mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405331 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2024, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (B) HetM A et D, représentée par sa responsable comptabilité, Mme H, demande au tribunal de prononcer la restitution des droits de cotisation foncière des entreprises qui lui ont été assignés au titre de l'année 2021 à raison " des mois restant à courir après la fermeture " de son établissement situé place du Colombier à Rennes, le 9 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le livre des procédures fiscales et le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. () ".
2. Ni l'article R. 197-4 du livre des procédures fiscales ni aucune autre disposition législative ou réglementaire n'ont pour objet, lorsque la partie qui présente l'action est une personne morale, de dispenser le juge de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour engager cette action.
3. Lorsque la personne morale est une société commerciale dont les dispositions législatives qui la régissent désignent elle-même le représentant, comme c'est le cas pour la société à responsabilité limitée requérante, dotée d'un unique associé, cette circonstance dispense le juge, en l'absence de circonstance particulière, de s'assurer de la qualité pour agir du représentant de cette personne morale. Il en va autrement si l'action est introduite, pour le compte d'une telle personne morale, non pas par son représentant légal, mais par l'un de ses salariés.
4. Au cas particulier, la requête a été introduite, non pas par le représentant légal de B requérante, mais par la " responsable comptabilité " de cette société, Mme H. Or, s'il résulte de l'instruction qu'en vertu d'une délégation de pouvoir qu'il a lui-même reçue le 5 février 2024 du gérant, M. C, le " Country manager France " de B, M. F, a, par acte du 13 février 2024, donné délégation au " directeur administratif et financier ", M. E, à l'effet de signer tous actes dans le cadre de procédures judiciaires et administratives (point 16 de cet acte) et de représenter B en justice (point 17), M. E n'a, dans la décision de délégation de pouvoir du 24 avril 2024, pas subdélégué ce pouvoir à Mme G, responsable administrative. Ainsi, si Mme G a, à son tour, subdélégué certains de ses pouvoirs à Mme H par acte du 21 août 2024, une telle subdélégation ne portait ni sur la signature de requêtes introduites devant les tribunaux ni, plus largement, sur la capacité à agir en justice au nom de B. Par ailleurs, il n'est ni établi ni même soutenu que Mme H aurait bénéficié d'une délégation de pouvoir à cette fin, établie à son profit directement par M. C, M. F ou M. E.
5. Il suit de là que la personne ayant introduit la présente requête au nom de B requérante n'était pas régulièrement habilitée. Faute de démonstration de la qualité de cette personne justifiant de son intérêt pour agir au nom de la société, la requête est donc manifestement irrecevable et doit, à ce titre, être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de B HetM A et D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée HetM A et D et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 22 octobre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
T. Jouno
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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