne méconnaît pas davantage le droit d'asile ; la seule circonstance que la demande d'asile relève d'un autre État ne suffit pas ; M. A n'a jamais demandé l'asile en France, notamment depuis son placement en rétention ;
- la demande de remise en liberté est irrecevable, en ce qu'elle ne relève pas de l'office du juge administratif ; le juge des libertés et de la détention a rejeté sa demande de mainlevée ; les autorités suisses ont rejeté sa demande et les autorités italiennes n'ont pas encore répondu ; son maintien en rétention ne s'oppose pas à ce qu'il dépose une demande d'asile en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ;
- la directive 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Balloul, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et précise notamment que :
* la procédure prévue par le règlement Dublin n'est pas respectée, s'agissant notamment de son droit à l'information ;
* les démarches ne sont entreprises que vers la Tunisie et un vol est prévu pour la semaine suivante, a priori le 23 janvier prochain ;
* les autorités italiennes ont été saisies, sans être informées de ce que M. A est en rétention ;
* le préfet aurait dû prendre en considération les éléments portés à sa connaissance, au titre du fichier Eurodac, qui établissent qu'il est demandeur d'asile ;
* un placement en rétention est possible dans le cadre de la mise en œuvre du règlement Dublin, mais cela ne constitue pas le cadre juridique retenu par le préfet ;
* il y a lieu d'enjoindre au préfet de suspendre toutes démarches auprès des autorités tunisiennes et toutes démarches visant à son éloignement effectif ;
- les observations de Mme Baron, accompagnée de M. C, représentant le préfet du Finistère, qui persiste dans les conclusions écrites, par les mêmes arguments, et fait notamment valoir que :
* la saisine des autorités suisses et italiennes ne s'inscrit pas dans une mise en œuvre du règlement Dublin, aucune demande d'asile n'étant déposée et enregistrée en France ;
* le traitement d'une éventuelle demande d'asile ne fait pas obstacle au maintien de M. A en rétention ;
* la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite, dans la mesure où aucun éloignement n'est effectivement programmé.
La clôture de l'instruction a été différée au lundi 22 janvier 2024 à 12 h.
Un mémoire a été présenté par le préfet d'Ille-et-Vilaine, enregistré le 19 janvier 2024, indiquant qu'un vol est programmé jeudi 25 janvier 2024 à destination de la Tunisie, dont la mise à exécution effective est suspendue dans l'attente de l'ordonnance à intervenir.
Un mémoire a été présenté pour M. A, représenté par Me Balloul, enregistré le 19 janvier 2024, aux termes duquel il persiste dans ses conclusions initiales, tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Finistère de cesser toutes démarches d'éloignement vers la Tunisie, et soutient également que :
- le règlement Dublin s'applique à toute demande de protection internationale, quel que soit l'État membre dans lequel a été déposée la demande ; ce règlement s'applique à la situation de M. A, sans qu'ait d'incidence la circonstance qu'il n'aurait pas déposé de demande d'asile en France ;
- dès lors qu'il a fait état, lors de son audition devant les forces de police le 26 décembre 2023, de sa demande d'asile déposée en Italie et en Suisse, le préfet aurait dû consulter le fichier Eurodac et mettre en œuvre la procédure de reprise prévue par le règlement Dublin, sans pouvoir mettre à exécution l'interdiction de retour et un éloignement vers la Tunisie ;
- un éloignement vers son pays d'origine, alors qu'il n'a pas été statué sur sa demande de protection, méconnaît le droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 27 septembre 1988, a fait l'objet, le 4 septembre 2021, d'un arrêté du préfet du Finistère portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour durant deux ans. Il a été placé en rétention par arrêté préfectoral du 7 août 2022 et a été effectivement éloigné vers la Tunisie le 23 septembre 2022. L'intéressé a déposé une demande d'asile en Italie, le 8 novembre 2022, puis en Suisse, le 24 février 2023. Revenu en France à une date indéterminée, il a été interpellé à Brest le 24 décembre 2023 et a fait l'objet d'un arrêté préfectoral, le 26 courant, portant placement en rétention aux fins d'exécution d'office de la mesure d'interdiction de retour durant deux ans, dont les effets se poursuivent jusqu'au 23 septembre 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prendre toutes mesures utiles aux fins de suspendre son éloignement vers la Tunisie, mis en œuvre en exécution de l'interdiction de retour dont il fait l'objet.
Sur l'aide juridictionnelle
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. M. A ne justifie pas avoir déposé de demande d'aide juridictionnelle. Il n'y a par suite pas lieu, en application des dispositions précitées, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
5. Aux termes de l'article L. 722-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut engager la procédure d'exécution d'office des décisions d'éloignement autres que celle portant obligation de quitter le territoire français dès leur notification. / Lorsqu'une décision de remise aux autorités d'un autre État ou portant obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour ou de circulation a déjà été exécutée ou que l'étranger qui en fait l'objet est revenu en France, cette interdiction, si elle poursuit ses effets, peut être exécutée d'office ".
