lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405861 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VERVENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Vervenne, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Finistère, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer, dans les cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, un rendez-vous en préfecture dans un délai maximal de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, à l'issue de ce rendez-vous, un document provisoire de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocat contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il a transmis une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 22 mai 2024 ; il a été convoqué en préfecture le 18 juillet 2024 mais le rendez-vous n'a pas eu lieu, au motif qu'il avait fait l'objet, en novembre 2023, d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour durant trois ans ; il a été informé de ce que sa demande de titre de séjour ne serait pas enregistrée mais qu'il pouvait transmettre par courrier une demande d'admission exceptionnelle au séjour, ce qui est absurde puisque c'est précisément l'objet de la demande de titre qu'il a présentée et dont il demande l'enregistrement ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors que l'enregistrement de sa demande de titre de séjour constitue le préalable nécessaire à l'examen de sa situation ; il est confronté à l'impossibilité absolue de voir sa situation régularisée ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision ;
- elle est utile puisqu'il s'agit de la seule mesure permettant l'examen de son droit au séjour et la préservation de ses droits, le temps de cet examen ; un récépissé doit lui être délivré à l'issue du rendez-vous, en application des dispositions des articles R. 431-10, R. 431-11 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes par ailleurs de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. M. A a fait l'objet, par arrêté du préfet du Finistère du 28 novembre 2023, d'une obligation de quitter sans délai le territoire français, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans. L'intéressé a transmis par courrier, enregistré en préfecture du Finistère le 22 mai 2024, une demande de régularisation de sa situation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, pour l'enregistrement de laquelle il avait été convoqué en préfecture le 18 juillet 2024, rendez-vous qui n'a finalement pas eu lieu, motif pris de cette mesure d'éloignement. Il a ensuite été informé, par courrier du 24 juillet 2024, que compte tenu de l'existence de cette mesure et de l'absence de tout élément nouveau dans sa situation depuis son édiction, sa demande de régularisation du 22 mai 2024 était considérée comme irrecevable et ne serait pas enregistrée ni instruite. Son conseil a enfin reçu un courriel des services de la préfecture, le 20 septembre 2024, rappelant l'obligation de quitter le territoire de M. A et indiquant qu'une éventuelle demande de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ne devait être faite que par voie postale.
3. Dans ces circonstances, la mesure sollicitée, tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Finistère de convoquer M. A en préfecture aux fins d'enregistrement et de mise à l'instruction de la demande de régularisation qu'il a transmise par courrier le 22 mai 2024 fait obstacle à l'exécution de la décision du 24 juillet 2024, aux termes de laquelle le préfet du Finistère a signifié à l'intéressé que sa demande de titre de séjour ne serait précisément pas enregistrée ni instruite, étant considérée comme irrecevable, décision qu'il lui est loisible de contester par la voie contentieuse, s'il s'y croit fondé. L'intéressé peut également, le cas échéant, déposer une nouvelle demande de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour en usant de la voie de transmission dédiée, soit la voie postale, en faisant valoir tout élément nouveau dans sa situation à son appui et ultérieurement contester par la voie contentieuse appropriée l'éventuel refus d'enregistrement ou d'admission au séjour opposé par les services préfectoraux.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, par application de son article L. 522-3.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
5. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement () ".
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que la requête de M. A, présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est manifestement infondée. Dès lors, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026