mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405740 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GOVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Goven, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de reprendre son accueil provisoire et de pourvoir à ses besoins élémentaires jusqu'à ce que le juge des enfants ait statué sur sa demande, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- son accueil par le département d'Ille-et-Vilaine a pris fin le 2 janvier 2024 ; il vit dans la rue, depuis cette date, dans des conditions extrêmement précaires et dangereuses, tant pour sa santé que sa sécurité ; il a saisi le juge des enfants le 18 septembre 2024, aux fins que soit ordonné son placement à l'aide sociale à l'enfance ; il a transmis l'original de son extrait d'acte d'état civil le 26 septembre 2024 ;
- sa prise en charge incombe au département, en application des dispositions de l'article L. 221-1, L. 222-5 et R. 221-11 du code de l'action sociale et des familles ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, eu égard à la précarité de sa situation et de ses conditions de vie ;
- le département porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence des mineurs, en refusant de poursuivre son accueil provisoire jusqu'à ce que le juge des enfants ait statué ; il dispose d'un extrait d'acte d'état civil, mentionnant qu'il est né le 15 août 2007, dont la validité n'a jamais été contestée ni remise en cause ; l'appréciation portée par le département sur sa minorité est manifestement erronée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. A a attendu neuf mois, sans raison particulière, pour saisir le juge des enfants d'une requête aux fin de prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance ; le juge des enfants n'a au demeurant ordonné aucune mesure en urgence ;
- M. A a fait l'objet d'une évaluation de sa situation, par trois professionnels différents, dans le cadre de trois entretiens qui se sont déroulés les 20, 28 et 29 décembre 2023, réalisés respectivement par une travailleuse sociale, un juriste et le responsable " évaluation et mise à l'abri " du département ; ces trois personnes ont toutes conclu au fait que le récit de M. A était lacunaire et stéréotypé ; le parcours migratoire est flou ; il n'a pas accepté de se rendre en préfecture dans le cadre du dispositif d'aide à l'évaluation de la minorité ; les conditions et modalités de l'évaluation de la situation de M. A ont respecté les exigences réglementaires, en termes de pluridisciplinarité ; la présomption de validité des actes d'état civil est simple ; à supposer le document produit authentique, il n'est pas possible de le rattacher à M. A ; aucun élément ne permet de contester les conclusions de l'évaluation pluridisciplinaire, de sorte que n'est caractérisée aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Goven, représentant M. A, qui reprend les mêmes termes que ses écritures qu'il développe, soulève l'irrecevabilité du mémoire en défense signé par un agent dont il n'est pas justifié qu'il disposait d'une délégation de signature régulière et publiée et insiste sur le fait, d'une part, que le délai mis à saisir le juge des enfants est indifférent dès lors qu'est caractérisée une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ce qui est le cas en l'espèce et, d'autre part, que le département a totalement occulté l'acte d'état-civil produit dans le cadre de l'évaluation ;
- les observations de M. Gautier, conseiller juridique au sein de la direction " assemblée, affaires juridiques et documentation " du département d'Ille-et-Vilaine, le représentant, qui reprend les mêmes termes que ses écritures qu'il développe et précise que la délégation de signature du signataire du mémoire en défense peut être produite et est publiée sur le site du département d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien qui indique être né le 15 août 2007, s'est présenté à l'accueil de la mission des mineurs non accompagnés (MNA) du département d'Ille-et-Vilaine le 30 novembre 2023. Après l'avoir reçu pour trois entretiens d'évaluation les 20, 28 et 29 décembre 2023, le département d'Ille-et-Vilaine a décidé de mettre fin à sa prise en charge à compter du 2 janvier 2024 au motif que sa minorité n'était pas établie. M. A, qui a saisi le juge des enfants du tribunal judiciaire de Rennes le 18 septembre 2024, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au département d'Ille-et-Vilaine de reprendre son accueil provisoire et de pourvoir à ses besoins élémentaires jusqu'à ce que le juge des enfants ait statué sur sa demande.
