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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2401206

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2401206

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2401206
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationVice-président Contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes rejette la requête de Mme A, qui contestait le refus de la commission de médiation des Côtes-d'Armor de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Le juge constate que Mme A a refusé deux propositions de logement adaptées à ses besoins et capacités, ce qui l'empêche de remplir les conditions fixées par les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation pour être désignée comme prioritaire. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, confirmant ainsi la légalité de la décision de la commission de médiation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2024 par laquelle la commission de médiation des Côtes-d'Armor a rejeté son recours gracieux du 28 décembre 2023 et confirmé son refus initial du 15 décembre 2023 de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.

Mme A soutient que :

- pour la troisième proposition de logement qui lui a été faite, il ne lui a pas été donné assez de délai pour répondre, alors qu'elle était hospitalisée et qu'elle a finalement donné son accord ;

- elle souhaiterait un appartement sur la ville de Dinan.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- Mme A a refusé deux offres de logements adaptées à ses besoins et à ses capacités ;

- qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- le dossier de la commission de médiation des Côtes-d'Armor ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative, en particulier ses articles L. 778-1 et R. 778-1 à R. 778-7 ;

- le code de justice administrative.

- la décision par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Descombes, vice-président pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 14 décembre 2023, la commission de médiation du droit au logement opposable du département des Côtes-d'Armor a rejeté le recours gracieux formé le 28 décembre 2023 par Mme A et confirmé son refus initial du 15 décembre 2023 de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est () menacé d'expulsion sans relogement () Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires. () ".

3. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / () ; / - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; () La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". Aux termes de l'article

R. 822-25 de ce code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".

4. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

5. Le demandeur qui forme un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle la commission de médiation a refusé de le déclarer prioritaire et devant être relogé en urgence peut utilement faire valoir qu'à la date de cette décision, il remplissait les conditions pour être déclaré prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa du II de l'article L. 441-2-3 que celui qu'il avait invoqué devant la commission de médiation. Il peut également présenter pour la première fois devant le juge de l'excès de pouvoir des éléments de fait ou des justificatifs qu'il n'avait pas soumis à la commission, sous réserve que ces éléments tendent à établir qu'à la date de la décision attaquée, il se trouvait dans l'une des situations lui permettant d'être reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence.

6. En l'espèce, la commission de médiation a rejeté la demande de Mme A aux motifs qu'elle avait décliné deux propositions de logement de la Rance. Si elle allègue que son logement actuel est insalubre, humide et infecté de nuisibles, elle n'a toutefois pas saisi la commission à ce titre et n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Si elle fait valoir que pour une troisième proposition de logement qui lui a été faite par le même bailleur en janvier 2024, il ne lui a pas été donné assez de temps pour répondre, elle ne conteste pas cependant avoir refusé les deux premières propositions de relogement et ne soutient pas d'avantage que les logements ainsi proposés n'étaient pas adaptés à ses besoins et à sa situation. Ainsi, dans ces conditions, la commission a pu légalement estimer que Mme A n'était pas de bonne foi, s'étant délibérément maintenue dans la situation précaire dont elle se plaint. Ce motif suffisait à lui seul, en application des dispositions précitées, pour rejeter la demande de la requérante et la commission de médiation aurait pris la même décision si elle ne s'était fondée que sur ce seul motif.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres motifs de la décision, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées.

8. Il ressort de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er - La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 - Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement.

Copie sera transmise au préfet des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le président-rapporteur,

signé

G. DescombesLa greffière,

signé

E. Le Magoariec

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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