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Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2404663

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2404663
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 5 août 2024, 12 novembre 2024 et 1er octobre 2025, Mme D... C... doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Finistère a refusé de lui communiquer les documents administratifs qu’elle a sollicités le 3 avril 2024 ;

2°) d’enjoindre au préfet du Finistère de lui communiquer les documents administratifs qu’elle a sollicités le 3 avril 2024.


Elle soutient que :
- elle a le droit d’obtenir la communication des documents sollicités le 3 avril 2024 ;
- elle a le droit d’obtenir la communication des six procès-verbaux exhaustifs du comité médical départemental.


Par deux mémoires, enregistrés les 28 novembre 2024 et 30 décembre 2025, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- les documents sollicités par Mme C... lui ont été communiqués ;
- le comité médical départemental rend un seul avis par dossier.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Mme C... a, le 3 avril 2024, adressé au préfet du Finistère deux demandes distinctes de communication de documents administratifs la concernant. Dans la première, elle a demandé les lettres de convocation relatives à ses six passages en séance du comité médical départemental (CMD) les 17 novembre 2016, 18 avril 2017, 17 octobre 2017, 19 février 2019, 18 juin 2019 et 17 décembre 2020, les six procès-verbaux rendus par le CMD suite à ces séances, les rapports de quatre expertises médicales subies les 13 octobre 2016, 28 février 2017, 3 octobre 2017 et 21 janvier 2019, ainsi que l’intégralité des rapports de sa hiérarchie et la totalité des lettres de saisine du CMD par son employeur, le conseil départemental du Finistère. Dans la seconde, Mme C... a demandé au préfet du Finistère la lettre de convocation relative au passage de son dossier en commission de réforme hospitalière le 11 juin 2020, le rapport médical du docteur A... suite à l’expertise effectuée le 16 juillet 2018, le rapport médical du docteur B..., médecin de prévention du conseil départemental du Finistère, le rapport médical échangé entre ces deux médecins, les conclusions administratives communiquées à la direction des ressources humaines du conseil départemental du Finistère suite à l’expertise médicale du docteur A..., ainsi que le procès-verbal de la commission de réforme hospitalière du 11 juin 2020. Suite au silence gardé par le préfet, Mme C... a, s’agissant de sa première demande du 3 avril 2024, saisi la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) qui a rendu le 4 juillet 2024 un avis favorable assorti de réserves à la communication des documents sollicités. Mme C... doit être regardée comme demandant l’annulation de la décision par laquelle le préfet a implicitement refusé de lui communiquer les documents sollicités dans ses deux demandes du 3 avril 2024.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…) des moyens qui (…) ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

3. Selon l’article 4 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, dans sa version applicable au litige, le comité médical est chargé de donner à l’autorité compétente un avis sur des questions médicales soulevées, notamment, par l’octroi et le renouvellement des congés de maladie. Selon ce même article : « L’avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ».

4. Il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de contrôler la régularité et le bien-fondé d’une décision de refus de communication de documents administratifs sur le fondement des articles L. 311-1 et L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration. Pour ce faire, par exception au principe selon lequel le juge de l’excès de pouvoir apprécie la légalité d'un acte administratif à la date de son édiction, il appartient au juge, eu égard à la nature des droits en cause et à la nécessité de prendre en compte l’écoulement du temps et l’évolution des circonstances de droit et de fait afin de conférer un effet pleinement utile à son intervention, de se placer à la date à laquelle il statue.

5. D’une part, il ressort des pièces du dossier que, le 29 août 2024, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet du Finistère a communiqué à Mme C... les documents sollicités dans sa première demande du 3 avril 2024. Alors que le décret du 30 juillet 1987 prévoit que le CMD émette un avis pour chaque question médicale soulevée, en se bornant à se prévaloir de règles issues de la direction générale de la fonction publique, sans les produire, pour soutenir que le CMD aurait dû établir deux avis distincts, pour chacun de ses six passages les 17 novembre 2016, 18 avril 2017, 17 octobre 2017, 19 février 2019, 18 juin 2019 et 17 décembre 2020, Mme C... ne soulève qu’un moyen qui n’est manifestement pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

6. D’autre part, le préfet du Finistère justifie, par un bordereau d’envoi daté du 19 novembre 2024, mentionnant l’adresse indiquée par Mme C..., avoir communiqué à l’intéressée l’ensemble des documents sollicités dans sa seconde demande du 3 avril 2024. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation de la décision lui refusant implicitement cette communication sont devenues sans objet.

7. Dans ces conditions, l’ensemble des documents sollicités par Mme C... dans ses deux demandes du 3 avril 2024 lui ayant été communiqués postérieurement à l’introduction de la requête, les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet. Dès lors, il n’y a plus lieu d’y statuer.



O R D O N N E :



Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme C....

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... C... et au ministre de l’action et des comptes publics.

Copie de cette ordonnance sera adressée au préfet du Finistère et à la commission d’accès aux documents administratifs.


Fait à Rennes, le 1er octobre 2026.


Le premier conseiller faisant fonction
de président de la 3ème chambre,


signé


F. Martin


La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.