Sur les conclusions relatives à l'irrecevabilité du mémoire en défense présenté par le conseil départemental d'Ille-et-Vilaine :
2. Eu égard à la nature même de l'action en référé, la circonstance que le signataire du mémoire en défense produit par le conseil départemental d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas été régulièrement habilité pour ce faire n'est pas de nature à entacher ces mémoires d'irrecevabilité. Les conclusions présentées à l'audience, tendant à ce que soit écarté des débats le mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, aux termes duquel le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête, doivent être rejetées.
Sur l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
4. M. A ne justifiant pas avoir déposé de demande d'aide juridictionnelle au bureau d'aide juridictionnelle, il ne peut être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
6. Aux termes de l'article 375 du code civil : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public () ". Aux termes de son article 375-3 : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° À un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes des deux premiers alinéas de son article 375-5 : " À titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. () ".
7. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ()/ ; / 3° Mener en urgence des actions de protection en faveur des mineurs mentionnés au 1° du présent article ; / 4° Pourvoir à l'ensemble des besoins des mineurs confiés au service et veiller à leur orientation () ". Aux termes de son article L. 222-5 : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil () ". Aux termes de son article L. 223-2 : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / () Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil () ". Aux termes du I de l'article L. 221-2-4 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental du lieu où se trouve une personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille met en place un accueil provisoire d'urgence. / II.- En vue d'évaluer la situation de la personne mentionnée au I et après lui avoir permis de bénéficier d'un temps de répit, le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires au regard notamment des déclarations de cette personne sur son identité, son âge, sa famille d'origine, sa nationalité et son état d'isolement. / L'évaluation est réalisée par les services du département. Dans le cas où le président du conseil départemental délègue la mission d'évaluation à un organisme public ou à une association, les services du département assurent un contrôle régulier des conditions d'évaluation par la structure délégataire. / () Il statue sur la minorité et la situation d'isolement de la personne, en s'appuyant sur les entretiens réalisés avec celle-ci, sur les informations transmises par le représentant de l'État dans le département ainsi que sur tout autre élément susceptible de l'éclairer. () V.- Les modalités d'application du présent article, notamment des dispositions relatives à la durée de l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I et au versement de la contribution mentionnée au IV, sont fixées par décret en Conseil d'État ". Aux termes de son article R. 221-11 : " I. - La durée de l'accueil provisoire d'urgence prévu au I de l'article L. 221-2-4 est de cinq jours à compter du premier jour de la prise en charge de la personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille. L'accueil peut être prolongé deux fois pour la même durée. Le président du conseil départemental informe sans délai le procureur de la République de cet accueil et de ses éventuelles prolongations. / II. - L'évaluation de la minorité et de l'isolement prévue au II de l'article L. 221-2-4 est réalisée pendant la période d'accueil provisoire d'urgence et après que la personne accueillie a bénéficié d'un temps de répit. / () / VI. - Au terme du délai mentionné au I ou avant l'expiration de ce délai si l'évaluation a été conduite avant son terme, le président du conseil départemental rend la décision prévue par le septième alinéa du II de l'article L. 221-2-4 et, le cas échéant, saisit le procureur de la République en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 223-2 aux fins d'application du deuxième alinéa de l'article 375-5 du code civil. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I se prolonge jusqu'à la décision de l'autorité judiciaire. / Si le président du conseil départemental estime que la situation de la personne accueillie ne justifie pas la saisine de l'autorité judiciaire, il notifie à cette personne une décision de refus de prise en charge délivrée dans les conditions de l'article R. 223-2 du code de l'action sociale et des familles. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence prend fin () ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux autorités du département, le cas échéant dans les conditions prévues par la décision du juge des enfants ou par le procureur de la République ayant ordonné en urgence une mesure de placement provisoire, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. À cet égard, une obligation particulière pèse sur ces autorités lorsqu'un mineur privé de la protection de sa famille est sans abri et que sa santé, sa sécurité ou sa moralité est en danger. Lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
9. Il en résulte également que, lorsqu'il est saisi par un mineur d'une demande d'admission à l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental peut seulement, au-delà de la période provisoire de cinq jours prévue par l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, décider de saisir l'autorité judiciaire mais ne peut, en aucun cas, décider d'admettre le mineur à l'aide sociale à l'enfance sans que l'autorité judiciaire l'ait ordonné. L'article 375 du code civil autorise le mineur à solliciter lui-même le juge judiciaire pour que soient prononcées, le cas échéant, les mesures d'assistance éducative que sa situation nécessite. Lorsque le département refuse de saisir l'autorité judiciaire à l'issue de l'évaluation, au motif que l'intéressé n'aurait pas la qualité de mineur isolé, l'existence d'une voie de recours devant le juge des enfants par laquelle le mineur peut obtenir son admission à l'aide sociale rend irrecevable le recours formé devant le juge administratif contre la décision du département.
