vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406177 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LARZUL-BUFFET-LE ROUX & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2024, Mme B A, représentée par la Selarl Larzul Buffet Le Roux Peigne Mlekuz, demande au juge des référés :
1°) d'annuler, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, les décisions des 11 et 16 septembre 2024 par lesquelles la coordinatrice des assistantes médico-administratives (AMA) du centre hospitalier de Guingamp a refusé de lui accorder une autorisation spéciale d'absence pour suivre une formation syndicale du 21 au 25 octobre 2024 organisée par le syndicat CGT, ensemble le planning du mois d'octobre 2024 transmis le 13 septembre 2024 matérialisant ce refus ainsi que les décisions du directeur du centre hospitalier refusant de modifier ce planning pour lui permettre de suivre la formation sollicitée et notamment la décision du 17 septembre 2024 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Guingamp de prendre toutes dispositions dans un délai de vingt-quatre heures pour permettre sa participation à la formation organisée du 21 au 25 octobre 2024 par la CGT, au tarif fixé par cet organisme ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Guingamp la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la formation pour laquelle elle a sollicité une autorisation spéciale d'absence est imminente ;
- les décisions en litige portent une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale qui est une liberté fondamentale : elle dispose notamment d'un mandat de représentant du personnel en qualité de membre de la commission administrative paritaire locale depuis la fin de l'année 2022 et a sollicité son autorisation d'absence sur le fondement des dispositions de l'article L. 215-1 du code général de la fonction publique ; le centre hospitalier a opéré une confusion entre les différentes heures de délégations, formations et autres motifs d'absence qu'elle a sollicités dans le cadre de ses différents mandats ; aucune nécessité de service ne justifie le refus qui lui est opposé dès lors que sa demande a été effectuée dès le 23 juillet 2024, soit suffisamment en amont pour permettre au centre hospitalier de s'organiser pour pallier ses absences, que pendant la période du 21 au 25 octobre 2024, elle est placée en repos temps partiel pendant trois jours et que sur les deux autres jours, un nombre important d'agents est déjà en poste ; ce refus vise à l'empêcher d'exercer son mandat dans un contexte de difficultés relationnelles au sein du service ; en outre, la coordonnatrice AMA n'était pas compétente pour refuser de lui accorder une autorisation spéciale d'absence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 88-676 du 6 mai 1988 relatif à l'attribution du congé pour formation syndicale dans la fonction publique hospitalière ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " ;
2. Aux termes de l'article L. 113-1 du code général de la fonction publique : " Le droit syndical est garanti aux agents publics, qui peuvent librement créer des organisations syndicales, y adhérer et y exercer des mandats () ". La liberté syndicale et son exercice effectif constituent une liberté fondamentale au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
3. Aux termes de l'article L. 215-1 du code général de la fonction publique : " L'agent public en activité a droit à un congé pour formation syndicale avec traitement d'une durée maximale de douze jours ouvrables par an ". Aux termes de l'article 4 du décret n° 88-676 du 6 mai 1988 relatif à l'attribution du congé pour formation syndicale dans la fonction publique hospitalière : " Le bénéfice du congé ne peut être refusé que si les nécessités du fonctionnement du service s'y opposent () ".
4. Mme A, assistante médico-administrative au centre hospitalier de Guingamp, a été élue en décembre 2022 en qualité de représentante titulaire du personnel aux commissions administratives paritaires locales sur la liste de la confédération générale du travail (CGT). Elle a sollicité, sur le fondement des dispositions précitées, une autorisation d'absence pour participer, du 21 au 25 octobre 2024, à une formation dispensée par ce syndicat, qui lui a été refusée par sa hiérarchie au motif qu'il n'était pas possible de la remplacer les lundi et vendredi, journées d'accueil aux urgences.
5. Si Mme A fait valoir que la formation doit se tenir dans quelques jours, il est constant que les décisions qu'elle entend contester ont été prises entre le 11 et le 17 septembre 2024 et qu'elle n'a saisi le juge des référés que le 17 octobre suivant, soit un mois plus tard de telle sorte qu'elle s'est placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que sur les 12 journées d'absence de formation syndicale qu'elle a demandées entre le 23 septembre et le 22 novembre 2024, seules celles du 21 au 25 octobre 2024 lui ont été refusées. Mme A a ainsi la possibilité de suivre une partie des formations dispensées par le syndicat CGT et elle ne démontre pas en quoi le refus qui lui a été opposé aurait pour effet de l'empêcher d'exercer utilement son mandat syndical. Enfin, l'octroi des autorisations d'absence est subordonné à l'appréciation des nécessités de service et il résulte de l'instruction qu'il est nécessaire que les effectifs soient plus importants pour l'accueil des urgences les journées des lundi et vendredi. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le centre hospitalier de Guingamp aurait porté une atteinte manifestement illégale à la liberté syndicale en refusant de faire droit à ses demandes d'autorisations spéciales d'absence pour la période du 21 au 25 octobre 2024.
6. Au surplus, il n'entre pas dans l'office du juge des référés, qui n'est pas saisi du principal en application de l'article L. 511-1 du code précité, d'annuler une décision administrative. Il suit de là que les conclusions aux fins d'annulation de la requête sont manifestement irrecevables.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au centre hospitalier de Guingamp
Fait à Rennes, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406177
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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