6. Au soutien de sa requête, M. A soutient que son éloignement vers la Tunisie, alors qu'il a demandé l'asile en Italie et en Suisse et qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande de protection internationale, méconnaît de manière grave et illégale tant le droit d'asile que le principe de non-refoulement, ainsi que les dispositions des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A a déposé une demande d'asile en Italie, le 8 novembre 2022, puis en Suisse, le 24 février 2023. À cet égard, les autorités suisses ayant sollicité les autorités italiennes en application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé pour qu'elles reconnaissent leur responsabilité dans le traitement de cette demande de protection, qu'elles ont implicitement acceptée le 14 juin 2023, et l'intéressé ayant été déclaré en fuite par les autorités suisses, ces dernières ne peuvent, en application dudit règlement, être regardées comme responsables de l'examen de sa situation.
8. Il est par ailleurs constant que M. A a quitté l'Italie au plus tard deux mois après y avoir déposé une demande de protection internationale et s'est totalement désintéressé de l'instruction de son dossier par les autorités compétentes de cet État. Il est également constant que M. A, qui avait précédemment résidé en France, entre 2017 et 2022, et qui y est revenu au plus tard, selon ses déclarations, en mai 2023, n'a jamais déposé de demande d'asile en France ni fait mention de quelconques risques pour sa vie ou sa sécurité en cas de retour en Tunisie, et n'a jamais non plus entamé la moindre démarche pour régulariser sa situation administrative. Si l'intéressé a effectivement indiqué, lors de son audition du 26 décembre 2023, avoir demandé l'asile en Suisse, il n'a donné aucune précision sur ce point, n'a d'ailleurs pas fait mention de sa première demande en Italie et n'a pas davantage fait mention de craintes en cas de retour en Tunisie qui auraient dû être interprétées et requalifiées en demande d'asile. Dans ces circonstances, M. A ne peut être regardé comme demandeur d'asile en France ni comme ayant entendu, d'une quelconque manière, se prévaloir de cette qualité. Enfin, M. A n'apporte aucune explication cohérente sur son parcours, ne fait valoir aucun lien qu'il aurait conservé avec l'Italie et ne se prévaut d'aucun élément sérieux susceptible d'établir, ni même laisser supposer, que sa demande d'asile, déposée en Italie il y a plus de quatorze mois et à l'instruction de laquelle il n'a aucunement participé, en se rendant notamment aux convocations des autorités compétentes, serait toujours en cours d'examen et qu'il serait toujours demandeur d'asile dans ce pays. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en entreprenant des démarches pour l'éloigner vers son pays d'origine, en exécution de l'interdiction de retour dont il fait l'objet, effective jusqu'au 22 septembre 2024, sans mettre en œuvre la procédure de reprise prévue par le règlement (UE) n° 604/2013, le préfet du Finistère porterait une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile. La seule circonstance que cette autorité a pris en considération les résultats du fichier Eurodac et a sollicité en urgence les autorités italiennes et suisses, les 8 et 9 janvier 2024, pour connaître la situation de M. A sur leurs territoires, reste à cet égard sans incidence et ne lui permet pas d'utilement se prévaloir des garanties, en termes d'informations notamment, que le règlement (UE) n° 604/2013 prévoit en son article 4.
9. En second lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève : " 1. Aucun des États contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / () ". Aux termes de l'article 21 de la directive n° 2011/95/UE du 13 décembre 2011 : " 1. Les États membres respectent le principe de non-refoulement en vertu de leurs obligations internationales. / () ".
10. Aux termes par ailleurs de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de son article 19 : " / () / 2. Nul ne peut être éloigné, expulsé ou extradé vers un État où il existe un risque sérieux qu'il soit soumis à la peine de mort, à la torture ou à d'autres peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. Il appartient en principe à l'étranger qui conteste son éloignement du territoire français de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou aux articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
12. Pour soutenir que son éloignement vers la Tunisie méconnaît le principe de non-refoulement et son droit à la vie et l'expose à subir des traitements inhumains et dégradants, M. A se borne à indiquer qu'il a demandé l'asile en Suisse et en Italie et que le préfet ne dispose d'aucun élément lui permettant de considérer qu'il n'encourt pas ou plus de tels risques. Pour autant, il est constant que M. A ne s'est pas vu reconnaître la qualité de réfugié, l'intéressé n'établissant pas même, qu'il a été dit au point 8, qu'il est demandeur d'asile, de sorte qu'il ne peut utilement se prévaloir du principe de non-refoulement. Par ailleurs, par la seule argumentation exposée, dénuée de toute précision factuelle étayée et circonstanciée, M. A n'établit pas, ni même n'allègue sérieusement, alors même au demeurant qu'il y est retourné à l'automne 2022, encourir un risque réel, personnel et actuel de subir des traitements contraires aux dispositions précitées ou de risquer sa vie en cas de retour en Tunisie. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en entreprenant des démarches pour l'éloigner vers son pays d'origine, le préfet du Finistère porterait une atteinte grave et manifestement illégale au principe de non-refoulement, à son droit à la vie ou à celui de ne pas subir de traitements inhumains et dégradants.
13. Il résulte de toute ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à ce que soient prises toutes mesures pour suspendre la mise à exécution effective de l'arrêté du préfet du Finistère du 4 septembre 2021 portant interdiction de retour durant deux ans et qu'il soit enjoint à cette autorité préfectorale de mettre fin aux démarches entreprises auprès des autorités tunisiennes pour son éloignement effectif ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige
14. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée en toutes ses conclusions y compris celles tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Finistère et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 23 janvier 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026