10. Il appartient toutefois au juge du référé, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2, lorsqu'il lui apparaît que l'appréciation portée par le département sur l'absence de qualité de mineur isolé de l'intéressé est manifestement erronée et que ce dernier est confronté à un risque immédiat de mise en danger de sa santé ou de sa sécurité, d'enjoindre au département de poursuivre son accueil provisoire.
11. Enfin, aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française ".
12. Il résulte de l'instruction que M. A a fait l'objet, les 20, 28 et 29 décembre 2023, d'évaluations de sa situation et de son âge, respectivement réalisées par une travailleuse sociale de l'aide sociale à l'enfance, un juriste et le responsable " évaluation et mise à l'abri " dans le cadre du dispositif d'accueil d'urgence des mineurs non accompagnés du département d'Ille-et-Vilaine. L'avis motivé de l'équipe pluridisciplinaire rendu au terme de cette évaluation a relevé que le récit de M. A, s'agissant tant de son parcours migratoire que des conditions de son arrivée à Rennes, était lacunaire et stéréotypé, que son attitude et son physique correspondaient à celles d'un jeune adulte et qu'il avait en outre refusé de se rendre au rendez-vous pris en préfecture le 12 décembre 2023 pour un relevé d'empreintes et la consultation de certains fichiers, dont Visabio. L'équipe pluridisciplinaire, qui n'a pas occulté l'extrait d'acte d'état-civil dont s'est prévalu M. A, délivré le 13 octobre 2023 et portant transcription du jugement supplétif d'acte de naissance n° 5042 du 28 novembre 2012 rendu par le tribunal de première instance de Daloa, n° 01543-DU-21-12-2012 du registre, faisant état de la naissance de M. B A le 15 août 2007 à Daloa, en a conclu, malgré ce document, que l'intéressé était majeur, conclusion que le département d'Ille-et-Vilaine s'est appropriée. Pour contester cette appréciation, M. A ne se prévaut que de cet extrait d'acte d'état civil. Pour autant, la force probante d'actes d'état-civil étrangers peut être combattue par tout moyen, notamment au vu de données extérieures, le juge formant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. En l'espèce, l'intéressé, qui ne produit aucun document officiel pourvu d'élément d'identification, notamment une photographie, permettant de le relier à sa personne, n'apporte aucun élément probant de nature à remettre sérieusement en cause la pertinence des évaluations menées pour le compte du département d'Ille-et-Vilaine. Enfin, il est constant que le juge des enfants, saisi sur le fondement de l'article 375 du code civil, ne s'est pas encore prononcé sur sa demande et n'a pas davantage, à ce jour, ordonné l'une des mesures prévues à l'article 375-3 du code civil, notamment en confiant provisoirement M. A à un service d'aide sociale à l'enfance, ainsi que l'article 375-5 du même code le lui permet. En l'état de l'instruction et dans le cadre de l'office particulier du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'appréciation portée par le département d'Ille-et-Vilaine sur l'absence de qualité de mineur isolé de M. A n'apparaît pas manifestement erronée et ne révèle pas, à la date de la présente ordonnance, au vu de la situation de l'intéressé, d'atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département d'Ille-et-Vilaine qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au département d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026